CANAL DE QUILLEBŒUF
Le courant de la Seine et le Jusant frappent
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en descendant la pointe de Quillebœuf ; le courant est repoussé sur la rive droite , et renvoyé par la pointe de Tancarvillc sur la pointe de l'Ermitage de Saint-Bercuge; le flot , en remontant, suitcettemême direction, et va directement de Tune de ces pointes à l'autre, les bords de ce chenal étant fermés par des bancs de sables mobiles qui assèchent aux marées de vive eau.
Mais par un gros temps, des vaisseaux étant jetés hors du chenal sur ces bancs, y périssent, et on remarque constamment les mâts des navires qui ont fait naufrage dans Tannée.
Le Ht du fleuve étant très resserré à Quillebœuf, les flots arrêtés s'élèvent par le gros temps à une hauteur immense, et roulent avec fureur de Quillebœuf à Watteville, précipitant devant eux et sur les bancs de sable les * navires engagés dans ces parages. Cette na- * vigation est tellement dangereuse en hiver, *f qu'on est obligé d'interrompre le service si utile k\ des bateaux à vapeur destinés à remorquer les ^ vaisseaux ou à transporter les voyageurs. C'est t| donc entre l'Ermitage de Saint-Bereuge et Vil- ^ lequier que se trouvent les principaux écueils de * l'embouchure de la Seine. *, Nous proposons d'établir un port à l'embou- 4 o hure de la Rille, près delà Roque, d'élever deux *f
jetées en maçonnerie, de creuser des bassins à flot avec écluses, et de les faire précéder par deux avant-ports où la lame viendrait s'amortir. Du bassin partirait un large cataal de trente mètres de largeu r dans le fond, et de quinze pieds de profondeur, mesurée aux marées de morte-eau- Ce canal couperait la montagne au-dessous de la Roque, entre le château et le Val-ia*Perte, suivrait le milieu des marais Vernie r t traverserait le coteau de Quillebœuf à mille mètres de la pointe, et contournerait le lit de la Seine, rivé gauche, jusque vis-à-vis Villequier, où il serait fait une prise d'eau dans la Seine au moyen d'écluses à sas , et d écluses simples.
Ce canal, qui aurait partout vingt mille mètres de longueur, ou cinq lieues , coûterait, avec les travaux du port, la millions. Il assurerait en toute saison une navigation intérieure facile entre ces points, en mettant les navires à l'abri des plus grands dangers et des inconvéniens attachés à cette partie de la navigation de la Seine. / A Rouen tout reste à faire sur la Seine, comme à Paris, et sur le reste de son cours. Le nouveau pont, d'un trop faible débouché , occasione une obstruction, une chute dans les fortes marées; ses abords relevés eoupent les beaux quais et rendent les transports des marchandises des
navires sur les bateaux plus difficiles et plus chers.
Avec une semblable dépense , il eût été possible d'établir dans .la ville un bassin à flot, de détourner le cours du fleuve, de mettre les navires à l'abri des glaces, de relever les quartiers bas de la rive gauche par les déblais , de créer de belles chutes et surtout de garantir la vallée au* dessus de Rouen des inondations causées par les fortes marées.
De Rouen à Paris le perfectionnement de la navigation en lit de rivière ne paraît pas présen* ter de grands obstacles, des améliorations semblables ayant été obtenues ailleurs.
On établirait au-desSus de Rouen, et de distance en distance jusqu'à Paris, dix barrages, qui assureraient, au moyen du relèvement des digues, un mouillage de douze pieds, c'est-àdire une navigation maritime qui, du reste, ne pourrait soutenir la concurrence avec la route en fer pour le transport des marchandises coloniales et de beaucoup de valeur.
Le même système de barrage étant prolongé au-dessus de Paris sur la Seine et ses grands afflue ri s, épargnerait au pays les désastres des débâcles ; quelques remarques en convaincront : les rivières ne gèlent qu'à .eau* moyennes ou
basses ; lorsque la rivière commencerait à charrier, on ouvrirait toutes les écluses pour faire baisser le niveau ; une fors prise on fermerait les écluses pour élever les eaux et les porter à leur maximum ; on ouvrirait ensuite tous les passages; la force du courant entraînerait les glaces, et préviendrait les inondations , là chute des ponts et les désastres, qui pourraient être incalculables si la débâcle se faisait après des pluies abondantes et par de violens vents d'ouest.
Les personnes étrangères à l'art jugeront les dépenses de ce projet immenses et les avantages douteux ; mais on peut évaluer le montant des travaux avec précision et en justifier le succès par les résultats obtenus dans les localités analogues.
Une entreprise de cette nature ne saurait être tentée et conduite à une heureuse fin que par une association de capitalistes et de propriétaires qui aurait tout à espérer de la réussite et tout à craindre des erreurs dans le tracé des ouvrages et leur exécution ; elle seule lèverait lés obstacles qu'opposent à toute amélioration nos lois anciennes et nos habitudes.
L'ouverture d'un chemin de fer de Paris à Rouen n'exclut pas la concurrence de la naviga-