RELATION Œ NOS VOYAGES
» Je croîs utile de vous donner un extrait denotre journal, et de vous faire ainsi connaître l'emploi de notre temps.
• Le 10 janvier 1829 j'arrivai àStourbridge, où je fus joint par M. Rastrick; je m'y rendis pour visiter une machiné locomotive destinée pour l'Amérique, exécutée d'après ^es desseins avec ' des modifications et des perfection nemens in* ventés par lui
»Le 1 5* janvier; après avoir reçu vos instruo tions, nous suivîmes, accompagnés de M.. Ste» phenson, toute la ligne de votre chemin, et nous arrivâmes le i4 à Manchester. Il serait inutile de vous rendre compte de l'avancement de vos travaux, je ferai seulement remarquer qu'ils présentent partout le caractère d'une grande solidité, qu'on a donné aux rails une force suffisante, gu'on est parvenu par des tranchées et
les remblais à racheter les inégalités du terrain, et qu'en tout le chemin de fer de Liverpool à Manchester est très supérieur aux ouvrages de cette nature jusqu'ici entrepris.
• Le i5, M. Stephenson nous accompagna stir le chemin de fer de Bolton, exécuté sous sa direction. Le but de cette course fut l'examen d'une machine locomotive faite par lui, d'après un système qu'il considère comme le meilleur. Le rapport que nous avons reçu de M. Sinclair, se* crétaire de la Compagnie, dont je ferai plus tard Mention , confirme le grand pouvoir de cette machine. " -
*Le i&, nous arrivâmes à Lëeds, après avoir quitté à Bolton M. Stephenson» Nous examinâmes sur le chemin de fer de Middleton 1^ machine de M. Blenkinsop. Nous la vîmes cheminer avec 38 chariots contenant chacun 4& cwL de charbon, cequinêus surprit en raison des Êuk blés dimensions de la machine, le chemin d'ailieurg étant en partie de niveau. Nous priâmes M. Blenkinsop de nous donner les détails do la dépense du combustible employé, et les dimensions des parties du chemin; ce qu'il fit avec beaucoup d'obligeance»
» Nous passâmes les 17, 16/19 et ao janvier à
Darlington pour examiner le chemin de fer de Darlington à Stockton, Cet ouvrage çffrait le plus vaste champ k nos observation? ; on y epfrplpie des machines locomotives de différente* formes et pouvoir, concurremment avec <\e# ihçvaux, et k l'extrémité supérieure de la ligne on se sert de machine^ fixes pour franchir 4eux plaos inclinés. Nous eûmes occasion de vpir avec détail les divers modes d'exploitation,
et de recueillir des renseignement très impoi> tans qui nous furent donnés avec beaucoup de libéralité par les directeurs fprt éclairés de la Compagnie. Leurs agens, comme eux, opt fait beaucoup d'expériences poyr apurer et #ugr raenter la prospérité de leur? entreprises , et pour se rendre utiles aux autres compagnies en communiquant les résultat? qu'ils ont obtenus. » Le 2 1 , nous fûmes à Sunderland J nous passâmes ce jour et le suivant k visiter le chemin de fer de HelUm, où le service des machines locomotives employées les apnées précédentes e$t maintenant remplacé par des machines à vapeur fixes d'après le principe de réciprocité. La partie du milieu est une suite de plans inclinés servjs par des machines fixes; près des puits, sur un mille et demi, on emploie encore des machines, locomotives, Nous reçûmes des agens des mines
beaucoup d'observations utiles. M. Wood, îe caissier de la Compagnie , s'empressa , sur notre demande, de nous donner les profils en long et en travers de ce chemin , les comptes détaillés de chaque espèce de dépenses, et des dé- ' tails sur les divers pouvoirs employés aux transports sur cette ligne.
• De Hetton nous nous rendîmes dans la soirée du 22 à Newcastle; et nous restâmes dans les environs jusqu'au 29. Nous passâmes ce temps à mettre au net nos observations de la semaine, et à conférer avec M. Thompson, l'auteur du nouveau système réciproque de machines fixes,, et avec M. Wood, directeur des usines de charbon de Killingworth , et l'auteur du traité bien connu sur les chemins de fer ; ils se montrèrent empressés d'approfondir avec nous les sujets^de nos investigations.
•M. Thompson nous communiqua ses registres , nous ' autorisa à en extraire les détails des dépenses et des travaux faits sur le chemin de fer de Brun ton à Shields, et nous donna des renseignemens fort importans. Ainsi, quoique la neige jusqu'au 27 nous empêchât de faire des. courses sur le$ chemins de fer, notre temps fut très utilement employé. Nous passâmes le 27 à parcourir le chemin de fer de Brunloa à Shields, :
qui a été construit par M. Thompson , conformément à son nouveau système dont il a pris un brevet. Je n'en discuterai pas maintenant le principe, mais relativement à la sagacité du tracé y aux économies, aux dispositions et arrangement, aucune des routes ne peut être comparée à celle-ci.
» Nous employâmes le 28 à faire des expériencessur le chemin de Killingworth, avec M. Wood, et le 29 nous quittâmes Newcastle.
• Nous devons déclarer que partout où nous nous sommes présentés, on s'est empressé de nous donner tous les renseignemens que nous désirions, et souvent même avant d'avoir connu le but de nos recherches. Les directeurs, propriétaires et agens des divers chemins de fer que nous avons visités, nous ont bien accueillis, nous ont engagés à voir leurs travaux, et se sont fait un plaisir de nous préparer et de nous fournir tous les documens et extraits que nous avons souhaités; et, ce qui est remarquable, nous n'avons point aperçu de partialité en faveur d'aucun système de transport, ni de tendance à exagérer, les inconvéniens des systèmes contraires.
«Depuis mon retour chez moi , je me suis occupé à comparer nos expériences et les rensei-
gnemens obtenus pendant notre voyage , et à chercher des résultats. '
«Nous avons fait nos calculs séparément ^ M. Rastrick et moi, le 20 février , à Oxford /où nous sommes restés jusqu'au a4 * et nous Avons eu la satisfaction de trouver que nos conclusions étaient presque les mêmes. Si le temps nous eût permis de prolonger notre séjour ou de nous réunir dé nouveau > je ne doute pas que nous n'eussions signé le même rapport , puisque nous étions^n tout point d'accord ; mais, connaissant l'importance que vous attachiez à recevoir sans délai notre travail , nous avons pensé qu'il était préférable de vous l'envoyer directement et séparément. Si vous trouvez quelque différence dans quelques articles de dépense, vous remarquerez que nous avons, chacun de notre côté, traité ces questions depuis que nous nous sommes quittés; je présume que ces différences n'ont aucune importance réelle.
» Vos instructions portent :
Rechercher 9 en premier lieu , les dépenses cornpartitives du transport des marchandises, sûr un chemin de fer 9 par machines locomotives ou fixes.
» Avant d'entrer dans des détails, ii parait né-
*7 cessaire d'examiner les circonstances et les faits qui doivent déterminer le choix à foire entre les deux moyens de transport.
»Si' la quantité des marchandises était ou petite ou incertaine, il faudrait , sans entrer dans les calculs et sans hésiter, adopter les. machines locomotives comme moins chères , parcequ'on en augmente le nombre à volonté , successivement et en raison des besoins. Le pouvoir est alors toujours proportionné à. la demande, tandis que le système de machines fixes doit être complet dé$ le principe > et cal* culé pour le plus, grand, commerce probable et possible ; ce qui entraîne dans de grandes dépenses de machines ., de cordes, de poulies, etc.; tandis que pour les machines locomotives, le capital avancé est beaucoup moindre.