CHAPITRE VI
Du caractère espaçai.
Ce ne fut certes pas l'ardeur du climat de la Péninsule qui influa le plus sur la paresse et le désœuvrement des Espagnols, comme l'ont pensé . Montesquieu et quelques autres écrivains. Sujets des Romains, n'étaient - ils pas sous le même climat? Et cependant les Espagnols étaient alors au moins aussi actifs £t aussi industrieux que les Italiens. Les Maures et les juifs le furent aussi sous la même température; et même sous le gouvernement féodal, les Catalans rivalisèrent avec les Vénitiens et les Génois.
Les descendans des Barbares du nord fondateurs de la monarchie espagnole, étaient plus guerriers qu'agriculteurs, artisans ou commer-
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çans. Les Goths préféraient vivre en donnant et recevant des coups d'épée, qu'en suant sur la charrue dans l'espérance de la récolte de Tannée, (i)
Ce génie gothique s'enracina davantage par la longue guerre contre les Maures. Pendant sa durée on trouvait à peine d'autres* moyens de s'enrichir que par la profession des armes. La Péninsule était hérissée de châteaux et de forteresses construits beaucoup plus pour la défense des seigneurs , que pour la protection du travail libre et pacifique de l'agriculture et des arts ; ainsi la guerre était presque perpétuelle , tant contre les Maures que contre les chrétiens.
En outre de cela, la profession des armes présentait de plus grands aiguillons qu'elle n'en offre aujourd'hui , pour la préférer aux arts et aux autres moyens de subsister, parce que la valeur et les prouesses étaient plus considérées, et étaient mieux récompensées.
Les Espagnols faisaient la guerre, non comme salariés d'un souverain , pour lui en céder tous
(1) Note 3o.
le» profit», mais ils guerroyaient de concert et à leurs propres dépens , et Avaient parionséffuegn k droit de partager «es profits entre eu», en proportion des dépenses et des service! de. chacun.
Ainsi, dès la conclusion due expédition militaire, le premier soin était de réparer k* dommages éprouvés par les soldats f «oit dans leur personne , soit dan* leur équipement. On affectait «une certaine récompense à chacun* de leurs blessures» selon leur gravité, et une plu» forte {tour la mort d'un fantassin ou d'un cavalier , «t dans oe cas , la récompense était donnée à ses héritiers,
Les récompenses distribuées , on procédait à la répartition du butin ; et à l'exception du en*quièiue jfuoa en réservait pour le roi, le veste était partagé wtre les cavaliecs et les famama^ non {«était U volonté des chefs , maïs confcuv mènent aux déclarations des «experts et 4e* juge* sur les dommages souifert* et le mérite
de chaque combattant.
* l^es teigneiw» , 4M «*e loi des Partira** qui dan* «es matières feraient tort à leurs vassait*, peuvent être traduits, soit par eux, soit par leurs héritiers, devant les tribunaux , en restttu-
tio» de ce qui leur revient pour leurs mérites <m en justice ,-et*jui leuiv aurait été refisse. (1)
A la valeur et au noble drguefl que oà ma* mutions militaires devaient naturellement faire naître dans le coeur des Espagnols, vinrent se joindre encore, dès la fin du xv* siècle, les nouvelles gloires acquises par la conquête de Grenade ; leurs triomphes en Italie; kurs immenae s conquêtes en Amérique, etla grandeur et la prépondérance doBtparcesmoti&etbeauconpdaur très , leurs rois jouissaient dans toute l'Europe.
A la grande gloire acquise pair les Espagnols «u moyen de leurs merveilleuses entreprises militaires, -vim se joindre au xvie siècle celle de kurlittémope. Les universités de Sahunanqueet d' Alcala rivalisaient avec celle de Paris.Les théologiens les plus érainens en science et ceux qui se distinguèrent le plus an Concile de Trente, y furent élevés.
