NO ESS
entre les dents ou repoussé au dehors par les mouvements de langue. Les muscles du voile du palais participent aux mouvements involontaires.
A ces troubles se rattachent intimement les troubles de la parole. Ceux-ci sont très accentués.
L'examen larÿyngologique très difficile n’a pas permis de Se gnaler de troubles moteurs des muscles du larynx et des cordes
vocales. La parole est cependant fort altérée.
Troubles de la parole. — Au début, d'après sa femme, ces trou- “bles, beaucoup moins prononcés, se réduisaient à un trouble -darticulation. Les premières syllabes étaient un peu confon- - dues, la voix nasonnée.
Actuellement le malade ne répond jamais aux interrogations sans une hésitation, un trouble marqué. Il semble que le premier mot ne peut se prononcer. Le malade fait effort, semble concentrer toute son attention, toute sa force pour prononcer ce premier mol. Il se trouble, plisse le front, baisse la tête et la relève brusquement, d'un geste analogue au mouvement d'encolure du cheval qui part. Et c'est alors que le mot sort péniblement, mai articulé, comme décroché par le mouvement de tête.
Le malade parle. Puis un brusque arrêt. La phrase est brisée net, Font... fait effort pour terminer sa réponse. ‘Suivant que les premiers mots ont élé plus où moins faciles à prononcer, les interruptions, les difficultés sont plus où moins fréquentes et difficiles à surmonter.
On n'entend pas de bruits pharyngés, ni respiratoires. Pas de claquement de langue contre le palais.
La partie supérieure de la face est moins agitée. Cependant les muscles du front, des paupières, entrent en jeu. Le malade plisse le front, relève les sourcils, les fronce. Au dire de sa femme, le malade n'a le front ridé que depuis le début de sa maladie. Ses rides nombreuses, les plis profonds de l'angle interne
e des sourcils Iui donnent une expression inquiète, sournoise.
Parfois les ailes du nez participent aux mouvements involontaires.
Troubles des globes oculaires. — Mais ce qu'il convient surtout. de signaler, le fait est très rare, c'est d'abord les contractions des muscles élévateurs et abaisseurs des paupières, amenant le -clignotement fréquent des paupières, puis surtout des mouvements conjugués, des secousses, des oscillations des globes ocu-
ae Jaures, qui ne sont pas du « nystagmus » pur, mais des mouve-
ments analogues à ceux du reste du corps. Les mouvements se font horizontalement, de basen haut, avec parfois un léger mou-
-vement de circumduction. Nous n'avons pas observé de mouve-
ments de l'iris.
Le malade est couché. — Au lit les mouvements involontaires continuent mais sont très amoindris. L'inquiétude musculaire semble disparaître. Au tronc, à la tête, au cou, peu ou pas de mouvements. Ils sont surtout prononcés aux extrémités des membres, aux orteils, au pied, mouvements d'extension et de flexion, de latéralité. Mais le rythme en est plus lent, l'amplitude très réduite, la fréquence moindre.
Si l'on dit au malade de se lever, nous voyons se reproduire les mêmes hésitations, les mêmes difficultés que le malade a
montré pour s'asseoir ouse coucher.
Le malade est debout. — Debout, ce qui frappe surtout chez F..., c'est l'instabilité musculaire. Il se tient les jambes écartées, ne peut rester tranquille, se dandine de droite el de gauche, s'appuye tantôt sur un pied, tantôt sur l'autre, fléchissant parfois les genoux, élevant le talon, la pointe du pied. Il écarte les jambes, les rapproche. Il piétine sur place, paraît ne pouvoir -garder son équilibre. Il « court après son centre de gravité », Il peut se tenir un instant les pieds réunis sans tomber. Il lui est impossible de se tenir sur un seul pied. Pas de signe de
Romberg.
TENDQUEE
Les mouvements des membres supérieurs sont les mêmes. Ceux des épaules plus marqués, de l'épaule gauche surtout.
Le corps se balance, s'incline sur le côté, se ffléchit en avant, se redresse.
Les muscles du thorax, le diaphragme, sont peu souvent
contractés. Le crémaster semble ne pas entrer en jeu.
Troubles de la marche. — Donnons à Font... l'ordre de marcher.
