‹ Considérations sur les causes de la grandeur et de la décadence de la monarchie espagnoleChapitre 42 sur 48 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Règne de Ferdinand VI. — Ministère du marquis de l'Ensenada. — Innovations dans l'administration des finances. — Projet de Tunique contribution. — Création de r Académie de peinture , sculpture et architecture. — Nouveaux encouragemens aux sciences. — Voyages littéraires défrayés parle trésor public. — Un ' autre Concordai avec le pape, Tan 175*.

Le&iqLs ne peinent désirer un bp plus graftd. quQ celjû du bon. cboi* de leurs mimV trep. JUutfgrquis de la Ensçpada fut Je Golbm de, Ferdinand, VI,} Qn du^ à Ja &ag& dùrectioç de ce mi.m$tre, les amélioration qui forent opér rée$ sous ce règne.

« Qmtranterbtuit- ans (disait Ferdinand VI), « de guerres continuelles et sanglantes qu'ont « soufferts mes royaumes et mes sujets, la sté- « rilité et les calamités qu'ils ont éprouvées

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« dans tin si long espace de temps , >par -'le ihan- « que de récoltes, de conimerce et de manu - « factures-; les fréquentes levées de troupeis qui « ont été indispensables pour iconétenir l'orgueil « et l'obstination de" mes ennemis, et conserver « avec mes domaines royaux , l'honneur de la « couronne, sont tes cotises cfui ont' réduit à « un é«at ^déplorablele gouvernerait éconô- « tnique, l'administration de la justiee-et là dhbse * publique, parce que tout s*est confondu dans «;1e bruyant éclat des armes. »

£ e&8 >a«ftsi qtf é^ôtoirtiènÇâit la riouVëBfè fris- «ttieti^ donnée aux intetidàns en 17% iet dans laquelle on leur réitéra les ordre* prescrits par Philippe V, pour la formation delà' statistique <te>tcrtite la Péninsule. ~ -' - •

"Dons ce^ même frtrty dahs l'objet -d'établir l'unique *ùntrihu$khi :^que ïor\ considérait. alors -conjme le moyen le plus prompt et le j&trçs ^qu-k^ble peur augmenter lés revenus du tré- . «or, Avec le moins de dommage possible- pour les contribuables, on tititamença à faire tes préparatifs nécessaires pour le mesiiragè* du territoire de la Péninsule et la vérification de ses produits naturels et industriels.

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Du travail effectué pour cette<grande opéralion dans les vingt-deux provinces de la couronne de Castille, il résulta que l'Etat séculier possédait 61,196,166 mesures de terre, dont les produits s'élevaient à 817,282,098 réaux; en revenus de maisons, et toute autre espèce d'édifices 252,086,009 ; en bétail de toutes sortes 29,006,238 ; et coproduits de son industrie et de son commerce, 531,921,798. L'état ecclésiastique possédait 12,209,053 mesures de terre , dont les revenus étaient 161,392,700 réaux; en maisons et autres édifices, dîmes etprémices 1 64, 1 54,498 ; bétail, en 2,933,277 ; et en revenus de son industrie et de son commerce, 1 2,3 21, 44°*

Avant ce règne, les impôts se percevaient par l'entremise des fermiers qui , en privant la couronne des profits qu'ils y faisaient , les rendaient encore plus onéreux aux peuples. Ferdinand VI mit les rentes en régie; par ce moyen elles étaient moins onéreuses , et augmentaient continuellement les revenus de l'état sans le risque des fréquentes banqueroutes des fermiers.

La rente du tabac qui fut affermée, à la fin

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du siècle précédent, moyennant Ô,8i,8r8 ducats (i), mise en administration rendit plus de ioo millions de réaux. En 1761, tous les revenus du trésor s élevaient déjà à plus de 3o millions d ecus. (2)

A ces améliorations si remarquables dans les revenus du trésor, vinrent se joindre d'autres améliorationsnon moins importantes dans différentes branches du gouvernement, ainsi que dans les sciences et les arts. Quoique l'Espagne eût eu déjà* d'excellens peintreà, des architectes çt des sculpteurs T elle' manquait d'écoles publiques pour renseignement des beaux -arts. Ferdinand VI *fut te' fondateur dfe la première académie destinée à les encourager , en accordant de grandes récompenses et des distinctions à ses professeurs.