Les conquêtes des Amériques par les Espa* gnols agrandirent la sphère des connaissances humaines par une foule d'objets nouveaux et très utiles aux progrès de la géographie, de la
(i)Irib.5,tit. &,?*ït. 1. ' *
navigation, delà botanique et des autres sciences naturelles, et par le plus grand encouragement des arts. La supériorité des Espagnols de cette époque en richesse et en pouvoir, rendit leur langue aussi estimable que leur grandeur était à craindre. En Italie on regardait comme une preuve de bonne éducation et de civilisation l'usage de la langue castillane. M y avait à Rome des écoles dé cette langue ; et les nobles cher- . chaient à donner à leurs enfans des précepteurs espagnols pour qu'ils plissent l'habitude de la parler avec toute la pureté et toute l'élégance possibles II: y avait aussi à. Paris des écoles publiques pbur l'idiome espagnol f on traduisait en Français et on lisait avec beaucoup d'intérêt les livres espagnols.
Enorgueillis par tant de gloire, il n'est pas étonnant que les Espagnols flattassent leur imagination en se croyant très supérieurs à toutes les autres nations en valeur , en talens çt en vertus , même après que la monarchie espagnole n était plus qu'un squelette dépouillé de sa grandeur première : le dicton pppulaire qu'en nommant un Espagnol tremblent toutes les nat/ons, est encore commun parmi eux. , {
Porquâ «n dicien^Q &F«*o/, -, Todas las naciooes tiemblan.
Voifci ce que disait un certain Carranza £ Philippe IV, en i636. « Après hi paix générale donn'ée à votre vaste empire (dàri* lequel le soleil rte se couche pas) iî vous reste, ô roi et maître suprême du» monde chrétien, à ordonner la prohibition xles vêtemens et des ornemens d'hommes ou de femmes , que l'usage et la paresse ont introduits et transportés en grande partie de France , afin que l'Espagnol, que Dieu et la nature ont créé pour dominer et donner* sestai&auxâutrés'pâys et aux autres nations, avec son langage, ses coutumes, ses Vêtemens et ses ôrhemens , ébmme cela a toujours eu lieu , ne Iqs reçoive point dès nations voisines (dont l'existence dépend de l'Espagne) au grand détriment du publia et des particuliers; » (i) •■"
Pouvait-on exprimer une vanité plus imp*er- . tinente et des préjugés moins fondés et plus ridicules ? parce que .les Espagnols avaient donné^ leurs lois y leur langage et leurs obutùnies
(1) Diseur so contra los malos trages , y adornos lasciVofe. ï
aux sauvages de l'A»0rique5étah<ee la preuve que Dieu les avait créés pour dominer les autres nations? Quelle autre nation au contraire avait été plus subjuguée que l'Espagne par les étrangers? Les Roumain*, les Gotha et les Maures ne lavaient-ils point subjuguée pendant nombre de siècles? Et l'Espagne entière n est-elle pas remplie de vestiges, de lois et de coutumes que lui imposèrent cesxonquéraus ?
' Ou pourra mieux comprendre encore le caractère espagnol en parcourant un autse ouvrage d'un historien salarié parson gouvernement» Tous ceux qui ont vécu à Madrid savent que cette capitale est située sur un sol stérile > et qu'elle est priyée d'une rivière assez abondante pouè l'arrosement et* le transport des produits et des objets nécessaire» à sa consommation f parce que la Mançunarès est à peine un petit ruisseau,, la plus grande partie de l'année. Cependant le chrQfti*te Nûnex de Castro *e£» for ça de persuader €|u il n'y avait pas dans le monde entier une- capitale qui fût comparable à Madrid: et sur quels argumens pense-t~on qu'il fondait cet étrange paradoxe?
Il inférait que le territoire de Madrid est plus
fertile que celui d'aucune autre capitale , parce que St-Isidre, ïntt de ses habitaus, lavait labouré à laide des anges. « Je né ni étofrte point • de sa fécondité, disait^il , puisque ses sittom - ftircnt tracés par les atfges adjointe ao bien- « heureux laboureur St. - ïsidre , aux sutfurs «duquel notre monarque espagnol doit son « sceptre » ; et 3 préférait davantage* de ne pouvoir 5e noyer dan» le Mançanarès , aux avantages d'une rivière navigable. *
Loin de la considérer comme un avantage, il qualifiait de bassesse et de servitude envers k< capitale de l'Espagne, Findfcstrie supérieure des habvtans- des cours- étrangères
« Il esc vrai disait-il , que Londres fabriqua « les draps les plus estimés ; lai Hollande les» « toiles; Florence ses étoffes; l'Inde se* castors « et vigognes; Milan tes brocard»; l'Italie et la « Flandre les statues et les tissu», têts qu'en « jouit notre capitale; que protfte cela si ce « n'est que toutes les nations élèvent des « ouvriers pour elle , et qu'elle n'en sert au- «cune?»(i)
(i) Mo 'Madrid es eorte. Seulement Madrid e*t une cour.
