‹ Considérations sur les causes de la grandeur et de la décadence de la monarchie espagnoleChapitre 39 sur 48 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Règne de Philippe IV. — Jnate de censure , et pragmatique pour la réforme des mœurs. — Inefficacité de pareils moyens pour corriger les vices. — Création d'une Banque nationale. — Pétitions des Cortès de Ma* drid de 1626 , Contre l'amortissement ecclésiastique des biens-fonds,, et contre le trop 'grand nombre et la trop grande richesse du clergé. — Pacte de Philippe IV avec les Cortès de i638, de ne plus permettre les fondations de nouveaux couvens de religieux ni de religieuses. Projets impolitiques au moyen desquels on augmenta , sous ce règne , les revenus du trésor.. — Nouveaux efforts de la cour de Rome contre la puissance civile , prohibant dans son index expurgatoire, les ouvrages des défenseurs de l'autorité royale. — Plaintes de Philippe IV au pape , contre cet abus. — Ambassade extraordinaire d'un évéque et un conseiller pour solliciter

■ à Rome la réforme d'autres griefs dans les pensions sur les bénéfices ecclésiastiques, etc., etc. — - Consultation du sieur Gonzalez , conseiller de Castille, rélativement à l'influence de l'Inquisition sur la décadence de la monarchie espagnole. — Écrivains publicistes

— ai —

du dix-septième siècle. — Opinion sur leurs ouvrage* — Antres preuves de ta faiblesse de l'Espagne* à ladite époque.

Philippe IV commença à régner à l'âge de 16 ans, en t6ai. Son ministre, le comte duc d'Olivarès, pour capter davantage la voix populaire, créa une Junte de censure, composée du président du Conseil de Gastille , du confesseur ~ du roi, de trois conseillers, deux grands d'Espagne et deux religieux.

Sur la proposition de cette junte, il fut ordonné à tous les ministres, corrégidors et autres officiers de justice, de présenter un inventaire de leurs biens et revenus, dans 10 jours, afin que par ce moyen on put s'assurer ensuite s'ils se laissaient suborner ou abusaient dé leurs emplois.

A cette ordonnance succéda bientôt la pragmatique, on chapitres des reformes^ par lesquels on reproduisit les lois somptuaires sur les vétemens, le nombre des domestiques etc. , et l'on ordonna la fermeture des, maisons publiques de prostitution , qui jusqu'alors avaient été tolérées sous l'inspection de la police.

' Les inventaires ne furent point présentés , le

kt*e •• diminua poi**, et la prostitution loin de s'éteindre, se propagea davantage, devint' plus scandaleuse, et fut plus dangereuse à la santé par la dispersion des piatiituée*.

Vm c» projets <k réforme des vices des riches et des employas de liuiminisir&tion pur bfrp* * flattai****, le peuple, qui, ignorapt les mies cwses de «a misère, croyait trouver quelque remède dan* ces actes d'hypocrisie.

Il est d'autres mesures qui auraient beaucoup plus profité k h monarchie espagnole f aie gouvero<ero$nt avait eu plus de fermeté pour forcer leur exécution.

Pans l'année i3&3* Laeerda avait présenté à Philippe II un mémoire sous le titre da, Dégagement du patrimoine royal et des royaume* sans dommages pour le roi et ses vassaux , eâ pour la tranquillité et le soulagement de tous par le. moyen, du*, caisses publiques .09 ifenù** dfrPOU* M«i quoique ce projet fàt approuvé, il n'avait pas été mis à esecutiofi, fonte 4« fonds fm* sa dotation. Leooj&te ducd'QKvaràs songea à h raaiwer, et à cet effet on expédia une oê* dule royale le 22 octobre xfiaa.

Dans cette cédule on indiquait tes grands

jwfrtagc* qui 4*wrent vésùtt#r d>w pareil euhtisftmçnt , celui de 1 açcrçisseinent de l'agriçulr tare, propagation des bestiaux et augmentation 4e* progrès de l'indu*^, par la facilite qu'auraient le* laboureur*, les propriétaires de trou* peaux, çt ta* artitwa, de se procurer de l'argent pour le* frai* de lwn entreprises; pour éviter de vendre leur* récolte* et les produit* de tew* Wanu&ptpiç* 3 yil prix , ^ le* pr&eryer des inx&èts mortes qu'ewgesWt d'WS les usuriers; pour l'amélioration de l'administration du trésors y*l et *<m dég^gemçnt $lfc , 4b sorte

que, pweseulen^e^ti on considérait comme

UijJ* rmWi&^mJôni de* ca**s$s publiques , ÏQÔ& qu'on te regarda^; çacore c*ww £? *?«&

planché 4* saint de 1* monarchie.

Le but de ces $lab)is*era£ns était de recevoir de l'argot 4 <^ns Oli à rtféwMK*& 5 p.°/o» et de Le prêter sur de* $ag«* à *eptf en grande* <ni petite* somme*.

