SOT
1 1* On érlten d'engager les troupes sur un
terrain désavantageux, où leur aclioa peut être paralysée ou avoir des résultais fâcheux;
12° On fera agir les différentes armes d'après les vrais principes de leur action [i);
f 5° On combinera les trois arme£ pour leurs mouvements offensif, d'après le terrain qu'elles doivent parcourir et l'enDemi qu'elles doivent combattre;
14» On attachera une attention particulière au soutien réciproque que les trois armes doivent se porter;
15" Ou n'entreprendra pas de mouvements décousus ou partiels, mais on cherchera & les faire tendre tous vers le même but;
16" On profitera sans hésitation du moment opportun , qui peut décider du sort de la bataille;
1 7° On aura un réserve respectable, composée des trois armes;
18° Od n'emploiera jamais la réserve tout entière au commencement du combat, sur un seul point , pour ne pas s'en priver tout à fait;
19° On cherchera au contraire à ménager la réserve jusqu'au moment du dénoâment;
30° Ou dirigera cette réserve, sur la fin de la bataille , vers le point qui doit décider du sort de la journée;
Et si la bataille prend une loumuredésavan- Ugeuse et que la retraite devienne învitable;
2(° On ne précipitera pas le mouvement rétrograde;
23° On se repliera sous la protection des troupes dont le terrain favorisera le plus l'action.
En présentant maintenant au lecteur une série de dissertations succinctes des plus fameuses batailles, cherchous h démontrer tous les grands avantages qui se rattachent à la stricte observation des priocipes dont je viens de lui donner l'énumération, et la fâcheuse influence ({ue leur oubli entraîne après elle.
Bataille de Senef, livrée le 11 août 1674.
La bataille connue sous le nom de Senef, se compose de trois engagements différents, dont les deux premiers furent soutenus par l'arrière-garde du prince de Vaudemont ell'in-
(i) J'en ai déjà diseutt toutes 1» règlet.
bnlerie que le prince d'Onnga MDeaa luinèine , et te troisième par toute la masse des troupes. Ces trou eogagements sont : la prise
du village du même nom par le général ds HonUI , et le combat de cavalerie qui s'ensuivit; la prise du village de Saint-Nicolas-aux- Bois, el l'engageBoent général de la position deFay.
Le prince de Vaudemont, qui commandait l'arrière-garde des alliés, malgré la forte position du villa^de Senef, ne se défendit que faiblement, ou, pour mieux dire, presque pas, et céda cette conquête i son ennemi , dont la majeure partie des troupes était composée de cavalerie, ce qui prouve, de la part du prince de Vaudemont, une fausse appréciation du tei^ rain pour l'action des armes. Il ouvrit, par la reddition de ce village, un déboucbé aux troupes du prince de Condé, qui purent manœuvrer avec raciiilé et aisance entre Senef et le boîs de Busseret.
Le prince de Coudé, ea débouchant de S^ nef, rencontra dans la plaine la cavaiwie dei alliés, dont la position était vicieuse; car placée perpendiculairement au ruisseau qui coupe le terrain de Senef, elle prêtait scm flanc droit à & l'artillerie des Français, que le prince plaça au-dessus du village et sur ta rive opposée du ruisseau. La formation de cette cavalerie n'était pas exempte de défauts non plus; l'ayant rangée en plusieurs lignes, le prince de Vaudemont n'accorda pas d'intervalles aux dernières, ce quientratna toute la massedans une déroute totale au moment où la première ligne fut repoussée. L'infanterie du prince de Nassau, au lieu de seconder la cavalerie des alliés, ne partagea avec elle que sa fuite jusqu'à Sainl-Nicolaa-aux-Bois.
Ayant refonnél'arrière^ardesouslaproteotii)n du village de Saînt-Nîcola»-aux-Bois, le prince de Vaudemont fut renforcé par l'infaolerie que le prince d'Orange amena lui-itiâine. Le priiice de Condé renouvelle ses attaques et fait charger sa cavalerie, et cette foifr^i, comme à la cavalerie des alliés eût voulu ae venger de l'tnranteriequi l'avait abandonné au premier engagement, c'est elle qui resta spectatrice inactive de la défaite de l'infanterie des alliés. Chose bien inconcevable ! l'inlanterie hollandaise était maltrusse de tous les accidents du terrain, comme village, haies, vergers, etc..