Dès qu'il a recu l'ordre, le malade marque un premier temps d'hésitation. Il ressemble à ces jeunes recrues qui craignent de partir du mauvais pied. Après quelques secondes, il se décide à faire le premier pas. Mais il y a de la raideur dans le geste. Il lance la jambe à la prussienne, frappe fortement le talon sur le sol. Puis l'hésitation se porte sur un autre point. Se sentant observé, le malade craint de ne pas suivre la ligne droite. Il écarte légèrement les bras du corps, comme les équilibristes sur la corde raide. Parfois il perd son centre de gravité, fléchit d'un côté, EL sil croit alors s'écarter de la ligne droite, il exagère l'amplitude de ses mouvements, il se perd, il s'égare.
Il va la tèle baissée, les veux fixés au sol, relève Ia tête de temps en temps, comme pour reconnaitre son trajet. I sait, par expérience, que le moindre obstacle, un simple caillou le fera tomber. Toute son attention se porte sur l'endroit du sol où ïül va poser le pied. On peut se demander si les festons qu'il décrit dans sa marche, ne viennent pas de ce qu'il regarde trop près devant lui. Sile malade ne se presse pas trop, il lève la têle pour s'orienter. Mais s'il se presse, il heurte les obstacles quand il lève la tète, il perd la ligne droite quand il fixe les veux au sol.
Le malade marche les jambes écartées, en compas, comme pour rendre sa-base de sustentalion plus large. Il marche les cuisses légèrement fléchies sur les jambes, pour se garder plus
souple, dans une attitude plus facile pour corriger les fautes de
sa démarche, La marche est titubante, irrégulière, avec de petits pas précipités ou de longues enjambées, avec des arrêts, des -heurts,des efforts brusques ; les bras décriv ent des arcs de cerele
(Hoffmanñ compare ses choréiques à des dansours de ballet). On le prend pour un ivrogne ; les gamins le suivent dans la rue.
L'occlusion des yeux exagère les troubles.
Le malade ne court qu'avec les plus grandes difficultés, des chütes fréquentes. Quant il saute, l'effort est disproportionné au résultat. S'il monte un escalier 1l heurte les degrès, pose son pied à faux sur le bord des degrès. Pour descendre il lui faut se tenir solidement à la rampe de l'escalier, ce qui nel'empéchepas de descendre souvent plusieurs degrès à la fois.
Quand le malade n'est pas observé, il ya beaucoup, moins de troubles dans la marche. 11 va à la vitesse qu'il veut et qu'il sait le mieux lui convenir. Et quand il porte un fardeau de concert avec un autre malade, il se laisse mener, les troubles sont moins apparents.
Influences qui modifient les mouvements choréiques. — Les mouvements choréiques chez Font... ne conservent pas toujours la mème intensité. Ces mouvements diminuent de fréquence au
repos sur son lit. °
Influence du sommeil. — Le sommeil ne les fait pas cependant cesser complètement. Bien qu'en contradiction avec la majorité des auteurs, nous ayons constaté, comme dans trois cas d'Hamilton, des mouvements pendant le sommeil.En dehors des mouvements dus aux cauchemars et aux rêves, dont nous parlons avec les troubles mentaux, il existe de légers mouvements des membres, surtout à l’état de sommeil léger. Dans le sommeil profond ces mouvements sont moins prononcés et séparés par des intervalies beaucoup plus longs. Ils existent toutefois, Sa
femme se plaignait de ses mouvements la nuit. Le malade se-
rail tcmbé plusieurs fois de son lit. 11 est tombé une seule fois:
depr::: son entrée dans le service.
Înfluence des émotions. — Les émotions au contraire augmentent les gesticulations choréiques, Le fait de se croire l'objet d'une attention quelconque suffit pour exagérer les mouvements. de F.... Nous en avons déjà donné des exemples : les troulles de sa marche sont plus accentués devant témoins. Le plaisir, la douleur augmentent les gesticulations. La peur, la surprise
donnent naissance à une recrudescence de mouvements cho-
réiques. Ex: F.... travaille à casser la pierre. Ilne se sait pas observé.
Les mouvements involontaires sont fréquents. Nombreux sont les coups qu'il frappe en dehors du but proposé. Mais il arrive toutefois à un résultat si réduit qu'il soit. Mais nous approchons. Le malade se sait observé. Il frappe à tort et à travers. Mouvement général, désordonné. Il perd l'équilibre. Son marteau lui sert plus de point d'appui que pour briser la pierre. Et si nous l'interrogeons, si nous lui prètons plus d'attention qu'à ses camarades qui travaillent près de lui, nous n'obtiendrons que des réponses imprécises, irritées, de vagues grognements approbatifs ou non. Après notre départ, cette augmentation des désordres persistera quelque temps encore. \
Un autre jour il renversa une brouelte de sable qu'il roule à la vue d'étrangers qui l'approchent.