Afin que les* *e*?wif s fu wwt plu* efficace* «t plu? prompts , on devait répamr le* ^dmigisr tration* des caisses publique* fons le* chefs* lieux de district dç$ /ilcavafaf qui étaient au nombre de 1 19, su^rd^uuijée* toute* à un Gon-

seîl composé d'un petit nombre dé personnes très respectables douées des qualités et des talens nécessaires.

Pour la dotation de ces caisses , on devait y 'verser toutes lés rentes royales, suivant le mode adopté pour leur versement dans les trésoreries ; au moyen de quoi les recouvrement auraient lieu sans juges ni agens , à moins de frais , et les pensionnaires ou créanciers de Tétat pourraient aussi" recevoir plus facilement leurs rentes.

Les dépôts judiciaires de chaque district devaient également être versés dans ces caisses , par les mêmes raisons , et parce que de cette manière on supprimait les emplois de déposi* taires et percepteurs qui entraînaient de grands frais et beaucoup d'exactions.

Tous les vassaux de la couronne, tant séculiers qu'ecfclésiastiques y compris les archevêques, évéques etc., etc., qui auraient deux mille ducats de revenu et au-dessus, devaient acheter une fois, de ces caisses, le montant de la vingtième partie des rentes dont ils jouissaient, en créant à leur profit une redevance perpétuelle à raison de 3 pour cent.

, « La monarchie Asah Philippe IV, est sur le point d'expirer, les habrtaris sont ruinas; il est question de leur donner la vie et la vigueur, de lès soulager avec le plus grand soin des contributions et impôts sur les denrées* Je^uis convaincu que mes sujets reconnaîtraient tout ce qu'ils me doivent pour avoir adopté un pareil moyen, et ce que nous devons tous à Dieu, qui a daigné nous l'offrir et' en faciliter la réusr site dans une si grande nécessité. ». ^'

Dafté'la supposition dé la grande importance et utilité dexe projet , lé gouvernement dé Philippe IY songeait à étendre l'établissement des caisses publiques: à toutes: les autres provinces d'Aragon, Portugal, Navarre, Biscaye et Guipuscoat, -car il ne leur restera point , dit la même cédule royale , aucun motif d'excuse , tant parce qu'elles sont comprkesxlans les impots généralement établi» , qui obligent tous ceux qui participent aubénéfice à concourir également au paie* ment des charges publiques, qu'en raison de ce que dans cette espèce de secours, ces provinces n'ont point deprivUëge*, parce qu'il n'y a pas de lois quilesen exemptent, et iliieserait pas juste qu'elless'enprévalussentquandellesenfturaient.

Malgré. la puissance royale, malgré les. avantages que promettait cette eédulr y et quoicjWi le gouremement fui persuadé, qu'eue bauqeai nationale ou des caisses publique* étaient la seuls phmôhs de sàluf de fa aaoaaacaê* espa> gnole v leurétablissetnent testa en projet comme il était facile de ta- rccountore eu réfléchis* sent à Eétat de- la\ saonarchie à ladite époqam Etait •* al £uiDe de bouleverser d'un seufc cota]» tout le systèeae dadnaâeisî^atton des revenus de ki comapné ? Eaaifrilt facile* dtablàger tous lés propriétaires laïques, et même les ar- €nerôcpae&, étéques et tous les- ecdtésiastsqpea à» placer flansjeesfriidsj publics; une partiel de leura reram&? De Apis, projets ne» peuvent .pas ^'efiecftueckaia* .de grands dangeii pour * les gau- TOrqenens.:

Dans laonéa serrante itiçâ^ Génome dVCerottoa pvi>)iu json^ Jrt B^rai, danaïequeïilaeconunaodax de. nouiwanv Tétabfiasetrant .des oaissespubTiques, proposant pneu* leur ^ho tatloD;quelqueS(iKoyent>mqiBS milans que* ceox contenus; dastsj <lq cédùlei axiale prqaitéa' €es moyens étaient q^oi* appliquât àwac «nîdits .té^blisaenieejîJaiti^ÎBniftflavàe des biens o$es

personnes qui mouraient ab intestat , sans laisser d'enfans ni de descendans légitimes , en constituant une rente aux héritiers , à raison de 3 pour cent; qu'on leur appliquât également la vingtième partie de rentes des cinq ans des majorats institués avec ou sans autorisation royale, et tout le revenu d'une année 4^ héritiers collatéraux, avec la même hypothèque de trois pour cent»

ICarbnez de la Mafa revint quelques années plus tard proposer le même projet, en offrant de fournir le capital nécessaire pour son établissement , mais encore inutilement. C'était en vain que quelques bons Espagnols réfléchissaient et se fatiguaient pour offrir leurs lumières et leurs secours , afin de remédier aux maux publics; ceux-ci étaient incurables.

