partie de ces privilèges, en privait les jqifedu
[y) Chronique de J>. Aîonso XÈ, thttp. 4a.
droit de nommer dès juges particuliers pour 1«» afiaines de leur commerce, d'où il résulta que les chrétiens se remuaient au paiement de leurs dettes, et obteaaient des. bulles du pape, ou des lettres d'exconiiiUHH caution des évêques non* t*e les juges chrétiens qui voulaient les con* traindre à , 6e libérer. Beaucoup de juifs émigré» rent de GattUle par ce mottï ; d autres se plaigni?e«t à Akwtoo XX de ces procédés , et de ces abus de l'autorité pontificale er épiscopale. D'après ces plaintes, le roi déclara que sa Volonté était que le* émigrés rentrassent dans ses étals ; il ordonna aux tribunaux et aux munici* pefités d# les protéger, et voulut que les chré» tiensqui obtiendraient des bulles où deslettres des évêques pour ne point payer leurs dettes -, foastin* «s en prison et retenus , jusqu'à ce qu'ils les eussent mises entre 4es. mains 4e» jsgf* pour U& xemtMxe au roi. (* ) -
Ken que les juifs eussent déjà perdu sous le rigne du *oi IX Pèdre, le prûrilège de nom* flWt-euxHBrâmes des juges de leur religion, ils copserraieat encore? «e^ui d'élire un juge doré*
(i) Not. 19.
-w- na -=-
tien pour leur affaires particulières. Cependant avec cette restriction de leurs privilèges antiques les chrétiens né trouvaient pas cette coutume* convenable , et ils en demandèrent l'abolition dans lesCortès de Valladoliddei35i. Voici la réponse que leur fit le roi. « Considérant que les « juifs sont faibles, et qu'ils ont besoin d'être dé- « fendus , et qu'en les obligeant à se présenter « devant tous les alcades , il en résulterait pour a leurs affaires et pour leurs biens de grands « dommages et de grandes pertes que les chré- « tiens- leur causeraient par les assignations et « les demandes qu'ils leur feraient; je veux en « conséquence que les juifs puissent choisir « un alcade ordinaire dans chaque ville , ou « .autre lieu, selon l'usage et la /coutume àn~ « tienne, pour qu'ils les entende, et juge leurs « procès au civil. » Pet. 67.
On n'a pas manqué d'attribuer la fin- malheureuse de ce roi à la protection qu'il accorda aux juifs; et en effet dès le commencement du règne dp son frère on renouvela contre eux les claiûeurs déjà poussées, en les accusant d'être la cause principale des maux que les chrétiens souffraient.
« On nous a exposa, dit une pétition des Cortès de Burgos en 1867, que tous les habitans des villes j bourgs et villages de nos royaumes, croient que les maux, les dommages -et les bannissemens qui les frappèrent dans les temps passés; n'eurent lieu que par le conseil des juifs, qui étaient officiers de justice ^. ou favoris des rois qui ont régné jusqu'à ce moment, et cela en haine des chrétiens, et ils nous supplient d'ordonner qu'il n'jrak plus aucun juif admis comme officier de justice, médecin ou autre employé quelconque, soit près de ma personne, celle de la reine mon épouse, ou celle des Infans mes fils. »
Le plus grand malheur ,qui puisse frapper une nation, est de ne pas bien connaître les vraies causes de ses maux, et souvent de considérer comme telles , celles qui sont la source des grand? biens. Qui pourrait ignorer que les calamités qui affligeaient alors la Cas tille émanaient des désordres inévitables dans toutes les guerres civiles, et des sacrifices énormes faits par les deux frères pour payer, l'un les services des Anglais, l'autre ceux des Français ses
des revenus de 1 état, et pour la direction des affaires des seigneurs et des propriétaires, ce- tait à-la-fois une faute et une injustice de priv« . de leurs services lui et ses sujets.
Mais quoique le roi eût calmé en partie par cette réponse la haine contre les juifs, elle se ralluma davantage quelque temps après, par le motif que Davila rapporte ainsi.
