‹ Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des Mémoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 19 sur 95 · La position peut être couverte par on fleuve · texte numérisé non relu

La position peut être couverte par on fleuve

2. On en prend une sur le plateau hydrographique, ou les eaux se partagent et vont, dans des directions opposées, déverser leurs tributs dans de plus grands fleuves ou bassins^

3. Celle qu'on prend sur un terrain resserré entre deux fleuves , qui offrent des lignes de défense dans difi^nles directions, en suppS* sant que Traoemi dirige ses opérations offensives vers, les deux flancs de la sph^ d'opérations enclavée,

posniOHS Bi La i'* catAgoub.

Lorsque le fleuve sous la protection duquel on prend position décrit une ligne droite, il n'offre aucun avantage marquant ni pour le défenseur ni pour rassaillant; les chances deviennent égales. Une ligne dont la convexité esttouméeducAté des assaillants offre, au contraire, aux défenseurs qui se trouvent dans la partie concave, de grands avantages pour leurs opérations. Une position centrale, en les rapprochant de tous les points de la ligue de défense, les favorise dans tous leurs desseins. Ils ont les communications les plus courtes en leur faveur, et peuvent oi^toser une défense solide et avantageuse sur tous les points.

Dans le cas présent, le sommet de l'angle est toujours un objet bien important. Il devient le point immédiat de l'attaque des uns, et de la défense des autres. Les assaillants ne peuvent, à peu près, entreprendre aucun mouvement de conversion pour le tourner, sans laisser leurs propres communications k la merci des défenseurs, et sans aller au-devant d'un désavantage stratégique positif. Recourons à un exemple :

Supposons qu'en 1814, au moment où les alliés s'approchaient de Paris, le foy^- politique de la France fût transporté de la capitale derrière la Loire, et que la dissolution de la force mobile des Français pût seule influer sur les circonstances qui amenèrent la paix (i).

Depuis Candes jusqu'à Nevers, la Loire forme un an^e saiUant dont la convexité aurait été tournée du cdié des assaillants. Retirée derrière cette ligne, l'armée française aurait dû nécessairement porter son attention sur Orléans, qui forme le sommet de l'angle. Trois communications principales conduisent de Paris au fleuve. Celle de droite, par VersaiUes, Rambouillet, caiartres et Venddme à Blois et Tours; celle

f i) Voyei la eirtc de la France dnaU» par le départemoit des pools et cbaïustes, CD 1816.

HËHOIRES SUR LES PAINCIPES

du <»iilre, par ËUmpes à Orléans, et cdle d« gauche, parFoBUïDebleau et HonUrgisi Gien. En se portant sur l'une des deux commnnicatioDS de Qanc pour tourner Oriéans , les assaîllanta auraient élé, non -seulement entraînés dans des mouvements d'une grande circonlérence , mais auraient aussi compromis leurs propres communicatioDs avec Paris, que les Français auraient pu, sans rien risquer, intercepter sur Chàteaudun ou Montâtes.

Lorsque la convexitéest tournée ducale des défenseurs, tous les avantages pour le passage sont, au contraire, en faveur des assaillants. Une armée qui défendrait l'Elbe du cAté de Witteoberg, ne pourrait s'opposer que trèsdifficilement au passage de la masse ofiensive, qui, basée sur Leipzig, trouverait du cdté de Torgau les moyens de franchir la ligne défensive , sans risquer de compromettre ses communications.

Lorsque le passage du fleuve est forcé, alors les allluenis qui tombent d'équerre, peuvent servir d'abri pour les défenseurs qui trouveot , sous leur proleclion , des positions de flanc trèsavantageuses. Les grandes prérogatives de ce réseau de courants, se sont fait sentir d'une maDiëre sensible dans la campagne de 1793, sur le Rbiu, par les positions que l'armée républicaine prit successivement derrière la Queich, la Lauter et après la reddition des ligues de Weisenbourg , derrière la Hotler et le Zom. Protégées sur leur droite pu le Rhin , sur leur gauche par les Vosges , les troupes (françaises ne durenlleurs premiers échecs qu'à l'inaction de Custinc, et la perLe des lignes de Weissenhourg, qu'à l'incapacité de Carlen, qui ne silt pas utiliser l'appui que lui offi^ent les Vosges, et qui selaissa déposler d'une position aussi formidable.

