‹ Considérations sur les chemins de ferChapitre 18 sur 66 · DESCRIPTION ET DIMENSIONS DU CHEMIN · texte numérisé non relu

DESCRIPTION ET DIMENSIONS DU CHEMIN

Le chemin a deux voies en fer espacées de i m 20, et les bandes de chaque voie sont aussi à une distance de 1*20. La largeur totale de la route étant de io^So, y compris fossé, on pour* rait placer quatre voies.

Chaque bande a 4 mètres et repose sur cinq blocs de pierres , deux aux extrémités sous les joints, et trois 4ans l'intervalle.

Les blocs de pierres, ou dés, sont taillés sur toutes les faces et ont 70 centimètres de longueur; ainsi la distance d'un bloc à l'autre n'est que de 3o centimètres.

Sur chaque bloc est posé un chair, ou pièce de fonte, où vient s'encastrer la bande du chemin. Le chair est armé d'oreilles d'où partent * des crosses qui sont enfoncées dans des trous ouverts dans la pierre et remplis de chevilles en bois. Les bandes sont serrées dans le chair par

des coins en fer chassés en sens contraire; ce

moyen ayant été reconnu plus solide que les boulons auparavant* employés.

Au point de jonction des bandes, on se sert de même de coins pour les fixer solidement dans les chairs.

La forme des bandes a été calculée pour pré-

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senter partout une résistance à peu près uniforme et la plus grande possible pour un même poids. Elles sont d'autant plus fortes qu'elles s'éloignent davantage des supports , et la tête et le bas ont un renflement qui les rend plus solides.

Le3 dessins de détail font connaître ces dispositions.

Toutes les bandes étant passées au laminoir, où elles reçoivent^ les formes voulues, sont parfaitement semblables et coupées sur une même longueur; ainsi la pose et leur remplacement se fait avec facilité. Le fer ne coûte que le prix du fer*én barre, c'est-à-dire fcoo fr. le tonneau de a,2^o livres, ou moins de a sous la livre; et la fonte est payée à raison de 1 oo fr. le tonneau. '

Nous donnons dans une planche la forme des lainitioir* employés à confectionner les bandes.

DESCRIPTION DU MODE DE TRANSPORT DES DÉBLAIS Et REMBLAIS.

L'ingénieur, M. Stephenson» a développé, dans l'exécution des travaux, toutes les ressources d'un homme de génie exercé. Il a établi pour le transport des terres et des matériaux des chemins en fer provisoires , au moyen des rails de la route posés sur des traversés en bois. D'autres routes semblables ont été placées parallèlement au chemin sur lés terres voisines; par ce moyen , un cheval conduit quatre , huit . et dix mètres cubes avec plus de facilité qu'un mèlre cube sur une rampe en terre. Il a obtenu une économie des £ de la dépense des transports, la plus considérable de l'ouvrage,

À la rencontre de deux routes provisoires soy s divers angles , il a placé un cercle mobile au centre , où le chariot passe d'une direction à l'autre. * (

Des chantiers et des points choisis pour la fabrication des mortiers et des briques partent des branches déroute en fer conduisant aux ouvrages d'art à construire.

Ces chemins provisoires qui suivent sans frais»

les inflexions du terrain naturel n'ont occasion*? que peu de sacrifices, puisqu'il faisait partout usage des rails à.employer sur le chemin , et les soumettait ainsi à une longue et nécessaire épreuve.

On remarque aussi sa sagacité dans les dispositions des remblais. La masse des terres qui les forme a été mise par couches successives qui ont tassé par la pression des transports et des pluies - y les talus sont de même en terre. Il n'a construit en mur que les pieds des talus qui les soutiennent, les défendent des dégradations des riverains et des troupeaux. Leur chute ne produirait qu'un éboulement partiel qui ne pourrait s'étendre jusque sur la route, dès lors immuable.

Si, par des motifs d'une économie sans prévoyance, il eût construit des murs de soutènement élevés jusqu'à la route, la chute d'un seul, après un hiver rigoureux , ou la poussée de l'eau et des terres, eût élargi les voies, intercepté sur quelques points le passage et compromis le succès.

Malgré ces précautions, il a placé provisoirement les rails sur des traverses en bois, en ajournant la pose des blocs de pierre jusqu'au temps où tout tassement aura cessé.

Les remblais près des rails, sur 20 à 5o centi-

mètres, même dans les tranchées, ont été faits avec du sable quartzeux qui donne passage à l'eau et reste toujours sec , afin de garantir le fer de l'oxidation causée par l'humidité.

II est toutefois. à remarquer que le fer des rails, poli et bruni par la pression des roues, ne se couvr s e nulle part de rouille.

Les déblais, au moyen des mesures adoptées , ont été portés à une lieue et une lieue et demie à bas prix. Sur plusieurs points, les transports se font par des machines locomotives avec une vitesse de quatre lieues à l'heure.

Nous ne craignons pas de dire que les mêmes ouvrages exécutés sans chemin de fer, et par les procédés suivis en France, eussent coûté le double ; c'est donc à tort qu'on suppose que les travaux <f Angleterre fcont plus chers qu'en France; partout ils s'exécutent à meilleur marché , au moyen des chemins de fer et des machines dont on fait usage.

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