LqsCortès de Madrid de 1626 exposèrent au roi l'état pitoyable où se trouvait sa monarchie, dont la dépopulation augmentait, et dont ïagocnltwe et le comme** diminuaient sans cesse, motifs pour lesquels on demandait au monarque ce que Içs Cortès antérieures avaient déjà supplié de leur accorder. Ces jdçmandes portaient; * Que l'on avisât aux moyens

* de mettre des bornes à ce que chaque jour « on ôtât des biens aux séculiers pour en en. « richir les ecclésiastiques , mesures qui affai- «. blissaient , non - seulement le patrimoine « royal, mais aussi le patrimoine copimun , car « le premier étant exempt de tailles , contribu- « tions et gabelles, logemens et autres charges « majeures de guerre, il était inévitable que, « faisant tout supporter au second, il succombât, « d où s'ensuivrait bientôt la ruine des deux , « parce que ? édifice qui repose sur deux colon- « rus 7 n'est pas bien éloigfié de sa chute , si l'une

* vient a manquer. Qu'en même temps que là « balance des biens ecclésiastiques haussait, « celle des biens séculiers devait nécessaire- « ment baisser. Qu'il était inévitable que le mal « de Vun retombât sur l'autre , puisque ceux « qui souffraient étaient les principaux mem- « bres et les bras de cette monarchie $ etxju'il « était bien extraordinaire que ceux-ci fussent « épuisés de sang et les autres pleins de vigueur, « sans être même obligés de les secourir dans « leurs plus pressans besoins, et prétendant « plutôt qu'ils devraient être défendus par les

* plus faibles. Que les ordres religieux étaient

« en grand nombre, les mendians hors de toute « mesure, et le clergé en grande multitude. « Qu'U y avait en Espagne neuf mille quatre- « vingt-huit monastères, sans y comprendre « ceux de religieuses , lesquels s'emparaient in- « sensiblement de tout le royaume par des dona- « tions, des confréries, des chapellenies, ou par « des achats. Qu'il fallait donc limiter la quantité « des moines à un nombre déterminé , réduire « les couvens , ainsi que le clergé séculier , qui « étant en plus petit nombre, serait plus res- « pecté et vivrait plus à son aise. Que personne « ne regarderait cette réforme comme injuste « ou impie, puisqu'on verrait qu'il en résulte- « rait plus de forces -pour la patrie, et plus de < respect pour la religion. » (i)

Mais ces pétitions n'eurent pas plus d'effet que celles des Cortès antérieures , parce que, comme le disait Cespedes, l'Espagne n avaitaucun souci pour rien, et elle s'en remettait à la fortune ou à l'avenir pour porter à ses maux des remèdes qui, s'ils eussent été appliqués à temps , auraient pu être plus salutaires ou d'un succès plus si\r.

(i, Cespedes , Bi-toria de Felipe IV, lir. vu, op. 3.

PhSrppe IV demanda aux Gortèi de Madrid en i638, un don gratuit extraordinaire de vingtquatre miffions de ducats, payables dans six ans à raison de quatre millions par année. Les Cortès les lui accordèrent , en faisant avec ce roi un pacte solennel, qui renfermait les coïi- > dirions qu'on peut lire dans les Escritiçns de Millones , imprimées dans ladite ville en rô3g, par ordre des mêmes Cortès. Un des chapitres ou conditions pour le paiement de cette nouvelle contribution, fat le suivant : (i)

« Le soin et le zèle que ces royaumes ont eues constamment pour le culte divin , ainsi que pour le bien et l'accroissement de la religion catholique, sont si grands, que négligeant en diverses occasions leurs intérêts particuliers et leur propres commodités, ils mettent toute leur sollicitude à la propagation de cette même religion, méritant ainsi l'estime et les éloges de leurs concitoyens, et l'admiration des nations étrangères. Et commelaugmentationdunombre des religieux par de nouveaux ordres de récolets, l'édification de beaucoup monastères des

(1) Cespedes, Historia de Felipe IF, Mb. ni, chap. 11.

aqrdresanrien*, principalement de celui desmef* etktns , occasionnent une grande patovreté à ces etabliasemens * et beaucoup d'afïïictkaas aux su* jets de ce* royaumes, <jûi irè peuvent subvenir à leurs besoins comme ils le désirent, œ qui produit le manque de décence dans la manière' de vivre prescrite par l'imtitwt de «es nouas* tères, dans le respect pour la personne des religieux, et Jes force nécessairement à se prêter vis^à-vis- des séculiers A plusieurs choses qui peurant relâcher f obsçrvakiee , la clôture et les statuts de leur» ordres, -et à solliciter les secours des aumônes qu'ils demandent, en s adressant même aux hameaux et aux petits villages; il est «™u que S. M. donnera ,ue pendant le temps que durera ce serraœ, le Conseil, les villes et les cités île «e royaume , n'autoriseront point de nouveaux établissemens de monastères d'hommes ni de femmes, quoique ce soit sous te «Use d'hospices, missions, résidences, de* mondes d'aumônes, administration de biens ou pour quelque autre chose^ cause ou fcnotif que ce puisse être. »

Une autre des conditions pour le paiement de ce service extraordinaire , fut que le royaume

assemblé en Cortès, (et non toute autre personne,) pourrait dispenser, altérer ou révoquer les articles stipulés dans ces actes publics. Philippe IV, souscrivit à toutes ces conditions, et en conséquence il expédia une cédule, en ordonnant de se conformer à la suspension des autorisations pour de nouveaux établissement de couvens et communautés religieuses d'hommes et de femmes.

