‹ Considérations sur les causes de la grandeur et de la décadence de la monarchie espagnoleChapitre 26 sur 48 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Etat de la monarchie espagnole au xv' siècle.

Dans ces dernières anné*}on a publié d$s tableaux et des panégyriques trçp flatteurs du gouvernementales constitutions et des mœurs espagnoles du moyen âge. « Les hommes illustres, « dit M. Marina, députes par les municipalité* « et par les habitansdes villes pour faire entendre « leurs voix dans les Cortès, répondit à la con- « 'fiance de leurs commettans et animés par le « zèle du bien public, prirent 1oufour*.apia de « le défendre. Supérieurs à eu^-mémes et à « toutes les passions,ils remplirent les devoir* de « pères de la patrie * de défenseurs des droits « de rhomme et du citoyen t et des intérêts de « la société, ils respectèrent les monarques, ils «protégèrent leurs prérogatives , ils relevèrent « l'autorité royale abattue et insultée p^r For»

« gueil et l'insolence des puissans , sans oublier « ,de réprimander les, vicet dgig princes f «omettre « un frein à leurs excès, et d'opposer une bar- « rière aux irruptions de l'arbitraire. Leur pre- « mier soin fitfl de! fléiàclïter les maux in- « vétérés que les derniers siècles de barbarie « et d'ignorance., doppr^ssion ejt :d4&pustice « avaient introduits dans la société. Les re- « présentans des communes entreprirent une « gtterfe outërée cotisé Tè1 d&pôtismè , l*aris- « teértttie** tôiiitk'M ^p^é^àéuf s" ^é Ta ff- ■« fcîrté d** peuplé; a&JnKoiléi'érfeht l£ûr; àuéface, «il» ébhttar^ Tirii^

* prisée ambitieuses etfrft&c&Sè'ês, denionfrè-

* 1*W« ftfljÛStice de letM'pf&ëntfoit^ tàfrop ti graWd^fteftdtte dtfïéttr* privilèges^ l'excès et

* ra^gif hiiite de fetrffirddquFsitfôris, etteùt ce c*'q*i *fc* ^ dp£ô£tIotti tt^TOABW ètib&fY la

* {*fb4péri*# dé l'état îét la Hfcer té fôà peuples. a Ib a^là^èréfrt' *tetf W(ttérb^e féfeifeté

* fe*Wrtnè> les excès séarièriétli' dû èlergé; et' «les « fcorftofcifciôn* ecd^àAti^ué^, ^diiM'ïé^ a^us

* dtffcttr tféftôttfe'i cbtftrè te* cbftiîdif e Inquiète i' ^ttirfailéttteVèo^ iiàkr- «"pdtîtffis, fcoïitfe %'VÀiâti^\M^é des moines,

» contre leurs maximes intéressées et leur poK- ' tique mondaine et superstitieuse; ... . ». (i)

Les tableaux des constitutions espagnoles du moyen âge faits par Robertson et autres écri* tains étrangers ne- sont ni moins beaux ni moins flatteurs.

Mm qui ai étudié pendant long-temps l'histoire de mon pays à ses téritables sources, qui somlesleisf, les actes et pétitions de ses Cortès , lés diptftkfte^érmmîques et écrits des atrteursde cette époque, je. ira vois point un semblable optinmme de seé mœurs anciennes; je trouve «a contraire beaucoup de témoignages et de preuves de sa corruptïoft.

fe vois* le portrait que nous laissa le père Martinet de Burgos, religieux dominicain, des* fices de la jurisprudence et des tribunaux de ce tcnipS'icu

Ifr'vbis un autre portrait que* fit Jean deMena les usurpations et du despotisme des grands, et du mauvais usage que rahait le clergé des retenus ecclésiastiques (*). Et je vois* beaucoup défaits irrécusables , et beaucoup plus démons-

(i) Théorie des Cortès, préface , num. 84 et 85. (2) Note i5.

tratifs du véritable état poutique^de l'Espagne à ladite époque, que les éloges ni les censures de quelques auteurs particuliers, dans lesquels leur caractère ou quelques autres motifs personnels peuvent avoir beaucoup d'in- Jluence.

