‹ Considérations sur les causes de la grandeur et de la décadence de la monarchie espagnoleChapitre 38 sur 48 · IJ · texte numérisé non relu

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que le du Aristote... Je sais assuré qw si de* le principe, on n eût point noté le* mauresques d'infamie, ils se seraient tous soumis à la religion catholique, et qu$ slls h regajrdèrent avec haine et horreur, ce Ait parce qu'en la pratiquant ils, n'en étaient pas moins avilis jet méprisés , et sans espérance dé voir s'eflacer avçcle tonps, la tache de Jeu* basse extraction. Gomme cette erreur avait sgn principe dans des préjugés fort anciens, le mal vint à ce point qu'il feUut y chercher un remède en les expulsant d'Espagne. * {*) Ces censures des erreurs du gouvernement dftPis k coaversian et l'expulsion «des juifs et d^maures^w peuvent certes point faire qualifier leurs autours dennetnis de l'église. Pedraza et Navaret^ étai<»t chanoines, l'un de Grenade, l'autre da St.- Jacques , et ce dernier était en outre eonsulteur du &t.-Qffice.

Le résultat de oc* proscription* fut, que quoique des le conunenoement des découvertes et des conquêtes des Amériques, les fabriques espagnoles .eurent quelque accroissement par

(1) Conservation de* monarokiês, dite. 7

•=— Il —

l'encouragement d'un débit plus facile et plus assuré de leurs produits, une fois que les étrangers furent débarrassés de la concurrence de tant de milliers de capitalistes et d artisans espagnols , châtiés par l'inquisition , ou expulsés de la Péninsule, ils s'emparèrent de presque toutes ses richesses. Les cinq sixièmes du commerce de l'Espagne et les neuf dixièmes du commerce maritime, furent faits par les étranr I gers * « en sorte , disait Htf oncade à Philippe III, que les Indes sont pour eux, et que V. M. n'a que le titre de possesseur. » (i)

Les Espagnols vaniteux , enorgueillis de leurs mines et de leurs immenses territoires , ne rougissaient pas de n'être que de simples commissionnaires, et de prêter leurs signatures à ceux qu'ils méprisaient d'ailleurs, pour les aidera embarquer et débarquer leurs marchandises frauduleusement. Ces services si préjudiciables à la nation, et si humilians, étaient ordinaire-, ment payés de neuf pour cent de la Valeur des marchandises, (2)

{\) Restauration politique de V Espagne, dise. I. (2) Ulloa , Rétablissement des manufactures et du commerce d'Espagne, Introduction.

Satisfaits d un $i modique salaire, les Espagnols voyaient avec indifférence que les propriétaires des marchanVtises qui passaient ainsi par leurs mains, gagnassent plus de cent, et quelquefois plus de .quatre cents pour cent par leur moyen; (i) *

L'agriculture et l'industrie espagnoles paralysées par les causes que nous avons in* diquées , il en résultait nécessairement que ' la population et les revenus du trésor diminuaient en même temps. On croit que Philippe II eut plus de trente millions de ducats de revenu , pendant un tempâ (2) ; celui de son fils ne s'élevait pas à quatorze millions , (3) et ce revenu était encore grevé d'une dette nationale de plus de cent millions. (4)

Afin que Ton ne pense pas que ces données sont exagérées , nous parlerons ici de celles qu'exposa au même roi le susdit Moncade, que personne ne peut taxer d'ennemi du

(1) Mata • Mémoire pour remédier à la dépopulation 4 à la pauvreté et à la stérilité de V Espagne.

(2) Leti, Hist, de Philippe 11, par. 2, liv. a.

(4, Moncada.

trône, et beaucoup moins encore, d'ennemi de l'autel.

« On dit que la troisième cause dé fa dépo- « pulation du royaume provient de ce que la « quatrième ou troisième partie est composée

• d'ecclésiastiques et de religieux:, dont le « nombre ne fait qu'augmenter chaque jour « progressivement, et que, vu qu'ils ne sema-

k « rient pas , le royaume s'épuise ; mais un « grand nombre se voue à Tétât ecclésiastique « ou religieux, parce qu'H ne peut pas vivre « dans le monde; ainsi, ce qui cause la pau- « vreté* du royaume, est ce qui obligé une « quantité de sujets à se faire religieux et éc- « clésiastxques , parce qu'ils ne peuvent em- « brasser un autre état....

« La deuxième cause de la diminution des

* fonds du trésor, provient, suivant l'opinion « de beaucoup de personnes, de ce qu'il existe « huit millions de rentes ecclésiastiques en Este pagne, qui augmentent tous les jours, parce « que ceux qui embrassent l'état de l'église, « qui entrent dans des monastères, dans des « confréries ou chapellenies, n'en sortent jamais « et ne paient point ftalcavala; et quelques-uns

* ofrt penfé qu'il serait bondis coixpet court *k ce m*A , et que persotm* ne disposât de « tes |iei» e& faveur dé l'église, sans «nom»' « tion du* roi, moyen très caustique indiqué « dans le» discdttte de Fr. Pacte et autres de « Venise, qui dtainaetit (s'ils ne suppriment « pas entièrement) k liberté ecclésiastique, « cottttee plus nuisible que profitable à la ré- » publique. » * *