« Les juifs qui affermaient les rentes de la « cour vinrent au conseil avec des lettres ve- « nues de leurs synagogues de Séville, leur « donnant avis que FernfmNufiez, archidiacre' « de cette église, que le Burgense dans ses Re- « cherches , qualifié de plus saint que sage, * « ayant soulevé le peuple contre eux dans ses « prédications, le comte de Niebia et Alvar. « Ferez de Guzman ,. premier alguazil de cette « ville, avaient ordonné de fouetter un homme • « du peuple qui les avait maltraités ; que le « reste indigné s'était soulevé, et oubliant. « tout respect envers la justice, lavait chassé et « lui avait arraché sa proie f et avait tenté de. « tuer le comte .et l'alguazil. Que dans ces cir- « constances ils demandaient en grâce qu op * prît des mesures en conséquence , afin qu'ils
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* fussent en sûreté dan* leurs propriétés et dans « leurs maisons. Un chevalier de cette ville «qui assistait au conseil en qualité de prieur » y fut envoyé, ainsi que dans les autres villes « où les mêmes souîèvemens avaient eu lieu.' « Cette mesure produisit peu d'effet, le peuple « étant tellement irrité par des prédications « faites au nom de la religion, que sous ce pré- « texte il attaqua les synagogues, pilla les mai- « sons et massacra beaucoup de juifs. Cet archi- «- diacre fut ainsi la cause que- le peuple se « souleva contre les juifs en Cas tille, ruina les. « synagogues de Se ville, Burgos, Cordoue,
* Tolède et Logrono, et dans l'Aragon , celles « de Barcelonne et de Valence. Les juifs qui « purent sauver leur vie, Tachetèrent par des « largesses excessives, et beaucoup d'entre « eux échappèrent à la tempête en deman- « dant hypocritement le baptême; la crainte « achevant ainsi ce que le cœur n'avait pu « faire.» (i)
Henri III chercha à porter quelque remède au scandale et aux désordres produits paç les
(i) Davila , Histoire de la vie à? Henri III, ch a p. 1 7.
semons de l'archidiacre , j*as le peuple était alléché par le piHage, et les juifs ne- purent Devenir eotièranentà leur état primitif; car, dit la chronique de ee roi* le peuplé était très sou- . levé, et le désir de- voter les juifs s'augmentait chaque jour. .
Dans les plaintes générales qui s'élevaient en Espagne contre les jui&> ato les piincipes.de. leur persécution, on ne les accusait pas d'où- * trages envers notre sainte religion, les clametirs- ^ étaient dirigées que contre leurs usures exorbitantes (i), contre, leurs vexations dans la. perception des impôts, contre la haute faveur dont ils jouissaient à la cour, dans, les maisons des grands, dans les iniuneipalH& ; contre leurs vétemens somptueux , et contre. 1 orgueil et le mépris, avec lesquels ils traitaient les pauvres, chrétiens.
Mais ces plaintes et ces déclamations ne sufs fisant pas pour abattre les juifs, on commença à leur supposer et à divulguer les autres crôâes» plus horribles dont on les accusait en France,
(z) Discours sur l'état des juifs en Espagne, par MM. Asso et Manuel.
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pour rendre plus détestables non* seulement ceux qui persévéraient dans leur croyance,, mais encore ceux qui s'étaient convertis a» christianisme. On prétendit qu'ils flagellaient le crucifix, qu'ils bafouaient les images de la sainte vierge Marie , et qu'ils enlevaient et mari tyrtsaient ensuite des enfans chrétiens, renouvelant en eux tout le mystère, de la passion » jàe Jésus-Christ.
Il n'était pas invraisemblable que quelques juifs, et surtout, ceux qui s'étaient fait baptiser par les causes , déjà rapportées , soulageassent leur chagrin par de telles atrocités. Etde quûi n'est pas capable le fanatisme dans toutes les religions!
