‹ Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des Mémoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 62 sur 95 · DE LA COKBIHAISOR DES TROIS ARMES · texte numérisé non relu

DE LA COKBIHAISOR DES TROIS ARMES

Pour constituer une force positive qui puisse produire une action décisive, nous devons adopter pour principe invariable la combinaison des armes. La force de l'artillerie se faisant sentir & de grandes dislances , cette arme forme la première gradation des pertes qu'on fait essuiera son ennemi. L'infanterie, comme arme offensive et défensive , pouvant soutenir des engagements dans le lointain et la jH^iimité, rassemble en soi tous les moyens d'entamer son adversaire, tandis que ta cavalerie, jointe aux deux premières armes , forme le maximtun de la force qui délruil.

L'appréciation de la force et de la position de l'ennemi , ainsi que la reconnaissance du terrain qui nous mène à lui, doivent nécessairement précéder chaque engagemenl. C'est d'après ces données qu'on doit décider de la combinaison et de la formation des armes qu'on engage.

Au moment de l'engagement d'une bataille, les |H«mières lignes de bataille des deux armées étant toujours dans un éloignement qui surpasse la portée du fusU, il ne reste , pour les deux partis combattants, que deux moyens de s'atteindre. 11 faut, ou employer l'artillerie ou avancer pour rendre les fenx de l'infanterie efficaces. Le moment de l'eDgagemeut n'étant pal le |dns propice pour faire de grands mouvements offensifs, dans de pareilles occasions, on hH plutàt avancer de l'arlillerie, qui rem-

plit alors deux rAles i la fois , celui de battre l'ennemi en brèche et de défendre les approches des lignes de bataille.

La Ugoe des feux de l'artillerie se troaie ordinairement inlerrompue par les distança qu'on fixe entre les batteries : pour rendre cette ligne de feu contiguë, on remplit ces espaces par des tirailleurs, qui s'avancent sous la protection des différentes sinuosités du le^ rain , et rendent par leurs fenx ceux de laprtmtère ligne , coatigus.

Cette ligne des feux de l'artillerie, combioés avec ceux de l'infanterie, forme justement ce rideau , sous la protection duquel les amm opèrent leurs mouvements et préparent leurs otjuiœuvres. C'est aussi la rupture de cette ligne de feux qui est le but des premières aUiques des adversaires et qui constitue le prtnier

Cette rupture ne peut s'opérer qne de deui manières :

* !■ En paralysant ras feux par d'anlres plu meurtriers et plus puissants ;

2° Ëa proDOD^nt sur un des points un mouvement offensif qui oblige les irâtteries et les tirailleurs à se replier.

Mais tandis qu'un des partis cherche i rompre la ligne de feu de son adversaire , celui-ci tâche d'obvier k des inconvénients pareils, en assignant à son artillerie les positions les pins avantageuses, et aux troupes qui la protègenl un emplacement d'où elles puissent défendre efficacement les batteries mises sous leur protection.

Pour parvenir ii son but et vaincre facilement tontes ces difficultés , la combinaison des armes, dont le soutien réciproque rend leur action plus elBcace et plus sûre, devient indispensable, et celte combinaison se {M^senlesous quatre aspects différents ;

l" L'infanterie avec l'artillerie ;

i" La cavalerie avec l'artillerie;

3° L'infanterie avec la cavalerie;

i» L'infanterie avec la cavalerieetl'artillerie-

Et l'emploi de ces différentes combinaisons doit se conformer aux modulations du terrais et à l'opporlonité des circonstances.

Combinaùon de l'infanterie avec VmrtilleTÎe-

Par rapport aux batailles, l'actioD de fin-

dbyGoOt^lc

fonterie combinée svec celle de rartillerie peut se dÎTiser en Irois catégories, qui sont :

l'Les engagements des lignes de balaillequi comprenneot en eux la défense des différeDts accidents delà position que ces Lignes occupent;

3** Les mouvemenls offensifs que rinfanterie prononce dans le dessein de s'emparer d'un poste ou pour former une brèche ;

3° Les combats qu'elle livre en protégeant en général la retraite des troupes. '

Dans les engagements de rinfanterie combinés avec l'artillerie, cette dernière commence toujours le combat, car ses projectiles franchissant de grands espaces , elle peut entamer son ennemi même dans un éloignement assez majeur. Les tirailleurs qui s'avancent à une certaine distance en avant de ia masse primitive, forment la seconde gradation de l'eng»' gement , et l'infanterie , dont les colonnes sont préparées pour recevoir ou pour opérer le choc, nous donne !a dernière et dëfinitire.