Les points culminants des chaînes, où les fleuves, qui caractérisent les lignes de flanc dont nous venons de parler, prennent leurs sources, deviennent les plus fermes appuis de ces sortes de positions. Ces parties des montagnes revendiquent aussi une attention particulik«. IHrmasens et Fischbach, ouvrant les débouchés vers les revers orientaux des Vosges, c'était sur les plateaux du côté de ces deux points que les républicains devaient porter leur attention pour y utiliser leius efl'orls

Après le combat de Dannif^or , Uvré le fi avril 1813 , le Tic»-roi d'Italie, ne possédant plus les moyens dedéfendrelepMsagedel'Eibe à force ouverte, prit vissi une position de flanc dans le sens de celles dont nous Tenons d% parler. Le front de la position stratégique était couvert par la Saale, sa gauche s'appuyait an confluent de ce fleuve et de l'Elbe,'» drnte à la chaîne du Harz.

Il estcependant indispensable que les points de passage du fleuve principal, en arrière de la position défensive deflanc, soient bten assurés, afin de prévenir le danger d'être pris à dos. C'est ainsi que l'imoueiance du génial Carleu , qui ne laissa qu'un doni-bataiUon des Pyrénées à Selti, facilita l'entreprise du prince de Waldeck, qui parvintàforcer le passage dn Rhin plus bas que Lauterbourg , à Miteradorf. Ce n'est qu'aux difficultés topographiques qu'il eulàcoinbatti-e du c6té de Modem, que l'amée républicaine fut redevable de la cons^ration de Lanterbourg et de l'affrandiissement de sa ligne de comstunicalion avec Stra^oni^

Lorsqu'une place forte estconslruile aacenflucnt de deux fleuves, dont l'un tombe d'fr querre sur l'autre, de manière à pouvoir dominer ks trois débouchés que la confignratioD des cours nous présentent, la position devient d'autant plus avantageuse que, poavamt manœuvrer avec la même sécurité sur trois routes différentes, les défenseurs ae ménagent trob sphères d'opérati<ms où , pouvant combattre avec une masse concentrée, ils forceront leon ennemis à diriger leur observation vers toutes les trois, et les obligeront à disséminer leurs forces. Une place forte construite sur un type pareil devient une position centrale d'an trèsgrand avantage.

POSmOKS DE LA î"" CATÉGORIB.

En 1806, au commescenent des hostilités, si les Prussiens avaient hil front du cAté de la chaîne de l'Erz et le rameau de Fichtelbc^, ils auraient pu profiter des avantages des positions de la seconde catégorie, entre la Saale, l'Elster et la Hulda. Les points culminants qu'indique le partage des eaux, qui dévNsoit dans des directions opposées leurs tributs dans ces fleuves, et que nous devons envis^r comme les points straté^ques de ces sortes de positions , auraient ofiért aux Prussiens des

DE lA SnUTeCIE.

aTjintag«t nnqomls pour lears projeta de défenae. En gsrdmt, en tnml ée Hof, les débouchés des iDontagnes , ib aunient pu ag^^ver les difficttltâs que kts Fnmçaia auraient dd snrm^pter pour gagner les revers, el prt^ter du grand avantage qu'un déploiement stratégique plus étendu pouvait levr offrir contre les colonnes débouchanles de leurs ennemis. Tontes les positions que présente le terrain compris eatre ceatrois fleures, possédant despropriétés stralégtqaes marquantes, auraient suffi pour paralyser les mouvements de Napoléon sur Berlin. Des défaites comme cdles de léna et d'Auenitadt, n'auraient jamais pu avoir , non plus, des résultais aussi funestes.

FOSmOKS DE LA 3™* CATÉGORIE.

Iji position de la troisième catégorie iMt être envisagée comme terrain intermédiaire entre les deux sphères d'opérations des ennelais. Deux hypothèses se présentent pour son utilisation :

1. D'après la laiblease dès forcesphysiqoes, les défenseurs ne pourront opérer que sur une seule ligne d'opérations intérieures, on

9. La force des années étant asse^ grande , les défenseurs manœuvreront sur deux lignes intérieures pour défendre les deux fleuves qui les couvrent.

Les avantages qui peuvent en résulter ne dériveront , poor le premier cas , que de la possibilité de mancBuvrer avee une sorte de prépondérance vers l'un on l'antre fleuve ; le s^ cond, au contraire , offre aux défenseurs qui sont couverts par les deux fleuves , non-senle- QientlesmoyMisde s'opposer aux mouvements offensifs que les assailtûts dirigeront contre les lignes défensives ; mais dans le cas que le parti offeosifseporUtvers les objets des opérations (lu terrain enclavé, ceux de pouvoir, en réunissant les deux armées en une seule masse, résbier à ses attaques.