Mais on peut croire que beaucoup de ces • crimes furent supposés, par le nombre de ceux qu'on voulut prouver au moyen des procès juridiques intentés à cet effet sur tous lès points de la chrétienté, et remplis de déclarations de témoins faux et corrompus., ou séduits par l'idée qu'ils rendaient un. grand service à Dieu*
Undeces^rooès fut soamiis àupape Nicôks.Vy pour l'engager à la proscription des juifs, mais après ui* mûr examen , il se trouva rempli de
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faussetés, ainsi que le rapporte le frère Jean de Torqueraada dans son Traité centre les MadianiteSj écrit en Fan i45o (i). Non-seulement ce docte religieux, bien différent de l'autre Torquemada, inquisiteur général , mais encore le frère Alonso Talavera et autres religieux très sages et très pieux réfutèrent toutes ces calomnies et s'efforcèreht d adoucir la haine conçue contre les juifs : mais tout fut insuffisant pour empêcher qu'elle ne s'augmentât et ne se propageât chaque jour davantage.
Le règne de Henri IV offrit de nouveaux motifs à la persécution contre les juifs; et « cotntne dit Palencià, l'inimitié et la discorde « qui subsistaient dans quelques villes entre les « vieux chrétiens et les nouveaux, étant évi- « dentés, le marquis de Villena commença par « ajouter d'autres ahmens à la discorde entre «eux, parce qu'il n'avait pas pu exercer dans ces « villes, l'emploi qu'H avait exercé danslesautreà* « ïl lui fut facile d'obtenir ce qu'il desirait. Le mal « fut que le même soulèvement qui avait eu lieu « à Séville, eut également lieu à Cordoue, et
(ï) B&liotheca Wsp. retks, par Nie. Antoine. Kb. x, c. 10.
ïaï
« comme les nouveaux chrétiens de cçtte ville « étaient très riches et se livraient actes entre- « prises très vastes dont" les vieux' chrétiens « étaient chagrinés, l'inimitié croissait entre eux « chaque jour davantage. Ce qui les affligeait «beaucoup, entre autres choses, était de leur « voir acheter des emplois municipaux et autres « dont ils usaient avec un degré d'orgueil que « tes chrétiens ne pouvaient supporter. » (i) , Cet historien poursuit en retraçant les massacres horribles et la dispersion des nouveaux chrétiens, produits par la révolte que le marquis de Yilléna avait fomentée à Cordoue.
Dans toutes lès révolutions , lés vaincus soirt toujours victimes des vainqueurs; les juifs le forent de la révolution qui couronna les rois
ferthoiiques^ :':V' '' r;ï':";i ' "'V '" La plus gfciride partie des juîfsJetàît dévouée
roi de Portugal , avec qui èïlè traitait de sonma-
nage.
En outre de cela, Henri IV avait laissé le tré-
'XV* ^ s
(i) Chronique d'Henril^, part. a, chap. 68.
sor épuise totalement, ainsi qu'on peut le voir par;la chromée de. Pul^.^). ^ jirodig^té de ce roi l'avait tellement dissipé, que le crédit était entièrement perdu. On eut recours à beau-
et if ne lt^i restait pas une se.ule branche ,de revenu dont il pût disposer librement. .. , x .
n'est pa£ vraisemblable, ^jue ces sectaire^ ey^sent horreurs,* ^crimef ^u'opjjeu.r^.flaity { .
en leur accordant encore le privilège, d'être in» ges par leurs propres lois ; s'il les aidak dan^lç
les enfans , qu'ils outrageassent les saintes. jho£f -Vu si *»air,l lir>v/i fi hn'jll « f;b'> î*b *dno u5l
(0 Chronique des rois catholiques . naît* w , <&*?*,£$.