Ces trois différentes gradations successives de l'action de ces deux armes combinées , doivent i peu près servir de principe normal à Ions les engagements de Finfanterie avec l'artillerie , et renferment justement en elles les deux époques différentes qui doivent caractériser chaque action , et qui sont : la préparaloire, ou celle qui protège le mouvement et facilite le choc, et la définitive qui le décide. L'artillerie et les tirailleurs protégeront et prépai'eront le choc, tandis que les misses de l'iafantcrie le décideront.

Hais ce principe, tout général qu'il soit, possède cependant ses inversions, par rapport aux formations diverses auxquelles on assujettit la masse agissante, et par rapport aux modulations dont on se sert pour la mettre en action.

L'action de la troupe offensive, qui a souvent la possession de diBfêrents objets pour but , repose aussi à son tour sur des règles g^ nérales, qui doivent servir de principes qu'il faut appliquer à tous les cas, et qui sont: le choix d'un terrain favorable et une formation qui facilite l'action de chacune des armes. Cette dernière observation surtout repose sur un principe si vrai, et elle est d'une conséquence tellement majeure, que tonte formation qui ne serait pas basée sur cette règle , serait vicieuse. Si la disposition des tirailleurs mas-

que les feux de l'artillerie , ou si tes batteries empêchent les masses d'infanterie d'entrer en action, il n'en résultera jamais autre chose qu'une défaite.

Pour ce qui regarde le choix de l'artillerie qu'on emploiera pour seconder l'infanlerie, on pourra le baser aussi sur un principe noi^ mal, qui se rapporte tout à fait à la topographie du point où l'on combat. ^ le terrain offre qu^ques difficultés , il vaudra mieux employer de l'artillerie à cheval , qui , par sa légèreté et la facilité avec laquelle on peut la faire mouvoir , possède plus de moyens de surmonter ces petits obstacles. Si le terrain, au contraire, est uni, et n'offre aucune difficulté) on pourra se servir de l'artillerie à pied et avec les mêmes avantages.

Un mouvement offensif peut se prononcer de deux manières différentes :

1° En faisant mouvoir toutes les troupesqui forment la première ligne de bataille, et eu assujettissant, successivement le mouvement de la seconde et de la réserve à celui de la première ;

2* En ne faisant avancer qu'une partie des troupes vers un point dont on veut {vendre possession.

Le premier mouvement se partage en mouvement en ligne parallèle et en échelons.

Quoique le principe du premier mouvement paraisse le plus simple, puisqu'on fait avancer les troupes simplement en avant, le terrain, les circonstances et l'ennemi en rendentcependant l'exécution presque impossible. Les sinutH sites et des coupures souvent difficiles à franchir, paralysent toujours le mouvement d'une ligne étendue , et on aura rarement un avantage asseï marqué sur tousies points du champ de bataille , pour pouvoir prononcer partout un mouvement offensif.

Ayant égard aux chances avantageuses et défavorables auxquelles on est en butte sur les différents points, si les circonstances ameoûent une fois la possibilité de faire participer toute la masse des troupes au mouvement offensif, on se servira plutAt de celui en échelons, car son exécution est la moins difficile. Ce qui la facilite encore plus , c'est que ce mouvement peut se réglier sur trois points différents, qui sont l'un des deux flancs ou le centre, qu'on peut disposer à volonté les distances entre les

dbyGoOt^lc

échelons aiitst que leur force (i) , qu'on peut placer les réserves de manière à avoir toujours une masse puissante qu'on peut mettre en action et même moduler le mouvement, ainsi que la composition des ilifférentes parties, en se coDformant aux difficultés du terrain qu'elles devront parcourir.

D'après le principe normal, l'artillerie et les tirailleurs protégeront le mouvement offensir.

' Les pièces de la partie avancée formeront jnstemenl les batteries primitives, tandis que les adjacentes chercheront à concentrer leurs feux avec les premières. L'artillerie de réserve, placée derrière les échelons du Qanc avancé, épiera le moment favorable pour entrer en lice, et si l'ennemî prononce son mouvement rétrograde, elle seportera, par un mouvement de conversion , contre [es adversaires , tâchera de se placer de manière à pouvoir faire usage des feux obliques ou d'enfilades, tandis que les troupes qui la secondent, chercheront à profiler de chaque flottement qui se manifestera dans les rangs de l'ennemî.