EXAMEN HAISONNÉ
et se laîau cependant déloger par la seule Maison du roi. L'artillerie en général n'a joué qu'un rôle secondaire et ne dévdoppa qn'nne force négative.
Ces moments désastreux font encore tomber sur le prince d'Orange on blâme d'une autre catégorie. Il engagea une partie deses troupes partiellement, et au lieu d'éviter ces combats aussi sanglants qu'inutiles, il les mit en butte i des déroutes d'autant plus Tàcheuses , que ces écbecs répétés abatlirent le courage des troupes, que nous voyons plus tard céder aussi, sans presque aucune résistance, la forte position du prieuré de Saint-Nicolas-aux-Bois. Le prince d'Orange et le duc de Villa-Hermosa firent de vains efforts pour rallier et contenir leurs troupes, elles furent constamment repoussées, et arec des perles considérables en tués, blessés et prisonniers, jusqu'au village de Fay.
Cependant , il ne faut pas oublier que le prince de Condé tomba dans le même début , car ses troupes n'arrivèrent aussi que successivement. Au reste , la conviction de ne trouver que l'arrière-garde des ennemis près de Senef, «xcose en grande partie cette bute , et ce n'est ensuite, qu'entraîné par les succès rapidesqu'il Tenaîtde remporter sur les alliés, que le prince deCondépoussa jusqu'au delà deSaint-Nîcolasaux-Bois, avant d'avoir été rejoint par le reste de ses troupes.
Enfin, on s'est battu jusqu'à deux heures après midi, et les forces majeures des alliés ne faisaient qu'arriver pour occuper la position du village de Fay , où le prince d'Orange tes rangea en bataille. Cette fois-ci , il profita avec habileté de tous les accidents que le terrain lui otnrait pour l'enaplacemeut de l'infanterie et de ta cavalerie; et parvint du moins à rendre U victoire indécise.
Si le prince d'Orange avait aussi bien utilisé son artiUerie que tes deux autres armes , il n'y a pas de douteque tes Français auraientéprouTé des pales incalculables , qui devaient rendre pour le dénoAmenI , les mouvements des alliés aussi avantageux que faciles. La ligne de feu des alliés n'était pas assez puissante, quoique le village de Fay et une ravine qui couvrait le front de leurs lignes de bataille, favorisassent l'emplacement de l'artillerie, nous avons vu tout le tort que 6 pièces de canon , que le gë-
néral Cbavagnac avait placées derrière cellf ravine, entre le village et le bois de Rœuli, occasionnèrent à la cavalerie française, à laquelle le priuce de Condé avait donné une position vicieuse, en l'exposant inutilement an feu de l'artillerie ennemie.
Plus lard , le prince d'Orange s'apcrcevaDl que le moment de reprendre l'offensive était arrivé, enjoignit à l'infanterie de l'aile gauchf, qu'il.soiitint par la cavalerie , de tourner U droite des Français ou commandait le duc de Luxembourg. Hais sousquel aspect se présenta ce mouvement, entrepris dans on moment â opportun et si mal exécuté? Les troupes alliées marchèrent inutilement, perdirent un teraje précieux, et revinrent sur leurs pas sans avoir presque tenté l'attaque qu'on leur enjoignit d'ex^ter.
Quoiqu'on puisse, et avec justice, attribuer au prince de Condé une victoire complète dam les combats de Senef el de Sainl-Nicolas-au\- Bois, et affirmer que la bataille qui se livra à Fay resta indécise , ce fait cependant n'e\cuse pas le prince d'Orange, dont tous les mouvements pendant la journée ne nous offrent aucua plan d'attaque bien combiué, aucune décision dans l'action des armes, et une opiniâlrelé Inexcusable de rester sur la défensive peudaat toute une demi-joomée. Si ces forces disséminées l'avaient contraint, pendant les combats de Senef et de Saint-Nicolas-aux-Bois, à use défensive toujours désavantageuse, il pouvait facilement , dans àa position de Fay, reprendre sa revanche, car ses forces physiques et les avant^es du terrain qu'il occupait lui otfraient les moyens de prendre l'offensive et de manœuvrer sous la protection des accidents qui couvraient son front de bataille, I* seul mouvement offensif qu'il tenta de faire avec son aile gauche, quoique entrepris dans un moment opportun , doit cependant être range dans la catégorie des faux mouvements, puisqu'il devint un mouvement partie).