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ties, bafouassent les image*,* en*pm»oiuiassent les fontaines, etc., etc.? :
Mats lorsque plusieurs miltierfe 'd'entre eut se convertirent au christianisme, non pas autant par conviction et par inspiration divine, que par crainte d'être agsàteinés ou pillés ., B était naturel que ceux qui avaient reçu Iq bap» tème par de tels motifs; ne- fuissent pas chre» tiens de cœur, Qu'ils éontervassétit leuç attachement àj la loi et au daltéi dttflS' lequel JU avaient été élevés et que *pàt conséquent ils retombassent dans le judaïsme; '
Jusqu'à la* fin du ' xV* siècle , • les -procè* in* tentés auï hérétiques sef Jùgeaieht^c^Gastillepài lesévêques ou par lés tribunaux royaux. Sous U régné 'de D. Juan II y quelques hérévîepies tefe DuTangofurent jugés eeeondamn^spar lé conseil de ce roi : mais ce* délits s'étaM-lflàs multipliés^ il parut convenable de créer un «H^aveau tri* btmal qui -réunît pour J leur répressfoa la pua* sance civile et la puissance éc$léfialsttt}ûe. ; "
Ces môtrfe reli^ièux;poùlr l'é^EtiSènteiitt àè nn^uWtton/durefrt acquéVir plus de force des circonstances dans lesquelles se trouvait la monarchie espagnole» v„.y«. m > .v
— I»4 — Les grands avaient fomenté la discorde entre les nouveaux et les vieux chrétiens, pour affaiblir par ce moyen l'autorité royale, et conserver leurs anciens privilèges et leur prépondérance dans le. gouvernement Les nouveaux convertis étaient en général riches et attachés à la princesse Beltraneja. En les poursuivant clandestinement, et avec les formes inquisitoriales, on diminuait leur nombre sur. les bûchers f ou confisquait leurs biens; et au moyen de telles confiscations, on augmentait les reve- * nus du trésor royal. S'il faut en croire Bernaldez, chapelain du second inquisiteur général D, Diego De*a, les biens d'un converti nomjné Diego Susan, condamné dans la première année de l'inquisition, s'élevaient à dix fiilHohs <|e maravédis î (i) ? QQtnbiç? devaient s'élçver ceux <dè plus de on^ç» mille condamnés, qui avaient été confisqués jusqu'à l'année i $oj? Par conaéqueirt, oïl' affermissait ^'autorité royale sans l'opposition qu'on aurait trouvée çn usant de J* forc« ouverte, pQur abattre; les grand^ JLa^olérance pour les j#i& no^cqpyerj^xpjx-
(i) flùjtoire des rois catholique* sfÙwp^*^ > y 'a [ • . , „
— ia5 —
tinua pendaht quelque temps après la création du saint-office. Ses fondateurs mêmes, D. Ferdinand et D. Isabel, eurent pour ministre des finances pendant huit ans, le fameux juif portugais Isaac Abrahabanel,(i) exilé de sa patrie. Mais si même auparavant ils avaient été si généralement haïs, comment cette haine pouvaitelle manquer de s'augmenter infiniment, après (Institution de ce nouveau tribunal? Comment aurait-on pu ne pas croire facilement aux crimes qu'on leur imputait? Ceux qui étaient persuadés que les juifs avaient une queue, pouvaientils douter de tout ce que Von disait contre eux? La croyance que les juifs ont une queue subsiste encore parmi le vulgaire espagnol.
On répandit le bruit qu'ils excitaient les nouveaux convertisà rentrer dans le culte hébraïque. Ils avaient beaucoup de débiteurs qui se réjouissaient de leur expulsion pour éluder le paiement de leurs dettes; d'ailleurs, les juifs avaient déjà été chassés d'autres royaumes chrétiens par de
(1) Dissertations critiques pour servir d'éclaircissement à Vhistoùre des juifs , avant et depuis Jésus-Christ, par Boisiy, dis. 3.
moindres motif*: aussi déerétM-Qft leur expulsion des états des rois catholiques , en- leur accordant un délai dct 4 vatfis pour qu'il* pussem vendre leurs propriété^ t&t exporter leurs *feg»*taux en produits on eri marchandises, leur prohibant absolument l'extraction 'de ïot et de l'argent.
Cette prohibition d'exporter les métaux précieux ne put ê&é bien observée, -Quelques mér .gocians rusés, et qcri avaient des relations commerciales a?vec les î^odana les plus opufens d'Europe* trouvèrent* les moyeiis de nîettreeïi sûreté la plus grande partie de leurs capitaux «eu nature. D'autres en emportèrent de grandes quantités en petits morceaux d'or, qu'ils avalaient et gardaient dans l'estomac.