Sous le règne précédent, en raison de Texpé- -dition littéraire aux Amériques,1 défrayée par, le gouvernement français , pour" la vérification de la véritable grandeur et de ta configuration

\ (1) Nunez de Castro , Solo Madrid es Corée,

(3) Remontrance du marquis de* VBnsenada à FerdinandVI*

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de la terre, on avait demandé à Philippe V l'a»* torisatioiietlaTeGOmraandaâon nécessaires pou? aider à une entreprise aussi intéressante, parée que lès nouvelles observations a&tronomkpa^s et physiques devaient avoir lieu sur les domaines espagnols* Ce monarque ne se contenta pas de donner les ordres convenables à cet effet, nais encore il nomma les deux officiers de marine, D. George Juan , et D. Antonio Ulioa pour qu'ils accompagnassent les savans français dans une expédition aussi glorieuse. Ces habiles marins, plus instruits par les nouvelles expérience» efcles leçons que leur facilita la commission donc ils .étaient charges, composèrent après quelques ouvrages très utiles, qui produisirent une émtolation fort utile dans-cette branche de la littérature espagnole.

Avant cette époque , on regardait en Eapagrfe comme hérétiques , ceux qui croyaient au mouvement de la terre 3 mais les progrès de4'astro-( notnieet de la physique en Italie et dans d'autres endroits, avaient démontré qu'une telle opinion loin d'être une hérésie , était une des Vérités les plus palpables en astronomie.

Le péripatétisme dominait encore en Espa-

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gne, ainsi que le système de Ptolomée, jusqu'à ce»que ces deux savans, imités par quelques autres, commencèrent à ïe combattre, "(i) ,

D. George Juan composa un écrit intitulé : Etat de Gastronomie en Europe, et opinion relative aux fondemens sur lesquels ont été, bâtis les systèmes du monde , pour servir de guide a la méthode avec ^laquelle la nation doit les recevoir sans compromettre son opinion et sa croyance religieuse.

La Relation historique du voyagé h l Amérique méridionale , faite par D. George Juan et D. Antonio Ulloa , fut imprimée en t648, par ordre de Ferdinand VI, qui les récompensa en les élevant en grade et en leur accordant d'aùttes honneurs très distingués. Ulloa fit, en l'année 1755, un autre voyage au Pérou , par ordre cfe ce même prince, dans lequel il recueillit les documens qui lui 'Servirent ensuite pour publier ses Notices américaines , ouvrage où l'on trouve de* observations très originales sur divers climats, les productions végétales, les animaux et

(1) Bibliothèque espagnole des meilleurs écrivains du règne de Charles III, «rU Juan.

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les minéraux de ce continent, hurles usages et les mœurs des Indiens , sur leurs antiquités et leur langage , etc.

Sous le même règne de Ferdinand VI, on facilita et on défraya avec les fonds du trésor royal plusieurs autres voyages littéraires- D. Joseph Ortega eut Tordre de se rendre dans diverses capitales, afin de recueillir les connaissances nécessaires pour la création d une académie générale des sciences naturelles, et pour l'établissement d'un jardin royal des plantes. D. fiernardo Ward, Irlandais, fut chargé d'un autre voyage dans le but d'acquérir et de propager de plus graiides connaissances* en matière d'économie. politique. Bowles fit plusieurs voyages dans la Péninsule depuis l'année £75a, et fut pensionné pour composer son Introduction h F histoire naturelle et k la géo? graphie physique de V Espagne.

A la même époque, Nasarre, Luzan, Mon* tiano, Ayala, Velasquez, D. Juan Yriarte, Cadahalso etMoratin, père du Molière espagnol, corrigeaient en grande partie les vices qui avaient corrompu la poésie castillane dans les ouvrages de Lope de Vega, Galderon, Gon-

gora et d autres génies espagnols très féconds, , mais fort incorrects.

Aux efforts de ces savans pour améliorer le goût littéraire dans les belles-lettres , se réunirent ceux de quelques autres pour purger de beaucoup de fables l'histoire ecclésiastique et civile, parle moyen de la critique la plus judicieuse. Le père Florez, religieux augustin, entreprit le grand ouvrage de V Espagne sacrée , qui fut continué ensuite par son confrère le pèreBisco, en 42 volumes in-4?, remplis de notices, observations, diplômes, et d'autres écrits les plus utiles pour l'instruction de l'histoire ancienne' de la Péninsule.