Cest ainsi qu'en 1814, si les forces de l'araiée française avaient pu faciliter ses opérations. Napoléon aurait pu se maintenir entre la Marne et l'Aube. Le prince K&cber s'était avancé sur Sainl-Dizier, Vitry, etc. , la grande année sur. Bar; mais les Français avaient été Irop faibles pour en défendre ^s passages , comme les combats de Bar, livrés entre les troupes du duc de ^révise et du comte Giulay,

et de CUlons entre celles du due de Tarenle et du général Yorck le prouvent.

Les Maraii. Un manque de communications assurées et faciles , l'impossibilité d'y faire un déploiement stratégique avantageux, la stérilité du terrain , l'insalubrité de Tair qui provient des émanations marécageuses , en font une région que la stratégie doit pluUH éviter.

La Chotnet de montagneM, envisagées comme lignes de défense , nous offrent trois catégories de positions :

1 . Sur les revers de la chaîne , ayan t le système des montagnes à dos ou sur le flanc;

2. Sur les plateaux dans la chaîne même; 5. Derrièrelachaineqnicouvrirala position.

Un des points importanis est de bien cmi-

naitre les plateaux culminants, les nœuds des vallées, qui servent de points de repos et de camps pour le déploiement des troupes, et les difl'érentesroutesquiroènenlitraverslachafne. Le terrain oti les eaux se partagent nous indiquera les pointsélevés; et la naissance ded différentes sources , ies nœuds des points ctdminants.

Lorsqu'on est dans l'offensive^ le principal est d'oràonner la marche d'après les avantages des localités, afin de ne pas rompre l'harmonie des colonnes. Les directions des fleuves , qui prennent leurs sources dans les chaînes , doivMit nécessairement attirer notre attention, pour ne pas multiplier les difilcnltés que la nature agglomère dans ces sortes d'accidents. Leurs oscillations étant ordinairement perpendiculaires ou obliques à la chaîne principale, peuvent servir d'indtcation pour le partage et la direction des colonnes. Mais ces oscillations étant quelquefois sujettes à des détours subits, qui les conduisent dans des directions parallèles aux chaînes d'où les fleuves prennent leurs sources, comme l'exemple que nous offre l'Elbe du côté de Pardubitz , elles nous obligent dors à fiHver plusieurs lignes défensives et augmentent les difficultés du passage.

Dans la défensive , le principal est de se plicer de manière à pouvoir arrêter les colonnes débouchantes.

La campagne de 1813 et les opérations de l'armée de Bohème, Qousoffk«nt des exemples bien intéressants pour ce genre de guerre. D'un cdté, les fautes commises par l'année alliée en franchissant l'Er^ebirge entre Chemnilz «t

HÉHOmES SUR US PRINCIPES

Gleahtibel{i),et, par conséqucDl, dans nneétCDdoe qui ne cadrait ni avw la force , ni avec le nombre des colonnes ; de raulre, les disposi- UoQS vicieuses des Français pour en garder les débouchés, ainsi que les malencontres auxquelles ces derniers ont été en butte, sont autant d'indications pour tout ce que nous dcTons éviter dans ces sortes d'occasions, et sur lesquelles nous pouvons aisément baser les vrais principes.

La bataille de Culm nous servira d'exemple pour les positions de la seconde catégorie. La grande facilité de s'y abriter et de s'y maintenir miliUiremeiit, nous fait une loi de les envisager comme position tactique et stratégique. Les mouvements de conversionSf pour ceux qui en connaissent les détours, sont d'une exécution facile et d'un avantage positif.

En général, les chaînes de montagnes, envisagées comme lignes défensives sont, par les grandes difficultés de les franchir, beaucoup plus avantageuses que les fleuves.

Les posilions qu'on prend devant les chaînes doivent être offensives , celles qu'on prend derrière sont défensives. Se trouve-t-on protégé par les forces physiques, les premières étant sur les points les plus élevés des revers, d»> minent les positions des adversaires et possèdent tous les avantages de la tactique.

Les secondes, lorsque la chaîné est d'une grande étendue, ont le défaut d'engendrer, quelquefois, des difficultés pour les défendre. Cest ainsi qu'en 17S7 l'armée autrichienne, qui avait pris posiUon derrière les chaînes de la Bohème et de la Moravie, depuis Eger jusqu'au delà de ttelchenbei^ , fut, à lasuile des mouvements offeDsifs du roi vers l'Eger, trop heureuse de pouvoir rassembler ses différents corps sous les murs de Prague, où se livra ensuite la bataille de ce nom.

