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CONSIDERATIONS GENERALES

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L'établissement de meilleures communications serait favorable à l'état et au public ; aux agriculteurs comme aux négocians.

Le gouvernement ayant pris à sa charge les routes royales , ne peut consacrer à ce service qu'une partie des fonds nécessaires à leur entretien. Beaucoup de routes ne s'achèvent pas; de nouvelles communications réclamées restent en projet, et on ajourne les redressemens et autres perfectionnemens indispensables.

Les arrondissemens sans roules royales, et par cela même pauvres , paient pour les villes riches qui en sont traversées.

Le système de la navigation n'étant pas complet, les transports des marchandises lourdes

se font par les routes, qui en sont dégradées* Les entrepreneurs de diligences sont forcés d'avoir des roues pesantes «des cuisses fortes, la vitesse des transports en est retardé^ et le prix des places* augmenté.

Nul perfectionnement n'est à espérer d'un tel système qui fixe les ressources beaucoup audessous des besoins, empêche le public d'exécuter à des frais les améliorations nécessaires , et condamne à une perpétuelle misère les campagnes maintenant écartées des voieâ établies.

Lorsque, par exemple, les habitans d'une commune placée à trois lieues d'un marché manquent de bon nés' communications pour s'y rendre, l'excédant des produits du sol , qu'ils doivent exporter, n'a sur place presque aucune valeur, tandis que le prix des marchandises qu'ils doivent importer s'augmente de tous les frais de transport. Par. ces difficultés la valeur vénale et locative du sol se trouve réduite à moitié, même au quart de celle des terrains riverains de bonnes routes. n

Plus les communications sont parfaites dans une contrée, plus les produits de toute nature y arrivent facilement et à très bon marché; plus les manufactures ont de chances de prospérité.

Si la France persistait à ne pas perfectionner ses moyens de transport, lorsque les états voisins font des sacrifices et des efforts continuels dans ce but qu'elles atteignent, elle devrait renoncer au commerce étranger et à cette même prospérité qu'ont obtenue d'autres peuples moins favorisés par le ciel et le climat.

Dans l'état avancé des arts et de la civilisation, de nouvelles et nombreuses routes en pavés et en cailloutis, quelque avantageuses et nécessaires qu'elles soient , ne suffiraient point aux besoins et aux vœux du public; il faut encore ces voies parfaites qui assurent la vitesse > l'agrément et l'économie des voyages. Les relations des prodiges obtenus ailleurs en font désirer de semblables , et il ne faut pouf réaliser ces espérances que la protection du gouvernement, ou l'assurance que les capitaux engagés dans de semblables entreprises ne seront point compromis par des difficultés et des obstacles occasionés par le système administratif.

L'économie sur les transports par les chemins enfer, qui est des six septièmes, et tnêrrie des sept huitièmes en les comparant même aux meilleures routes de niveau , et qui relativement aux autres est des dix-neuf vingtièmes, donne

lieu d'espérer que des associations ouvriraient beaucoup de chemins semblables.

Lorsque la législation serait établie , des compagnies en entreprendraient partout où la quantité des transports serait assez considérable pour acquitter par les droits de passe l'intérêt des fonds dépensés en frais de construction et d'exploitation.

Quelques considérations convaincront que les chemins en fer sont , dans beaucoup de cas, pré* férabies aux canaux.

Un canal est tracé dans le fond des vallées, à travers les meilleurs terrains; il exige le sacrifice d'une grande superficie, d'un volume d'eau souvent considérable qu'il faut enlever à des usines établies; ce qui donne lieu à des discussions > à des retards, et des indemnités considérables.

Pendant les gelées et les sécheresses, la navigation est interrompue, des réparations fréquentes aux ouvrages d'art, des curemens, occasionent aussi de longs chômages.

La circulation est retardée par le passage des écluses , et par la résistance du fluide , qui croît comme le carré des vitesses.

Les bateaux ayant beaucoup de capacité, les chargemens et les déchargemens sont lents et

chers ; ils n'arrivent que sur les parties basses des villes*

La dépense des canaux est en général de moi* tié en sus, couvent deux ou trois fois plus chère que celle des chemins de fer.