Le roman écrit par le père lsla, jésuite, sous

le titre d9 Histoire du, fameux prédicateur frère Gerundio de Campazas, fut un nouveau Don- Quixote, aussi utile pout corriger les extravagances qui s étaient introduites dans les chaires d'Espagne, que l'ouvrage de Cervantes l'avait été pour ridiculiser celles de l'ancienne chevalerie.

Mais l'entreprise littéraire la plus utile de ce règne , fut la visite générale dans les archives de la Péninsule, ^our y copier une infinité de

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diplômes et de documens qui y -étaient enfouis depuis plusieurs siècles, et dont l'oubH était très préjudiciable, non-&euleiïuewtppur|mrger Thistoire ecclésiastique et civile d'uta grand nombre de fables , au moyen 'desquelles la-confusion y avait été introduite par. plusieurs imposteurs ,mais encore pour la connaissance des lois les plus fondamentales du •véritahle droit «espar gnol.

Dans les années 1760 et 5iyleipère Burriel, D. FranciscoPerez Bayer, professeur de langues orientales à l'université de Sjftlaoaaucf ue , et D. Louis Joseph Velasquez, fttrent coœiniseîonnés pour cette grande entreprise, dont le chef principal était le père Burriel

Ce savant jésuite avait quelques ofilnio^s fort différentes des opinion.* adoptées communément par ses confrères. On peut se former quelque idée de sa manière de penser par la critique qu'il fit du décret de Grafien, « Il n'y a pas « de livre, disait-il , qui ait ét$ aussi fortuné que « le livre du Décret , et cependant ce n'est qu'une « collection faite à plaisir p<ir un moine curieux, « disposée avec une méthode défectueuse, pleine « de fragmens apocryphes ,«de pièces forgées par

« le trafiquant jPiaftfc Isidore, et. autres sembla- « blés, et remplie malgré la bonne foi de Grar « tien, destgsaves erreurs qu'avaient déjà signa - «lées. le célèbre D. Antonio Agustin, dans^son « ^ologw d#:YEpitomejuris pantifaï, et dans « ses dialogues de. Ermudatione Gratiam; Ba- * lucçj&ms la réimpression. de cette œuvre, et «Van Espen, ain» que beaucoup d'autres.

«. Toutes. ces, erreurs sont à la portée des inoins « instruits, puisque je les vois. Enfin, le Decrçt «c ne méditait rien, moins que la fortune d#nt il « jouit, et cependant Gratien n'a-t-il pas étouffé « et enseveli noàr seulement toutes les collée T « tions canoniques antérieures, raaisencore les « codes originaux, des canons de 1 église oçien- « taie? Wa-t-ilpas régné seul dans les écoles et « dans les tribunaux ecclésiastiques? Et aujoiu> « dirai même, lorsque iroufc avons déjà atteint «au midi des sciences, aujourd'hui, aujdur-

« d'hui... » (i)

Philippe V étant mort, le nonce de S* S. aussitôt l'avènement au trône de Ferdinand VI, lui présenta une remontrance dans laquelle il

,( \}Lettre à don Juan d'Amaya.

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hu rappela l'obligation d'observer le concordat de 1737.

I)e son coté D.'Blas Jover, procureur du roi dans la chambre du Conseil de la Castille, convaincu de l'insuffisance de ce concordat pour remédier aux graves préjudices que I31 politique romaine causait à l'Espagne, composa et publia un autre écrit ayant pour titre: Examen du concordat passé entre S. S. Clément XII et Sa Majesté Philippe V dé glorieuse mémoire , le a6 septembre ,1737, offert au roi notre maître Fer-K dinand VI, a son heureux avènement au trône, a Madrid le 6 janvier ijfy. (1)

La grande sagesse du pape Benoit XTV lui fit enfin comprendre que dansi'état de lumières où se trouvait déjà le gouvernement espagnol sur les droits légitimes de la puissance civile, il était impossible de continuer la pratique de quelques usages ou droits dont le St.-Siège avait joui : c'est ainsi qu'il prit la détermination de transiger avec Ferninànd VI pour la suppression de ces droits et usages, par le moyen d'un autre concordat passé en l'année 1752,

(1) BiblioUca espanola, art. Majans.