Tel était F oubli du droit ancien espagnol, parla prép*roder*rree et la force de» noureMes doctrines ufrraifcoartames. Ou fteg&rdah comme hérétique» ou comme approchant d# l'hérésie beaucoup de ees doctrines qui furent, pendant plusieurs siècles, les lois e« le» msœanes de la monarchie espagnole. Toute personne qui possède quelque connaissance de l'histoire et du téritable droit espagnol, n'ignore pas que la défense feite aux églises et aux ma* nàstères <f aequérir des biens-fonds sao* l'autorisation royale, fut Une loi générale dans toute la Péninsule^ La raison donnée pour efccuser le trop grand nombre de personnes qui êe vouait «a clergé séculier et régulier, était , comme eii fa vu , celle de ne pouvoir pas

vivre dans le monde! Maris ce motif était-il suffisant pour recevoir les ordres sacrés sans une véritable vocation? Était -il convenable à l'état civil, à 1 état .ecclésiastique , et à la pureté des mœurs , de remplir les églises et les côuvens des personnes sans talens et dépourvues des vertus nécessaires pour, exercer dignement le sacré ministère du kcerdoce, et de les enrichir sans limites ni mesure? Deux millions de ducats que le clergé possédait sous le règne de Charles Y, étaient réputés comme un revenu exorbitant; et, un demi siècle plus tard, lorsque ces revends s'élevaient à huit millions, on qualifiait d'hérétique , toute proposition tendante à opérer quelque modification dans leur accroissement.

En 1619, avant -dernière année de son règne, JPhilif>pe III, informé de l'état misérable de son royaume , .ordonna à son Conseil de s'occuper des moyens de guérir ses maux. Le Conseil lui indiqua quelques-unes des principales causes de. la décadence du royaume, l'excès des impots, la nécessité de modérer les salaires et de conférer les emplois et les dignités surec plus de justice : le besoin d'éviter.,

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autant que possible, 'te commerce avec les étràttgtei*,- la modération du luxe, la prohibition de l'introduction de toiles, et de soieries 'de Tétranger, et la dimihution convenable des dépenses' de la maison royale. Le Conseil indiqua aussi là nécessité d'encourager l'agriculture en accordant divers privilèges aux cultivateurs, la' convenance pour le roi de s'abstenir d'accorder la permission de fonder de nouveaux couvens , et de supplier Sa Sainteté d'apporter quelque limite au nombre des religieux, en lui représentant le préjudice qui en résultait, non-seulement pour l'État, niais encore pour la religion même, d admettre dans les couvens jbeaucoup de personnes qui y entraient plutôt pour fuir le besoin , et par goût de la

douceur de l'oisiveté, que par dévotion

« Qu'on tienne la main, disait-il, à ne pas « accorder d'autorisation à ces nombreuses « fondations de religieux et de monastères, et « que Sa Sainteté soit suppliée (en protestant « avant tout de la piété et de la religion des « habitons de ces royaumes, et de la constance « à là Foi catholique que les Espagnols et leurs « souverains ont toujours conservée et conser.

« 4e Dîç*)» 4g mettre 4e* Umu* aumn^

• 4tf religion^ cm l*i rqwwmtttl k» 4to*fc- «j Wfft» wtfaWs* qui wratant 4» te g**mte

« (jvd^ues ardre» religiep* > 4w)^ qw « touchait les r^iew <^«itôp<$, 4»rt il* •ç $jovffre»t p*r la pw&pfcité ^eg cw*«# 4u» a rçi^ejnent phi* gratfd qvt* Jp#lui q«û ftewt « e*çu$flWe^ repejvam m milieu 4 ey* fctfWr « çoiy /j^gçrsagpe» qui j vwpnwtt, plu* pour *fuir fo jruzer^et awc U goiit 4* fatrwjitiiïtâ « et fa fa pam&y que par U déwtipn <jui k* « mimp; en oulre d* donroags qi*i <m rfj»iU$ « pour 1« conftemtian 4* o* f^yayipç, toquelta « coit*i*t$ dan* Ja grande p^p^a^Qp %% l'ab w « dançe d'howittt Utijes # ip4u*t#ieu* , tant « pour lui que pour le service 4? V» M*i 8% dont

• la rareté, paj ce m<#if ^ Uea^^up d'autres, %né& àç diy^rs^cfrçi^*, devient pbagitë jour « plws grande, (> dommige na touph* pi les « ordres religieu* en cowpmt et en parti£uli$r,

• ni leur*, propriété ^i «om nombreuse* et « çonsid^aWes, tf q*M s'in<H>rp0rai*t **çç e»x

« plus être aliénés, ce qui appauvrit les laïques « eit les chargeant du poids $e tant 4*Q- « bligations. .. .. On ne regarderait donc pas « comme un grand inconvénient , mais au « contraire, il wrait tj-fs profitable qu'il y eût « moins d'ecclésiastiques, et que leur nombre ffyt « fixé, en suivant ainsi la doctrine des Saints « P&res , }es cûtycfr*, tf k& dispositif»* de qud- « que* empereurs qui ont attentivement cpasi- « déré cette matière..,,..

« La maladie est très grave , ajoutait Je Çon- « sçil^ elle est incurable avec les remèdes ordif WW#, U# fu&erg sonf 1#$ rejnèdes les plus m salutaire* au* patedes, ej pour sauver leeorps, « il ewment de couper le bras , guérir le eancer « avec le feu, et prévenir, par la prudence, ce « qui deviendrait peut-être nécessaire quand il « ne serait plus temps. »

NwsffigS déjà ciré, a scrfr un comfl&#ntaire cor ee «appert sous le titre de Conservation des monarchies , qui malgré le défaut ordinaire d'abonder en citations de textes , et en digressions jnjitifës j abonde auçsi en frits et en tétitoim* *Oiles à h can^s^n^ 4* 1'éftrt fe la

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