CHAPITRE PREMIER
APBRÇD G&IftRÀL DES TROIS ARHES.
Le perfeetioDneiiient des sciences et des arts est presque toujours en rapport réciproque avec la civilisation des siècles et des pays , et il est parfois le résultat de l'intérêt immédiat que les nations recueillent de leur emploi. Voilà aussi pourquoi nous les voyons souvent cheminer d'une allure tardive , et se développer aussi lentement que cette même civilisation d'où ib dérivent.
Chaque branche du code scientifique possède sa verta spéciBque ; mais son apogée d'élévation et de gloire provient souvent de l'importance que les circonstances accordent à l'une d'elle, et des conséquences qui s'y rattachent. De là vient aussi le perfectionnement de l'art militaire. Si autrefois les guerres étaient aussi fréquentes que dans le dix-neuvième siècle, leurs résultats n'étaient ni aussi grands, ni aum dai^reuxpour la praspàitédes peuples. Ces grands bouleversements , des couronnes perdues ou acquises, ayant été plus d'une fois la conséquence d'une défaite ou d^une victoire , il était juste que l'art qui nous fait gagner les batailles acquit uoe importance qu'il ne possédait pu jusqu'alors.
Le temps et les méditations des guerriers ont augmenté le nombre des décoavertes, tandis que Tapplicalion des principes innovés ar> réta le choix de ceux qui devaient servir de base k l'art militaire.
Dans aucune branche de cet art, les découvertes n'ont été aussi fréquentes et aussi nombreuses que dans la tactique. L'infinité d'articles difitirents qui la compose en est l'unique cause. La formation des troupes, leur ordonnance, leurs évolutions et leur action adaptée aux avantages du terrain, sont autant de vastes sphères dans lesquelles l'imagination humaine s'estplueàtravailler,etqui devinrent autant de mines inépuisables poorrexploiteurattentif et assidu.
Le choc des assertîoQsdifrérentes.d'oîi jaillit l'étincelle, rectifia les erreurs et agrandit la sphère des innovations, tandis que l'expérience fixa l'emploi des principes dont l'utilité devbit incontestable.
C'est ainsi que sa formèrent ces traités scientifiques qui nous servirent de lisière dans b voie toujours épineuse qu'on parcourt encore en écolier, et qui ne cessèrent d'être nos guides
pendant les momenls où les travaux de la guerre deinaDdèrenl l'emploi des principes de l'art miliUire.
t L'nbjet de la guerre, dit Uontesquieu (i), 1 c'est la victoire, celui de la victoire la cont ^àtc, celui de la c«nquëte la conservation, i Ed admettant, et avec justice , la bonté des troupes comme une des grandes causes des victoires , et feisant abstraction de toute idée d'envahissement, je dirai, sans risquerde tomber dans le défaut de l'hyperbole, que la sécurité des trAnes, comme le bien-être des nations, tiennent au perfectionnement des trois armes différentes, l'infanterie, la cavalerie et l'artillerie, par des nœuds indissolubles. Elles forment ce bouclier sous la proteclioD duquel les peuples conservent leur sécurité sociale et politique, les pays leur intégrité. En les envisageant sous ce rapports! essentiel, que de soins ne doit-on pas lear accorder pour les rendre capables de remplir avec dignité le râle qu'elles sont appelées à jouerl
Ces mines précieuses dont les militaires, dans les temps anciens, ignoraient l'exploitation , ne livraient que des trésors bruts et incapables de résultats aussi surprenants. Ce n'est qu'en perfectionnant l'organisation , l'ordonnance, et, en général, la tactique des trois armes; c'est en apprenant ensuite àprofiterde leurs propriétés et à les employer au moment opportun , que le militaire marcha d'un pas ferme et assuré dans ce dédale de combinai- , sons , dont le réseau a été si bien conçu et les difficultés si bien développées pendant les guerres modernes.
C'est en grande partie à Napoléon qu'appartient cette gloire. C'est à lui que lesarmes, dont je me propose de discuter les propriétés, doivent leur élévation, ainsi que le dévelop-
(t) Biprit dit Loi*.
(i) L'enlhoiuiisnie relfgleni (a) on ramoar de son ■Dnverain et le vrai patriotisaie (b), ont rendu quelquefois deatronpajeuDM encore toati hitlaeipériiMatiM, fonnidabic* t leurs eoMmig, «t par It ont rugé Um hs nMjeni, (id'od tn^ie ordinarrement pour rendre oue armée guerrière, dans une catégorie ■eecodiire ; maii ces eumpks sont rares et ne doiieut
(o| La MinpagiiM d'Eipigi d* 1813, ISISrl 1814.
pnirieaM panUnl lu (unpigiiM
pement des forces inhérentes ) la nature de chacune d'elles. Jetant un regard attentif et hardi sur les défauts qui jusqu'alors avaient existé dans l'organisation et la tactique des différentes armes, et dont l'expérience lui avait démontré les erreurs, ce savant mililaire, si hardi dans ses conceptions, si fécond dans ses productions, était semblable à ces météores bienfaisants, souvent terribles dans leur essence, mais si favorables par leura effets , qui dilatent un air chai^ de parties hétérogènes et lui rendent toute sa pureté.