L'artillerie , sous la protection de laquelle marcheront les échelons, n'étant pas assujettie à un mouvement bien plus accéléré que t'infanterie qui les forme, on y emploiera les batteries de gros calibre et de l'artillerie à pied. Celle, au contraire, qui devra opérer le mouvement de conversion , étant obligée del'exécuter avec promptitude, devra être de l'artillerie à cheval.

Quoique l'exécution du mouvement en échelons soit plus facile que celui d'une ligne qui se meut parallèlement, on n'est aussi que fort rarement dans le cas de faire usage de ces sortes de mancpuvres. Sur toute l'étendue de la ligne, les engagements sontordinairement d'une nature trop différente, et lorsqu'on se trouve dans l'offensive sur un flanc, on se trouve re-

' jeté sur la défensive sur l'autre et, par conséqoent, pour ne pas rompre d'une manière vicieuse la eontiguTlé de la ligne de bataille , on est obligé de s'astreindre à des combats soutenus par des partis, jusqu'au moment ou la défaite d'un des combattants étant décidée, il se trouTe obligé débattre en retraite. La poursuite

(i) En prenant , par eiemple, SO i 60 pas de distance «nlre tes éehrions , et en formaDl chaque échcloD d'une Itrigade.

se prononce alors sur tous les points, dans laquelle, comme nous l'avons déjà vu, c'est à ta cavalerie et nonà l'infanterie qu'appartiennent les plus nombreux lauriers.

Lorsqu'un parti d'infanterie est chargé de s'emparer d'un poste on de former une brèche, et qp'on lai assigne de l'artillerie pour le seconder dans son opération , la formation en une seule masse offensive est toujours la plus avantageuse; car, de cette manière, on dirige vnsie point décisif toute la masse des troupes qu'un veut employer. Le nombre des troupes qu'on assigne pour l'exécution doit être proportionné à la force du poste dont il faut s'emparer, ou à celle des troupes qu'on doit combattre, et la formation de la ma^se offensive , assujettie an nombre d'infanterie et d'artillerie qu'on emploie. Si l'on n'engage qu'une force minime, i laquelle on n'ose pas mène accorder beanconp d'artillerie , pour ne pas perdre l'efficacité des feux collectifs , il vaut mieux ne pas diviser lei pièces, en les laissant toujours en masse, et disposer l'infanterie de manière à pouvoir opéitr le choc sans que son mouvement puisse être gêné par l'artillerie, ou à pouvoir la défeailn en cas de nécessité. Si , au contraire , l'artillerie est en assez grand nombre, on pourra la partager en parties, tandis que les intervall» qui les sépareront seront remplis par les tirailleurs et serviront aussi de débouchés pour les bataillons assaillants.

Si le choc de la première ligne n'a pis réussi, alors c'est à la seconde à réparer ce tort. Pendant que l'infanterie est aux prise!, l'ariUlerie , ne pouvant prendre part à l'engagement, doit du moins être utilisée pour les mouvements ultérieurs. La section de droite fait aussitôL un mouvement de conversion vcR la droite , et celle de la gauche un autre ven la gauche. Les bataillons de la réserve accompagnent les deux sections d'artillerie.

Si le choc de l'infanterie a été repoussé i double reprise, les sections d'artillerie de la droite et de la gauche, qui se seront avancé» à la portée des cartouches à balles, feront quelques décharges, et les bataillons qui les accompagnent, se trouvant par leur position dans l^^ deux flancs des vainqueurs que les chocs et le* feux de l'artillerie auront passablemeat dÉso^ ganisés, posséderont toutes les chances avautagetTses en leur faveur, et leur dernier dioc

pourra rarement ne pas être couronné par un Euccës' complet.

Lorsque le terrain empèdiie de se servir de la cavalerie , ce seront des masses amalgamées d'après ce principe dont on se servira pour attaquer une infanterie qui se propose de recevoir en ligne déployée. Les feux de l'artillerie qui précède les colonnes , et dont les coups de balles sont déjà meurtriers i 600 pas, produisent un ravage tellement grand , même avant que l'inraoterie déployée ait pu se servir de ses feux , et par conséquent avant qu'elle ait pu enlever un seul artilleur, que le choc des colonnes ne peut manquer de réussir.

