‹ Considérations sur les causes de la grandeur et de la décadence de la monarchie espagnoleChapitre 28 sur 48 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Observations sur 1* constitution iragonaiae. .

Ljl constitution Arago&aise était on peu pla» libérale que la constitution de CasûHe* mais mm pas autant que Robertson et d'autres écrivain*. Font prétendu. Çd t2&J, Pierre III avait donné aua Aragon*» une charte, ou privilège général) par lequel il leur eoîifiV mak leurs ancîeBai/îttJTO , et leur concédait en outré d'autres droits très important Tel fut cetai d'avoir tous tes au* des Coûtés générales, et de nb pouvoir, ms leur consentement, finre la guerre, prekmdguer dti nduréûes lois, eu imposer de ntrarelles contributions; que lai va&aïut ne pourraient êtta dépouillés de fours fijefa^ ni de leur» biens, que. pour de» dé* Ika prouvés judiciairement; «t qu'enfin on «ne ptoumut cfanriev & quesiiaàv à aucun citoyen* Le magistrat

plus particulièrement de surveiller l'observation de cette charte, qui fat insérée pour son plus grand affermissement, dans le code Aragonais.

Malgré toutes ces précautions pour affermir la liberté publique, et les droits de tous les citoyens, la féodalité et l'aristocratie ne laissèrent pas toutefois de prévaloir en Aragon comme dans la Castilte. i

Ce n'était point le peuple, mais les Ricos hpmbres qui prononçaient au couronnement des rois, la fameuse formule. « Nous, qui va- « Ions autant que vous, et qui ensemble jpou- « von* plus que vous, nous tous faisons notre « roi, pour conserver no» droits, Sinon, non. » Les seigneurs Aragonais avaient la haute juridiction, et le pouvoir pur et mixte, sur leurs vassaux. On peut même dire qu'ils avaient plus d'autorité légale que les rois eux-mêmes* Ceux-ci ne pouvaient infliger la moindre peine à qui que ce fût, sans jugement , et sans les faire condamner judiciairement , et les seigneurs jouissaient du droit de faire emprisonner, de maltraiter à leur volonté, et même de faire mourir impunément, leurs vassau*, dé

et de soif, avec ou sans motifs (i). Même le droit que l'on appela en France cuissagçf c'est-à-dire celui qu'avaient quelques seigneurs de déflorer les filles avant leurs maris, la première nuit de leurs noces, fut en usage en Catalogne, jusqu'à ce que D. Ferdinand le catholique l'abolit en l'armée i486 (2). C'est pour cela que D. Alonso III disait avec beaucoup de sens, que dans ce royaume, il y avait autant de rois qye de nobles. (3)

(i)Zurita, Annales d'Aragon, lib. x, cap. 28.

(a) Not.i5.

(5) Blancaj , Aragonemium rerum Comment,

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