CHAPITRE IV
Grandes innovations introduites dans la constitution
- -primitive de la monarchie espagnole au x* siècle. •— *
< Transformation de la couronne élective en h/érédi?
taire et patrimoniale,
Ow vit dans les V et xi* siècles , d'autres évènemens non moins remarquables, tant dans le gouvernement ecclésiastique que dans le gouvernement civil de la monarchie ou des monarchies chrétiennes de la Péninsule. Les répartitions des terres , et les chartes que les rois accordaient aux cités ou aux bourgs , augmentant peu à peu les droits du tiers-état, l'intéressaient davantage en même temps à soutenir et à affermir l'autorité royale , enchaînée par l'aristocratie, La couronne , d'élective quelle était, devint héréditaire, et même patri. moniale ; et les rois qui , sous le régime de la monarchie des Goths , n'auraient pu aliéner aucune partie de leurs domaines, jouirent soud
le -gouvernement ftodal xlu. droit, de les partager dans leurs familles, et môme de les donner aux étrangers. <(
. Dans le xi° siècle Ferdinand Jf* partagea ses royaumes entre ses trois fils et deux filles: Il laissa à D. Sanche la couronne de Castille et une partie des Asturies, à D. Alonsô la couronne de Léon avec l'autre partie des Asturies, et à D. Garcia la Galice et le Portugal. Les villes de Zamora et de Toro , avec quelques autres lieux, furent l'apanage de ses filles , Dona Urraca et Dona Elvira.
Cette répartition produisit naturellement de grandes discordes, et des guerres sanglantes entre les frères; elles eurent pour résultat la réunion de tous ces états sur la tête de Don Alonso VI; et bien que ce roi eût dû être convaincu par sa propre expérience des inconvéniens de semblables partages , il ne laissa point pour cela de donner en dot le Portugal à sa fille naturelle Dona Theresa , pour la marier avec un prince français.
Le roi d'Aragon, D. Alonso Ier donna par testament l'héritage de tous ses états au Saint- Sépulchre de Jérusalem ; et quoique les Arago-
nais s'opposassent àifeiébutkmdece testament, ils forent obligés de transiger* ayec les chevaliers du Temple, et leur abandonneront beau* coup de Tilles et de forteresses de ce Royaume. TeDes étdeht les idées ee les opinions ; tel était le droit public espagnol à -dette époque.