Une faute assez grave qu'on peut impaler au prince de Condé, et qui rendit la victoire indécise, c'est qu'au moment où U battit complètement l'arrière-garde du prince de Vaudemonl, il ne fit pas avancer ses troupes droit dans la direction de Saint-Nicolas-auï-BofS e' de Fay, en laissant le bois de Mariraont à gauche, el en tournant la source et les marais *
30fl
la Senne, Cette nircbe l'aurail Doené sar la ligne de relraile de l'armée des alliés , et annil forcé Le prince d'Orange de céder le champ de bataille i son adversaire. Cet oubli lui coAta une victoire décisive de moins.
Bataille de FUunu. Itérée le 1" juUUt 4690.
La victoire que le duc de Luxembourg remporta sur le prince de Waldek , dans les champs de Fleurus, repose sur plusieurs fautes graves de ce dernier. Sa position ne pouvait pas se caractériser comme bonne ; car si même le front était bien couvert par le ruisseau de Wagnée et un terrain élevé qui pouvait cacher les mouvements ofiîensife de son centre , les deux flancs ne l'étaient pas. Les vîll^es d'Heppigniea et de Saiot-Amand en étaient les seuls appuis; mais des villages n'assurent que faiblement les ailes d'un ordre de bataille. Pour prévenir ce débordement funeste, dont le prince de Waldeck a été la victime, il n'y a, ainsi que je me suis prononcé chapitre II, section iv, que les graad'gardes qui servent de postes d'avertissement, et dont le devoir est d'épier les mouvements offensifs que l'ennemi entreprend autour des ailes. Le prince de Waldeck aurait donc du en avoir une entre Saint-Amand et Ligny, pour assurer son flanc gauche, et une autre entre les villages d'Heppignîes et de Wagnée pour la sûreté de son flanc droit.
Ayant dirigé toute son attention sur le fh>nt de ses lifçnea de bataille , le prince de Waldeck se laissa si peu distraire de celle première idée, et prit si peu en considération le terrain en général sur lequel il combattait , et les sinuosités qui Eavorisèrant le mouvement de conversion des Français, qu'il se laissa nonseulement tourner, mais même prendre à dos. La disposition des troupes dans l'ordre de bataille n'était pas exempte de défaut non plus. Le prince de Waldeck entremêla de la cavalerie avec l'inbnterie , et prépara ainsi la défaite des deux armett; ensuite, au moment où il découvrit lemouvement de conversion, au lieu de chercher plutAt à faire rétrograder le flanc gauche en arrière , il y dirigea toute sa réserve, et s'en priva pour le reste de la journée. Ayant battu et mis en fuite la cavalerie du flanc gauche des Français, qui s'était avancéedans la plaine au delà du ruisseau de Wagnée , au lieu
de poarsnine son saoc^ et chercher à propager le même désordre dans l'infanterie du centre, que le général de Rubanlel avait d^à fait avancer pour seconder lés efforts du général comte de Goumay, qui commençait à plier aussi, et tâcher de séparer lesdeux flancs, il détacha toute sa cavalerie au secours de son aile gauche, qui était déjà pressée par l'ennemi. Il espérait par ce mouvement corriger une faute antérieure. Le résultat a parlé contre cette espérance, et il en provint deux maux sensibles : !• en perdant le moment d'achever de, battre avec sa cavalerie le centre où la désorganisation commençait à se manifester, il perdit aussi le seul moment opportun qu'il avait eu dans la journée pour remporter la victoire; 2" ces contre-marches exposèrent une partie de ses troupes i, des défaites partielles. Profitant de ce moment de relâche, les troupes du flanc gauche et du centre des Français se reformèrent, et reprenant l'offensive, se préparaient à retourner k la charge, lorsque le prince de Waldeck ordonna la retraite , et céda le champ de bataille à son adversaire.