Malgré cette prodigieuse exportation tletant de capitaux en nattàré, les roiscatholixpies au moyen de beux qui resterait dans la Péninsule, et ceux qui furent confisqués aux oonfva^is condamnés par l'inquisition , acquirent de phts grandes forces pour consolider la monarchie absolue en abattant l'orgueil des grands, si cruels sous le règne antérieur de Henri IV.
lie nouveau gouvernement formé par la po-
fitkjtie *lè ce» rowf, fat êe4m qài< 'jëtit* lès' fendentehs* de ta grandeur colossale que là rtionàrchie espa^ole atteignit dans' te siècle suivant. &Hiitnënt *tt effet ëftt-6rt sautai' coritprisies Amériques? On a déjà] tu 1* iteicriptîbir Ijnc fit€astitto de là ptflîtitfàè dés graiids, qui loin d'aider les entreprises lès pliis gforletisês pour leurs rois / se cbift&déraierit très fréquemment pour lé* entraver ck les'fbrèer par des moyens blâireets à leur prodiguer le patrimoine de la couronne. Lès Amériques n'eussent poînt été conquises avefc legdtrrernéfaént féodal , et Charies-QuwtetEhflippeîInfeïussentpàs parvenus àétre les pluspuissans^monarqués du siècle. En outre de cela, on évhadans làPéniristde
an moyen de l'inquisition', les guerres derdi» çion, qui produisirent tattt de maux en Aflemagne, eh (France <et autres lieux.
.Hais telle est' la tiarare des inSTïttltioh* humaines , qtf'litiks et ' cènrènablès' dahs un temps, dles 'deviennent très préjudiciables dans Vautrés. •*
Wilprodàst , yïtod hortVatàtâpo^'A&m/ U cc^siJtudôn1 Visigdthrqù^, qui fut la plus fondamentale 8è te monàfbfâe espagnole, serait-?
ellp actuellement utile? La succession élecuye de la couroune conviendrait-elle maintenant? La féodalité fut pendant beaucoup 4e siècles le syptèine politique en usage, nonrseuleineqt en Espagne,n^ais presqi^e dans toute TE aro{ie.
Son rétablissement serajU~U convenable aujourd"hui? On considérait jadi^ dans les tribunaux comme les preuves infaillibles de la vérité et <k la justice, les épreuves de l'^eau, du feu et les duels. Les magistrats les plus éclairés. étaient très persuadés que Dieu ne pouvait permettre , que l'innocence succombât sous le crime jl**5 ces épreuves. Les ecclésiastique? *pêjne les plus vertueux avaient la même croyance, et ne se £u> Sfiçnt aucun scrupule d'autoriser ces pratiques par leurs prières et leurs bénédictions. Qui ne regarde aujourd'hui ces épreuves comme barbares et superstitieuses? Si donc l'inquisition fut utile dans un temps, on verra, bientôt ses effets pernicieux- dans des temps postérieure : Lorsque les rois catholiques établirent l'inquisition, ils étaient loin de penser que ce tribunal empêcherait otf paralyserait les progrès des sciences; car U$ eurent au contraire le plus grand soin à les exciter et{ à; les propager» On
peut voir dans lés lettres de Pierre Martyr d'Angleria , Fetopressement avec lequel les fils des grands : d'Espagne accouraient à son école pour plaire à la reine. « Jai, <Jit41 dans une de ses lettres, ma maison pleine de fils de grands d'Espagne qui j laissant de côté les divertissemens frivoles auxquels ils étaient autnefois accoutumes , s'appliquent peu-à-peu à 1 étude des lettres. Ils commencent déjà à croire qu elles ne sont pas incompatibles avec la noblesse! ainsi. que leurs aïeux le pensaient feus* sèment Mon école fait tant de plaisir à la Teine modèle de toutes les vertu*, qu'elle a' ordonné à son neveu fe duc de Guimaraens et au duc de Vilkhemosa > cousin germain du roi , d'y venir prendre des leçons, et cet exemple est suivi par tous les grands .seigneurs. (1)
Cunéros, premier ministre des rois, catholiques, fonda l'Université d'jUcala, dans laquelle était un collège pour l'enseignement des langues orientales. II fityà ses frais, la*maguifiqu$ édition polyglotte de la Bible, et ordonna de faire étudier dans cette Université , la philosophie d'à-
(î) BpittoJarumKh. t , ép. n$.