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Avec de telles idées et un aussi sot orgueil, comment était-il possible que la monarchie espagnole prospérât,qu elle conservât sagrandeur gigantesque, et retirât tout le fruit quelle pouvait attendre de ses immenses possessions et de ses miues inépuisables ? le fondement le plus solide de la richesse et de la puissance dtes nations est dans leur industrie et leur- travail.
L'Espagne avait sous ses yeux un grand exemple de cette vérité dans les Hollandais, qui sans autre territoire que celui de la centième ou millième partie du territoire espagnol, avaient, résisté au pouvoir colossal d'un Philippe 11^ forcé. Philippe III à reconnaître leur indépendance; et étaient devenus une des puissances maritimes les plus fortes d'Europe.
L'orgueil excessif et les préjugés qui- portaient les Espagnols à se croire très supérieurs aux autres nations en courage , en science et en vertus , put être utile pour éviter les inconvéniens de la trop grande légèreté à varier les institutions et les coutumes anciennes^ mais d'un autre côté, ces défauts ont produit l'opiniâtreté et l'indocilité pour effectuer les réformes très nécessaires de quelques-unes de ses coutumes.
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On a déjà vu qu'un bon évêque espagnol attribuait les malheurs et la misère de sa patrie à l'obstination de son gouvernementdarig la continuation de son système apathique( i ). Et à quelle autre cause plus- radicale peut- on attribuer^ les maux très graves que l'Espagne souffre en ce moment, si ce n'est au sot orgueil des Cortès et du ministère constitutionnel, et à leurs bravades contre l'immense pouvoir de la France et de la Sainte-Alliance?
Les préjugés qui excitent la propension naturelle à l'oisiveté et à la paresse, sont d'autant plus incorrigibles, que l'homme trouve, avec facilité d'autres moyens de subsister que ceux» qu'il se procure par le travail de ses bras. Les stimulans à la paresse étaient beaucoup plus forts dans la Péninsule, par ce qu'un bon* Espagnol appelait piété sotte (j>iedad boba){p): Outre le grand attrait et les commodités temporelles que les Espagnols trouvaient dans l'état ecclésiastique, et qui les excitaient à le préférer à toute autre profession , il y avait
(1) Chap. m. part. 2'.
(2) Marinez de la Mata , dans son Mémoire , déjà cité*.
«foutras fondation* innombrable» cf enivres pieuses pnu» le secours des pauvre* .
Cependant avec tanr de moyens àm secourir le* vrais pauvres, tome la Péninsule fourmi}- * lait de vagabom et de mendiau», malgré la sévérité de» peine» que les anciennes loi» espagnole* infligeaient au vagabondage *. et à la
Charles-Quint avait ordonné à chaque vâte de régler la police des pauvre» de sort district en secourant ies visais néœssiteuxr et es* prohibant kmendieàté'aux vagabonda
Cettemesure était très confetmeà bvéottswe chrétienne, et aux kns tant du dtoît Romain que du droit Espagnol
Malgré cria y à ne manqua pas de théologiens qui attaquèrent- ces mesures comme cssr trairesan droit naturel ret àla.movaèe de lésas- Christ. Le père Soto fit imprimer un traité iAtttelé DeUberotiô m causa pauperm/n^ de non mkibendo , secundum, miser icor dût prasceptomr fubUeo mendicahido* -
D y eut bien d'autres théologiens qui prouvèrent la justice et la convenance de réunir les pauvres y de les occuper et de les entretenir
dans les hospice» ou dans J«s maison* de miséricorde r mais l'opinion des défenseurs de la mendicité prévalut: ainsi les oqendians se imiltiplièrent à l'infini 7 et avec eux l'aversion pour le travail et les autres vices, conséquences du» vagabondage et de la paresse.
