‹ Considérations sur les chemins de ferChapitre 13 sur 66 · LVII · texte numérisé non relu

LVII

fer, lescontrées traversées en Retirent de grands avantages parla rapidité et le bas prix des transports; les distances se trouvant par là comme rapprochées.

Les tarife accordés sur les chemins de fer ( les concessionnaires sont obligés de faire tous les transports sur leurs voitures et à leurs frais), étant moins élevés que les prix de transport par les canaux et les grandes routes , les bénéfices que ces chemins procurent se partagent entre les producteurs et les consommateurs ; ainsi les uns vendent plus chers et les autres achètent à plus bas prix.

Les fabricans obtiennent les matières premières à meilleur marché, et peuvent de même livrer les produits à un taux plus bas ; il en coûte donc moins à la population placée à proximité de ces chemins pour bâtir, se nourrir et s'habiller. Ainsi rétablissement de ces routes est une cause d'aisance et de prospérité générale.

Soit que les chemins de fer donnent des bénéfice? plus bu moins grands aux actionnaires , soit qu'ils occasionent même des pertes, les bénéficiés du public n'en sont pas moins les mêmes lorsque ces routes s'achèvent; il obtient une économie de plus de moitié sur tous lea transports, en tenant compte du temps.

Par ces chemins , la zone des communes qui fournissent les approvisionnemens d'une grande ville est agrandie; réduite ordinairement à trois ou quatre lieues au plus , elle s'étend à six ou huit. Ainsi les fermiers placés à six lieues, et près des chemins de fer, peuvent dans deux heures arriver sur les marchés, vendre leurs produits et revenir à leur domicile en deux heures avec une charge d'engrais.

Le service des approvisionnemens d'une ville exigera des moyens particuliers de transport. On conduira des chariots à roues basses, recouverts d'une plaie-forme destinée à recevoir, les uns, les charrettes chargées; les autres, les cultivateurs. Arrivés à destination, au grand entrepôt du chemin de fer, les cultivateurs prendront pour quelques heures un cheval pour faire leur service dans l'intérieur de la ville.

Les voituriers pourront de même emprunter les chemins en fer, faisant monter leurs chariots chargés sur des voitures particulières; ils arriveront ainsi en peu de temps à de grandes distances > et loueront des attelages , pour aller à leur destination par les routes qui viennent s'embrancher sur les chemins de fer.

Les voyageurs auront de même la facilité de rester dans leurs voitures, de se faire suivre par

leurs chevaux montéssur des chariots, et d'arriver eu peu de temps et à de grandes distances avec leurs chevaux frais.

Le service rapide qu'on obtient par les chemins de fer est surtout fort important pour le transport des personnes, des dépêches, et surtout des marchandises qui s'avarient rapidement , comme le poisson , le gibier et les fruits.

Puisque retendue des villes , le nombre et la richesse de leurs habitans sont en partie relatives à la facilité des communications y on peut considérer l'établissement des chemins de fer comme les améliorations les plus importantes. Us contribuent à faire augmenter les approvisionne mens de toute nature et à diminuer leur prix.

Pendant l'exécution des ouvrages, la population des environs étant occupée et bien rétribuée, ces chemins procurent immédiatement plus de profits aux habitans que le changement d'habitude ne leur peut causer de pertes. La facilité et le bas prix des transports en augmenteront rapidement la quantité ; et le même nombre de personnes se trouveront employées et toujours mieux rétribuées. Les agriculteurs n'épargneront pas seulement le temps et les dépenses de leurs attelages, qui souffrent par le mauvais état

des routes, mais ils auront plus de produits à vendre y la diminution des frais de transport et des prix augmentant la consommation.

Ainsi ces nouveaux chemins procureront un accroissement de prospérité, même avant l'achèvement des ouvrages.

. Les mêmes résultats seront obtenus à de grandes distances des voies entreprises.

En effet , la construction des routes exige l'emploi de pierres taillées , de fonte, de fer laminé; de chariots de diverses formes ; beaucoup de branches d'industrie seraient donc ainsi encouragées. Les demandes des machines locomotives les plus parfaites exciteraient surtout le zèle, le génie dès mécaniciens, et formeraient des hommes de mérite dont le commerce et la marine royale manquent également pour la navigation à vapeur. Ainsi nulle branche d'industrie ne saurait prospérer sans étendre au loin son heureuse influence.

11 paraît certain que toutes les routes que nous avons indiquées seront soumissionnées par des associations aussitôt que le gouvernement établira une législation prévoyante et protectrice. De semblables travaux paraissent indispensables à l'aisance des classes ouvrières maintenant malheureuses.

Observations sur le projet d'un emprunt de 200,000,000 fr. pour le perfectionnement des routes et l'achèvement des canaux^

Le système d'emprunt qui met à la disposition des gouvernemens les fonds qu'ils destinent aux entreprises les moins utiles, a occasioné les dettes énormes qui accablerit la plupart des nations d'Europe.

Pendant la paix les dettes sont peu' réduites ; les habitudes de prodigalité empêchent les économies , et en quelques années de guerre les dettes croissent rapidement. Aussi il n'est pas d'exemple que dès peuples se soient complètement acquittés des emprunts autrement que par la diminution de valeur ou la réduction vdes intérêts, espèces de banqueroutes, ou même pair des banqueroutes rédïes.