Ennemi de ces idéesmlnulieusessemblaUes % ces enjolivements d'un édifice sans solidité, qu'un seul accident peu détruire, et dont les ruines attestent la médiocrité de ses foBoaleurs, ce profond militaire considéra la nature et les propriétés des trois armes sous leurs rapports purement scientîBques , et sacrifia volontiers l'aspect agréable d'une armée composée de soldats petits-mai très , à l'utilité de posséder des phalanges que leur sage organisation et lear bonté rendaient inébranlables, et qui assuraient la sécurité de leur pays en frayant toujours le chemin de la victoire (s).
Cest à son génie hardi et enlrepreuant que nous devons en généralla régénération del'art militaire. La campagne de 1796, on Italie, dois prouve suffisamoient que son esprit vasu avait déjà, même avant d'entrer en lice, embrassé la sphère étendue des nouvelles combinaisons; car nous le voyons franchir avec intrépidité les limites dans lesquelles beaucoup de généraux, qui l'avaientprécédé.aimaientàse restreindre, et que la crainte de s'égarer, en s'écarlant des institutions établies , leur présentaient comnM inviolables (s). ••
Ses dernières armes, il est vrai, nous offrirent des actes de témérité impardonnables; Icssuo-
pas nous faire négliger les rrais principes de l'édocatloa du soldat.
(s) Toute année da pins de SO.OOO hOBHMs, Smt Turenne, est incommode pour celni qui U ceonmit et pour ceux qui la compoMnt. Mais n'avoos-Mos ftt ru Napoléon manier avec des wecès iBeroiables if* maases quadruples, sextuples et même décuples de ceU» que le héros du dii-scptièrae siècle avait désigntis comme le maiimum de celles qu'on pouvait nettct (■> campape. Quel parallèle serait-it donc ponibk d'établir entre le perfeelioanenient do l'art militaire da nècte de Turenne et celui de ^apoléan, et ^i poomit . calculer tous les progrès qui s'y sont ftils.
ces l'avaient rendu imprudent et sourd à la voix de la raison , il Toiiiut dépasser les Limites que l'honime ne franchit jamais impuoémeol; mais il suffit d'être humain pour ne pas être infaillible. Au reste, ces actes de témérilé qui bouleversèrent ce colosse de puissance, que cent victoires avaient établi et qui paraissait reposer sur des bases inébranlables, ne doivent être envisagés par ses desceodanls que comme des expériences salutaires pour l'art mUitaire, et qui nous indiquent, d'uncàlé, tous les dangers des hasards démesurés, et annulent de l'autre ces prétentions exclusives et souvent futiles auxquelles Tancien système était assujetti.
Il est (ïcbeux de ne pas pouvoir en dire autant de Frédéric le Grand. Ce génie, quoiqu'u- DÎversel, se laissait facilement éblouir par de trompeuses, mais d'agréables apparences, et même Texpérience de tant de victoires et de défaites, et dont personne mieux que lui n'a pu expliquer les vraies causes, n'a pas anéanti son amour démesuré pour la tactique élémentaire. Philosophe stoïque sous tant de rapports, sous celui de l'éducatiou de ses soldats. Frédéric ne possédait pas cette vigueur màle de caractère d'où émane cette force motrice qui nous fait sacrifier l'agréable à l'utile. H suffisait qu'une idée fût enfantée par lui, pour qu'il s'opiniàtrât à laconservcr et à la mettre en exécution ; carnousavonsvulevainqueurdeRosbachetde Leutben être aussi peu en état de vaincre les préventions, que le général qui allait faire ses premières armes dans les plaines de Mollvitz.
Voici comment Borenhorst, ce digne écolier de son maître (i) , en parle dans ses Comidéraiioiu tur la Guerre (a) : t 11 n'appartenait pas
> àlacombiuaisondese^idées, dit-il, d'envisa-
> ger les soldats comme des êtres possédant
> une volonté et des facultés spirituelles ; leur
(i) B«r«kborst fit uoe partie de la gnerre de sept ans dans l'état-major du prioce Bturi d« PrnsM, et fut, en i 760 , nommÉ aide de camp de Frédéric le Graitd.
(>} Bttraehtungm tUier dU Sriegikuiut , Uber Idre fonîekriUt , ikre Wiedenpriàelu vttd ihre Zuverlofligkeit. (Toœ. ii. page 1T5.)
(s) Qu'il me eoit permit de Tenvajer le lecteur i l'ouirage de Bercnhorsl que je viens de citer , et de lai Indiquer les deux etiapitres, dont l'un traite del'icole pnuneiuM, et l'autre dea maïueuvrea de l'automne. Il
1 image ne s'offrait à lui que sousl'aspectd'faii-
> mains auxquels la contrainte et la terreur
> seules donnaient une sorte d'existence. En
> un mot, tous ses efforts ne tendaient qu'à
> former des automates roidis, tournant leurs 1 têtes à droite ou à gauche, et qui observas-
> sent strictement la cadence du pas (s). > Quoiqu'entouré de gens de- mérite, Frédéric
avait cependant à ses cêtés. des flatteurs qui cherchaient à lui cacher la vérité, s'ils supposaient que cette vérîté-étsii contraire aux principes adoptés par le roL Saldem («), et son esprit inventif, étaient semblables à un mauvais génie , dont la force irrésistible asservissait tout à ses lois. Quoique sous tous les rapports inférieur à son maître, Saldern posséda an suprême degré le don de l'enchanter. A la fin d'une mancDuvre d'automne à laquella le roi avait présidé luiwnême, dans l'épanchement de sa joie, lesouveraius'approdude son lieutenant, et lui dit : • Saldem, il faut que lu û- 1 nisses.carcelasurpassetout cequel'onpeut
> faire en tactique. > Mais Saldem avait au suprême degré le défaut d'ôlre minutieux. Voici le portrait qu'en fait Bvreuhorst : t Saldem , * dit-il, était riche en idées, intarissable en t moyens ; mais il était tourmenté par la fièvre 1 des bagatelles, et son esprit accordait une 1 trop grande attention à la place d'exercice, I ainsi qu'aux champs et aux mamelons où
> l'on devait manœuvrer. Ces idées étaient les 1 seules qui' l'occupassent; et une heureuse 1 revue, où la justese de l'exécution avait ré-
> pondu k l'idée de la disposition, égalait un
> triomphe à ses yeux. >
Saldem était auteur do plusieurs ouvrages qui, dans le temps, acquirent une grande réputation. Son œuvre posthume intitulée ; Pn'ncipei de Tactique, Ait traduite en français par un certain M. de Ptrch,qui porta l'ouvrage en Fraucc, où il fit fortune. Hais les Français de
UronTera dans le premier des déreloppements Irèi-piquanla. et daas le MMod dea eModotestoat à hit eanctéristiqnea.
