‹ Considérations sur les Chorées chroniques: des relations cliniques possibles entre la Chorée chronique et la Chorée SydenhamChapitre 12 sur 14 · D'LANDOUZY · texte numérisé non relu

D'LANDOUZY

Vu el permis d'imprimer :

Le Vice-Recleur de 1 Académie de.Paris:

EETARD

OBSERVAVION HI

LS

Chorée chronique héréditair:

Joséphine Font..., femme Tig..., 39 ans, cultivatrice, est née à Beaugé /Maine-et-Loire).

Anlécédents héréditaires. == Les antécédents héréditaires ont été rapportés dans l'observation L. Qu'il nous suffise de rappeler le grand-père malernel, mort choréique ; la mère morte choréique ; un frère aîné (obs. 1) choréique ; une sœur choréique (obs- IV).

Les renseignements ont été confirmés par la malade elle-mèê-

me de sa famille.

Anléeëédents personnels. == Toujours bien portante dans son -enfance, À marché de bonne heure. Jamais de maladies graves sauf une rougeole à huit ans. A loujours été nerveuse, de caractère vif, emporté. Réglée à quinze ans.° Mal réglée, retards fr& quents.

Elle se marie à 20 ans.

Elle a deux enfants : l'aîné, 18 ans, bien portant, très nerveux, irrilable, se met en colère trop facilement n'a jamais souffert de maladies graves ;

Le second, 12? ans, arriéré. Enfance pénible, dentilion tardive. Convulsions fréquentes quine cessent que vers la quatrième année. Il est peu intelligent. Instruction rudimentaire.

La malade est cultivatrice. Elle a longtemps travaillé aux champs. Mais ses mouvements choréiques ne lui permettent à: l'heure actuelle que d'exécuter maladroitement les travaux de

son ménage.

Pair vas

. Déïal. == La maladie actuelle remonte à quatre ans environ. Elle à: progressé lentement, mais sans interruption.

Les mouvements choréiques ont débuté à Ja face et aux membres supérieurs, sans qu'on puisse précisé. Pas de cause occasionnelle appréciable.

La maladie de son frère {obs. 1) lui a remis en mémoire les. troubles de son grand'père et de sa mère. Elle s'en est beaucoup affecté. Elle a eu de violents accès de tristesse. Son caractère est devenu plus irritable.

Elle fait chez elle des scènes fréquentes, lançant à la tête de son mari les objets qu'elle a sous la main. Mais jamais d'idées. de suicide. Elle est sujelle aux cauchemars, rêve la nuit, se ré-

veille. en sursaut.

Acluellement. --- La malade est de petite taille, maigre ; les.

muscles ne présentent pas d'atrophie véritable.

Symplômes physiques. --- Les mouvements volontaires se sont généralisés. Hs occupent Ta tète, Ja face, le cou, le tronc, les membres supérieurs et inférieurs, mais ils sont bien moins prononcés que dans les observations précédentes. La tète remue fréquemment, se tourne de côté et d'autre involontairement, s'incline en avant, en arrière.

A la face; la malade fait de temps en temps des erimaces. ‘Ce qui frappe le plus c'estuñn mouvement fréquent d'élévation et d'abaissement rapide des paupières. Les globes oculaires sont fixes. Pas d'inégalité pupillaire. Pas de mouvements involontaires de Firis. |

A la bouche, la malade se mord la Jèvre inférieure, creuse les joues, fait Ja « moue ». Elle tire la Tangue, mais difficilement ; la rentre malgré'ele. Sa bouche se ferme involontairement. Les musclés maslicateurs sont atleints de mouvements rapides, ren-

dant difficile lexamen du pharynx.

La langue est également agitée, mais moins.

La parole est troublée. Les mots sont « écorchés », indistinets.. La phrase est brusquement interrompue.

