‹ Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des Mémoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 61 sur 95 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

SECnON PREMIÈRE.

D ■APPOHT BltniB LBS li

■ ABMRI DIFriBKHTKS.

Après avoir posé les principes des propriétés, des positions et de l'actioa iadividuelle des trois armes , il nous reste à examiner la déri- Talion de leurs rapports entre elles, eL à considérer leurs combinaisons , le soutien qu'elles doivent se porter réciproquement, et les résultats qui doivent en provenir.

Attraction faite d'un équilibre prépondérant de forces physiques et d'où la victoire peut dériver si facilement, le succès d'une bataille qui délie ordinairement le nœud que les moDvemenls stratégiques enlacent, provient en grande partie du bon emploi , et surtout du soutien réciproque que lestrois armes s'accordent.

Dans tous les engagements qu'on est dans le cas de faire soutenir aux différentes armes, lorsqu'on vent parvenir i ua résultat avantagenx, le principal est toujours de s'identifier avec le caractère et les moyens de l'arme qd'on emploie, et de celle qu'on se propose de combattre. Cest dans leurs propriétés qu'on doit diercber les vrais moyens de se défendre et de vaincre. L'ignorance de l'emploi des armes ne peut produire que des résultats fatals qui, commençant par une perte d'hommes, finissent par la défaite de la troupe qui combat.

Que, sans avoir préparé son action, oi joigne à la cavalerie d'attaquer de rinfaiilprk qui se soit apprêtée à recevoir le riioc, m qu'on abandonne l'artillerie à son unique défense, en lui ravissant le secours desulre âmes, il n'y a pas de doute qu'on mèaenit l'une à un échec certain , et l'aulre à une poK indubitable. Que l'infanterie , à son tour, «il abandonnée par l'artillerie, elle sera en btuir à de grandes pertes, mais elle est enco seule qui puisse se soutenir avec un cerUir équilibre contre la coalisation des trois « ensemble.

Nous pouvonsen conclure que, pourse^w tenir avec un avantage marquant, contre in ennemi qui dispose des trots armes, il la pouvoir lui opposer la même combiniisoD •!< troupes, en adaptant au terrain et i Iln^ constance, l'amalgame le. plus elGcace et c«lii: qui nous conduit au résultat le plus aiinl'geux et le plus réel. Ce n'est, en génénl, qu'en développant les rapports qui eiistesl entre les différentes armes, qu'on peut insi désigner les vrais moyens de leur action , ùci que les circonstances dans lesquelles ou peoi les engager avec avantage et en retirer ic' résultats efficaces.

Chaque bataille peut être envisagée cooiiitF un syllogisme de tactique, qui possède trois moments très-distincts: celui de Yenfpfemeai,

DES nUMS ARMES.

<la aœiid «t de U ddcision. Le général qui coamuuade en chef profile du premier, pour placer ses troupes, diserrer Upositioo de l'eanemi et former son premier plan d'attaque; voilà pourquoi l'engagement d'une bataille ne nous offre presque jamais, Don-seulement de choc décisif sur aucun point de la position, mais pas même de mouvement bien prononcé, qui pût en quelque sorte dévoiler les projets d'uQ des partis. Au contraire, un certain titonneroenl se fait remarquer pendant un certain temps; mais cette époque n'est jamais la moins intéressante de la journée. Elle influe plus qu'on ne le croit sur le nœud du combat , puisque c'est celle dont on profile pour observer la position topographique de l'emplacement des troupes de son ennemi, et former son propre plan d'attaque.

Le nœud embrasse la sphère des mouvements des différentes armes et des contre-mouvements deTennemi, des attaques partielles, des suGciset desétdiecs. (^ fatigue son adversaire, OD cherche à partager son-attention , on agit de manière à le forcer de découvrir quelque cété faible, ou bien on dirige contre un des points de son ordre de balaille.nne force plus grande que celle dont il peut y disposer pour le dé> fendre, et on prépare ainsi le dénoûment.

Le dénoûment est l'engagement de toutes les forces présentes , el le résultat des mouv^ ments et des engagements de la journée. Il est, et il doit être en rapport direct avec l'aspect sous lequel on a envisagé le terrain , les propriétésdes troisarmeseiremploiqu'onenalait.