(«} SilderD aTait été lieutenaDt-géotral au eenice de PruKe, et, peadant la guerre de septana, «'était distingué dan phu d'une bataille. Aprèa-calle de.BoelH kirthen , Frédéric Ait li Mtitfait de ea coudait», que, de lieutenant-colonel qo'it iTSit été, il l'aTliifa au giade de géoéral-maJM'. SaUent monrut k HagdetMM^ enlTXtL
EXAMEN RAIS(MfI<iË
cette époque , imîlateurs zélés des PrnaBÎens, ne K bornèntDt pas à n'en adopter que ce qui pouvait leur être utile ; la renommée de l'armée [Mvssienne , après la guore de sept ans , resplendit d'un éclat si lumineiu , que tout ce qui Tenait de cette nation semblait porter avec soi Tempreinte de la magie ; et c'est ainsi que Véducation du soldat prussien, mais enrichie d'anezes , servit de base k celle du Français, f Après la guerre de sept ans, dit le général
> Dubesme (i) , on avait adopté l'exercice
> prussien , mais comme il nous arrive de por-
> ter tout à l'excès , il sembla qu'on ne pouvait
> faîredebonssoldats,qu'autaiit qu'on aurait
> faitde tousdes espècesdemécauiques,doQt
* lapositioD,leportd'annes,lesniouTemeQts, » les pas, jediraiplus, la structure, devaient
> les rendre semblables à des madtiDeo sorties 1 du même moale ; ainsi on tourmentait les
* recnies pendaot six mois , on lear abîmait ) aouvenl la poitrine pour le<ir apprendre la » première position , le pas cadencé et le port
* d'armes; on tenait cbaqne matin un pauvre 1 diable pendant deux ou trois heures dans
> des positions de gène et d'immobilité , faites
> pour dégoûter l'homme le plus porté au mé-
> lier des armes.
> Enfin, quelques années avant la révolut tioD, on avait poussé la minutie jusqu'à avoir I dans les casernes des horloges à balacier et
> des échelles géométriques gravées sur les 1 pavés, pouratteindreleplnsgrand point de 1 perfection dans la régularité et la cadence
> du pas. La guerre que nous fimes, quelque
* temps après, avec des balaîUoDS qui i peine
* avaient été d^rossis, a bien prouvé Tinuti-
* lité de tous ces soins. >
Ce n'est pas que, dans plus d'une bataille, l'armée prussienne ne nous ait offert des spectacles étonnants; mais mise en action parle grand Frédéric, pouyait«lle aussi moins blrel Tout réussissait, parce que le génie du roi présidait aux combats et aux manœuvres qui en étaient les éléments les pins importmts , et
(i) Buai JkMtoWfw rar l'infaMtne Ugèn, p. 176.
(■) Toota cbOH a h ipbère d'adiviti et poiEèd« mi 4lénMDti, et c'ol en panJjt«r Its bons rteulUts que d'en étendre Jet ■nbillTiaioiis an deU de leun limites naUirelb*. En n'occupaot le fimtaiiln que du manie- HWDt des armea et du pu, on est obligé, i caUMd'nne
que le courage de l*inflinterie surmontait tous
les obstacles.
La cavalerie a toujours été , en bonté , supérieure à l'infanterie ; mais aussi , au sujet de son perfectionnement, l'incomparable Seydliti avait des idées plus saines et plus exactes , car elles étaient moins minutieuses. Ne perdant passon tempsà s'occuper de l'allure du cheval, comme Saldern le faisait , avec l'augmentation ou la diminution des pas que les soldalsde son inspection devaieot faire par minute, Seydliti n'envisageait la cavalerie que comme troupe guerrière, et non comme oroemeot des champs d'exercice. Il chercha à rendre ses soldats maîtres absolus de leurs chevaux , car ce talent est la vertu primitive d'un cavalier, et peu i peu, comme nous le dit Berenhorst, c chaque
> cavalier prussien parvint à un degré de 1 perfectionnement tellement grand , qu*Q
> pouvait rivaliser avec les meilleurs écoliers
> d'un manège: sans selle, placé sur une
> simple couverture, il faisait travailler sMt 1 cheval avec élégance et comme dans un cart rousel. > Les plaines de Rosbach et de Zomdorff immortalisèrent ce général, et ces deux victoires seules suffiraient déjà pour qu'on loi décernât une couronne impérissable.