• Cependant les finances s accrurent prodigieusement dans ce temps. En 1662, les rentes de la couronne, si délabrées sous le règne de Philippe III, ^élevaient à plus de trente-six millions de ducats. ( 1)

- Qui produisit donc cette étonnante augmentation des revenus de 1 état? On pourrait croire au premier abord, que larichesse nationales était doublée ou triplée. Mais celui qui connaît bien l'histoire économique de ce temps, comprendra facilement que ces augmentations ne forent que des' symptômes d'une plus grande faiblesse* I En i6û 1 ,. le domaine iroyal gagna *3, 1 &2^ooo ducats par l'augmentation de j valeur qui fut

( 1 ; Not. 29.

donnée à la monnaie de bîllon. Mais il résulta de cette opération que les étrangers inondèrent la Péninsule de monnaie de cuivre de leur fabrique, abondance qui avilit la monnaie d'Espagne, de sorte quelle finit par perdre plus de 4o pour cent de change pour de l'argent, et que pour liii redonner son ancienne valeur r il fut nécessaire dé compenser la perte de sa baisse au mojen de nouveaux impôts.

Dans -cette même année , les intérêts de la dette nationale furent réduits de sept à cinq pour cent, et par cette opération les créanciers de Tétât furent fraudés presque de- laJ}° partie de leurs rentes.

Même après cette "réduction, "le gouvernement rie paya point pendant quelques années, une partie de ses créanciers. «

Le gouvernement profitait fréquemment de l'argent qui venait des Indes, en faveur de quelques personnes , en les subrogeant par des nouvelles créances contre le trésor public.

Dans ce même temps , les droits de consommation sur quelques articles imposés dans les règnes antérieurs , furent exorbitaniment augmentés. Les droits sûr la viande qui étaient d'un

màravedi par" livre, montèrent jusqu'à 7. Les droits sur le vin furent portés à 64 mawnred» par arroba , ceux du vinaigre à 32$ et à 5o les droits sur chaque arroba d'hutte.

On inventa le papier timbré, on mit en ferme le tabac, et on augmenta les prix des autres arw ticles qui étaient déjà affermés. Le prix de H soie en rame fut Augmenté d'«m tiers de sa Valeur commune. On vendit beaucoup de thaïes de noblesse, de droits seigneuriaux, et plus de 60 mille charges de régidors, notaires, receveurs, etc., etc. (1)

Avec une telle politique y comment l'Espagne aurait-elle pu prospérer ou conserver son antique grandeur ? Son clergé seul croissait et s'agrandissait journellement de plus eu plus;car, bien qu'il souffrit aussi des mesures fiscales sous le nom de subsides , ou autres demandes extraordinaires, les sources» de sa richesse t loin de s épuiser", se multipliaient sans cesse , sans tenir compte des aumônes abondantes qu'il

(1) Tous eu faits et autres semMabies se trouves* cornai-* gnés dans deux consultations des Cortès de 16^7 et 1662, qui furent publiée» dans l'œuvre de Castro qui a pour titre Solo Madrid es cortç, Madrid seule est une cour.

recevait. Pouvant acquérir toute sorte de biens-fonds, et ne pbuvant les aliéner, il devait parvenir nécessairement à posséder la plus grande partie des domaines du royaume, ainsi que les Gortès de Valladolid de i5a3 en manifestèrent la crainte (i); et plus le clergé était fiche , plus le stimulant était fort pour engager les laïques à s'y introduire, fuyant ainsi le travsàlpargoûtde la douceur de V oisiveté, comme l'avait dit à Philippe III , le conseil de Castille*

Il y avait plus d'un siècle que Charles-Quint avait insisté plusieurs fois auprès des papes, pour leur faire confirmer les lois espagnoles contre l'amortissement ecclésiastique des biens-fonds, confirmation dont cependant il n'avait pas besoin. Mais loin que ces instances eussent l'effet désiré, la Gourde îlome s'appliqua davantage à abaisser la puissance civile et les prérogatives des souverains, prohibant et mettant à l'index les' teuvres des jurisconsultes qui les* expli* quaient et les défendaient.

Philippe III, malgré sa grande piété et son profond respect pour le Saint-Siège, s'était

(1) Not< 3o.

déjà plaint de ce que dans l'index de* livres prohibés par l'inquisition de Rome, on eût mis un ouvrage de Cevallos sur les recours de force. Il avait déjà, dans l'année 1617, ordonné à son ambassadeur de faire des représentations contre cet abus, et de dire à S. S. que ces prohibitions n'obtiendraient d'autre résultat que celui de ne pas être exécutées ni reçues €n Espagne.