Aux membres supérieurs, il existe un mouvement fréquent de. haussement de l'épaule. Ù

Les bras sont souvent en mouvement: Pour masquer ses. mouvements choréiques, la malade essaie de les garder croisés. derrière son dos, mais elle ne peut les maintenir ainsi longtemps. : ce

Les doigts remuent constamment, se fléchissent et s'étendant ii esttrès difficile. presque impossible à la maladede coudre, et

même de tricoter.

Le tronc est peu agité. Parfois un mouvement de flexion en avant.

Les membres inférieurs sont également peu agités. Mouvements de flexion et d'extension des orteils. : Assise, Ja malade, croise et décroise souvent ses jambes l'une-sur Pautre.

La malade a conscience de:ses mouvements; elle essaie d'y résister.

Au lit, les mouvements sont très atténués. Le sommeil les. ferait cesser complètement.

Debout la malade esbinstable, elle est obligée de s'appuyer à un meuble, el par moments l'une de ses jambes fléchit sans. raison.

La marche est troublée ; la malade bute fréquemment, ne suit pas la ligne droite, marque des tenips d'arrêt involontaires.. Elle fait tantôt de grandes enjambées, tantôt:de petits pas. Tous ces mouvements se font sans rardeur. z

Les mouvements intentionnels s'accomplissent à peu près bien.-La malade s'habilleet se déshabille seule, mange facilement, avale toutefois fréquemment « de travers ».

Elle acun grand appétit; elle a:« toujours faim», dit-elle, et

en dehors des repas mange souvent

ess

Elle est peu instruite, malgré une vive intelligence. Son instraction a été négligce.

Son écrilure est troublée. Les mots sont peu lisibles. Sa Signature est tremblée, défarmée, inégale.

La force musculaire est bien conservée, Elle s'oppose avec force à nos essais pour étendre, fléchir les avant-bras.

Les réflexes rotuliens et des poignets sont forts. La sensibilité générale est intacte.

Les sens spéciaux sont normaux. Le pouls est régulier. Pas de . troubles cardiaques. Pas de troubles des fonctions organiques. Les urines ne contiennent ni sucre, ni albumine. Elles sont claires, de réaction faiblement acide.

La tête est pelite, légèrement asymétrique, les oreilles écartées de la tête, la voute palatine ogivale sans grande malforma-

tion.

Symplômes psychiques. --- Les mouvements involontaires sont arrètés un instant sous l'influence de la volonté, mais s'ils sont arrèltés pour une parlie du corps, ils se produisent pendant €e Lemps dans un autre segment.

Les émotions exagërent les mouvements. La malade nous a affirmé qu'elle était plus agitée quand il venait des étrangers chez elle, quand elle éfait en colère. Ses maladresses sont plus accentuées. « Elle casse tout ce qu'elle touche quand elle est irritée, » \

Son caractère est très irrilable. Elle le reconnait elle-même. Elle se met en colère pour des riens, grande dispute, et frapperait ses adversaires dans ces accès.

Elle à souvent des cauchemars, est poltronne.

Le soir elle exige que son mari fasse une ronde dans toute la maison de peur des voleurs. Elle rêve tout haut la nuit, se réveille parfois Ia nuit, oppressée, anxieuse, L'intelligence est normale. Les sentiments affectifs très vifs.

La malade se souvient'hien-de son enfance, nous raconte elle-

même l'histoire de sa famille, là sienne propre. Sa mémoire ne parait pas affaiblie. ;

Elle ne se plaint que dune chose : ne plus pouvoir compter comme autrefois ; elle se Lrompe souvent dans les calculs qu’elle est obligée de faire, et ne peut plus faire des additions ou des opérations un peu compliquées.

« Elle a beau, dit-elle, faire attention, elle pense à autre chose

au milieu de son calcul, et l'opération est arrètée net. »

Celle observation à élé prise au mois de mars 1909. Depuis nous avons eu des nouvelles de la malade. Les troubles n'avaient

pas sensiblement varié.

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