près tir méthode usitée à Palis (c), L'UniTelttté de Sàbmanque Ut ♦enir aussi dfelPam en r5<i8, rtnq prèftas&oi* qu'elle*^ pour fenseigt»cfr,T<m/la &éotog£e de Bniafadj 'deux antre* , la phfllosopfeie qtt'ort nommait -royale; et les deux derhiers:, la philosophie des -n&tnïnaujc. (*)
Au moyen de cette iKmvdk'ittipukioit dwa* née à la littérature par les rois catholiques lerpat Ciisnéros , les science» et ks%eite»-1ettn&s se progageaient ttto rapidement;; 4la» 1* PéiveaMle, Lebrija très habile dans ' les langues orientales et dans 1* langue latine, combattit fortement les méthodes barbares dont on se servait' antérieurement pour renseignement. Sanchëz le 'Broteentie , mit au jour sa Minerve^ qm fut' très applaudie en Europe. Louis Vives commença à signaler les viœd dans Pétvde des sciences et des arts dem& son ouvrage > de cousis wor^ Ttcptarwn âttium. Âmoinft Augustin critiqua •et corrigea te Décret àk Oatien , et jeta de
(1) Cursus artium débet fieri more Parisiensi , disent les anciens tftatuts de cette-uni verti té*.
(2) Histoire de F université fa 8àlatrf<mnpn,f*T Chaeoii.
jpondçs lumières çur la jurisprudence; et le pève Melchior*-Cano composa ses étémens de théologie^ ou traité deJLocù tkeçfygicis^ dans un style cicéronjea. Arias Mçntano fut l'éditeur d'une autre Bible polyglotte, imprimée à Anvers par ordre de Philippe II. L'o? compare. le père Mariana à Tite-Live. On ne peut citer aucun poète, hors de l'Italie ^ qui soit comparable à Garcilaso et au frère Louis de Lêoa.Lailangue espagnole était pariée et écrite avec plus d'élégance que les langue* des autres naikwts; «et c'est alors que l'immortel Cervantes seforpnait. Lça fondateurs de l'inquisition étaient *usti bien loin de penser que le saint-office pourrait mettre des obstacles à l'affermissement de l'autorité royale,' çt feihfe .prévaloir plus encore qu'auparavant dans les écoles et dans les tribunaux, quelques doctrines du Décret et d^s Décrétâtes fort opposées aux droits les plus légitimes de la couronne d'Espagne: on a, déjà rapporté quelques exeibples de la fermeté que «les Cortès et les roi$ anciens çmplûyèrfcnt .pour s'opposer à ces doctrines ultramontaines. Ferdinand et Isabelle ne furent pas moins zélés à les combattre.
Eu 1482 , Sixte IV ayant nommé un des ses neveux, déjà cardinal, à Yévèché de Ctienca, 'sans qu'il eût été présenté par le roi; on lui représenta qu'une telle élection était contraire aux droits de la couronne , et malgré cette représentation le Pape entreprit de faire valoir sa nomination. Se prononçant contre cette entreprise, Ferdinand et Isabelle ordonnèrent à tous les Espagnols de sortir de Rome ; ils ne voulurent pas recevoir un ambassadeur de cette cour, et la menacèrent même de la convocation d'une assemblée générale de tous les princes chrétiens pour traiter de la réforme de ses abus. Sixte IV céda à cette menace', et confirma l'élection que firent ces souverains du premier chapelain d'Isabelle D. Alonsb de Êurgos. (1)
Malgré cet exemple et la promesse qu'avait faite Sixte IV, de ne nommer aux mitres d'Espagne que les élus par ses rois , son successeur Innocent VÏII nomma sans cette élection son vice-chancelier D. Rodrigue de Borja à l'épiscopat de Se ville 3 en i485. Mais Ferdinand et
(1) Pulgar , Chronique des rois casholiçues , part, ni , chap. 38.
Isabelle, fermes dans la défense de leurs droits^ lui refusèrent l'approbation, et sd nomination fut sans effet. (j) /
Les rois catholiques furentinexorables, lors* qu'il s'agissait de soutenir, l'autorité royalç contre toute classe de personnes laïques ou ecclésiastiques. Leur, profonde politique , pénétrait bien les funestes conséquences des abus de la religion. La peine terrible de la mort, et d'autres graves châtimens infligés aux ecclésiastiques et aux séculiers , pour avoir favorisé la fuite d un prisonnier ecclésiastique a Trujillo, Van i4«£, (a) la déposition du président et des auditeur» de là chancellerie de VaHadolid , pour avoir accordé dans un procès , l'appel en cour de Rome en 149,1 (3), et beaucoup d;autrès mesures rigoureuses, enseignaient aux juges à sou* tenir la juridiction civile.