Lorsqu'on sollicite du pays des impôts nouveafux; ori oceasîohe ; lè rfl&ô'nterilement des cdntribuàbteis , quelque graves que soient les motifs qui en justifientlaldemande. MaisJe public n'apprécie pas de même le poids des emprunts dont le remboursement dôitsé faire à longs termes 1 , on plutôt à utîé : êpoque illimitée. On ne paie chaque armée que intérêt dtt capital. Toutefois y d'emprunt en empriint^ nous sommêd âr-

rivés à doubler les impôts directs et à payer aux premiers créanciers des intérêts de 8 à 1 o et à i5 pour cent, sans que les capitalistes détenteurs des rentes primitives soient appelés à contribuer d'aucune manière aux charges publiques. Ainsi, par l'abus des emprunts, la France est condamnée à payer plus de 120 millions par an aux capitalistes de l'Angleterre, de la Hollande et de la Suisse, c'est-à-dire le revenu le plus net du royaume, sans que cette dépense enlevée du payscontribue en rien à sa prospérité.

L'emploi d'un emprunt au perfectionnement des routes et à l'achèvement des canaux semble au premieraperçu être justifié par l'utilité et la nécessité de ces améliorations f mais un examen plus attentif en montre le danger, l'injustice même*

L'établissement de bonnes communications est un besoin non pas seulement du royaume, mais de chaque localité. La mesure à prendre doit donc étendre son influence sur les divers cantons, puisque tous seraient également imposés pour rembourser l'emprunt, ou en payer l'intérêt, ce qui est la mêmechosS. Cependant le tableau des distributions soit pour les routes, soit pour les canaux , fait connaître que plus de la moitié des cantons ont été oubliés; et ces

cantons, sans exception, sont les plus misérables. La mesure aurait donc pour résultat d'enrichir davantage les contrées les plus prospères, et de ruiner davantage les plus misérables, en leur demandant des contributions doubles, sans leur rien accorder.

Le mode d'emprunt pour la réparation des communications n'est autre chose que l'exercice et l'extension du système de centralisation qu'on annonce devoir modifier»

On arriverait plus sûrement au même but sans sacrifice du trésor et sans emprunt, en concédant les canaux, à des associations à charge par elles de les achever et de les entretenir , et en encourageant l'exécution des routes en fer. Tous les transports lourds se faisant par ces voies nouvelles, il serait facile de rendre les routes ordinaires belles , et de les maintenir dans un parfait état, au moyen des allocations actuelles et des secours des localités. Enfin le but serait plus complètement rempli en établissant d'une manière générale le droit de barrière.

Mais on opposera mille objections contre les

améliorations de ce genre, si on ne consulte que

les personnesqui ont désintérêts contrairesàcette

équitable répartition des charges publiques.

Comme nous avons discuté dans un autre mé-

moire la question des barrières, système défendu par les hommes d'Etat les plus estimés, nous nous bornerons à dire qu'un emprunt de 200,000,000 fr. destinés au perfectionnement et à l'achèvement des routes et des canatix ne donnerait ni un système complet de bonnes communications , ni un moyen certain de maintenir en parfait état les ouvrages achevés. Cet emprunt serait d'ailleurs injuste puisque les charges pèseraient également sur tous et ne seraient profitables qu'aux villes et aux contrées riches. Il n'existe pas, il n'a pas existé un seul pays où le .gouvernement ait créé d'aussi belles communications que celles qui ont été Confiées à dès associations particulières ou à des administra* lions locales; pourquoi faire deà suppositions contredites par l'expérience des temps anciens et nouveaux et par les hommes supérieurs d'opinions différentes sur les questions politiques? Le gouvernement obtiendrait sans emprunt de bonnes communications en encourageant les associations par des lois, eii lfcur donnant toute liberté d'action, et toute garantie potic les capitaux employés aux ouvrages d'utilité publique.

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Tableau de comparaison de la force employée aux transports par eau* par les routes ordinaires et par les chemins de fer.

Un cheval, quelle que soit sa vitesse, tire une charge sept fois plus grande sur un chemin de îer que spr une bonne route pavée et de niveau ; avec une vitesse de trois demi-myria mètres par heure il tire sept fois plus sur un chemin de fer que sur un canal ; il y a donc 6/7 d'économie à faire usage d'un chemin de fer dans les deux hypothèses. Ainsi les canaux , les rivières et les routes ordinaires ne peuvent soutenir la concurrence avec un chemin de fer, lorsque la vitesse doit être accélérée sur les canaux et pour toutes vitesses égales sur les chaussées ordinaires et les chemins de fer.

Même avec une vitesse d'un demi-myriamètre par heure, les chemins de fer procurent encore plus de sûreté, de rapidité et d'économie. La circulation n'y est pas arrêtée , comme sur les canaux , par les glaces et les temps d'étiage ; on n'a pas à payer des primes d'assurance, et les intérêts de la valeur des marchandises arrêtées sur les canaux parles glaces et les basses eaux.

Le tableau suivant fait connaître les résultats

obtenus sur les différentes voies en employant

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les chevaux ou la vapeur pour les transports à différentes vitesses.

Effet utile d'un cheval d'une force moyenne de 70 kitQgramnm et d'une machine à vapeur pour diverses vitesses sur le* canaux, de tonnes routes en ca\lloutis\d6 niveau et un chemin de fer au-dessus de niveau.

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