Bataille de Neertoinde, livrée Je29jui/te(I693.
La victoire de Neerwinde démontre, delà part du maréchal de 'Luxembourg, de profondes connaissances de tactique; et de celle du marquis de Feuquières, cet oeil exercé à saisir avec promptitude les mouvements de l'ennemi , et cette décision à profiter du moment opportun , à laquelle se rattache si souvent le sort des batailles.
L'inadvertance du prince d'Orange, délivrer bataille ayant un fleuve à dos, ne peut s'excuser que par la forte position qu'il avait fait occupera son armée, et qui n'offrait qu'un seul défaut , celui de s'opposer à la libre circnlation des troupes. Le terrain, circonscrit d'un côté par le fleuve de la Geele , et de l'autre , par le ruisseau de Landen, l'était encore plus par les retranchements que le prince d'Orange avait fait élever sur le front des lignes de bataille, et qui s'étendaient depuis le village de Neerwinde jusqu'au delà de celui deRumsdorp.
fiCtte position, oii l'infanterie et l'artillerie pouvaient se battre avec avantage , n'était cependant yns favorable pour la cavalerie. Les mouvements offensib de cette anne , qui exige
DgitizedbyGoOglc
EXAHEH RAISONNÉ
un temin vaste et sans accidents , étaient paralysés sur le front des ligaes de bataille par les retranchements qui étaient presque conligus sur le flaDC droit par les villages de Laer et Neerwinde.doDtlesrortificalionsavaîent rendu les débouchés plus diSiciles encore, et, sur le Qanc gauche , par le ruisseau de Landen.
D'après une description pareille, il est aisé de se convaincre que l'armée du priace d'Orange était entourée d'obstacles, qui avaient transformé le champ de bataille en un camp retranché , circonscrit par la Geele , le ruissean de Landen , et les fortiGcations qui couvraient tout te front de bataille.
Les troupes s'appuyant par leur flanc droit aux bords de la Ceete , et par leur aile gauche au ruisseau de Landen, étaient placées en ordre de bataille convexe, dont la disposition, il est vrai , offrait au général en chef les moyens de faire manœuvrer sa réserve avec facilité vers les deux flancs; avantage que le prince d'Orange ne mit cependant pas à proËt , mais qui, d'un autre cdté , présente le défaut, au moment où unedesailesest enfoncée, de conduire tes ennemis à dos des troupes qui forment le G«itre et l'aile opposée ; ce qui arriva justement aux alliésr
Le duc de Luxemboui^ avait une tâche dilGcile à rempli)', mais son génie ne se laissa pas abattre par ces difficultés, et il procéda à l'exécution de son plan d'altaque.
Les villages de Neenvinde et de Laer, qui faisaient l'extrémité du flanc droit des lignes die bataille des alliés, furent le but de l'attaque principale. Quoique le prince d'Orange les occup&t avec de l'infanterie, il négligea de faire manœuvrer les réserves de ces deux postes autour des ailes des villages^ aCn de tomber dans les flancs des assaillants; ce qui occasionna le triple assaut de ces deux postes.
Si le combat dans les villages de Neerwinde et de Laer fut si meurtrier et l'assaut si souvent répété, nous trouvons justement la cause du triple abandon de ces deux postes par le prince d'Orange dans son oubli des règles de la grande tactique par rapport à l'action des armes , et la double cession par le duc de Luxembourg, dans la négligence du chef qui conduisait les troupes françaises, qui se laissait emporter par la chaleur du combat, et poursuivait toujours ses succès, au lieu de taire les
dispositions néceasaires povr consOTer les conquêtes qu'il faisait.
Sans se laisser séduire par des attaques pirtielles on en débandade, le duc de Luxembourg y Caisait marcher ses troupes en masse; celait agir d'après les règles de pure tactique; mais au moment où le village de Laer tomba an pouvoir des Français, il fallait aussiLât faire les dispositions nécessaires pour conserver cette conquête, en disposant les troupes 1^ gères et en faisant avancer les réserves, etc.