On n'obtint rien par cette réclamation. La Cour de Rome s'était formé le système qui est rapporté dans une autre lettre écrite par Philippe IV, dans Tannée i634*

« Il est parvenu à ma connaissance , disait « Philippe IV au cardinal Borja, que votre « Cour prend un soin particulier pouf engager « ceux qui font imprimer des livres, 3 écrire en « faveur de la juridiction ecclésiastique, sur * tou$ les points où elle est en controverse et « en discussion avec l'autorité séculière; et « qu'en tout ce qui touche aux immunités, pri- « vilèges et exemptions du clergé, ils fondent « et appuient les opinions qui lui sont les plus « favorables , en prohibant et en ordonnant de « saisir tous les livres où Von défend l'intégrité

« de mes droits royaux et mes prérogatives , * bien quelles soient fondées sur les lois cano- « niques , sur les décisions des conciles, les doc- « trines des saints et les plus graves docteur* « anciens, de manière que dans très peu de « temps, ils auront rendu commune* toutes « les opinions qui leur sont favorables, et tous « les tribunaux s'y conformeront dans leurs ju- « gemens. Ce mai nécessite un remède, car il « y- aura très peu d'auteurs qui voudront s ex- « poser au péril de voir saisir leurs écrits et con- « fisquer leurs œuvres , et parmi les auteurs mo- « dénies à peine en est-il un seul qui ne favorise « les ecclésiastiques. Voulant donc me prému- « nir contre ce danger, il m'a paru convenable « de vous en avertir, ainsi que mes autres ura- « bassadeurs, accrédités près de la cour de Rome, « afin qu'après vous être réunis et en avoir con- « féré ensemble de la manière que vous le ju- « gères convenable , on adresse à S. S. les « instances les plus vives, en lui demandant que i dans les inatières qui ne sont pas des matières « de foi , mais de controverse , de juridiction et « autres semblables, on laisse exprimer à cha- « cun soh libre sentiment -r ainsi que le firent

les auteurs anciens , et que le permirent d'autres pontifes; et qu'en outre on prohibe la saisie des livres qui traiteraient de matières de juridiction, quoiqu'ils fussent favorables à la mienne, car dès que S. S. prétend défendre ses prérogatives, elle ne peut pas vouloir que les miennes restent sans défense aussi. Dites à S» S. que si die ordonne la sai* sie des livres qui traitent d opinions favorables à la juridiction séculière, je prohiberai dans mes royaumes et mes seigneuries, tous ceux qui seraient écrits dans un esprit contraire à mes droits et à mes prérogatives royales , et qu'elle entende bien que cçci aura son effet, si S. S. ne consent point à . ce qui est si juste et si raisonnable. Vous me donnerez avis des mesures que vous prendrez à cet égard e$ de ce qui en résultera, afin qu'en y ayant égard on prenne ici les dispositions que vos avis nécessiteront, et j'en recevrai .we agréable satisfaction. , (i) T^us ces efforts $e& monarques espagnols

(i) Jugement impartial sur le menitoù* de Banne, Apptnd.

pour la défense de leurs droits les pli» légitimes Jurent Tains ! Ils avaient eux-mêmes forge les chaînes cpts lies asstçjétbsaient le plus à la Cour de Rome, Eyx-mêmes avaient fondé et protégeaient l'inquisition, composée de théologie», de dmétaHstes, de ijualificateurs et de InmiïerstoutimbusdopiniQns ultfttmoniaiites», et qui réputaieni hérésie tout ce qui ne **y conformait. pt& C'est par ces: motifs que les jttrisoànukes le» plus attachés aux prérogatives du trône écrivaient avec timidité* et sans la liberté péceauûre pour combattre avec énergie 4es erreurs, les fables et les feux prétextés dte 4bu0S adversaires, qui, malgré cette mesure et plusieurs autres de Philippe IV, corttkiuèreitf à menue à l'index de Rome, lès œuvres de Getwllos, àeSalgado, à& Salcedo , de Sàlorzano et d'autres apvans jurisconsultes d'Espagne , -défenseurs de la puissance civile dé leurs souverains; et que loin de voir se corriger beaucoup d'abua de la retigio» dont la réforme afeak. été demandée par le royaume dans di- •veraas aseerablées.des Cortès^ nori**pukment , ces. dra» continuèrent) mais ils s'aggravèrent au ^kis grand détriment de la monarchie

À l'ouverture des Gortès de 1 633, on forma un mémoire de tous ces abus , et on envoya à Rome deux ambassadeurs extraordinaires, Pimeritel ,évêque de Cordoue , et Churaacero, conseiller de Cas tille, pour en solliciter la réforme. Ces ambassadeurs extraordinaires présentèrent à Urbain VIII, au nom dé Philippe. IV , un mémoire, sur .les. excès qui se commettaient à Home contre les naturels des royaumes d'Espagne. On copia dans ce mémoire l!exposition que les Cortès avaient faite relativement à la conduite que la Cour de Rome observait avec la monarchie .espagnole à Fegard. des., pensions sur: les bénéfices ecclésiastiques, les coadjujtoreries portant succession future càux pré» bendes , les droits exorbitans.pour les dispenses de parenté dans les mariages, les réserves de provisions de bénéfices, les dépouilles et vacances <ifcs évêcbés , les vexations de la nonciature., etc;, etc. >: ; r ,