Cette disposition est d'autant plus avantageuse que, dans des occasions pareilles, l'artillerie qui accompagne i'infanlerie assaillante, n'a rien 4 risquer. Les bataillons déployés n'osent pas aller au-devant d'elle, dans la crainte de rompre leur ligne , et si la cavalerie qui se Irouve derrière la seconde ligne s'avance pour attaquer et s'emparer des batteries, habituées comme elles doivent l'être de manœuvrer avec les autres armes, il n'y anra rien de plus facile pour elles, que de se soustraire à ce mouv». ment offensif, en se rapprochant de leur première ligne de bataille principale, tandis que l'infanterie qui marcbe en colonnes offensives, s'arrête pour former des colonnes contre la cavalerie et possédera tous les moyens de résister avec avantage.

Mais il ne suffit pas seulement de vaincre, il faut aussi savoir profiter de la victoire, et les feus de l'infanterie ne pouvant poursuivre qu'à de petites portées, c'est à l'artillerie qu'on en abandonnera le soin. La position des différentes parties étant justement la plus avantageuse pour faire usage des feus croisés, elle poursuivra avec ses projectiles l'ennemi rétrogradant, jusqu'au moment où son éloignement rendra leurs effets presque nuls.

Lorsqu'il s'agira de couvrir le mouvement des troupes rétrogradantes, comme il y a deux moyens de l'effectuer, qui sont : la retraite en échiquier et la retraite en échelons , on se cnbforroera aux avantages du terrain pour employer l'une ou l'autre. Dans le premier cas, on cheixïfaera à garnir les points les plus avan-

(0 J'avertis le lectcar que, si je n'ai pas Hiit mention son delenr hcUoa avec celle de l'iafanlerie de ligne, a de l'action de* tiraltlcuH, c'est parce que U combinai- déjà été développée dans ta vi* sectiOD du ii' chapitre.

tageux et on renforcera les batteries de la première ligne qu'on placera , autant que le terrain le permettra , devant les intervalles de la première ligne de rinfaolerie.De cette manière, les bataillons conservent ta possibilité de pouvoir de temps en temps prononcer, sous la protection de leurs tirailleurs, un mouvement offensif, et coopérer aux résultats que les feux de l'artillerie produisent dans les rangs ennnnis.

L'artillerie des flancs, qui cherchera aussi à combiner ses effets avec ceux de la première ligne, devra préalablement choisir des positions qui la mettent à même de prévenir les mouvements de conversion des ennemis et surtout l'interception de la ligne de retraite des troupes défensives. L'artillerie cherchera donc à manœuvrer dans la direction la plus rapprochée du point par lequel l'infanterie devra s'écouler, afin de la soustraire tout à fait à la poursuite des ennemis.

Les retraites en échelons s'exécuteront d'après les mêmes règles que les mouvements offensifs faits dans le même principe, ayant soin de commencer le mouvement rétrograde par le flanc qui aura la position la moins avantageuse, pour pouvoir le mettre, aussitdt que possible, hors d'atteinte. Les positions et l'action de T'arlillerie ne seront soumises à aucun changement; en un mot, les mouvements offensifs en échelons serviront de disposition normale pour les retraites, sauf à y apporter quelques modifications en se conformant aux modulations du terrain (i).

Combinaiion de la cavalerie avec Cartitterie.

L'action de la cavalerie, combinée avec celle de l'artillerie, repose sur le but de combattre une force amalgamée d'après le même principe, ou d'en subjuguer une autre dont les propriétés défensives seraient supérieures à celles offensives de la cavalerie.

Le principal, pour cette combinaison, est de choisir une plaine ouverte, d'où l'on puisse observer tous les mouvements de l'ennemi et pouvoir prévenir et paralyser son action. L'artillerie à cheval et la cavalerie légère, comme armes préparatoires sous la protection desquelles on

opérera la disposilion des escadrons dans l'or> dre de bataille, ouvriront le combat. Chacune des deux armes, en combattant dans le sens de sa propi'C tactique, préparera les mouTements offensif, et protégera les manoeuTres de la masse primitive de la cavalerie.

Dans le premier cas, les deux partis comballanl sous les auspices de la même combinaison d'armes, et par conséquent, à forces intrinsèques égales, posséderont les mâmes cbances de succès : l'utilisation des armes et les mouvements qu'on leur fera faire, devront donc seuls décider du succès en faveur de l'nn ou de l'autre parti.