Au moment où le village de Neerwinde fut emporté pour la troisième fois , le marquis àt Feuquières , qui était resté chef des troupes du flanc droit, s'aperçut du mouvement que le prince d'Orange taisait faire à l'intanterie du flanc gauche pour aller secourir ce poste, et profita, avec une promptitude exemplaire, ia moment opportun pour décider de la victoire. Son mouvement ofl'ensif du cAté de Rumsdorp appartient certainement aux profondes cooihinaisoDS de la grande lactique, et parle autant en faveur du général qui l'exécuta qu'une brillante victoire.
Le prince d'Orange, qui occupait une position puremeut défensive , position qui exige moins de troupes pour en défendre les approches, au lieu de renforcer ses lignes de bataille, devait plutôt mettre une partie de ses tmupei en réserve derrière les hauteurs, devant le village de Wanghe , d'où elles auraient pu manœuvrer avecaisauce et avantage verslesdeni flancs. Ayant négligé de le faire, il fut obligé de secourir son flanc droit par les troupes de l'aile gauche, et la découvrit ainsi aux attaques des ennemis.
Les troupes du marquis de Feuquières, eiftportées par ta chaleur du combat, au lieu de se reformer dans les retranchements dont àla venaient de se rendre maîtresses, pénétrèreol bien au delà, et ne purent donc y arriver que fatiguées et un peu en désordre. La cavalens do prince d'Orange, postée sur la gauche, était fraîche. C'était le moment de la faire charger; tandis que nous la voyons, au contraire, entreprendre sa retraite vers Leauet abandonner le champ de bataille au moment même où son action devenait si nécessaire.
Le duc de Luxemboui^ avait combiné son dernier mouvement offensif vers le flanc droil des ennemis, avec celui du marquis de Feu-
quiëres, el décida ainsi en tayear des Frinçais le succès de cette fameuse joamée. Sa cavalerie pénétra entre les villages de Neerwinde et de Laer et se Torma devant celle de Hanovre, qui, au lieu de tomber sur son ennemi pendant le moment de sa formation en ordre de bataille, resta, sur ce point aussi, specUtrice inaclive du désordre que celle des ennemis j occasionna, et qoi se changea sur cette aile en une sorte de fuite désordonnée.
Bataille de Hoduiett. livrée le 15 août 1704.
En lisant la relation de la bataille de Hocbstett, le lecteurresteinvolontairementindécis, s'il doit plus s'étonner de la courageuse résignation du prince Eugène et du duc de Harlborough, de vunlotrforcerune position comme celle qu'occupait l'armée française, ou des moyens si peu analogues qu'employèrent les généraux Tallard el Harsin pour la défendre. D'un côt^, nous remarquons hardiesse, disposilions judicieuses; de l'autre, une fausse apprécialioD du terrain, un ordre de bataille vicieux et aucune décision dans les mou- Temeots.
Les généraux Tallard et Harsin ayant résolu de /Hvndre position entre les villages de Blindheim et Luizingen, el de couvrir le front de leurs ligaes de bataille par nn ruisseau qui coule parallèlement à la position, négligèrent eotièremeot les dispositions nécessaires pour en défendre le passage. Les moulins de Breïsach et de Séner, les villages d'Ober et de NiedeMSlaucheim et celui de Luizingen, qui bordaient le ruisseau, étaient cinq postes qui pouvaient favoriser les Français dans la défense du passage. Les généraux français , au contraire , restèrent spectatenrs inactifs de la coDStmctïon d'un pont, que le prince Eugène St construire, ainsi que de la prise des deux nouliDS , auxquelles l'infanterie et l'arlillerie mouvaient s'opposer si facilement.