C'est ainsi que nous vîmes desi idées dai^ereuses au vrai principe d'une science (a) , et même aux dépens de la santé du soldat , cet élément si cher à l'humanité et si prédeui pour la guerre, germer avec impétuosité, roème dans l'esprit de ceux auxquels la nature accorda les dons nécessaires pour rectifier toutes les erreurs. A quoi taut-il attribuer une aberration pareille T
Si l'invention delà poudreaproduitdescbangements irès-sensibles dans la tactique da armes, leur perfectionnement adapté aux vrais éléments de la guerre ne nous a pas moins oTferi de révolution essentielles dans cette partie de l'art militaire. A mesure qu'on développa les forces intrinsèques des trois armes , qu'on les rendit susceptibles de grands résultats, dia-
perte trop eemlble du temps, de D<gllger les chotH vraiment essentieltee, c'est-i-dlre , l'babitvde d« «ar- <ter avec légèreté, de manœuvrer n grandes mrnti avec atunee etprécMon.rtde bien tirer. ■ Enreln»- • chant des eierclces le superBu, dit MoménienUi, •■ 1 en apprend mieux le nécessaire. •
DES TROIS ARUES.
cane d'elle wqBlt aae •ssnnaoe <}tii U rendit capable de coups surprenants, et l'on multiplia par là les resaources dont leecbefe purent ■e servir pour combalre avec {dos d'assurance et d'avantage. Les niantenvres en devinrent plus hardies et la défensive moins dangereuse. (Test avec ce perfectionnement des armes, et l'art avec lequel les modones savent tirer parti des accidents du toraia, qu'on vit aussi tomber en désuétude l'usage des retranchements de campagne , dont autrefois les champs de bataille étaient si souvent parsemés, et dont les dernières guerres ne nous otfrrat que de rares vestiges {*).
L'essentiel pour les armes est sans doute de rendre les soldats propres à la guerre , et de leur faire atteindre par U )e vrai but de leur institution. VoïU pourquoi il faut les rendre familiers avec les exercices qui font partie de l'art militaire, c'est-à-dire, avec ceux qui peuvent leur être utiles le jour d'un combat, et tes habituer à manœuvrer avec précision et vitesse (s). En guerre , les choses les plus simples étant les seules exécutables, il n'est que trop juste de ne pas occuper l'esprit , presque toujours étroit du soldat, avec des cbows qui loi deviennent inutiles, au moment où les circonstances le transportent du champd'exercice SOT celui de bataille. Il dut , en un mot , qu'à l'instar des Romains , l'^fiuion du sang soit l'unique différence que l'on remarque entre un champ de bataille et un champ d'exercice. Les Romains apprenaient à leurs soldats à marcher, à courir , à sauter , à nager (s) , à porter des armes deux fois plus pesantes que ceHes dont on se servait dans une action réelle {*) , et à n'exécuter que les évolutions qui les familiarisaient avec la guerre. Tous ces exercices étant basés sur de sages c(»abinaisons avaient rendu
(t) TDTeDDe diuit L Coaàé qui, partant poar la riandre, lui deniaiidilt dti eaoMlU : • Falta peu di
■ Êtigm et llrrei beancoup de bataillei; qund vous
> avra rendu votre armée aupirlnire k celle de l'enneint
> par le nombre et la bonté de tm Iroapm, ce que voiu
> avei presque Tait k Hocrol, quand voua lera bieu
> maître de la campagne, akta !«• viUagea Tooa van- >dront des placée. >
(■) 1 Car, comme dit tria-Men Guibert, preeqne toate
■ maooniTre étant un moment de eriae et de btblesaa
> pour DM troupe, parce qu'elle j eat déaunle, Il but • qu'elle en terte le phi« W pernlUe. >
l'armée romaine redoutable au reste du monde. Au CMitraire, on grand début des exercices en petites comme en grandes masses , que les modernes font bîre à leurs troupes dans les camps d'instruction , est , à mon avis , d'être trop mécaniques , et plutfit le produit d'une idée matérielle que d'une pensée résultant de la topographie du terrain où l'on exerce, et de la circonstance où l'on suppose qu'on peut réellement se trouver devant son ennemi. Hais celte régularité de mouvements qu'on j remarque peut flatter l'œil ; on mesure le champ d'exercice dans sa longueur et dans sa profondeur, on calcule tontes les distances des objets et du temps qu'il faut pour y parvenir, et, pour que ce calcul soit juste , on choisit de préMrence une plaine ouverte et unie , qu'un terrain accidenté qui mettrait facilement en déftiut des géomètres un peu bornés ; et le tout quelquefois est ordonné d'après des suppositions qui ne peuvent presque jamais s'appliquer en temps de guerre. Tout ayant été prévu , calculé , et la disposition et les mouvements des troupes étant nue fois déterminés , le général même qui commande en chef un exercice pareil , n'y ajoute plus rien du sien , en se conformant aux circonstances, qui , sur un champ de bataille déchiré par des sinuosités , changent selon les ondulations du terrain , et nécessitent de noDvelles conceptions. Une leçon apprise par cœur remplit l'esprit du chef et préside aux mouvements de la journée ; et le général et l'ofBcïer, dans iMquels la mémoire seule travaille , obligés de se rappeler les instmcUous que la disposîlion prescrit, et n'osant pas même changer le mouvement ordonné par un autre, souvent même mieux cutculé et mieux adapté à la circonstance, ne retirent aucun avantage de ces sortes d'exercice mécaoi-
(3) C'est on eiercice qui n'eat pu eoeoce généralement introduit dan» toutes le* armieeeurupéennea, mais dont les avautagei ne (auraient être coolesté*. Toyex iur ce sujet le Journal militaire ieBtrUn, annéelMT, n- 61 et ei , et l'ouTrage du baran LeMmre ds Salatlidepbont Parb, 1814.
