‹ Considérations sur les fractures du crâne chez l'enfantChapitre 3 sur 19 · PA, DRE · texte numérisé non relu

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Mondor à observé, en 1920, à l'hôpital Bretonneau, un enfant de 11 ans, tombé d’un train en marche, qui a présenté un gros hématome extra-dural, du volume d’une demi-paume, à caillots mous, denses, adhérents à la duremère décollée du crâne sur une large étendue.

Martinet, en 1921, dans sa thèse faite sous l'inspiration de Mondor, recueillit seulement 5 observations d'auteurs français, et tira du travail allemand de Wiesmann le signalement des cas de 3 enfants de moins de 10 ans et de 7 enfants de 10 à 18 ans.

À ces observations antérieures à 1921, on peut ajouter celles de Lebrun, de Savariaud et celles de la thèse de Gasne, qui avaient échappé à Martinet.

Mondor, en 1932, à l’occasion d’une observation de Fèvre d’hématome intra-dural, relate deux cas personnels d’hématomes extra-duraux, et en trouve une vingtaine de cas dans la littérature, dont un de Mathieu et un de Petit- Dutaïlli en 1929.

Plus récemment, Marcel Fèvre, Pelle et Sambron ont publié en 1937 des observations d’hématomes extra-duraux.

N'oublions pas Sorrel (1937) qui, dans sa statistique portant sur 109 cas, a trouvé quatre hématomes extraduraux.

Tous ces cas concernent de grands enfants de 5 à 15 ans, sauf un cas de Sorrel, où il s’agit d’un enfant de 15 mois.

Dans plusieurs de ces observations on a mis en évidence la blessure de la méningée moyenne ou de sa branche antérieure, lésion jamais vue par Broca.

Si Broca dit n’avoir jamais rencontré cette blessure de la méningée moyenne, il ajoute : « chez l’enfant s’obser-

vent surtout les épanchements sous-dure-mèriens par

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attrition cérébrale, avec symptômes tardifs et lents de compression cérébrale ».

C’est aussi l’avis de Cushing et Putnam, pour qui les cas d’hématomes sous-duraux ne sont pas rares chez l'enfant.

Nous avons rappelé ces faits, parce qu’il n’y a pas encore trop longtemps on a cru que chez les enfants, dans Îles fractures fermées du crâne, la trépanation était beaucoup moins indiquée que chez l’adulte, malgré l’apparition de phénomènes paralytiques, qui — chez l’adulte — entraîneraient l’intervention opératoire.

Voici, par exemple, comment s'exprime Gasne, en 1905, dans sa thèse inspirée par Broca :

« L’indication est beaucoup plus difficile à poser lorsque la fracture est fermée. Il s’agit par exemple d’un enfant qui vient de subir un violent traumatisme et qui présente des symptômes cérébraux localisés; chez l’adulte, il faudrait intervenir. Chez un enfant, il vaut mieux attendre, pour peser avec soin ce qui, dans les phénomènes observés, peut appartenir à une compression locale, ou bien à une contusion cérébrale. 11 faut surtout se rappeler que dans la plupart des cas, un enfoncement, même très accentué, n’amène pas chez l’enfant des phénomènes de compression. »

On conçoit d’ailleurs que chez ce dernier on a souvent tout le temps d'intervenir. Les accidents qui sont d’origine osseuse ou plus souvent dus à une contusion cérébrale, n’ont que peu de tendance à s’exagérer, alors que chez un adulte la compression d’origine hémorragique en général, a tendance à augmenter progressivement et à amener la mort si l’on n'intervient pas à temps.

Chez l’enfant donc on hésitera longtemps avant de se

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décider à intervenir, à se décider en somme, en opérant, à transformer une fracture fermée en fracture ouverte par une intervention souvent inutile.

Le plus souvent, on se contentera, après avoir désinfecté avec soin la face toute entière, après avoir rasé la région et y avoir placé un pansement protecteur, à mettre l’enfant au repos, avec une vessie de glace sur la tête pendant toute la durée de la période où la réaction méningée est à craindre. En même temps on instituera un traitement médical (sédatifs).

A ce traitement purement médical, on pourra ajouter, pour peu que les symptômes de compression généralisée, le coma avec convulsions se montrent inquiétants, la ponction lombaire.

Son indication est la même chez un enfant que chez un adulte, moins fréquente pourtant sans doute, puisque la dure-mère est le plus souvent ouverte et que cette ouverture draîne les méninges.

Si pourtant l’on juge l’opération nécessaire, et si l’on croit devoir relever un enfoncement, il faut bien savoir

ue l'intervention est le plus souvent pénible.

Beaucoup plus rarement on aura à intervenir pour une hémorragie; on sait, en effet, que celle-ci se faisant en général à l'extérieur, ne comprime pas le cerveau, et qu’elle s'arrête en général spontanément.

Si l’hémorragie est due à une lésion de l’artère méningée moyenne, on a, de même, rarement l’occasion d'intervenir, car celle-ci saigne peu chez l’enfant.

Actuellement, connaïssant la grande fréquence des épanchements intracrâniens, surtout sous-dure-mèriens, et

quelquefois l’apparition d’un épanchement intra-dure-

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mèrien, la plupart des auteurs sont beaucoup plus interventionnistes; pour décider de l’intervention, ils emploient les mêmes critères qu’ils ont l'habitude d'employer chez l'adulte.

Dans le service de notre Maître, Monsieur le Professeur Bodart, nous avons observé quelques cas de fractures fermées du crâne chez l’enfant, où l’intervention a donné de bons résultats.

Notre travail est basé sur des observations relatives à une période de huit mois, remontant à novembre 1937. Dans ce laps de temps, un peu court, il nous a été donné dobserver 11 cas de traumatismes crâniens chez l’enfant. Sur ces 11 cas, il y eut 2 cas de morts à leur arrivée dans le service. Sur les 9 cas restants, on eut 4 fois recours à la trépanation :

2 fois pour hématome extra-dural ; 1 fois pour enfoncement avec embarrure ;

1 fois pour enfoncement avec fragment détaché de la table interne.

Cette proportion assez importante (peut-être fortuite) d'interventions dans les traumatismes crâniens de l’enfant nous à paru assez en rapport avec la tendance actuelle plus prononcée en faveur de l’intervention.

Il nous à paru intéressant de reprendre, à l’occasion de ces observations, l’étude des fractures du crâne chez l’enfant, en général, et surtout les indications de la trépanation chez un enfant.

Que Monsieur le Professeur Bodart veuille recevoir ici Pexpression de notre gratitude la plus profonde pour

J’honneur qu’il nous à fait en nous confiant ce travail, et

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