Après avoir achevé el mis au jour le développement des propriétés de l'infanterie, de la cavalerie et dei'artillerie , basé l'action de chacune d'elles sur les vertus et lecaractère inhérents à leur nature , et exposé enfin les vices et les avantages de chacune d'elles individuellement, ainsi que la manière de les employer pour pouvoir mieux les caractériser, faisoas.en un tableau succinct, et procédons ensuite aux rapports intimes qui existent entre elles.

L'infanterie est une arme indépendante et possède une force positive permanente. Ses propriétés sont offensives- et défensives , déduites de ses moyens d'attaque et de défense ; elle est la seule qui puisse risquer de s'engi^r sans nécessiter le secours d'une autre arme, et

son action indépeadanta peut être préparatoire et définitive.

La cavalerie est une arme auxiliaire et ne possède qu'une force positive temporaire. Ses propriété sont purement offensives, et son action ne possède qu'une indépendance momentanée; maislesrésultats de son action sont définitifs.

L'arlillerie-est une arme secondaire -et possède une force positive permanente. Ses propriétés sont défensives, mais desiructives, et son action , dépendante des deux autres armes , sans lesquelles elle n'ose jamais s'engager , est purement préparatoire.

En considérant maintenant l'action de chaque arme , sous le rapport de son élat d'individualité , nous pouvons déduire de ce tableau. sous le rapport qui existe entre les armes , les conclusions générales suivantes :

Abstraction faites des pertes auxquelles l'infanterie peut être en butleen s'engageant sans être soutenue , c'est cependant U seule arme qui, dépourvue de secours, peut se soutenir avec avantage. Il lui est impossible de se soustraire aux pertes que l'artillerie peut lui fiira éprouver, car la force de résistance des éléments qui composent l'infanterie n'est point du tout en proportion avec la forcode percussion des projectiles de l'artillerie; mais les formations de la première sont assez efficaces pour lui faire soutenir avec avantage les attaques de U même arme et de la cavalerie. Elle peut non-seulement repousser leurs mouvements offensifs, mais les poursuivre même, pendant un certain temps, avec un feu bien dirigé, dont les elFels, il est vrai, se perdent bientêt par r^oignement, contre la cavalerie, mais dont les résultats ne cessent d'être avantageux contre une infanterie rétrogradante.

Si on pouvait accorder à l'iafanteriè, «bandonnée à son unique force impulsive, la faculté de se maintenir avec avantage contre l'artillerie, on parviendrait facilement à imprimer à celte arme le sceau de la perfection. Haïs l'impossibilité d'accorder i des projectiles lancés par des armes que manie le fantassin, une force de tiret de percussion, àpeuprèséquivaloite à celle des projectiles lancés par des canons, a établi entre l'infanterie et l'artillerie, quant à l'effet des armes dont l'une et l'autre se servent, un équilibre trop défavorable pour la

EXAMEN RAISCHfNË

première, pour qu'Ole paiiae se maintflDir arec une sorte d'avantage. Il ne resle donc qu'im seul laoyea pour rétablir c&t équilibre, c'est d'acoorder k l'infaDterie un secours assex puissant pour pouvoir paralyser les effets meurtriers de l'artillerie ,' et ce secours, nous le (rouvoos dans l'artillerie même.-

La combinaison de l'infanterie avec l'artillerie, en soustrayant la première aux effets meurtriers delà secoodeetcorrigeantle vice capital qui rendait son action împarbite, prodni t, entre les deux armes» un rapport intime qu'on ■te doit jamais rompre, si on ne veut pas mettre l'in&inlerie en butte à des désavantages marquants. En suivant ces deux armes dans leur action offensive et défensive, on se convaincra d'autant plus de l'ialimilé du ra[q>ort entre les d«ux, qu'on verra que la combinaison de leur action leur sntEl pour pouvoir attaquer ainsi que se défendre avec avantage.

La combinaison existant une fois dans les monents d'engagements qui conimenc«nt par le feu de l'artillerie, la partie qui se défeiid riposte par un feu aussi bien nourri que celui qu'die reçoit. Les tirailleurs ennemis cberchent-ilg à se glisser, à la faveur des sinuosités du terrain, pour s'approcher des batteries, et par des coups bien dirigés leur enlever leurs servants, l'infanterie défensive leur oppose la mène troupe, et, en les forçant à fixer leor attention sur les adversaires qu'on vient de lancer contre eux, contribue ainsi à la détense etàrétatdesécttrité de son artillerie.