(4) Scipioo Emllien ayant cru que raMdliaaenMt avait été la vnle eaaae de la délUte des Remaina i Huraaaee, vendit toutes lea bêtes de aomne de l'année. et Bt porter k chaque loldit du Mé pour trente jours, et sept pieui.
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qiies, qui leur deviennent tout à foU inutiles, puisqu'ils ne renferment rien d'instruUf.
Sous le rapport des camps d'iostruction qn'on établit pour le perfectionnement des troupes , je ne saurais passer sous «lence l'exemple véritablement digne d'être suivi , que nousoffrenl les camps de Saint-Omer, de Bruges et de Montreuit , connus sous la dénominalion de camp de Boulogne. La campagne de iSOK qui les Miivit de près, et surtout la bataille d'Austei^ lilz, nous démontrent d'une manière évidente lou te l'efficacité de ces rassemblements de troupesen grandes masses, lorsque l'idée da chef et l'occupation des soldats tendent vers un but «alutaire (i). Si le militaire impartial, en jetant on regard attentif, approfondit les manœuvres de tactique que Bonaparte déploya à la bataille d'Auslerlitz, il y trouvera des combineisons nouvelles et sublimes («), et tout en rendant justice au génie qui les lui a suggérées, il ne doit pas oublier que la masse des troupes, dont il pouvait disposer au camp de Boulogne (s). a'a pas moins participé aux grands résultats 4e ces manœuvres. Devenu flexiUe, procure à se plier à toutes les dispositions et facile à ma- Qier , elle lui a offert les moyens de mettre ses idées à exécution, en manœuvrant avec aisance fit précision. La campagne de 1803 a été, et avec justice, désignée comme l'ère de la nouvelle tactique.
(t) Lb leetenr i»etit contenter m i:uriMilé i ce sujet dans le Priât dei ÉvinemenU mtlttairH du comte Dumas. Campagne de ISOS. Tome ti,
(i) Par exemple, l'emploi des muses pour la fannalion des culoaacs d'allaque.
(3] La Torce de l'armte fraoçaise , partagie en trois corps, commaDdés par tes maréchaux Soult, Davoust el Ney, montait à 114,417 faomme*.
{*) < Un nouveau régiment, dit le comte de Saint- ■ Germain dans ses 3IémoiTei,iie peut être bon et so- > Ude qu'après cinq ou sii campagnes. •
(s) N'avons nous pas ru un des peuples les plus aguerrit de l'antiquité, les Romaim. Fuir devant Ira éléplianls de Pjrrbus et les cliariots de guerre d'AntiochusT lU avaient mteonnu ces moyens de défense, et *¥Xe Ignorance alntttt leur courage ; mais s'étant familiarisés avec ces nouveiux dangers, ils les l>ravérent •ana oitstade.
(e) Car le courage du soldat se soutient et même se double par la conviction du bon service de ses armes ; et nous verrons plus tard, en traitant de l'emploi de l'inhnlerie.que les feux des fantassins, et surtout leur muttlpticité , foriMOl sa phis grande force. L'armée la
Mail l'exercice le plirs efficace et qui fonne les bons soldats, est tonjonrs la guerre mfene {*) . Une mémoire enridile de trente combats rend la force morale de l'homme plus ferme. et, en le familiarisant avec les dangers, forment les vrais héros (s). Il est vrai que ces expérien ces sont achetées bien cher. Des ânts de sang, le malheur des familles et la ruine des paisibles habitants des campagnes et des villes; mais si un silloD ensanglanté ou la flamme dévorante doivent être les guides les pins sArs qui nous conduisent au vrai bot , si telle est la loi de la nature, consolons-nous du moins par cette idée , que le malheur d'une fraction presqu'insignifîante de ce tout immense qui compose la masse humaine peut assurer la sëcurilé et le bien-être du reste.
Les propriétés de chaqneanne n'élanlqu'one conséquence immédiate des vertus du Sfddal, pour que ces propriétés acquièrent ce dc^ de bonté qui puisse rendre l'arme capable de remplir son râle avec dignité, il faut nécessairement que les éléments qui la composent soient en rapport direct avec la nature qui lui est dévolue en partage. Voilà pourquoi il est indispensable que le fanUssin soit léger, adroit, excellent tireur (s), bon marcheur, habitué à porter sa charge el à suppor er les fatigues dts marches et des combats (t). Il doit être accoatumé à former les colonnes avec vitesse et prémieux organisée, ta plus disciplinée, ne tnaDqiienlt pas de se démoraliser bientôt peoduit la guerre, à le fantassin et le canonoier ne savaient pas bien tirer, «1 le cavalier bien manier son cheval et son sabre. D'an autre cOlé , tout le mal que de tmns tirailleurs peuvent faire h leurs ennemis est incnlculable. Souvenons-nom de la fameuse bataille de Guastalla, livrée en 1731 par l'armée franco-sarde , sous les ordres du roi de iianWgne, et les maiéctiBui Broglie et de Coigny contre let Impériaux , commandés par le maréchal de Koenïped- I.e roi fît incorporer dans chaque compagnie d'inbnlcrie quatre des meilleurs tirailleurs de l'armép , au»qutlt on enjoignit de viser sur les généraux et officierïfniKmis. Ces tirailleurs remplirent si bien leur rAte, qa'apin quelques heures de combat le commandenient de phsieurs divisions autrichiennes ht dévoluideslieulemntcolonets, et l'infantprie , privée de la plus grande partie de ses ehe&, fiit mise en désordre. C'est en grande partie ila perte des oRIcicrs qui commandaient lestroapts impériales , que le roi de Sardaigne a dO celte vittoire.