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Voici le début de ce concordat. «Sa Sainteté « Benoit XIV qui gouverne heureusement « l'Eglise , ayant toujours eu le vif désir de « maintenir la liaison la plus sincère et la plus « cordiale entre le St.-Siège et les nations, les « princes et les rois catholiques, n'a jamais né-

* gligé de donner continuellement les preuves

• les plus assurées et les plus particulières de' « cette vive volonté envers4a nation espagnole, « si éclairée et si pleine de dévotion et de piété, « comme envers les monarques des Espagnes « et les rois catholiques , en considérant leurs

» « titres, leur religion solide, etJeur affection « permanente pour le St.-Siège apostolique et « pour le vicaire de Jésus-Ghrîst sur la terre.

« En conséquence, et considérant que dan s4e « dernier concordat conclu le 18 octobre 1787, « entçe le pape Clément XII de sainte mémoire, « et le roi Philippe V de glorieuse mémoire , il « avait été stipulé qu'il serait nommé par le « pape et par 4e roi, des personnes qui exami- « neraient à l'amiable les raisons de toutes par- « ties sur l'ancienne controverse du prétendu « patronage royal et universel, S. S. ne négli-

. « gea point dès le commencement de son pon-

« ûficat, de renouveler ses instances auprès « des deux cardinaux BeUuga et Aquaviva, au- « jourd'bui défunts, pour qu'ils obtinssent « de la cour d'Espagne qu'elle députât, des « personnes pour traiter les points indé~ a cis; et pour faciliter successivement leur « examen, S. S., ajouta à sa. demande dans un « écrit, de sa main, qu'il donna àuxdka.cardi- « naux, toutes les raisons qu'il crujt conformes « aux intentions, et aux droits du St-Siège.

« Mais l'expérience lui ayant fait reconnaître '< que ce n'était pas le moyen d'arriver, au but « désiré , et que les écrits et, les réponses loin «.d'aplanir les difficultés, ne faisaient que. les « multiplier j'en suscitant à un tel excès deacon- « troverses qu'on croyait oubliées, qu'on -aurait « pu craindre une rupture malheureuse, per-

« nicieu.se et fatale pour l'une, et l'autre pactie, et

« ayâotacquis la preuve positive de la disposi- « tion pieuse de la volonté du roi Ferdinand VI « qui règne heureusement, à un arrangement « juste et équitable, sur les différends survenus « qui s'augmentaient journellement, volonté « égale à celle qui anime Sa Sainteté dans le « même but^Sa Sainteté a jugé quil ne&Uait

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* pas perdre une occasion si favorable pour « établir la concorde qui est exppiiqée dans les « chapitres !sui vans.... »

Plus àfi douse taille. prébendes et bénéfices ecclésiastiques étaient auparavant pourvus par les papes (i): au moyen de.çç concordat, on né letir réserva que la provision de cinquantedeux; et le droit dé pourvoir aux autres, çum cura et sine cura, fut cédé aux rois*

Par cette transaction, cessa entièrement la controverse qui subsistait encore, malgré le concordat de 1787, sur l'abus des coadjutoreries.

On lit dans le chapitre 8 du concordat 'de 175a, que S. M. C. ayant considéré que la dàterie et « la chancellerie apostolique se trouvant - « privées, à raison du patronage et dés, droits « cédés à S. M. et à ses successeurs, des béné- « lices des expéditions et des annates , le dpmr « mage.qui en résulte pour le trésor pontifical « serait trop gtave , elle s'oblige à ïkire consi- « gnér à Rome un .capital de 3 10 mille écus « romains, qui, à raison de trois pôUr cent, pro-

( 1) May tac , Oburixitiom $ur 'h concordat de 1 753. ^

« duira annuellement 9300 écus de la même mon- « naie , somme à laquelle on a évalué le pro- « duit des droits précités. Considérant aussi « que par le motif de la prétention au patro- « nage royal et universel, on avait nouvelle- « ment suscité l'ancienne dispute sur l'imposi- « tion de pensions et la perception des cédules » et pensions, et que pour trancher d'un « seul coup les disputes qu'on suscitait de « temps à autre , notre Saint-Pèrç avait mani- « festé promptement sa résolution d abolir l'u- « sage desdites pensions et cédules : considérant « encore que par la perte de ces revenus, .« S. S. se trouverait contre ses désirs dans la « nécessité d'assujettir le trésor pontifical à « beaucoup de charges , puisque le produit de « fces cédules et pensions était employé en « grande partie aux salaires et aux gratifications « des '•ministres qui servent le St.-Siège, dans « les affaires dépendantes du gouvernement « universel de l'Eglise , S. M. Catholique , au- « tant par sa dévotion héréditaire au St.-Siège ? « que par l'affection particulière quelle porté à « la personne sacrée de S. S., s'est soumise à « donner pour une seule fois , un secours qui

