‹ Considérations sur les Chorées chroniques: des relations cliniques possibles entre la Chorée chronique et la Chorée SydenhamChapitre 5 sur 14 · DOME · texte numérisé non relu

DOME

Mais ce qui frappe surtout en dehors des mouvements, c'est. une sorte d'inquiétude générale, « d'instabilité musculaire », dit Lannois. Il s'agite constamment, paraît ne pouvoir se tenir en place, déployant un luxe de mouvements qui étonnent par leur amplitude et leur exagéralion.

Si on le prie de s'asseoir, il prend la chaise, la balance, la | change de place, semble s'assurer de sa solidité. Il prend mille précautions pour s'approcher du siège, puis brusquement se

laisse tomber, non sans manquer perdre l'équilibre.

Le malade est assis. — Assis, il se tient les jambes écartées,. repose les avant-bras sur la partie supérieure des cuisses, les. mains croisées ou posées à plat sur les cuisses, les ‘coudes serrés aux flancs.

Mouvements des membres supérieurs. — Les doigts sont agilés .de petits mouvements continuels, se fléchissent, s'étendent, s'écartent dans tous les sens, ensemble, séparément. Ce sont surtout des mouvements d'opposition du pouce et des autres doigts. La main se tourne la paume en dedans, la paume en dehors, en. extension, en flexion sur le poignet, mouvements de latéralité, mouvements de pronation, de supination. Tous les mouvements de l'articulation sont exécutés. Les coudes se rapprochent des flancs, s'en écarlent. Les épaules sont fréquemment soulevées, projetées en avant, en arrière, ensemble, séparément. Ces mouvements participent à ceux de la tête et du cou. La tête s'élève, s'abaisse, tourne à droite, à gauche. À chaque mouvement pro-

noncé de l'épaule, s'associe un brusque redressement de la tête.

Mouvements du lrone. — Au tronc, les mouvements sont peu prononcés quand le malade est assis. Ils se bornent à un léger balancement peu fréquent et à des mouvements de flexion en.

avant’

Mouvements des membres inférieurs. — Aux membres inférieurs, on constate des mouvements peu étendus d'adduction des cuisses. Les genoux s'écartent et se rapprochent. IL étend une jambe, la fléchit. Il abaisse centinuellement le bord interne du pied, soulève légèrement le talon, fait de petits mouvements

de flexion et d'extension des orteils.

Mouvements de la face. — Ce sont, à la partie inférieure de la face, les muscles qui entourent la bouche qui sont intéressés. Le malade fait des contorsions, des grimaces. Tantôt suivant l'expression de Lenoir, le malades« fait la moue », les lèvres projetées en avant ; tantôt au contraire les lèvres se recourbent er arrière, s'appliquent sur les arcades dentaires. Mais ée mouvement dure peu. L'une des commissures labiales est brusquement tiraillée. C'est une contraction rapide de l'un des masséters, c'est un des mouvements soudains de déduction, de laté-

ralité du menton.

Mouvements de la langue. — Ces mouvements involontaires ne se bornent pas aux lèvres et aux joues. Si on lui fait ouvrir la bouche, on y voit prendre part les muscles de la langue et du voile du palais, £ Demandons au malade de nous montrer sa langue. Il ne peut le faire de suite. Il lui faut faire effort. Il hésite, semble ne plus connaitre les mouvements qu'il convient de faire pour exécuter cet acte. Il répète « tirer la langue », comme pour masquer d'un défaut d’audition la difficulté où il est de faire un effort d'alltention. Après plusieurs essais infructueux, il ouvre la bouche, Lire la langue brusquement. Mais il ne peut Ia maintenir longtemps ainsi. Elle rentre, ressort, rentre de nouveau, change de forme sous l'influence de petits mouvements sur place. La mâchoire se ferme malgré lui. Les joues se creusent. On entend les dents sg heurter les unes contre les autres.

Si on veut examiner le pharynx, l'abaisse-langue est saisi

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