(t) Pendant la retraite des dii mille, Xénophon disait danser et sauter ses soldaLs armés de pied en np, pour les aguerrir aui fatigues des marches.
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ci9ioA,li<tepla7er»eccAériM, eticonserrer le serrement dM nnga, d'où provient la eos^ paci té des manea pendant les mouvements ofEaa • tàk. Mais pour entretenir rbomme dans l'habitnde de tons cea exercices, dont la nécessité est reconnue, il est indispensable, une fxHs que les troupes sont rassemblées dans les camps d'instruction, d'occuper les troupes, non-seulement avec les exercices de la guerre , mais de les envoyer aussi à une certaine distance de ces mêmes camps , ayant soin de charger le Tanlassin de tout ce qu'il doit porter sur lui en temps de guerre; de le faire marcher, bivouaquer, et même de temps à antre lui fiiir« ressentir les privations inséparables de la gaerre. Le repos des garnisons engourdit tellement le i^ysique du soldat, qu'après en avoir joui sans interruption, il perd toutes les facultés inséparables du bon fantassin, et devient lourd, roide et incapable de soutenir les marches (ij , et vivant dans l'abondance, il finit par supporter difficilement les privations.
Auguste et Adrien avaient établi une loi k laquelle on avait donné la dénomination de promenade. Plnsieur« fois par mois, les troupe» devaienl marcher à dix heures de dislance de leur camp, et revenir de même en serrant bien les raogs et les files, changeant souvent la grandeur eL la vitesse du pas, et même faisant une partie du chemin en couranL La cavalerie était aussi assajettieàcesBortesd'exercices. Alora on exécutait plusieurs manœuvres militaires, et on choisissait toujours différents terrains. Les troupes campaient la plus grande partie de Tannée, et le service des camps était tout aussi exact et rigide, que si l'on se f£kt attendu à chaque moment à être surpris par l'ennemî.
Le cavalier, en premier lieu, doit être maitre absolu de son cheval , pour que dans le combat il puisse ne lui accorder qu'une attention secondaire, qui pendant une bataille doit être dirigée vers l'ordre qui doit régner parmi la troupe et TexéculioB des volontés de son chef;
(i) Les ancieM, aa contraire, ont pouasi l'Iiabilude d« Durcber jusqu'i un degré preique eiLraord inaire. Lwsqye Ctear se porta va wcaurs du camp de Cicêroa, daiislepijrs de Uainaut, ilGt faire à ses troupes i peu ptts 50,000 pas, ou près de 17 lieues de France, ne leur ayant Aoané que trois tieures de repos. Selon Et[en,
car un mauvais cavalier est un atome tout aussi inutile pour la cavalerie, qu'un mauvais tireur l'est pour l'infanterie. Il doit aussi exceller dans le maniement du sabre. Une fois que c&c deux qualités seront bien approfondies , on apprendra à chaque individu à conduire son cheval perpendiculairement i la ligne du front de l'escadron, et à conserveraux chevaux toujours la même vitesse dans les ditCérenles allures. C'est le seul moyen de conserver l'alignement des escadrons, et de rendre bonnes les chaigeff en muraille, chairs d'ovi dépendent les succès et les grands résultats de l'action de cette arme.
Un autre point non moins essentiel de l'ëdocation de la cavalerie , est de lui apprendre à se rallier le plus vitepossible après lacbarge; car quel que aoit l'heureux résultat d'un choc, il est impossible que la troupe qui l'a opéré puisse rester aussi réunie qu'elle l'a été avant l'attaque. D'après le principe si juste énoncé par le général Thiébault (i) , t comme celui qui > reste en ordre le plus longtemps et celui qui, • aprè8lacbai^,seremetlepremierenordre, 1 est siïr de la victoire , i il esl indispensable que les chefs qui sont i la tête de la cavalerie , pendant son choc, au lieu de s'amuser à poursuivre leurs ennemis avec ces mêmes escadrons qui viennent de chargn , s'occupent aussitêt d'un prompt ralliement, pour les remettre en état d'entreprendre de nouveaux chocs.