« allégera , si rumen total , du moins en partie , « le trésor pontifical ,des frais qu'il est obligé « de faire pour l'entretien desdits ministres. « Elle s'oblige ainsi à faire compter à Rome six « cent miHeécus romains j qui, à trois pour cent, « produisent annuellement dix-huit mille écûs « de la même monnaie , au moyen de quoi l'u- «• sage d'imposer dorénavant des pensions , et' « d'exiger des cédules, démeure aboli, non-seu- « lement dans le cas de la collation des ciia- « quante-deux bénéfices réservés au St.-Siège, «• celui des confirmations de quelques élections « ci- dessus expliquées, et celui du recours' au* « St.-Siège pour obtenir des dispenses concer- « nant la collation des bénéfices, mais encore « dans tout autre cas-quelconque, de sorte que « l'usage de l'imposition- des pensions et de la « perception des cédules, demeure à toujours « aboli, sans préjudice des pensions déjà impoli sées jusqu'au moment actuel. »

Ce concordat arrêta aussi les disputas élevées antérieurement y sur le recouvrement etl'applieation des biens des évêques décédés , et sur les revenus du temps /des vacances * des mitres. S, S« renonça en faveur du rdi Catholique au

drokqu'<eUeavait eu dénommer des percepteurs pour lesdits biens et leurs revendis , ea lui concédant toutes les facultés nécessaires pour qu'Us fassent administres et fidèlement employés sous la protection royale, à des usages pieux, et pour cette grâce, Ferdinand VI -s'obligea en faveur du St>Siège, à déposer à Rome pour «ne seule fois, et «mettre à la- disposition de S. S- an autre capital de &33,333écus, -qui, imposés à trois pou**<cent, produiraient sept mille écus annuels , et s'obligea en outre au paiement d'autres cinq mille «eus annuels sur les revenus des bulles de la croisade, pour la manutention et l'entretien des jaonees apostoliques.

Un antre des grands bieo&quece concordat produisit, fut celui des lumières que la jurisprudence espagnole acquit pour connaître la différence qui existe exrtre les dermes de notre sainte religion catholique,. apostolique et romaine, et les doctrines sur les juridictions et ltis autres droits ecclésiastiques. Les articles de foi sont indubitables et inaltérables , parce qu'ils sont révélés par llEsp rit-Saint, qui est la vérité éternelle; c'est ainsi que chez toute?

— ii7 — les nations catholiques et dans tous les tenips , ces articles ont été et seront confessés sans la moindre diversité dans leur croyance; mais dans les pratiques et les opinions religieuses sur la discipline ecclésiastique, toutes les nations catholiques ne s'accordent pas , et il n'est même aucune d'elles en particulier qui ait toujours conservé les mêmes institutions et les mêmes coutumes; cette observation est notoire ^our toutes les pfcrsonnesqui ont quelque instruction de l'histoire ecclésiastique, et c'est ce que j',ai bien démontré* dans cet ouvrage.

Quand on n'aurait pas même d'autre preuve de cette observation , quelle preuve plus évidente peut-on désirer que celle donnée par le concordat de S. S. avec Ferdinand VI ?

D. Grégoire May ans, fameux jurisconsulte, et qui avait eu beaucoup de part aux écrits qui précédèrent cette grande affaire (i), démontra les autres avantages qui en étaient résultés pour l'Espagne , dans un écrit intitulé Observations sur le concordat du S. Père Benoit XIV et

(1) Bibliothèque des meilleurs écrivains du règne de Charles III, art. Majrans.

du roi- catholique Ferdinand Vh Après avoir rapporté l'histoire des démarches qui avaient précédé la conclusion de ce concordat ,. 1 auteur enrichit son ouvrage d'une critique très saine sur les matières les plus obscures du droit canonique , les limites des deux puissances ecclésiastique et séculière; les origines des réserves . pontificales et coadjutoreries , les pensions , les cédules, les cautionnement et autres droits introduits par la cour romaine. ^ Il examinait enfin les grands avantages qu'on devait espérer de l'observation de ce concordat pour lès bonnes élections des ministres de l'Eglise et pour les autres réformes très nécessaires dans le clergé; «

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