MAO
« Le mécanisme des épanchements sanguins chez l’enfant n’est pas absolument comparable à celui qui crée les épanchements chez l’adulte et chez le vieillard.
1° Chez l'enfant, les os sont mous, flexibles, se dépriment ; leur jeu est facilité par les fontanelles. Par conséquent, les esquilles sont rares dans ces traumatismes et ne peuvent blesser les vaisseaux dure-mèriens ou pie-mèriens. Les épanchements observés sont plutôt attribuables à une contusion cérébrale intense.
20 La dure-mère adhère fortement à la face interne du crâne; elle ne se décolle pas, ne prépare pas de poche à l’épanchement et, si ce dernier existe, il revêt une autre forme que les épanchements péri-dure-mèriens que nous avons largement étudiés chez l’adulte.
3° En raison de l’adhérence de la dure-mère aux os du crâne, le traumatisme qui divise le cuir chevelu atteint, du même coup, la paroi osseuse et la dure-mère sous-jacente, qui ne fuit pas sous le traumatisme, c’est-à-dire ne se décolle pas, mais se déchire.
Le plus souvent même, il y a issue de matière cérébrale.
Si une branche de l’artère méningée moyenne (les artères et les veines sont assez peu développées à cet âge, malgré Papparence) est rencontrée par l’agent vulnérant, l’hémorragie consécutive ne peut pas se faire dans la zone dite décollable, le sang aura la tendance à s’épancher à l’extérieur, l’hémorragie sera externe, extra-crânienne. »
La plupart des auteurs classiques se sont ralliés à cette opinion.
Proust, dans le récent précis de pathologie chirurgicale, dit :
« Chez l’enfant, la dure-mère est très adhérente et le
ATP
sang s’épanche à l’extérieur ou dans la cavité arachnoidienne. On à prétendu que chez lui, l’épanchement extradure-mèrien était impossible. C’est une erreur, il est rare, mais il à été constaté. »
Certains auteurs, comme Broca, Nové-J osserand, Beckmann (331 cas de traumatismes crâniens) ne l’on jamais observé.
Martinet, en 1921, dans sa thèse inspirée par Mondor, recueille seulement 5 observations d’auteurs français, et tire du travail allemand de Wiesmann, 3 cas chez des enfants de moins de 10 ans et 7 cas chez des enfants entre 10 à 18 ans (notons qu’il à laissé échapper les observations de Lebrun, Savariaud et de Gasne).
Mondor, en 1932, a pu réunir une vingtaine de cas. Depuis, plusieurs observations d’hématomes extra-duremèriens ont été publiés.
Sorrel, sur 109 fractures de crâne chez l’enfant, a vu quatre hématomes extra-duraux chez des enfants d'âge assez variable : quatorze ans, neuf ans, trois ans et quinze mois. Deux fois, ils étaient dus à une lésion de l’artère méningée moyenne qui fut liée au cours de l’intervention; deux fois l’origine de l’hémorragie ne fut pas retrouvée.
Parmi nos observations qui portent sur 11 cas, nous avons relevé deux fois l’hématome extra-dural.
Les sources de l’hémorragie paraissent être, chez l’enfant, les mêmes que chez l’adulte, plaie du sinus latéral, lésion des vaisseaux pie-mèriens, plaie des sinus longitudinaux supérieur et inférieur, plaie d’une branche de l'artère méningée moyenne.
Les signes de l’hématome extra-dural chez l’enfant ne
diffèrent pas beaucoup de ceux de l’adulte.