Ces sortes de combats sont ordinairement très-difficiles i diriger; car, d'après les règles des positions de la cavalerie, comme on ne doit pas choisir de teirain trop accidenté, et la nature ne nous en offrant pas dont toutes les coupures, qui doivent masquer les mouveraentsde celte arme, ne soient que de peu de conséquence, on se voit obligé d'en prendre un, plutôt plat et ouvert, que hérissé de difficultés. Un terrain pareil n'offrant aucune ressource pour soustraire les mouvements à la vue de l'ennemi , ce n'est qu'une série de manœuvres bien conduites et bien adaptées à la circonstance et à la position de l'ennemi, qui peuvent décider du succès.

La bonté des manœuvres doit tendre préalablement i tenir, avec les escadronset l'artillerie 1 cheval des lignes de bataille , l'ennemi en échec, le fatiguer par des attaques simulées, l'obliger à mettre sa réserve en action , et lomber avec une masse fraîche et imposante sur le point entamé.

Ce raisonnement nous prouve que dans des engagamenls pareils, comme dans tous ceux qu'on est dans le cas de soutenir, la réserve y joue un rfile très-important , et dans les combats decavaleriecontre la même arme, un plus ëminent encore, à cause du peu d'avantageque nous offre le terrain, et l'égalité de chances que la combinaison des armes accorde aux deux partis.

Les obus, comme nous l'avons déjà vu plus haut, étant tes projectiles que la cavalerie redoute plus , c'est dans tes combats de cette arme combinée avec l'artillerie, qu'il est utile de rassembler les obusiers en batteries. Cette sorte de projectiles possédant la propriété de battre

en brèche les escadrons, *et d'eBarovcher ks chevaux , pour mieux parvenir à ce but, il «st indispensable' de faire usage d'une frace «^ leclive; car le partage des obusiers dans les différentes batteries, en ne produisant que des effets partiels, leur ravit une grande pulie de leur efficacité.

Pour ne pas être dans le cas de rassembler pendant le combat une masse respectable d'obnsiers, opération très-difficile, à cause da grand développement de terrain sur lequel les différentes batteries sont placées, on fera biea d'en faire l'organisation avant l'engagement, et OD assignera leur position dans la réserve. Ulormalion des batteries d'obusiers une fois adtevée, on procédera à la disposilion des troupes dans l'ordre de bataille , en se conforraanl au principes déjà discutés sur les positions des armes, et sur ceux que je viens d'énoncer.

Pour pouvoir mieux expliquer le mécaDisme de l'action de la cavalerie combinée avec ri> tillerie, il faudrait peut-être offrir plosienn exemples, et leur application au terrain; mais, d'un autre cdté, ces exemples n'étant applicibles qu'au terrain dont on aurait fait le choii, sans que les mêmes mouvements puissent toujours être adaptés à d'autres champs de bataille, je préfère en généraliser les prindpes. Le rôle de l'artillerie consiste en général i s'opposer au feu de celle de l'ennemi, et de prévenir sa destruction sur tous les poiuls. Celui de la cavalerie, par rapport à l'artillerie, consiste à la bien défendre contre les agressioas de l'ennemi, et à ne pas précipiter son action, pour ne pas ravir à l'artillerie l'aclirité de li sienne. Pourvu que les batteries occupent une position avantageuse, leseffetsde leur action, quoique lents, n'eu sont pas pour cela inutiles. Tout sera en règle, si même l'artillerie prépare lentement, pourvu que la cavalerie achève avec célérité et vigueur.

Dans les combats que nous basons sur 1> combinaison de l'action de la cavalerie avec celle de l'artillerie, les engagements de ces deux armes sont ordinairement alternatif, et souvent soutenus par la cavalerie, sans que l'artillerie la suive toujours dans son moevement. Chacune d'elles doit préalablemett diriger son attention sur les eflets que leamction produit, pour pouvoir, ou réparer le mal d'un échec , ou pour compléter le succès ob-

tGDu. L'artillerie diercbera k paralyser les feox de la même arme ou le moavement de la cavalerie, tandis que celle-ci protégera la retraite des vaÎDCus, défendra l'artillerie, et tombera sur les batteries des adversaires , au moment oii elle les apercevra dénuées de défense, ou engagées dans quelques mouvements difficiles.