L'ennemi se propose-t-il de nous enlever notre artillerie par le choc vigoureux de la cavalerie, on épie son mouvement offensif, et lorsque le moment dangereux approche, les batteries sont mises en un lieu de sûreté, et l'impétuosité de cette cavalerie vient se briser contre les colonnes de l'infanterie, qui, comme nous l'avons déjà vu, possèdent les vertus défensives les plus puissantes.

Se propose-t-on de prononcer un mouvement offensif dont un choc doit être la suite, les colonnes offensives, les tirailleurs et l'artillerie possédront assez d'éléments destrut^fe et de propriétés préparatoires pour rendre l'action décisive. Recourons à nn exemple pour rendre l'ass^tion plus évidente.

A la bataille de Wagram, au moment où les Français avaient eng^ un feu très-vif du

cdté de liarkl-<;rafeQ-Neusiedel . NapoUoD itri^ une autre attaque contre les troiip« de Hobensollem, postées devant le village d«Bii>mendorf. Cette atUquefutconibi»éeaveccelk que Davoust faisait contre Harkt-Graleit-Nniaiedel, pour prendre i revers les troupesdi corps du prince de Rosenbei^.qui avaient fon» un angle. La liaison de ces mouvements offosifs obligea les Impériaux de faire rétro^nds de plus en pins leur flanc gaiicbe , et d'abandonner même le village de Harkt-Crafen-^ siedel. Tandisque les Français soatensienltdir monvement de conversion par un combat d; front contre les troupes placées au-dessonsdi Harkt-GrafeB-Heusiedel , Napoléon prépinii une attaque définitive contre le flanc même dr ses ennemis.

La masse offensive était c(»upoeéc de siiolonnes d'iafuiterie, di^>osées en écbiqiiicr. ayant de l'artillerie devant et dans les intervalles, ainsi que des nuées de tùailleurs. U cavjderie autrichienne, apercevant ceUeouijC offensive, tombe dessus à bride abattue; nui: le choc ne réussit pas; la cavalerie impéfiik rétrograde, et les Français poursuivait Ira mouvement offensif. Le premier assaut est cependant repoossé; mais loin de se laisser décourager, ilsrevienDenlàlacfaai^, Undisqie l'infanterie de la seconde ligne, en faisant uc àrdroite en bataille, se prolonge et se d^diw sur la droite de la masse attaquante qui naoavelle son assaut, dont le succès fut aussi peu favorable que le premier. Le troisi^ue fat pie opiniâtre et plus décisif: les Impériaux sui enfoncés; les troupes françaises, qui avainit débouché de Clinzendorf , soutiennent ce sacces, et, conjointement avec les troupes il> maréchal Davoust , adièvent la décision de b victoire.

Cetexemple, tiré d'une des plusbmeosert des plus meurtrières batailles des temps n»deroes, sera suffisant pournousconvaincreqBr l'infanterie, soutenue par de l'artillerie, fwn' une combinaison d'action qui suffit pour mas accorder toujours les résultats les plus anntageux, et pour pouvoir aussi décider Je la victoire.

Le rapport qui esisle entre ces deoi uwrf est donc intime, etia liaison de leur acticw doit être inséparable; car, abandonnées chxou à leur propre force impulsive, rartillOTeenneiiiie

DES TROB ARMES

Bonnet l'iabnterie i des pertes très-grandes, tandis qo'elle court eUe-mâsK à une perte in- CiiUible.

La cavalerie qu'on e^^ sans la soutenir par d'autres armes, D*a de probabilités positives de succès que contre la même arme; car, dooée de la même f<Hce, des mêmes ^opriélés, des mêmes prérogatives, et livrant par conséquent le combat à bcnltà égales, elle possède les mêmes chances pour te succès. Si ou l'engage coulie une inbnterie qui s'est apprêtée à recevoir sop dioc, ses efforts offensib se brisent contre les propriélés défensives de l'autre, comme les exemples que nous offirent les batailles de Harengo el de Leipzig. Si on dirige ses mouvements offensirs contre l'artillerie, cette arme ne pouvant se défendre ellemême, étanl, quel que soit le cas où elle se Iniuve, défendue par l'une des deux armes, la cavalerie sera donc obligée de combattre contie une fwce oombinée , el aura encore moins de «lances de succès.

J'en condusque, dans ces deni derniers cas, pour wotlraire cette arme aux désavantages queje viens d'énoncer, il (aut ou une action préliminaire qui prépare le succès du choc, ou une action simultanée qui le fasse réussir. La première présuppose une combinaison de mouvements , et la seconde nue complication d'^brts.