« Voilà , Sire, disaient les .Cottes, la situation f .où se trouvent ces royaumes , a cause des « abus qui se sont introduits dans son gouver- « nement ecclésiastique; voilà f Oppression sous « laquelle vivent les sujets dé V. M., et les dora-

« mages continuels auxquels ils sont assujétis , « à leur générale affliction et à leur grand abat- « tement. C'est à Y. M. qu'il appartient, comme « à leur roi naturel, de fts délivrer de tant de « vexations, et comme souverain seigneur et « patron des églises qui ont été fondées:, do* « tées, enrichies avec une si grande opulence « par vos glorieux ancêtres, V* M. doit pour- « voir à leur conservation et à leur prospérité, « comme aussi à ce que Von y rétablisse et re- « mette en vigueur la discipline ecclésiastique « dans son ancienne pureté et observance. Les

• conciles recommandent à Y. M. l'exécution « ponctuelle de leurs Décrets, et comme pro- « tecteur de lois aussi saintes, Y. AL est obligée

* de faire tous ses efforts , sans négliger aucune « démarche ou instance pour qu'on les exécute « réellement, et pour que S. S. soit persuadée « que V, M. ne se désistera de cette entreprise, « qu'après l'avoir mise glorieusement etiriève- « ment à fin , par tous les moyens que les droits « permettent et auxquels la défense naturelle « oblige. »

Maraldi, secrétaire des brefs, combatt ce mémoire en exposant quelques raisons pour

excuser les «bus que les Cortès y avaient Teprésentés à Philippe IV. Les ambassadeurs répliquèrent par un autre écrit , dans lequel ils démontrèrent la frivolité des argumens dù seigneur Maitoldï.

Mais cette ambassade extraordinaire ne servit qu'à démontrer davantage la faiblesse du gouver nement espagnol, et l'impossibilité d'espérer Jamais une réforme des personnes intéressées à lui résister. La cour de Rome avait pour elle l'inquisition, qui était imbue de toutes ses doctrines ultramontaines. Quelle puissance humaine pouvait dès lors s'opposer à son influence et à sa prépondérance t

Voici ce^ que disait au même Philippe IV , le Sp Gonzalez, Fun de ses plus sages conseillers. . « Plût à Dieu que les prédécesseurs de V. M. « eussent eu plus d'égard au bien réel de « leurs royaumes % qu'à la gloire et aux avanta- « ges apparens de les conserver purs dans ta « religion V Les campagnes seraient plus culti- « vées, les villes mieux peuplées, les habitaifs « plus riches, les forces du royaume dans un « meilleur tftat , le commerce plus florissant , « lés manufactures mieux entretenues et les

^finances de Vu &L en tneilkur orééit et phis *Msnxé*&. Plusieurs familles >de& desoendans « des Mawes araiient renonoé à leurs erm reurs , et insensiblement embrasse de bon « cœur les -récites de l'Église, sans avoir causé « à l'Espagne un vide qu'elle ne pourra jamais

* remplir,

« Le aèle indiscret du grand, père de Y. M., « est cause que la religion catholique a perdu

* dans les Pays-Bas révoltés, tant de temples et

« d'auteds ; que Ton a banni presque tous les

-* ministres de Dieu ; que les maisons consacrées

-« depuis tant de siècles au culte divin ,. sont à

« présent transformées «en . magasina» <en bou- « tiques ou écuries. Si -leur aèle aii contraire « avait été modéré par un yen de douceur et de

* complaisance, sans employer d'autres moyens « que l'exemple et les- exhortations de savans et « pieux ecclésiastiques, cek aurait produit des « effets tout opposés. Làceligion s'y serait sou- « tenue, la vérité aurait triomphé de l'erreur, « et V. M. serait à présent maîtresse de ces su- «jets rebelles.

« Que les ministres de l'inquisition et les eç- « désîasùques laissent ^gouvernement civil et

« politique de V. M. sans vouloir prescrire de$ « règles et donner des conseils , puisqu'elle leur « laisse l'entière connaissance en matière de foi « et de religion, ou qu'ils fournissent à Y. M. « les moyens de défendte et de conserver, ses "royaumes contre ses ennemis, et de rétablir « le trésor public , sans ruiner ni accabler le « peuple sous le< pesant fardeau de nouvelles

* impositions. .'

- « Ce n'est pas l'inquisition ni les ecclésiasti- « quesqui ont établi les lois et les constitutions

* contre les hérétiques; cela est provenu uni* « quempni de 1 autorité royale et du consente- « ment des princes. C'est à eux à les faire exé- « eu ter, à les afbolir ou à les interpréter, selon « les besoins de leurs peuples et les circons- « tances qui peuvent arriver dans un État, et .'< dans lesquelles la rigueur peut être plus dan-

* gefeuse que l'indulgence. »{i)

Que de maux oh eût évité dans la Péninsule , . si son gouvernement avait, adopté la politique - indiquée par ee sage conseiller !

