‹ Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des Mémoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 17 sur 95 · Les roates qui conduisent aux fleuves · texte numérisé non relu

Les roates qui conduisent aux fleuves

S. Les gués qui s'y trouvent ;

3. Les points, que la configuration du terrain qui l'environne et que les oscillations du ' fleuve désignent pour être les pointtdepassagc;

4. La direction que le cours du fleuve prend par rapport à notre ligne d'opérations principales.

Let Roule», en liant les objets des opérations entre eux , nous conduisent du point qne nons abandonnons, vers celui que nous voulons atteindre. Le nombre des routes qui nons mènent vers les fleuves étant souvent très-grand , il est indispensable d'en choisir les meilleures, ot surtout celles qui nous dirigent vers les objets les plus importants des opérations.

Le> Gué» , sont les passages naturels les plus fadies,. qui nous dispensent de Pattirail de là

□ igitizedbyGoOglc

ponte, doDtIa coBStrucUon est tot^ours dispeodiense el soumet à de très-grands dangers devant un ennemi vigilant et hardi.

Ces gués ne se trouvent cependant que sur des fleuves d'une moyemie étendue et d'un volume d'eau peu considérable, ou bien sur ceux qui sont soumis àdes crues périodiques, comme la Duna. Les grands fleuves, au contraire, coulent ordinairement dans des vallées très-profondes, et se trouvent renfermés entre des ' massifsélevésqui.fonnaotdespentesabruptes, CD rendent les accès très-difficiles. Nous en voyons des exemples fréquents sur le Rhin et le Danube.

La désignation des poinu de paaage des fleuves doit être en rapport :

1 . Avec la facilité que la configuration topographique nous offre ;

2. Avec les mouvements offensifs qui devront caractériser dos opérations, une fois que le passée sera effectué.

Lorsque aucun obstacle stratégique considérable ne s'y oppose, le premier cas se détermine par les courbures du fleuve et le commandement des rives. Un angle rentrant et une rive qui possède an certain commandement sur la rive opposée , sont toujours le point le plus avantageux pour le passage.

Le second cas, bu contraire, doit être en rapport avec les forces dont on dispose , le contact dans lequel on peut se trouver avec d'autres et surtout avec l'objet principal des opérations qui se. trouve sur la rive opposée.

Les fieuves possédant, ordinairement, des points dont l'art a su rendre les accès trèsdifficiles, nous font une loi de prêter une grande attention ft ces nuances. Nous trouvons dans la campagne de 4815, dans le passage de l'Elbe par le prince Blîicher , un e:iemple bien instructif, qui nous facilitera l'application de ces maximes.

L'Elbe était la ligne défensive des Français. Les alliés occupaient, sur ses deux rives, les positions suivantes : l'armée de Bohême était entre Toplitz et l'Eger, le maréchal Bliicber ÎL Bautzeo , et le prince royal de Suède devant Wiltenbei^, L'objet principal des opéraUons des trois armées était Leipzig. (Planche 3.)

L'Elbe éuit l'obstacle que le maréchal Bliicber devait franchir. La section de ce fleuve comprise entre les positions des deux armées

MÉMOIB^ SUR LES PRINCIPES

de Banc , possède quatre points dâimdft permanents : Konigstein , Dresde, Toi^a et Wittenbei^. Les forces du prince de Bliicber n'étaient pas assez puissantes pour oser s'isoler et entreprendre, avec l'armée de Silésie srailé> quelque opération sur la rive gauche de l'ESbe. U fallait ,doDc eflectuer le passée dans la proximité de l'une ou de l'antre armée , pour pouvoir ensuite opérer simultanément. Toutes les probabilités étaient contre sa jonction avec celle de Bohème. Konigsteio et Dresde défendaient la section du fleuve où le passage aurait dà s'effectuer; la masse des troupes françaises se trouvait dans cette direction aussi, et enfin, étant même parvenu à franchir l'tUbe, les deux armées alliées se seraient encore trouvées séparées par la chaîne de l'Erz.

En se portant vers la section de l'Elbe comprise entre Torgau et Wittenberg, c'était se trouver d'accord avec toutes les r^es de h pure stratégie, et Napoléon lui-même se snait fait un honneur it concevoir un plan pareQ. Par ce mouvement, le maréchal Bliichar se rapprochait de U plus forte des deux armées , cboisissail la section du fleuve qui offrait, il est vrai , deux points défensifs aussi, mais qui se trouvaient dans un grand éloignement l'un de l'autre ; une section , di»-je , qui ne pouvait être défendue que par les débris d'une année qui venait de p«Tdre une bataille générale trèsmeurtrière ; el enfin , le passage étant une fois effectué, le maréchal acquérait la faculté de diriger ses mouvements offensifs vers l'objet principal, de concert avec la plus puissante des deux armées.

Quant aux direcliont que les cours des fleuves peuvent avoir par rapport i la ligne d'opération principale, nous pouvons les enrisager sous deux aspects différents :

1. Le fleuve coule parallèlemrat à la ligne d'opérations , ou

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