L'action préparatoire étant ou engagement qui doii devancer celui de la cavalerie , elle exempte cdie-ci de toute coopération , et fait retanû>er tout le poids de la tâcbe sur l'infanterie et l'artillerie, dont Vaclion combinée, comme nous venons de le voir, produit le degré de force impulsive suBisante pour acquérir des avantages marqués dans t'attaque comme dans la défense. C'est à l'action combinée de ces deux armes ou à leur engagement successif, selon que l'ennemi, le terrain et la circonstance le permettront on l'exigeront, qu'on doit donc imposer la llcbe de préparer les moments opportuns et les chances avantageusesde l'action de la cavalerie.

Cependant, en basant l'action de la cavalerie sur un autre préliminaire, qui à son tour est le produit d'une combinaison de mouvements, ce n'est pas toujours un succès isolé , et par GOQséquent de peu de conséquence pourVissue d'une bataille, qui peut être le principe de ces

mouvements ; un soccès pareil peut avoir aussi pour but la possession de la clé de la position, on d'un point important du champ de bataille, et qu'on ne cède qu'après l'avoir défendu à outrance; alors, ce n'est pas une seule attaque qui peut nous livrer un point pareil; car ordinairement la défense est tout aussi opiniêtre que t'attaque est vive. La même combinaison de force impulsive étant opposée l'nne à l'autre, et souvent les avantages que la prépondérance des forces physiques accorde à un parti, étant contrebalancés par les avantages des localités dont jouirait l'antre, produit justement ces combats à outrance dont la Gn ne peut être amenée que par une combinaison de moavements offensifs et défensifs. Des colonnes qu'on entame sontbientêt reformées par le serrement des rangs, opératiou qui n'exige que peu de temps pour l'achever ; l'ennemi croit-il pouvoir vaincre en faisant agir une force prépondérante, la réserve est toute prête pour lui en opposer d'équivalentes; en un mot, des engagements ^inidlres, le profil qu'on tire des localités, tes ruses qu'on emploie, les manœuvres dont on fait usage , et qui nous entraînent dans des mouvements souvent très-compliqués, doivent servir d'action préparatoire il celle d'une cavalerie qui se prépare k compléter la victoire.

Le casque jeviens de discuter supposait une masse de troupes à laquelle tes engagements antérieurs des autres armes auraient déjà ravi sa force primitive , el contre laquelle on engagerait une masse de cavalerie qui achèverait .sa dissolution. Il peut cependant arriver que les éléments dont secompose la masse qu'on se propose de vaincre, soutenue spontanément par une réserve, acquière de nouveau assez de puissance encore pour se soutenir contre nne cavalerie qui s'abondonne à l'impulsion de son choc. Pour prévenir cette dissolutiou qui peut suivre de près l'attaque, on doit amalgamer ta cavalerie avec une autre arme, et produire, par cette combinaison, le degré de force impulsive capable de subjuguer l'ol^tacle survenu.

Il faut commencer par examiner le cas, et voirai la combinaison devient nécessaire, el ne procéder à l'exécution que si noua la trouvons indispensable ; mais alors aussi, lorsqu'on estdans le cas de devoir combiner l'aclioud'une arme avec celte de ta cavalerie, il laut com~

meticer par s'assurer si la vitesse du mouvement de l'une est équivalent à la vélocité de l'aulre. Si, au contraire, on voulait combiner l'action de la cavalerie avec celle d'une autre arme, dont le mouvement serait moins prompt , il en résulterait un amalgame vicieux. En commençant un mouvement oBeosif, la cavalerie, en s'abandonnant à son mouvement de vélocité, qui constitue la force de son choc, ne pouvant être suivie par l'arme qui la seconde, tomberait dans le désavantage donlQous venons de parler, ou bien, si elle ralentit son mouvement pour procurer à l'arme qui la secourt la possibilité de la suivre, elle paralyse l'elficacilé du choc et perd le moment opportun.