Lei Villa. Les villes étant les foyers où se concentrent ordinairement beaucoup de routes, offrent à lastrat^e les avantages éminents de pouvoir diriger les grandes opérations vers les objets principaux et intermédiaires, et de multiplier les combinaisons des mouvements qui nous y conduisent. Maître d'une ville, on possède en son pouvoir un foyer qui ouvre plu-

(0 Et qni ont Mé rderées de main de maître par le fteiril Muinii^, dans soD ouvrage ielilulérAflmch-

sienrs directions , entre leaqaelles on dwisira celle que les circonstances et les grandes combinaisons stratégiques désignent comme h pins avantageuse. On y porte la mtyeure partie des troopeSf en se servant des autren pour flinqucr la communication principale, et on y opère avec une mawe concentrée, en ne prenant <[u'ua seul point de départ; tandis que rennemi, pouvant être menacé sur différentes directions, se trouve souvent obligé d'étendre son déploiement stratégique pour parer, les coups que «s adversaires peuvent lui porter. Ce sont dects sortes d'avantages que prorienneut pour ce^ tains points les grandes prérogatives de cei positions centrales , que nous devons envisager comme les points les plus importants du Ibéltn de la guerre, où doivent se concentrer les ressources de ta défense et de l'attaque, et qa'oo n'achète qu'au prix de beaucoup de sang et de

L'importance de ces pointe est tdleaail grande, que l'art doit toujours suppléer aux imperfections de la nature. C'est par cette nison que nous voyous ordinairement, autour des villes que les localités érigent en powti«>s centrales , s'élever des enceintes que l'art de la fortification met à l'abri d'une attaque subite et d'une prompte reddition.

Les villes servent aussi de rasserablemenl aux ressources, sans lesquelles la guerre toa> berait bientôt dans un état de stagnatioa. Cest dans leurs murs qu'on dépose les munitions de guerre et de bouche.

Le» Routa, Le réseau des roules que la main de l'homme a étendu sur la surface de li terre, forme un des objets principaux delà stratégie. Traçant des lignes perpendiculaires, obliques et transversales, elles désignent In directions qu'il faut suivre pour atteindre un^ ville, un fleuve, ou pour franchir une chaioe de montagnes. En facilitant aux colonnes les moyens de communiquer par les flancs, riles leur offrent aussi la possibilité de rester en contact mtre elles, etde pouvoir, dans les cas niants, se porter un secours réciproque.

Dans les chaînes de montagnes, les routes côtoient les berges et les précipices , et après avoir serpenté dans les directions des diffé-

tmgen (Ib«r die grouen OperatUmen tttid StktaMr* dit FtttUilgi tmt 1813 wid 1814.

DE U STRATÉGIE

reotes vallées , udI les vallées latérales des coDtreforls à celles de la chaîne priDcipalé, dlessortentdu labyrinthe qn^elles vieimentde rendre plus praticable, pour mettre en contact entre eux les habitants des deux revers opposés. A mesure qu'on qviîtte ces repaires mystérieux et qu'on approche de leurs versants , le nombre des routes se multiplie, elles s'élai^jii»sent , deviennent par conséquent plus faciles h franchir et plus avanlag^ises. I^ qualité du terrain influe d'une manière si positive sur leur nature et les rend praticaUes à des époques si différentes, tandis que l'espace de temps pendant lequel on peut s'en servir est si variable ,

que les qualités du sol ofa elles slllonnott ne peuvent assez mériter notre attention. Lear construction , quelquefois solide , souvent vicieuse, les ponts qui unissent les rives oppiH sées des fleuves et des rivières, sont des objets qui ne doivent pas non plus échapper à notre attention. Un terrain solide que les pluies n'humectent pas trop facilement, que le soleil ne fendille pas trop aisément , est le sol où se trouvent les routes que la stratégie doit choisir de préférence, et dont les avantages ne sont pas san influence sur les grandes opérations, par les mouvements qui peuvent s'y opérer avec rapidité et aisance.

uËioiaES sa& i£& huncipes

cinquièsq: mémoire:.

SDR LE SYSTÈHE GËOGRAPHIQIIE , 00 SUR LA PARTIE TBÉOMQOE DE LA STRATÉGIE.