On Ht dans le règlement donné aux corrégi^ dors ,»eu 1 483', les deux chapitres suivaps.
(1) ZuriU , Bist^re du roi Ferdtnandr-U Catholique ^
Kf. vu , chap. 44^ (a) Pulgar, part, ni , ckap. 66.
(3, Ç. Rûeo , ÇspQgne sacrée , toro. 3") , traiW 1% >
«hap. 2*
«Qu'ils devront défendre de tout leur royal pouvoir, ltt juridiction royale dans les cas où selon le droit elle serait troublée. Qu'ils a* permettront, soit publiquement ofcseerètement, directement ou indirectement , qu'on leur li» dés actes des juges ecclésiastiques qui em* pécheraient dVibséfrveiJ ou4e fiate >exée«*» fceux de h juridiction' royale , ponce ^éle té et là reine Youlam que îa juridictioB eocfe-
stastîque soit inspectée,' ili veulent aui» f* lièiir juridiction royale ne soit pas iMurpée.
Maïs corameht les' lùtaièi^ littéraires pouvaïent-elfes »vàugtmmc^J/«.ôdi^eairaiitoBK
royalepoxtvait-elle conserver tes droIt$a«»",*,l des obstacles qu'eïïes- trouvaient dans linq»* sition ? Maigre tous les efforts* de* »ois «ad** liques, Deisa, Second iûq«d*keor-gén«calfi0ttftr prit de discréditer 1 etudedes latiçuesûrieiifaifi*'* Il ne travailla à rien davantage , disait Letoja> qu'à effaôer jusqu'à la trace des deux Janjp116 les plus nécessaires pour résoudre les doutes qui peuvent se présenter dans la vwû* eonv®*' sance de notre religiop. (i.)
( i ) Apologia earum rerum quœ sibi objiciuntur.
G&e&èhi*; sa*tn*,f u* démhnoéi k Vûiqutt&M ; il. eût; éfcé ea«& doute condamné, t si. De», ne fiât p*s jQKMn^wddMt là procédure*. Gg.» soû pB8éee$eus ûast^erot*> » «û* ;>p»> «oepédéâ. sa» ewp^i rd jœq«i^ii«ur-^é»ér»J v Mai* beaucoup dlau&refc >«avm*>EspagMl*. qui &etu*at pas une m haute pïatectiûii que iiaiakr^ne, furent arrêtés , et sou&rirefrt inilk; raan£r ornnme on peut le voir dans V Histoire critique de V Inquisition, écrite par Llorente : d'autres furent forces de s'expatrier. Louis Cadena , chancelier de l'Université d'Alcala, se réfugia en France, poursuivi pour avoir tenté de réformer l'ensei? gnement de cette école, et mourut à Paris,. I/éloge que fit de ce savant le célèbre Arias Montano prouve bien que la Péninsule n'était pas dépourvue de sgfëfyç çt de grands talens, les obstacles qu'ils rencontraient dans leurs études, et que ces obstacles firent enfin triompher l'ignorance et la barbarie, (i)
Quelle différence remarquable ne trouvet-on pas entre les théologiens et les jurisconsultes espagnols qui assistèrent au concile de
(i) Not. 20.
Tren te > et tes théologiens et les jurisconsultes des époques postérieures? L'histoire, qui comme le disait Cieéron , est iâ maîtresse de la vie, se remplit de plus de febles par les fictions de nouf telles chroniques, (i) etlajurisprrçdencequi est la science des magistrats et des conseillers du monarque, loin de s'éclaircir, se confondit et s obcurcit chaque jour davantage. 1 ■> . • :>- ' . ■ .
(f) Censure des r histoires fabuleuses , par Nicolas Aiv-
toin*. ■• • -.■':.■*•::..'•'•.•:-■. -4-
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