]>'une part Vorgueil national:,, et de l'autre la grande facilité de vivre sans beaucoup do travail , durent plus augmenter en Espagne que partout ailleurs , la propensioo naturelle des hommes à l'oisiveté- etau mépris des arts* Ainsi, loin de s'opposer à ce que les étrangersvinssent s'emparer des professions lies pins Ipoi&tzves , ils les regardaient avec la plus froide indifférence. On calculait à xaoytoo le nombre d'étrangers qni exerçaient china la Péninsule les professions* d'aubergistes y eabaretiers, pâtissiers, charcutiers, chaudronniers; *t antres semblables, et à plus de sept million* de ducats, la somme que ces fourmis industrieuses en exportaient annuellement (r), sans compter les profits beaucoup plus grands que ces étrangers retiraient des objets manufec-
(1) Martinez de la Mata. '
— - a©4 — Uns leurs pays par leurs compatriotes.
isiveté et la paresse, disait Moncada, sont x des Espagnols, bien connu des étran , et ils l'introduisirent eux-mêmes, et le m pénétra ce royaume par son côté faible. ut ce qui lui est nécessaire est apporté, sctionné par les étrangers , en sorte qu'i . aucun moyen de travailler. Ils ont ré- » pauvre royaume a l'état où les Philis ■ avaient réduit le royaume d'Israël , où aiguiser un soc, une hache ou un u, il fallait envoyer à PhUktea. L'Espa- !6t aujourd'hui si paresseuse, si oisive, peux même dire si gauche et si perdue, le est forcée de recourir à ses voisin»,: ne les enfàns d'Israël. »(i) taresse n'était point un vice naturel aux lois. Tous. les hommes ont, du penchant <eté, lorsqu'il ne sont point stimulés au par l'espérance d'assurer à-la-fois leur ance et leurs commodités. Les Espagnols '■ beaucoup d'activité dans les armes, et s occupations plus pénibles encore, mais
ttaurationpolitû}U4 de ?£tpagni.
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dont ils attendaient plus d'honneur et jdup de profit que du travaillent et obscur des professions mécaniques.
L'excessive multitude des jours de fêtes influa beaucoup aussi sur la paresse espagnole. Le vagabondage s'augmenta en Castille, disait le chanoine Navarrète, par le grand nombre de fêtes de rigueur qu'on y a introduites, <et qui absorbent dans beaucoup d'évêchés plus du tiers des jours de Tannée, sans compter les jours de courses, et autres réjouissances publiques. Par cette infinité de fêtes on -enlève au laboureur son travail, et ,aux tribunaux l'administration de la justice , au grand détriment de ceux qui la sollicitent, sans parler encore de l'habitude d'oisiyjeté que contractent ainsi l'agriculteur et le magistrat, >et du danger dans lequel se trouve le pauvre journalier qui n'a que son travail pour entretenir sa misérable famille , dé souffrir du besoin , ou de ne pas chômer les (êtes. La multitude des fêtes a produit encore la hausse à des prix excessifs, de tout ce qu'on vend; car la grande diminution du travail force à l'augmentation du prix des journées ,
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« et c est ainsi qu'on a ouvert la voie aux pnélerences accordées aux produits des royaumes étrangers, qui ayant plus d'artisans *t moins de fêtes, peuvent donner à plu* lias prix les fruits de leurs travaux, et enlèvent ainsi à l'Espagne les produits d'une foule de marchandises nécessaires on superflues , anéantissent son industrie inaaufacturière, et absorbent toutl'oretl'aargent qui sont les principaux produits de l'Espagne. En y réfléchissait attentivement, on verra, que chaque jour de fête coûte à l'Espagne une somme «nonne d'intérêts que gagneraient les joutnaHens et les artisans, et que je m'abstiens denumérer pour ne pas causer l'étonnement, mécontentant de lavoir indiquée. » (i) Au nombre excessif de fêtes ecclésiastiques il faut ajouter dans la Péninsule les «ourses fréquentes de taureaux dans beaucoup dç jours ouvriers , qui diminuent les occupations des arts et de l'agriculture, en même temps quelles augmentent le goût du vagabondage «t de Foifciveté.