La classification d'one sdence a loiyours été la meilleure voie pour parvenir au vrai résultat, dans le développement de ses différents éléments. Nous en avons vu l'eiFel salutaire, par l'idée qui a porté le savant Malte-Brun i soumettre la géographie, qui n^aété autrefois qu'un chaos de principes, au part<^ qu'il a si bien conçu et si savamment excuté.En divisant cette science d'après les parties qui la composent, il lui a imprimé un caractère plus stable, en a facilité la connaissance, et afoit de la géographie qui , autrefois , n'était à peu près qu'une science de mémoire, une étude de raisonnement. La classification à laquelle je viens de soumettre la stratégie, m'a paru rejaillir de la nature de ses éléments, dont les uns, basés sur la géographie militaire , possèdent un caractère aussi positif que les principes qui en sont la source ; tandis que les autres, étant influencés par plusieurs règles qui ne sont sujettes h aucun calcul exact, resteront toujours soumis à des anomalies qu'il n'est pas donné à l'homme de pouvoir fixer.

S'il est permis de dire que le tyit^me opératifie la stratégie est une partie idéologique, je me garderai bien de porter la même sentence sur le tyttème géographique. Ce serait vouloir acréditer des sophismes qui doivent nécessairement faire tort k la science et en reculer les développements. Si la ridicule asser-

tion qui, autrefois, posaiten priocipeqne Tarf militaire nétait fondé sur aucune règle stable, sur aucune théorie systématique, qui faisait supposer que les développements des prioGipes de la science des bommes de guerre, étaient plutAt des épisodes de romans et par conséquent les fruits d'une imagination fantasque , a été partagée par un si grand nombre de militaires; de pareils sophismes, sans être pardonnables, s'eipiiquent du moins par l'élat d'enfance dans lequel cette science avégélé pendant si longtemps; mais vouloir bouleverser maintenant des édifices ausd solidement établis que ceux qui ont été élevés par le général Jomini. l'aivfaiduc Charles et Valentini, ne serait ni Tceuvre d'un sage , ni le fruit d'one philosophie bien pensante.

Loin de partager une idée aussi spécieuse , j'ai cru que, pour mieux parvenir à donner à la stratégie un élan nouveau et salutaire, il fallait commencer par débrouiller le chaos de ses principes, les placer dans le vrai domaine auquel ils appartiennent, et fixer par là lenr nature, leurs propriétés, leurs prérogatives, et la juste valeur qu'ils peuvent avoir dans la balance des' méditations scientifiques.

J'ai offert une partie de la strat^e sons U dénomination de tgitène gèograjdttque , car je le compose d'éléments qui sont basés sur la géographie militaire. Ces âéments sont : l'examen

dbyGoOt^lc

KtTtttégiqne des frootiires; U dlviaioD stratégique du théSitre delà gnore, U bue de l'appromionDenient , les objets des opérations , les bases d'opérations; les Hgoes alimentaires et celles d'opérations, et la limitation de l'échiquier stratégique. Je les ai qualifiés de partie théorique de la stratégie, et je ne crois pas que ce soit une dénomination usurpée. Quant à celle de tyttème géographique, elle me parait d'autant plus juste, que tous les principes sur lesquels reposent le caraclère et les propriétés de ces différentes parties, sont basés sur la géc^raphie militaire.

D'après l'énumératioD que je viens de faire des éléments du tytlfme géographique , il est aisé de se convaincre qu'ils sont tons d'une nature passive; mais la raison en est toute simple , c'est qn*ils appartiennent i une création inerte.

Le tyttème géographique doit s'occuper à développer la nature et les propriétés de tous ses éléments, afin de pouvoir.les utiliser d'après les vertus inlrinsèqnes qui leur sont tombées en partage , au moment où les forces mobiles devront être mises en action. Les difi'éreDtes parties d'un échiquier stratégique étant les ping fermes appuis des opérations des armées, il est tout juste que leurs manœuvres n'acquièrent de stabilité vraiment positive, que lorsque le terrain ou elles opèrent est exploité, et ses propriétés reconnues, appréciées et utilisés d'après les avantages inhérents àlenr nature. Cest cette appréciation qui nous guide plus lard dans le jugement que nous devons porter sur lesfwopriétésetlaconfiguralioii des frontières, dans le choix des lignes et des bases d'opéralionsles plus avantageuses, dans la désignation des objets des opérations tes plus impoi^ Lants, etc., de la conquête on du maintien desquels dépend l'intégrité de l'échiquier où les armées sont appelées à manœuvrer.

La juste appréciation des différentes' parties da nfttème géographique est une condition expresse pour faire la guerre avec avantage et solidité. Cette appréciation doit être envisagée :

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