L'artillerie n'ayant de propriété efficace que lorsqu'elle fait jouer ses batteries, et les batteries ne pouvant faire feu que tant que les pièces ne sont pas en mouvement i les manœuvres compliquées pour le canonnier ne devraient être qu'une science secondaire ; mais ses exer> cices principaux doivent tendre à bien manier sa pièce et à bien viser, pourpoovoir bien tirer. Comme l'avantage de l'artillerie ne consiste que dans les effets que les projectiles produisent dans les lignes ennemies, en mettant les hommes hors de combat, ou en démontant les pièces, un artilleur qui ne saura pas viser avec
l'armée d'AIeiandre marctia duu une ocoasion trois jours de suite, chaque jour 400 stades, qui reriennent à60,000paB, ainsi à plus de 13 lieues de FnuM par jour. £d arrivanl, et sans se reposer, elle attaqua encore l'ennemi, et remporta uim victoire complète. (■) Manuel du lermee da ét(Ut-majon.
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EXMIEN RAISONNE
ractitude, Mni Uwjotin un indiTida imitile pour celt# srme. Ce n'est pas dans le oombra de coups qu'uD caoon peut tirer dans une mi- Dut« que consiste l'efficacité de l'artillerie, mais dans l'arl de savoir atteindre son ennemi. Quelquefois deux ou trois coups sArs, sont d'une utilité iofinement plus grande que ringt autres qu'on tire au hasard (i).
Je crois que, sans Faire tort à l'artillerie, on peut réduire l'exercice de ses manœuvres (abstraction faite de tout ce qui a rapport au tir) aux instructions suivantes :
1" Qu'elle sache se mouvoir en colonne avec l»>éci5ion et vitesse ;
2* Qu'elle déploie avec beaucoup de célérité ;
3° Qu'elle sache suivre avec précision le mouvement des troupes auxquelles on l'attache, et qu'elle n'entrave pu celui des deux autres aimes;
i" Que , lorsqu'elle est amalgamée avec les autres armes, non*seulement elle avance avec précision pour ébranler les ennemis, mais qu'elle sache aussi Taire place à l'arme qui la seconde, lorsque le râle de l'artillerie est fini, et que celui d'une autre arme commence.
Les soldats, à quelque arme qu'ils appa> tiennent, doivent, en général, être braves; mais pour que cette bravoure réponde à la vertu caractéristique de chacune d'elles, ne devraient-elles pas posséder aussi un trait distinctiff Dana le partage des soldats pour les différentes armes, s'il était possible de reconnaître en eux le trait caractéristique de leur courage il serait indispensable d'incorporer l'homme doué d'un courage froid, dans l'iufuilerie et l'artillerie, l'exalté dans la cavalerie ()). Le choix des chefo immédiats devrait se l^re aussi d'après la même combinaison, et
(i) Je prend» la liberté de nanja le lecteur i la de- ■cHption que le colonel Rarïcliio de Peretadorr ( Traité tUmtntairt itartilUrU, page 18T), nous ta\l d» RMyens qa'oo emploie en Antrlche pour apprendre à Uen juger dea diftaïKM i l'ail et qu'on an>«iie oiareber aux dlcUncei, et pour habituer les irilUeure ïdM coupa
'jon. Il n'; en a en général que vingt-cinq ou trente ■ <t>î , maltrei de lenrt efaevtui , maniant bien leurs
> araea, éketristo par les dreonataDces , ajant pria
> leur parti sur tts eluncea de la guerre , et animés de
Doos verrions alors las diAtrenles amea lépoodre plus justement enoore au nUe qu'alla sont appdées à jouer dans les cadtats.
Mais l'organisation , la bonté et le coorage des différentes armes ne suffisent pas encore pour accordw à chacune d'dles le véritaUe trait de l'invincilûlilé. 11 faut pour cela une autre fwce motrice et qui n'est pas inbérrale à leur nabire, mais qui dérive du soutien réciproque de (ouïes les trois. En prenant <diacnne d'elles isolément et en action , nous noua co^ vaincrons facilement que, sur le champ de bataille, le réle que les différentes armes SMt appelées à jouet a des moments lràs~épineux; nuis le remède à cernai, nous le trouvons justement dans Iear.Boutîa) réciproque. La oo«binaistm de deux armes prodoit le premier degré d'élévation de cette force notriœ , capable de se défendre comme d'attaquer avec un avantage marquant, tandis que la liaisMi de raction des trois, forme cette puissance inésistible et souvent foudroyante d'où proviennent ces résultats étonnaols que nous oflrenl les chocs opinUtres et si souvent tépHéa de deux années rassemblées sur le même cÉtaap debauille.
C'est aussi dansceUectHubinaisondesarmei, ainsi que dans l'adaptation de leur action à la variété du terrain, que nous trouvons les vraies épines de la grande tactique. Tout terrain n'étant pas propre pour le mouvement des trois armes différentes, un des premiers soins du chef qui les engage dans un combat, doit ètn le choix de celui qui offre à chacune plus de focilité d'action; car, comme l'observe Irè»judicieusement le général Jomini, ce ne sont pas les masses présentes , mais les masses agissantes qui gagnent les batailles. Cet axiome
• l'ardeur de* ttrvTea , chargent rtancbemeot et ne s'a-
• musent pas k parer , mais ne sont occnpte qu'à fr^- ■ per; ces hommea sont ceui qui décideot les a&ites,
> Aprts eni , on trouvera k peu près dans on noadtra
• ^1 une seeoode clane d'hommes qui, Iwiqn'ib te
> pMvent sans risque, donnent de mtme quelques co^s
• de Bibre, mais qui, avant tout, cherchent i parer
• ceux qni les menacent ; enfin les autres , einbamas4a
• d'eut et de lenrs cheraui , et toujours diapwét à la
• retraite , ne songent qn'ï leur salut , sont i peine n
• état de parer quelques coups , et ne guettent qw le
> iDoment d'échapper i toni les risques que leur tai-
• ble«e leur eiagère. >
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DES TROIS ARllES.