(1) Conservation des Monarchies.
Xa /continuation des spectacles ou Jetés des •taureaux, est .une des plus grandes preuves que Ton puisse donner de l'entêtement et de la ténacité des Espagnols à la conservation de leurs anciennes augura. Il n'y a pas une nation plus religieuse, et plus soumise au St, -Siège; «cependant voici ce que disait le docteur Blesjeas dans son Histoire Pontificale. « Pie Y empêcha par un de ses brefs l'usage barbare que dans plusieurs endroits 4e la chrétienté, et principalement en Espagne, on avait de faire courir des taureaux dans les fêtes et les réjouissances publiques, imposant des peines grandes aux princes et aux magistrats qui pe&nœttraieni ces courses,, et de plus grandes aux -personnes ecclésiastiques qui *y assisteraient» déclarant indigne de la sépulture ecclésiastique quiconque mourrait blessé par un taureau dan* de semblables fêtes; et déclarant surtout q^W ne doit point accomplir les vœux que Tôt» aurait fait de faire courir des taureaux en l'honneur des fêtes chrétiennes. Ce décret a commencé à être observé déjà en Espagne, et certainement on devrait l'observer à l'avenir^ parce qu'on ne peut nier que lutter contre un
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animal aussi féroce qu'un taureau, et rassasier ses yeux en regardant comme ils tuent les hommes est un amusement digne des Gentils, et que sans doute le démon a cherché à le conserver parmi les chrétiens pour qu'ils ne manquent pas entièrement de jeux de gladiateurs et de bêtes féroces , que les Gentils étaient dans l'usage de donner anciennement en l'honneur des idoles. » (i)
Eh bien ! ni cette bulle de S. S. Pie V, ni d autres arrêts du Conseil de Cas tille pour la prohibition de telles courses n'ont suffi pour leur suppression. Bien loin de cela elles sont présentement aussi ou plus fréquentes que jamais. Il y à même dans quelques villes des amphithéâtres ou pîazas de Toros , construits tout exprès pour de telles courses ; et dans celle de Grenade il y a une niche avec l'image de Notre-Dame et quatre lanternes qu'on allume pendant 4a durée de ces divertissemens , et devant laquelle les gladiateurs , ou toreros, vont faire leurs prières avant de commencer leurs tours d'adresse.
(1 ) Histoire pontificale , liv. 6 , chap. cUraier.
Il est à craindre que quand même le gouvernement espagnol reconnaîtrait la nécessité de réformer quelques-unes de ses institutions , l'orgueil caractéristique de. la nation ne s'op pose à cette réforme ou ne la retarde. « Vérita- , « blement, disait le père Sando val, il existe dans « les fastes de l'Espagne cette faute , qui n'est « pas peu nuisible , que jamais on ne pourvoit « aux choses à temps , et qu'on attend à la der- « nière extrémité , et on laisse journellement « échapper les occasions ; et pour notre mal- « heur il est déjà établi en proverbe : cela arrive » tard y comme le secours de F Espagne. Le pis « est qu'on fait la dépense et qu'on souffre ia « peine r et rien ne profite , puisqu'on tient ses « mains sur sa poitrine dans une honteuse « inaction , et même quelquefois ce retard est « bause qu'on fait des entreprises hasardées par « entêtement. »(i)
Plaise à Dieu de fortifier l'esprit et le bras de Sa Majesté Catholique r pour briser les chaînes qui jusqu'à présent ont entravé le pouvoir royal, et l'ont empêché de faire toutes les réformes convenables au bonheur de ses sujets > \
(i) SSêtorre de l'Empereur Charles V- Liv. 26, 5 *&
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jnité de sa couronne ; autrement il est t que la monarchie espagnole retombe •tat plus lamentable encore que celui t tant de pitié au très saint père Inno-
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