(l) 0n peut vojr cette consultation dans l'puvrage inti-

tul<5 : Mémoires et Considérations sur le commerce et les

finances <P Espagne , imprime* «Amsterdam en fy6i.

Ce pays ne manquait point alors d'écrivains qui consacraient leur plumé à décrire les. maux de leur nation, et à proposer les remèdes qui leur étaient les plus applicables.

Mais comme l'économie politique de ces temps manquait des lumières qu'elle a acquises depuis, que les écrivains étaient imbus d'opinions ultranfontaines qui prédominaient dans toutes les classes de l'état, et qu'il était dangereux de s'en écarter, on ne voit dans tous leurs écrits que confusion , défaut de logique, erreurs, contradictions dans leurs principes , et pédanterie dans leUr érudition; de sorte qu'on ne peut en retirer d'autre fruit que quelques notes utiles, qui font mieux connaître là misère et la triste décadence de cette malheureuse monarchie.

Le docteur Moncade, par exeinple, signalait avec raison comtoe une des principales causes de cette décadence , les vices de la législation , mais en ihéme temps , il frappait d'impiété et d'hérésie la loi contre l'amortissement ecclésiastique des biens-fonds, (i) et conseillait aussi

[\ Restauration politique d'Espagne*, Diic. 7 , cap. 6.

d'étendre éikttre la juridiction du «^.-Office, «nie chargeant de fe recherche et du ehfttttnettt de ceux qui exportaient de l'argent de la Penh*suie; il proposait pour ^amélioration de lagriculture, de mettre deS empêchemens aux plantations de vignes , *ous prétextée cpe pour augmenter les revenus de la couronne, il ne -fallait pas surcharger de droits les chose* au- -perflues , mais bien Le -blé et Forge.

Ce professeur des saintes Ecritures savait très bien que le clergé espagnol e^ait trop nombreux, mais il excusait -cet inconvénient en disant que beaucoup de ses membres étaient ecclésiastiques ou religieux, faute de pouvoir suivre une autre profession dans le monde.

Il attribuait la pauvreté de l'Espagne à la ' découverte des Amériques, parce qu'avec elle les prix de tontes les choses s'étaientaugmemés. Mais si la grande abondance de l'argent avait fait* augmenter le prix des comestibles, le prix des journées, des produits et des manufactures ne s etait-il pas augmenté dans la même proportion ? et l'Espagne était-elle plus laborieuse avant cette époque, lorsqu'on vendait et qu'on

achetait avec des liards et des deniers de cuivre, ce qui coûta depuis des réaux et des piécettes?

On peut voir dans les Empresas politiques du fameux Saavedra, un autre exemple de la confusion et de l'incohérence des principes et des idées de ces temps. Dans le chapitre 68e il se propose de démontrer l'importance du commerce et de la navigation, et après avoir rapporté la grande puissance à laquelle parvinrent par leur moyen les villes antiques de Tyr, de Sidon, de Ninive, de Garthàge, et les modernes de Venise et de Gènes, il poursuit en disant:

« Ne possédant qu'une petite grève aride, rebelle au boyau et à la charrue, la Hollande entretient de puissantes armées, au moyen de l'abondance et de la richesse de la mer , et vivifie des cités populeuses si voisines Tune de Vautré que les champs les plus fertiles de la terre ne suffiraient pas à leur nourriture. La France ne possède ni mines d'argeitt, ni mines d'or, et par le commerce du fer, du plomb et de letain, et des inventions puériles, elle rend son industrie précieuse , et elle s'enrichit.

« Nous restons, nous, dans l'insouciance,' et

nous perdons les trésors que nous offrent les tuers. Au milieu de travaux et de dangers immenses, nous portons en Espagne, des lieux les plus reculés du monde, les diamans, les perles , les aromates et beaucoup d'autres richesses , et ne sachant pas nous^placer en tète des autres nations par ces moyens, nous les laissons profiter de nôtre travail qu elles communiquent aux provinces d'Europe, d'Afrique et d'Asie. Nous livrons aux Génois l'argent et l'or avec lequel ils négocient* et nous payons les changes et rechanges de leurs négociations. Ils tirent d'Espagne les soies, la laine, la soude, J'acier, le fer, et diverses autres matières, et nous -les rapportent œuvjrées sous différentes formes; et nous les leur achetons fort cher à raison àe la commission et du travail, de sorte que l'industrie des autres nations est. ruineuse pour nous.

