La faculté d'approvisionner aisément les troupes
S. La facilité de les renforcer et même de faire des descentes à dos de l'ennemi pourcompromettre ses communications, se rendre matlre de sa ligne directrice des opérations, et paralyser ses mouvements offensifs.
Une reconnaissance détaillée du gisement des cdtes, devient d'une nécessité absolue, et un port qui puisse recevoir les bitiments et les trésors qu'ils portent . plus indispensable encore. Uoe place forte élevée surlacâteetdont on puisse disposer, comme Dantzick ou Varna, devient d'un avantage éminent. Pour rendre taules ces prérogatives plus efficaces encore , il faut que la ligne d'opérations principales , qui sert de directrice à la guerre, soit parallèle à la câte. Si , au contraire , elle était perpendiculaire, tous les avantages dont nous venons de parler diminueraient , car , engagée dans un mouvement offensif, l'armée, en gagnant do terrain, pourrait s'élnigner trop de la câte, par conséquent de ses ressources, et forcée à un mouvement rétrograde , elle finirait par être adossée à la mer on obligée de faire changer de direction à sa ligne d'opérations, comme les Russes l'ont fait pendant la campagne de 1807. L'espoir de pouvoir compromettre les communications des ennemis , ainsi que de se rendre maître de sa ligne d'opérations , s'évanouirait de même.
Nous avons pu nous convaincre de tous les grands avantages qui se Sont rattachés, pour les Russes , à la libre possession de la mer Noire, dans la guerre contre les Turcs en 1828 et 183^. Odessa, base d'approvisionnement et entrepôt de toutes les richesses des provinces du midi-, fournissait aisément à l'approvisionnemenL de l'armée , que Kavama , Varna, et plus tard BourgaseL Sixepoli, pouvaient recevoir dans leurs murs. Les munitions de guerre se transportaient, non-seulement avec plus de célérité, mais aussi avec beaucoup moins de
La possibilité de pouvoir opérer simultanément par terre et par mer , est un de ces
Ditions subtiles, je pourrais tomber radlemenl dans nm prolixiM de dénominations et d'eipli cations qui appartiennent eiclusivement au domaine de ia géograph{« physique, qui ne ferait qu'embarrasser son esprit vt qui ue sont d'aucuue nllliie à la science de la stratégie.
DE LA STRATËGfE.
gnodi iTanUges dont U jouîssancw n'est rfrserrée qa'i peu de pays, et que la Russie mssi ne p«it mettre i pn^t qoe dans une guerre eenlra la Turquie , ou cootro un ennemi qui aurait l'inoprudence de porter ses forces m^ieures contre Riga, et en dépassant la place, se porterait d'une manière inconsidérée sur Volmar et Dorpat.
En 1807, Dautzick , envisagée comme point de diTertion, pouvait rendre de grands services ^ à )'époq«e du choc des années bdligérantes i Preuadi-Eylan.
DomaiBe exclusif de la marine , sans le s»coan de laquelle la mer devient un obstade insnrmonlable , dans l'hypotbiac que nous avons dâwrttue , elle sert anssi de ligne flan< quante d'un avantage très^iarquant. Le principal est de ne pas s'exposer à faire un diangement de front qui place cet obstacle à dos du déploiement stratégique ; inconvénient funeste q«î peut, comme nous venons de nous en convaincre, avoir des résultats malheureux.
La Lacs. Noiis devons partager les lacs en deux catégories : les grands lacs et les petits lacs. Les premiers, comme celui de Genève ou de Garde, doivent être envisagés comme de petites mers où des bâtiments d'une grandeur pea considérable peuvent naviguer. En occupant de grands espaces de terrain , ils peuvent souvent favoriser les mouvements dont on veut cacher la connaissance à son ennemi, tandis que leurs rives assurent les flancs des positions stratégiques et des lignes d'opérations. Dans la campagne de 1796, le lac de Garde a joué un rdle important dans les grandes opérations, et Napoléon a profité de cet obstacle, juslemeo t duw le BCDS de ces différentes propriétés.
Ijet petits lacs ne méritent d'attirer l'attention du militaire topographe, que lorsqu'ils sontraasembiéB en grand nombre sur une petite section de terrain, comme, par exemfJe, sur la rive gauche de la Duna , entre Wilkomir et Donabourg, ou entre Wischni-Wolotschok et Krmalzj, où ces lacs, contournés par la Hsta, forment ime section de terrain dont on peut profiter avec avantage pour la défensive. En grande partie liés entre eux par des sources marécageuses , ces bassins épars au milieu des terres, ferment des défilés d'une longue étendue, où les communications se croisent et en font nn dauuine chanceux. Va terrain pareil
est avantageux pour couvrir une position stratégique , car aucun déploiement ne pouvant y être exécuté avec sécurité et avantage, les grandes opérations des assaillants pourraient recevoir , snr un Ibé&tre pareil , des complications pernicieuses.
Le» Fleuvet. Les fleuves sont des accidents de (emins dont la strat^e tire beaucoup de ressources, car, comme nous l'avons déjà vu, ils servent non-aeulement de lignes de défense , mais aussi de lignes de communications. Prenant leurs sources sur les points culminants des plateaux hydrographiques, les flenves déterminent aussi les pentes des terrains qu'il déchirent et dont 1^ commandements donnent i la tactique des avantages poûlift. Sillonnant dans les pays auxquds ils appartiennent du midi au nord, de l'ouest à l'est, du nord an midi ou de l'est il l'oocst, comme les exemples que nous offrent l'Oder, l'Elbe, le Danube, le Pô, PAdige et U Seine ; possédant des affluents dont les directions irréguliëres se présentent parallèlement, oUiquement on perpendiculairement aux mouvements qn'on entreprend; tantôt se rapprochant, tantôt s'éioignant des chaînes de mcmtagnes, les fleuves agrandissent ou rétrécissent les gaines comprises entre ces grands accidents du terrain, et circonscrivent des sections d'une configuration différente qui, par conséquent, engendrent descomhinaisons également différentes.
Les points principaux qui doivent attirer l'attention du militaire , sont :