Les chemins de fer procurent vitesse, commodité et économie dans les transports. Le tracé moins restreint peut être conduit sur des hauteurs, et sur les points important du voisinage^ avec presque autant de facilité que les routes ordinaires dans beaucoup de localités.

La circulation n'est empêchée en aucune saison ; les réparations ne demandent que peu de temps, au moyen des approvisionnemens préparés sur divers points. On jouit immédiatement de chaque branche achevée ; et les parties finies servent à continuer à moins de frais celles qui sont entreprises. On pose provisoirement sur des pièces de bois en travers les rails ou bandes en fer , et on établit ainsi des voies provisoires pour le transport des terres de remblai , des pierres et autres matériaux nécessaires à la construction et à la réparation de ouvrages d'art.

La supériorité des chemins en fer est constatée par les travaux en France, en Angleterre, aux États-Unis. Le chemin de Saint-Étienne à Lyon suit le canal deGivors et les bords du Rhône,

et donnera des transports à plus bas prix que cette navigation. Le chemin de Liverpool à Manchester est établi entre deux canaux. Celui de Baltimore à' l'Ohio est ouvert en concurrence avec le canal du Pototaac à l'Obio. Dans ces différentes contrées, le public, comme les actionnaires , a la conviction que les voies nouvelles l'emporteront sur la navigation.

La France, qui a donné l'exemple des premiers travaux et dix système de concession , pourraitelle rester en arrière des autres états, de l'Amérique surtout, où Ion ouvre à travers des contrées encore peu peuplées un chemin de fer de cent quara nte lieues d'étendue? Tout semble nous con vier à donner à une, population active la liberté d'actionnécessaire à sa prospérité, à sa tranquillité même. L'oisiveté forcée que lui prescrivent les entraves apportées à son intervention , est une cause de misère et plus tard de perturbation. Il n'est pas de pays où l'on trobve plus d'ouvriers et de capitaux sans emploi, plus d'occasions de les rendre productifs, et plus de bonne volonté pour concourir au succès des améliorations.

Nous nous sommes proposé de montrer les avantages des routes en fer , en présentant des documens authentiques sur les travaux semblables déjà achevés ou entrepris dans des con*

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trées différentes et très éloignées , afin de persuader les propriétaires et les capitalistes qu'ils ne sauraient fairç un emploi de leurs fonds plus utile à eux et au pays.

La route deLiverpool à Manchester est l'entreprise de ce genre qui a été conduite avec le plus d'audace, détalent et de succès; c'est l'exemple que nous avons pris pour modèle, et nous publions les détails que nous avons recueillis sur les lieux et dans des onvragcs anglais en France.

Nous indiquons les lignes qui nous paraissent les plus avantageuses, et dont l'exécution présente le moins de difficultés, eh suivant les vallées et presque partout les chemins de halage des canaux et des fleuves.

Ces directions sont souvent préférables à des tracés plus courts en s'écartant des rivières, mais plus longs si on ajoute à la projection horizontale cent cinquante fois les pentes totales, pour tenir compte de l'augmentation de forces qu'elles exigent pour les franchir.

D'ailleurs les rives des fleuves sont très habitées, et donnent lieu à beaucoup de transports à de petites distances dont la somme dopasse de beaucoup celle des transports d'une extrémité à l'autre d'une communication.

Après l'achèvement des routes projetées, et

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des embranchemens qui s'étendraient aux principales villes voisines, les distances de Paris à Genève , Lyon , Besançon , Dijon , Nancy, Metz, Lafère, Rouen, Dieppe, Orléans, Tours, se trouveraient, pour .ainsi dire, diminuées de moitié, puisqu'il faudrait moitié moins de dépense et de temps pour les franchir.

Les plans de routes, les vues de machines et les documens officiels dont nous donnons la ira* duction, suffiront aux personnes attentives qui prendront une connaissance suffisante de ces nouvelles voies, et voudront encourager leur exécution , soit comme actionnaires, soit comme hommes publics ou conseils.

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