Voilà pour les impressions pénibles. .
Les émotions agréables, l'arrivée de sa femme, de ses enfants. augmentent également les troubles, mais l'augmentation est mois apparente et de plus courte durée. La présence d'étrangers ne le {trouble qu'autant qu'il se croit observé. :
Pendant la visite ses mouvements n'augmenteront pas si nous ne lui prêtons pas davantage d'attention qu'à ses camarades.
Nous avons étudié l'effet des émotions des causes diverses. La
crainte, le désir, l'espoir, la colère. « Nous lui avons refusé l'au-
torisalion de passer une journée de fête dans sa famille, puis. nous l'avons accordée.» Les reproches; les réprimandes, les. menaces, toutes ces émotions’ ont ‘exagéré les mouvements
choréiques mais moins que les auteurs ne le signalent habituel-
lement. Nous avons vu le malade venir de lui-même nous
exprimer ses désirs. Son audace l'avait absolument mis hors de
lui. Ses mouvements étaient prononcés plus que jamais, et ses
paroles étaient totalement indistinctes.
En résumé nous retiendrons surtout l'exagération des mouvements choréiques, quand le malade se croit observé. Dans les différentes espèces d'émotion, crainte, espoir, etc... il est difficile de faire la part de la variété elle-même. L'intensité seule du:
traumalisme psychique, que cause l'émotion, en possède.
Influence de la fatique. — L'influence de la fatigue nous a paru digne d'être signalée. Le malade est plus agité le soir après avoir travaillé, que le matin à l'heure de le visite. Les mouvements sont moins prononcés le matin. Le sommeil est plus profond dans la deuxième partie de la nuit. Les cauchemars se produisent dans le premier sommeil. Toutefois nous n'avons pas obtenu d'amélioration en maintenant le malade dans l'inaction. Cest que laissé seul avec lui-même, le malade voit ses idées. hypocondriaques augmenter. Si la fatigue physique est moin-
dre, la fatigue nerveuse est plus prononcée.
Influence de la volonté. — La volonté ne joue pas chez Font... le rôle important signalé par certains auteurs. La volonté n'exerce sur ses gesticulations choréiques qu'un temps d'arrêt très
court, une sorte d'inhibition qui n'a d'autre résultat que d'ame-
. ner, un instant après, une explosion plus forte de mouvements
involontaires.
11 lui est très dificile d'accomplir certains actes au commande-
ment : ouvrir la bouche, tirer la langue. Dans la marche, mal-
gré ses efforts de volonté, les mouvements choréiques entravent ses pas, d'où titubalion et chutes fréquentes : il est arrèlé -dans la rue pour ivresse ; les gamins Île poursuivent sur la voie publique de leurs railleries.
La volonté paraîlrait avoir plus d'action sur les mouvements dits intentionnels. Il s'habille, se déshabille, mais avec mille maladresses. Pendant ce temps les gesticulations, ou bien intéressent d'autres parties du corps, ou bien se bornent à un segment de membre intéressé, n'intervenant que pour gêner le mouvement, pas assez pour l'empêcher.
Le début de ces mouvements intentionnels est mieux exécuté que les autres temps. Il faut d'ailleurs faire, dans ces mouvements, intervenir pour une grande part l'influence de l'habitude.
Font... mange également seul. Il peut porter son verre, sa cuiller à sa bouche. Mais il renverse fréquemment sur lui des parcelles d'aliments, du liquidé de son verre. Il mange la tète juste au-dessus de son assiette, le plus rapproché qu'il peut sans se faire {rop remarquer. f porte sa cuiller rapidement à sa bouche, la vide d'un trait, s'arvèle un instant, puis avale vite entre deux contractions involontaires du pharynx, Souvent «il avale de travers ». Il déglulit mal, introduit des aliments dans sa trachée, d'où résulte quelques saccades de toux.
Si nous le faisons ramasser par terre un objet, un! crayon par exemple, il esquissera plusieurs gestes contradictoires pour l'atteindre, le laissera retomber sur le sol après l'avoir saisi.
Sa femme nous raconte qu'au début de ia maladie il pouvait, grâce à ses observations fréquentes, enrayer quelques-uns de ses mouvements. Il put travailler trois ans depuis le début de sa chorée, On réussit aujourd'hui à l'employer sans qu'il cause trop
de dégâts, à des travaux rudimentaires.
Troubles de l'écrilure. — Les actes qui demandent une plus
grande précision une plus grande durée, l'acte d'écrire, par.