étant irréfiagilde, gardons-noos bien de j>loaîs paralyser l'actîoD des diffiérenles armes , en les faisant agir sur un terraio qai goil contraire à leurs mourements.
Des principes et réflexionsci-deasus éDoucët, Qoiu poiiTons tirer l«8 conaéquences générales suivantes :
1° Pour que les différentes âmes remplissent leur devoir avec avantage , il faut que leur perfectionnement soit eiempt de fautes et adapté à leur vrai service. Sans lui , nne armée n'offrirait qu'un corps dont les merabres seraient paralysés, et qui, par conséquent, ne serait pas susceptible du moindre elTort qui soit d'une conséquence majeure. Une armée pareille rentrerait bientôt dans le néant, que ses moyens réels lui assignent ;
2° Pour que les résultats auxquels on doit s'attendre de l'emploi des différentes armes, répondent justement i l'idée qui en est le principe, il faut absolument que cet emploi de chacune d'elles se fasse dans la circonstance qui lui est la plus favorable, et que leur soutien réciproque fasse paraître d'un côté leurs forces intrinsèques dans tout leur jour, et soustraie de l'autre les faiblesses de toutes les trois aux coups menaçants des ennemis. Voilà pourquoi la connaissance profonde des propriétés de toutes les trois est indispensable à celui qui est destiné k an manier de grandes masses ;
3° Que le terrain sur lequel on fait combattre lesdiflërentes annes, ne paralyse pas leur force inhérente ;
4° Qoe leur distribution , sur le champ de bataille , soit en rapport direct avec l'importancedupointqu'ellessontdestinées à défendre.
C'est dans ces quatre points que l'on trouve non la source infaillible des victoires , mais du moins des moyens assez efi&caces pour se sou> tenir avec avantage sur un champ de bataille.
Faisons abstraction de l'équilibre qu'on voudrait établir entre les résultats que produit la force motrice de chaque arme et ceux qui pn>viennent da courage des Iroupes , vertu inappréciable, il est vrai, qui est sans doute une des grandes causes des victoires, mais dont les effets ne sauraient jamais se déterminer, car les forces morales ne sont assajetties à aucun calcul, et ne récapitulons qu'une partie des auses m atériellesdes victoires ou des défaites, qui apparUennent an domaine de l'organisa-
tion et de la tactique des trois aimes, et qai ne manquent pas d'avoir une inOuence majeure sur l'issue des combats, nous nous convainouns facilement, qu'une Ibis que les troupes sont rangées en bataille , les premières ont été en grande partie le fruit de la rigide observation de ces règles , et les autres la cooséquence indubitable de leur oubli.
Des conséquences aussi graves doivent donc nous servir de raisons péremptoires pour nous porter à accorder à l'éducalîon des armées une atténtioD particulière, et à rendre propre à la guerre, autant que possible , cette espèce plus ou moins matérielle d'humains dont on fait des stJdals, afin de ne pas manquer ie but de leur institution.
Hais cependant gardons-nous bien de n'envisager l'éducation du soldat que sous son seul rapport physique, n'oublions pas qu'il n'en reste pas moins homme pour cela, et que les vertus morales sont, sous celte seconde condition, son plus bel ornement. Que son éducation ait donc deux tendances distinctes, dont l'une en fasse on être religieux, honnête, soumis et fidèle à son serment et i ses devoirs, et l'autre un défenseur habile et zélé des intérêts de son souverain et du sol paternel.
La religion épurera ses moeurs , ne le portera qu'à ce qui est bon et honnête, et, en lui apprenant à aimer ses devoirs, le conduira d'une manière graduelle à connaître, k respecter, à chérir la dignité de son état et à oublier sa première existence, comme habitant d'une paisiblechaumière, dont le souvenir entrave si souvent les premiers moments de l'existence militaire, et porte le soldat i nne sorte d'apathie nuisible au développement de ses qualités intellectuelles.
La recrue, passant de l'état de paysan à celui de soldat, entre dans une sphère nouvelle qui lui impose des devoirs i remplir, et dans laquelle ceux qu'elle contracte envers son souverain et sa patrie, doivent l'emporter sur ceux de père , de fils , de frère et d'ami , et c'est justement son amour pour la religion , en réveillant en lui celui de ses devoirs , qui opérera cette conversion. Quant au souvenir de ses dieux pénates, encore présents k son esprit comme l'unique sentiment qui, jusqu'à son entrée au service, ait rempli son cœur, celle douleur que l'abandon du toit paternel réveille
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en lai , que ce soient ses dteb qui U rendent uwins puissante, et que le soldat retrouve en eus ce père du sein duquel on vient de l'arraàitr, et dans ses camarades ces frères et ces amis qu'il vient de quitter.
Hais en terminant mes réflexions sur Véàacatiou des soldats, je ne puis m'empécber d'ajouter que toutes ces qualités morales et phy-
siques, dont je viens de parier, ne dmvent être que des rayons dont nous devons diercher le foyer dans l'esprit et les vertus de l'officier, Il doit être la lumière qui éclaire, le guide (jm conduit, l'exemple qui enflamme, et lewldil n'être sous quelques conditions qu'une copie fidèle d'un modUe digue d'être imité sou tou les rapports.
DES TROIS AII1IE8