le vois les commencemens du règne de Saint -Ferdinand tremblés par les Laras. Je vois Alphonse le Sage joué par les grands et dépouillé de sa couronne par Sanche son fils,

malgré la protection du pape, et les foudres du Vatican. Je vois la guerre suscitée par les Cerdas pour la succession à la couronne» Je vois l'anarchie continuelle dans la minorité de Ferdinand IV, et <T Alphonse XL Je vois la tyrannie du roi Pierre, la rébellion de son frère Henri II, N et son fratricide» Je vois la guerre civile suscitée par celui-ci , et soutenue par deux armées des Anglais et des Français auxiliaires des deux frères, embrasant les Castilles,-et épuisant les rentes de 1 état pour payer et récompenser leurs services. Je vois le vainqueur Henri faisant avec la France un honteux traité, en vertu duquel les Castillans ne pouvaient passer en Angleterre, ni les Anglais dans la

Castille sans un permis du roi de France (i). Je vois D. Juan Ier mis en déroute par les Portugais à la bataille d'Aljubarrota, et dépouillé de la couronne de Portugal qui lui appartenait légitimement par les droit» de s» femme. Je vois les scandaleuses privautés de D. Alvaro de tua sous Jean H, et de D. Juan Pacheco et de D. Bertran de la Cueva sous Henri IV.

Mais quels plus grands témoignages ou quelles preuves peut-on désirer des faussetés ou des exagérations du susdit panégyrique du Sr Marina que ses inconséquences mêmes? Que l'on compare ses éloges des constitutions et des mœurs espagnoles anciennes , arec une autre exposition qu'il en fit dans sa même Théorie des Cortes. La monarchie espagnole, malgré sa législation défectueuse, ses classes et corps privilégiés , et leur inégalité monstrueuse, parvint à se perpétuer de génération en génération, depuis son origine même jusqu'à nos jours. Mais à combien de dangers son existence politique ne fut-elle pas exposée? Combien d'os* dilations li'éprouva^t-elle pas, des grands,

(1) Not. i4.

« des rico&hêmbrm, aristocratie' m quiète et tu- « itttfllueitsej Conta»* ne se rencKt-elle pas forn natiable au* rosi, attt sujets, et à toutes les « cMditioas & l'état? l'abus de leur grand « pouvoir et d* leurs riehesses, le désirée les m muhîpfier r leur otgueit et leur ambition , ces « paasicng viotefttesy que]les<tpurmeirtes fi'éfcvè- « rènt^lcs pw (kii» la sfJeielé? quittes hçrrible* « tempêtes T c&m&eff dé délitions, de tuitml-

• «es et dir guerres iiitesttflfes &in$ les temps les « pi*» cafamïteu* de 1» république? Et que di- « roas-nousde la souveraineté seandalfease des « pepes, et dasavdoMfe* eomroverses entre le sa- « cerdoceetl'ewpii^PL^ clergé, letert eec^»asci-

« ^tted'Efpagtw qui ap?dit déjà déçëilérédtespritl^ « ripe* austère» et de h aérérhé de la discipline •idb l'église gothique, abusant de la religion et i dé k faiblesse des-pmNicfe ainsi que de la piété

* de* fidèles, et éoaibmfeut artïficietisetttent les « intérêts t*nfp&tieÏ9av«g le» spirituels, aspirait « à h grandeur mondaine, à & doftiinatfon, à « multipliera l'mfim ses richesses, et à consoli- « 4er son pouvoir et sa prospérité sur l'ignorance « et la pauvreté des citoyens. Appuyé sur des « fables et des opinions superstitieuses, auto-

« risé par des décrets royaux obtenus par

« surprise , et par des bulles pontificales, il 4e-

« fendait opiniâtrement ses usurpations et ses

« droits , ainsi que ceux du pape, de l'influence

« duquel dépendait son agrandissemen t. Le code

« pontifical était plus révéré que les lois de l'état :

« tout cédait, tout devait céder à k politique

« sacerdotale; sa prépondérance et sa puissante

« influence clans les* affaires et les négociations

« du gouvernement, paralysaient les plus sages

« mesures^ et inutilisaient les efforts de la na-

« tion et les délibération* des1 Corfès. * (i)

Quelle eéngordence y *-fril entre Cette nam- ^d» et 1* précédente, tir quelle ressemblance entré dés deux tableaux du S* Marina ? Un coup-d'œfl sur le règne de Henri IV , fe*a connaître" le véritable esprit du gouvernement espapiel du moyen âge-, «riens que tontes les théories, subtilités et fables inventées pour le défigurer.

(i) Théorie <U$ Cortis , part i ,*haf». ri.

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