L'infanterie et l'artillerie à pied possédant un mouvement beaucoup plus ralenti que celui de la cavalerie, ne peuvent, sans faire de tort réel à l'opération offensive de cette arme , la seconder dans de pareilles occasions, et c'est l'artillerie à cheval qu'on combinera avec U cavalerie. Pouvant suivre cette arme avec les mêmes allures et la même vitesse ; possédant, comme nous avons déjà eu l'occasion de nous en convaincre, plusieurs autres avantages caraclérisques, comme la promptitude avec laquelle elle peut se soustraire aux attaques de ses ennemis pour donner une libre action aux armesqailasecondent,aiQsiqu'une plus grande justesse de tir que l'artillerie à pied, l'artillerie à cheval est justement l'arme U plus convenable pour renforcer la cavalerie et ne pas l'abandonner dans ses charges.

Hais les précautions les plus salutaires , qui ne paraissent nous offrir que des chances favorables, ne sont pas toujours exemptes d'înci- ' dents imprévus qui peuvent tourner au désavantage de lacavalerie.Pourprévenirdu moins des défaites totales et des dissolutions qui en sont souvent la suite , elle a besoin d'une égide protectrice pour sa reformation, et sans laquelle sa force impulsive se trouve tout à fait paralysée. Cette réorganisation ne pouvant mieux se faire que sous la protection d'une arme qui possède de grandes propriétés défen-

(t) Je propose de reformer une cavalerie désorganisée sousla protection de l'iafaaterie, sans admettre la même arme dans ce iQle; car, dans des discussions scisntifiques, il faut louiours indiquer ptutAt le remède le plus salutaire, abandonnant déjà au chef le soin de se senir , dans un moment pareil , de celui que la circon-

sives, il srnit difficile de faire un meilleur chois que d'imposer à l'inbnlerie la ticbe de recevoir une cavalerie battue , et lui accorder le temps nécessaire pour sa rebrmation (i).

L'artillerie possédant aussi la propriété d'iN rèter les mouvements offensife d'une troupe ennemie, peut aussi protéger la reformation d'une masse de cavalerie battue; mais CMUtne les batteries ne doivent jamais être mises en action sans être soutenues par une antrearmc, qiii soit toujours prête àla soustraire au danger de lomber entre les mains des ennemis, sous le rapport de la protection qu'on doit accorder à une cavalerie rétrogradante et qui doit se réorganiser, l'artillerie ne joue qu'un rôle secondaire, tandis que le primitif est réserréà l'infanterie , qui forme ordinairement les lignes de bataille et protège aussi l'artillerie. Les exemples que j'ai déjà citésde lareformalion de la cavalerie sous la protection de l'infanterie, et que j'avais tirés des batailles d'AnsterliU, de Jéna, et du combat de Fuent^ de Honor, prouvent en faveur de l'efficacité du principe, premièrement par la facilité de son exécutioa, et secondement par les avantages des résnllals.

Toutes ces considérations nous porleol i conclure que la cavalerie , dont les succès doivent être fondés, excepté contre la mêine arme, ou sur une action préparatoire, ou stir une action combinée, et dont la reformation doit se faire plutAt sous ta protection d'une autre arme, se trouve, quant au premier et troisième cas, en rapport direct avecrinranterie (s) , et, dans le second , avec l'artillerie î cheval.

Le rapport de l'artillerie avec les deux auire» armes est beaucoup plus intime encore que ne l'estcelui de l'infanterie et de la cavalerie entre elles. Quoique ces deux dernières ne puissent pas toujours, et dans tous les cas, soutenira elles seules des engagements avec prépondérance, et un avantage marquant, elles pea*ent cependant se baltre sans que les chances de succès soient toutes à leur détriment; tandu que l'artillerie ne peut , sous aucun rapport et

stancetuioirrira.il ne faut donc pas en conclure qu je Tcuille an£anl<r la possibilité de pouvoir réorganiser aussi la cavalerie sous la proleclioa de la même

(i) L'infanlerie, comme nous l'tToni vu, possèdes»

daàs aucun cas , être engagée bi elle n'est soulenne par l'aoe des deux autres armes. Ce n'est pas que l'artillerie ne puisse faire effet si elle D'est pas secondée : mais ses effets ne sont jamais de longue durée; car si elle n'est protégée par l'infanterie ou la cavalerie, ne pouvant se défendre elle-même, elle finit par tomber au pouvoir de l'ennemi.

J'ai désigné l'artillerie par arme secondaire, car ne pouvant pas se maintenir dans son râle sans le secours d'une des deux armes , qui lui prête les moyens de soutenir son action , nous devons l'envisager dans tous les momeuls de ses engagements, comme une action précaire ' et dépendante de celle des deux autres armes.