« Une gloire immortelle attend V. M. si elle favorisait l'exercice du commerce et de l'industrie parmi les citoyens, et çhezjes nobles par tierces personnes ; car les revenus des produits de la terre ne sont pas plus naturels que ceux que procurent les échanges des choses

entr 'elles ou des marchandises pour de l'argent. Les souverains de Tyr ne méprisaient point le négoce, et les flottes que Salomon envoyait à Tarsis , n'en rapportaient pas seulement les objets de pure nécessité, mais encore ceux au moyen desquels ces princes faisaient valoir et augmentaient leurs richesses, et se rendaient puissans entre tous les rois de la terre. Pompée avait acquis sa fortune par le commerce et les négociations; et la noblesse Romaine et Carthaginoise ne les dédaignait point. »

Que ne peut la force des préjugés vulgaires ! et à combien de contradictions et d'inconséquences les plus grands talens ne se laissaientils pas entraîner! Saavedra s'efforçait de démontrer l'utilité du commerce, et d'engager la noblesse à s'y livrer, en lui présentant l'exemple des nations anciennes et modernes les plus sages et les plus riches, et il proposait en même temps aux nobles de ne le faire que par tierces personnes. Si le commerce était indécent, et répugnait à l'honneur de la noblesse , comment pouvait-il le colorer en le leur faisant pratiquer par des mains tierces? Un vol, un assassinat, un délit quelconque, cessent-ils d'être imputa -

blés à ceux qui les ordonnent ou les excitent; et si les nobles Romains et Carthaginois , les Hollandais, les Génois ne s'avilissaient pas par le commerce, pourquoi les Espagnols l'auraient ils considéré comme déshonorant P

Ce qu'il y a de certain, c'est que la monarchie tomba de plus en plus en décadence, aiàsi qu'on peut le voir dans les œuvres des écrivains les plus versés en économie politique.

Tolède où se mettaient en œuvre 435,ooo livres de soie, avait déjà perdu ce travail, qui suffisait autrefois à l'existence de 38,484 personnes, (i)

La population de cette ville avait éprouvé un tiers de diminution , et vingt-cinq maisons de ses familles les plus illustres, étaient passées dans le domaine de divers couvens. (a)

Les pertes éprouvées- par Tolède, jointes à celles qui avaient frappé diverses autres fabriques de soie et de laine à Ségovie et dans la Manche, avaient privé de travail 127,8213 fe* bricans et quatre fois autant de personnes

; fi) Maitinez de la Mata , dans son Mémorial. (î Ceraltos , Art royal, docum. a3. '■

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occupées jadis à préparer ces matière ptfurlefc tissu*, dont les valeurs 'Vélevaiëftt/A1 tf^ii ,^36 ducats. Burgos qui avait Vu ilàns Tdpùïénce plus dé 6000 fanrilTés, n'était plus réduitë'cju a 600, la plus gramie pàrtnï pauvres tft miàétables; Medina-del-Campo où se négociaient, dans ses fameuses foires , plusieurs millions de ducats, et qui avait aufcsi une population de plus de 5ooo familles riches, ëtàit féduite'à 5oô pauvres habitans. L'évêchë'd'ÀVila avait perdu 65 fonds baptismaux. Plus de 400 villages du royaume de Grenade, furent réduit? à 260, et

le million de livre» de soie qu'on y récoltait ne montait déjà plus a iôô,ôô6 uvrës.' " .La ruine, de l'opulente. SeviUe nç. fut pas moins déplorable. Ses 3ooo métiers de soie étaient réduits à 60 (i\ les trois-quarts de sa population avaient disparu , et ejle^avai^ p^rdu

(i) l\ y. a beaucoup d'çxa^aj^o danfi^lçs notes et les

calculs sur la population, l'agriculture, l'industrie et la

ricliesse antique de l'Espagne. Les trois mille métier»

qui*; âû: rapp'orV de *atk /existaient à^évitte*, s'èïeVaient

à' vingt-cinq' mille , selon quelques auteurs ; mais d'autres

'ttrif ains plus réfléchis de ces derniers temps <mtdé*moiifré

l'exorbitance et la fausseté de ces notes et de* ces 'supjto'éi-

-foies 19 vingtièmes des vignes et des oliviers qu'elle cultivait sur son territoire , lorsque son commerce était florissant. (1)

Au milieu de tant de pertes et de tant de malheurs , le comte d'Olivarès s'était déterminé à saluer Philippe IV du nom de Grand, et Ton rapporte qu'il récompensa D. Pedro Calderon de la Barca pour avoir fait allusion , dans une comédie, à la naissance du prince Balthasar dans les vers suivans :

« Hjjo del grande Felipe ; ' * Y esto que se diga baste ;

« Pues no hay mas que ser, que ser « Hijo de Felipe el grande. •

C'est ainsi qu'une politique flatteuse défigure

tions dictées courent par un aveugle patriotisme. Discourt sur le* fabriques de soie de SéviUe, par D. Martin de XJlloa. Mémoires historiques sur la marine, le commerce et les arts de Barcelonne , par Capmany, tom. ni , part. 3 , cap. 2r — Mémoires politiques et économiques de Larruga. ^Mémoire 36*

(1) Ces deux faits derniers, tout ezorbitans qu'ils paraissent , aont puisés dans un rapport fait au roi par les Cortès de 1662 , publié par Alonso Nunez de Castro , dans son «uTie déjà, citée».

souvent les caractères et les traits des personneset des nations! Celui qui jugerait l'état de la monarchie espagnole par le surnom donné à ce roi, pourrait penser quelle avait été très brillante sous son règne : mais quelle différence remarquable ne trouve-t-on pas entre le règne de Louis-le-Grand, et celui de Philippe, décoré du même nom ?

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