Lorsque la cavalerie sera obligée de s'engager pour subjuger une force prépondérante, le secours des feux de l'artillerie lui devient indispensable; car ce sont eux justement qui accordent à la cavalerie la force impulsive suffisante pour surmonter ces entraves. Pendant que la cavalerie fait ses dispositions pour l'engagement et s'avance vers l'ennemi, l'artillerie apprêtera les moments du choc.

S'agit-il d'une charge de cavalerie pour laquelle les circonstances l'obligent de prendre l'artillerie à cheval pour compagne, les deux armes combinées s'engageront de la manière suivante : parvenue à une distance, supposons de 1,000 pas de l'ennemi, pendant que la ca> Valérie déploie , l'artillerie à cheval parcourt au galop l'espace de 200 pas en avant , et fait feu jusqu'au moment où la cavalerie l'a rejointe. Pendant que les batteries répètent cette manœuvre, la cavalerie légère voltige sur les flancs des ennemis; et, au moment où les effets de l'une et de l'autre ont été suflls^ts pour rendre la réussite de la chaîne de la cavalerie non douteuse , alors celle-ci devance son artillerie à dieval, qui ne songera, dans ce moment, qu'à se placer de manière à Militer le mouvement offensif des escadrons assaillants , en doublant les pièces par deux ou par quatre. Pendant que ceux-là exécutent le choc, la réserve et l'arUUerie vont prendre la position que le terrain rendra la plus avantageuse , pour pouvoir ensuite protéger les escadrons rétrogradants, ou pour poursuivre les ennemis battus, tandis que la masse qui a exécuté la charge se réorganise de nouveau, et s'avance pour prendre possession du terrain qu'elle vient de conquérir.

Comme, après une charge, même heureuse, les escadrons assaillants sont soumis a un cer- UÎD désordre, il est juste que ce ne soit plus à travers cette masse, plus ou moins informe, que la réserve et l'artillerie prononcent leur mouvement offensif. 11 leur faut donc un terrain libre, et qui soit propice aux maaoeuvres que

la circonstance exigera. Pendant que le choc delà cavalerie s'exécute, le chef qui commande la réserve mènera les deux armes qui la composent hors de la mêlée, et, pour ne pas être interrompu dans ses dispositions , choisira justement le moraenl où l'ennemi sera occupé k mettre ses troupes en action, et à parer le choc de la cavalerie assaillante.

Toutes les manœuvres, exécutées par la c^ valerie combinée avec l'arlillerie i cheval, sont infiniment plus épineuses que lorsqu'on y fait agir de l'infanterie, car les éléments de l'action des deux premières armes étant une vélocité à toute épreuve, la vivacité avec laquelle tout doit s'exécuter nous ravit quelquefois le moment de réflexion indispensable pour mArir le projet. Comme un combat ne peut jamais finir par la même manœuvre par laquelle il a commencé, et le dénoûment n'étant que te produit de plusieurs mouvements, diversions et chocs, les différentes combinaisons étant obligées de se succéder avec la même vitesse avec laquelle elles sont exécutées, il est indispensable que le général qui commande une masse de cavalerie combinée avec de l'artillerie, possède un coup d'œil sur, une imagination ardente, et un esprit riche en moyens d'attaque . et de préservation.

Comme exemple d'un combat soutenn par la cavalerie combinée avec de l'artillerie, digne d'attirer l'attention des mililaires , je vau citer celui de Liebertwoikovitz.

Afin de s'assurer de la force et de la portion de l'ennemi, le comte de Wittgenstein reçut l'ordre de faire le 2-14 octobre une reconnaissance forcée. Les Français venaient d'abandonner Grœbem et Gossa, et s'étant repliés vers Leipzig, avaient fait occuper Mark-Klee^ berg et Wachan avec leur infanterie , et fait placer leur cavalerie près de Liebertwolkovits.

L'altaque fut ordonnée en deux colonnes; la première, composée des troupes légères du comte de Pahlen et de la cavalerie de réserve ' du général Rœder, devait avancer par Grœbeni et Gossa ; l'infanterie faisait la queue de la colonne. La seconde, composée du i' corps autrichien , commandé par le général Klenau, devait se diriger vers Liebertwolkoviti. La 14* division d'infanterie russe reçut l'ordre d'occuper Grœbem; la i*, Gossa; le régiment de cosaques d'Ilovaisky xii* devaitavancer vers

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