Hais une fois que le maintien de sa position et la sécurité de son action sont assurés par le, secours que lui prête l'infanterie ou la cavalerie, aucune des deux autres armes ne peat comparer l'efficacité de ses effets avec ceux de l'artillerie. Les distances dans lesquelles ils peuvent déjà devenir meurtriers, la vigueur que son secours accorde i l'action de l'infanterie et de la cavalerie , la force impulsive qui en provient et les résultats étonnants qui en sont la suite, accordent à ses propriétés un rang très-estimable parmi les armes.

L'artillerie ne possédant pas du tout de moments d'indépendance, doit rester pour ainsi dire sons la tutelle de l'infanterie ou de la cavalerie, et doit se soutenir réciproquement avec ces deux dernières armes dans leurs différents engagements. Mais la combinaison de son action étant suffisante pour accorder à l'infanterie une force impulsive assez grande pour soutenir tous les genres de combats avec avantage, et à la cavalerie, une vertu destructive capable d'amener un brillant déno&ment, nous pouvons considérer l'artillerie comme une arme indispensable, et sans laquelle les engagements des deux autres armes seraient épineux et soumis à de très-grandes pertes , et les résultats douteux et souvent de peu de conséquence.

En résumant maintenant tous les principes (^éraux que nous venons d'exposer pour le rapport qui existe entre les trois armes , fondé sur leurs propriétés et leur action, nous pouvons poser la série de maximes suivantes :

i" Les effets de l'action de l'infanterie, en général, doivent être basés sur l'action

préparatoire des tirailleurs et de l'artillerie; i' L'action offensive Je l'infanterie doit être basée sur la combinaison de celle arme avec l'artillerie ;

3° Les engagemenb que l'infanterie aura décidés, se compléteront par la cavalerie;

4° Les retraites de l'infanterie doivent s'<v pérer sous la protection de l'artillerie et de U cavalerie. La première doit chercher à prendre une position oblique 1 la marche de l'ennemi pour le prendre de flanc, et la seconde doit chercher à achever ce que l'artillerie aura commencé ;

5° Le déploiement de l'infanterie doit se faire sous la protection de l'action combinée de la cavalerie et de l'artillerie ;

6° L'action de la cavalerie et la décision de ses mouvements offensifs doivent être basées sur l'action préparatoire de l'infanterie et de l'artillerie, ou sur l'action combinée de la cavalerie elle-même avec l'artillerie à cheval; 7° Les retraites de la cavalerie doivent se faire sous la protection de l'infanterie ;

8° Le déploiement de la cavalerie doit s'opérer sous la protection de l'action combinée de la cavalerie légère et de l'artillerie à cheval; 9° L'artillerie ne doit agir que sous la protection immédiate de l'infanterie ou de la cavalerie ;

10° L'action de l'artillerie combinée avec celle des deux autres armes , accordant justement à l'une comme à l'autre, le degré suffisant d'impulsion pour vaincre et se défendre , quel que soit le genre de combat qu'on soutienne, il vaut mieux, toutes les fois que les circonstances et le terrain le permettent, ne jamais séparer l'artillerie de rinfonlerie et de la cavalerie.

D'aprèscette série de principes, nous voyons, en dernier résultat , que l'action des différentes armes, considérée sous le rapport des engagements offensifs et défensifs, produit un lien de rapports entre les trois armes , dont les chaînons sont si intimement entrelacés, que toutes les fois qu'une des trois armes en secondera une autre dans son action offensive et lui imprimera la force impulsive suffisante pour vaincre son ennemi, si l'on veut prévenir aussi tous les effets dangereux d'an échec , et par conséquent remédier aux désavantages de la défensive , il est presque indispensaUe d'y en-

dbyGoOglc

Iremèler U coopération de la troisième arme, en combinanl les différents moments de l'action simultanée de loutes les trois, d'après les circonstances et l'arme contre laquelle on se propose de comballre.

Ce n'est pas qne l'infanterie ou la cavalerie ne puissent combaltre sans élre secourues par «ne autre arme, elles peuventméœe remporter de temps en temps quelques succès. Rien de plus facile que d'engager un combat; mais en l'entamant, il faut tâcher de vaincre, et en remportant la victoire , il faut l'acheter au prix du moindre sang possible ; car il faut que les succès soient en équilibre avec les pertes, et la combinaison des armes, d'après les principes énoDcés , devient donc indispensable.

; SECTION II

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