‹ Considérations sur les fractures spontanéesChapitre 6 sur 28 · IT. — CONSIDÉRATION CLINIQUES · texte numérisé non relu

IT. — CONSIDÉRATION CLINIQUES

En matière de tabes on sait combien essentiellement variable et polymorphe se montre à sa première apparition la symptomatologie.

Ce polymorphisme initial, on le retrouve jusque dans le moindre phénomène et en particulier dans la fracture tabétique ; nous pouvons dire que les nuances varient à l'infini. Ce sont ces différents modes d’entrée en scène que pour l'instant nous nous proposons d'étudier et pour la commodité de la description, nous voulons, après avoir groupé les faits, essayer de nettement différencier un certain nombre de formes de début, s’il est un fait qui, dans les descriptions cliniques, mérite et à bon droit toute notre attention, c'est sans aucun doute le singulier début de

l’ostéopathie dans la maladie de Duchenne. D'ailleurs tous

ceux qui ont écrit à ce sujet ont été frappés de cette variabilité à l'excès et l’ont bien mise en lumière.

. On peut, il nous semble, classer sous quatre formes la phase initiale de la fracture ata xique et nous distinguerons quatre modes de début principaux.

1% Début à l'occasion d'un traumatisme inisignifiant. D'après la simple lecture de nos observations, nous

voyons que c'est en se retournant dans son lit (cas de Demarquay), plus souvent c'est en retirant ses bottines (cas de Larrey, cas de Richet, cas de Rigal, de Nicaise), en croisant sa Jambe droite sur l’autre (cas de Larrey) en descendant un escalier sans faire de chute (cas du services de Verneuil rapporté par M. Ricard) que la malade se casse la cuisse. Ailleurs, c'est en saisissant la corde de son lit (cas de la femme Laiziet) en s’aidant de sa main droite pour se retourner dans son lit (cas de la femme Cotteret) en portant un panier (cas de Dutil que l’ataxique se brise l’avant-bras. Ou bien encore il veut soulever un matelas (cas de Voisin) lorsque la clavicule vient à se rompre. Parfois enfin le patient fait un effort pour lever un fardeau (cas de Krœænig) ou bien glisse de quelques marches sur un escalier (cas de Krœnig) lorsqu'il sent subitement sa

colonne vertébrale s'éffondrer, en même temps que sa

taille diminue d’autres fois enfin, c'est en cassant un morceau de sucre avec ses dents que le maxillaire inférieur se fracture. |

En voici assez pour admettre ure première variété où l'accident survient à la suite d’une cause occasionnelle, mais, étrange particularité, cette cause est vraiment insignifiante et on ne saurait comprendre la fracture, si l'on n'avait présent à l'esprit, le travail préparatoire qui à fait du squelette un point de moindre résistance. Un fait do-

mine tout : C'est cette disposition entre le peu d'intensité du traumatisme et la production d’une rupture osseuse.

2e Début essentiel spontané, sans traumatisme. Dans cet ordre de faits, nous trouvons les cas les plus

nombreux ou rien ne peut rendre compte de la fracture

c’est le début le plus caractéristique, comme aussi croyonsnous le plus fréquent. Malgré un interrogatoire sévèrement conduit. on ne peut dépister à l'origine de l'accident le moindre traumatisine, le moindre effort. Les observations abondent qui témoignent de la fréquence de cette modalité initiale tels les cas de Bourceret, le cas de Pitres et Vaillard dans lequel le malade devint subitement bossu ; telle encore la deuxième fracture du malade de Voisin. Notre cas personnel, ou la fracture s’est produite pendant la nuit, sans aucune cause, rentre dans cette classe.

3° Début lent et progressif avec prodromes. Il y a ici une catégorie bien spéciale que nous croyons devoir ranger à part, bien qu'elle constitue une variété rare.

Dans ces observations, la fracture est annoncée par des signes révélateurs qui consistent le plus souvent en dou-

leurs ; l'exemple le mieux étudie appartient à Oulmont. (1)-

“La fracture a été précédée pendant quelques jours d'une « exacerbation notable de douleurs dans le bras gauche. « C'étaient des douleurs continues allant de l'épaule au « coude vers la face postérieure du membre, douleurs que € la malade distingue parfaitement de celles qu’elle a d'ha- « bitude, qu'elle ressent mème actuellement dans l'autre « bras. En même temps était survenu un œdème diffus « sans rougeur, occupant le bras tout entier ». A la jambe où la même malade a eu également une fracture, eelle-ei a été précédée par une crise de douleurs fulgurantes inaccoutumées el par une crise d'ostéopériostile aigüe du tibia ;

(1) Oulmont — Observation citée et rapporté.

de

NE

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