Le moment où les alliés commencèrent à ranchtr le ruisseau, ne présentant que les êtes des colonnes et ne possédant, par consé- [uent , que peu de moyens de défense , était ustemenl celui où les généraux Tallard et liarsin devaient utiliser leur nombreuse cavaerie. Au contraire, de 150 escadrons qu'ils valent sur le champ de bataille , ils n'en en-
voyèrent que trois au-devant des ennemis. L'engagement de ces trois escadrons démoulre, d'une manière évidente, jusqu'à quel point les généraux français poussèrent l'opiniâtreté à commettre des fautes. Malgré sa faiblesse, cette troupe parvint à repousser jusqu'à deux fois les troupes alliées qui essayaient de passer le ruisseau; mais les généraux commandants s'opîniàtrèrent à ne pas la secourir, el elle finit par succomber aux forces supérieures des ennemis, qui francbirenl le ruisseau sans obstacle.
Si les généraux français avaient su mieux apprécier les deux positions respectives, ils auraient fait acheter cher au prince Eugène, la témérité de venir franchir un ruisseau pareil, sous le canon de ses adversaires. Mais, soit ignorance ou insouciance de la part des généraux Tallard et Marsin, ils ne profitèrent pas de tous les avantages que la nature leur avait offerts el aplanirent eux-mêmes à leurs ennemis toutes les difficultés que ceux-ci ne devalent surmonter qu'au prix de beaucoup de sang. Les points de passage ne pouvant pins être cachés aux yeux des Français, ces derniers (levaient y disposer leur artillerie, et arrêter les mouvements des alliés.
Lorsque le prince Eugène s'avança vers le village de Luizingen et que sa cavalerie fit volie-face et abandonna l'infanterie, celle-ci fut assez maltraitée et forcée de plier. C'était justement le moment de prononcer de ce côté un mouvement ofl'ensif et de rejeter cette infanterie an deU du ruisseau ; mais le maréchal de Marsin se contenta de poursuivre le combat de loin , et ayant donné aux troupes du prince Eugène le temps de se reformer, il fut i-epoussë par ces mêmes troupes qu'il pouvait si facilement anéantir. Quelle occasion propice pour unemasseimposante de cavalerie et d'artillerie, dont les feux meurtriersauraientpn poursuivre son ennemi jusqu'au delà du ruisseau ; et il la laissa échapper !
Sur le fianc droit, le maréchal Tallard , en faisant avancer sa cavalerie, crut devoir la soutenir par l'infanterie. Mais au lieu de faire manœuvrer celle-ci dans la direction des mouvements offensifs de la cavalerie, pour qu'au moment d'un échec, la dernière pût se reformer sous la protection de la première , il entremêla les deux armes, el qu'en arriva-t-ilî La cavalerie fut battue, l'infanterie presqu'entière-
□ igitizedbyGoOglc
meot détruite, et profitant de cet avantage en homme habile cl hardi , le duc de Hariborougfa rejeta les troupes du flanc droit et les poursuivit jusque près Hochstetl, où la gendarraerie français*! périt eu partie dans le Danube et fui en partie sabrée. Le maréchal lallard lui-même, revenant pour faire retirer les 27 bataillons et 12 escadrons qvi'il avait eufermés dans Blindheim, fut Tait prisonnier.,
Dès ce moment , la bataille pouvait être envisagée comme perdue. L'aile droite de l'armée française ayant été battue et obligée d'abandonner le champ de bataille, le maréchal Marsin ne pouvait se soutenir plus longtemps sans risquer de faire partager à ses troupes le sort cruel de celles qui furent enfermées dans Blindheim et obligées de capituler. 11 ordonna la retraite, et le champ de bataille fut aussitôt occupé par les troupes du prince Eugène et du duc de Harlborough.
Bataille de Malplaquet, livrée le 11 teptembre
Quoique )a disposition des troupes du maréchal de Villars n'ait pas été exemple de fautes, il est cependant très-probable que , sans la blessure qui le mit hors de combat et qui fit tomber le commandement en partage au maréchal de Boufflers, la victoire n'en aurait pas moins couronné le courage exemplaire des troupes françaises.
Les bois de Blangies et de Sars , ainsi que le terrain qui séparait ces deux taillis, formaient le champ de baLaillc. l^es deux bois étaient an pouvoir des Français, mais le maréchal de Villars ne les occupa que faiblement, et en les cédant à ses ennemis, leur livra deux soutiens si faciles à défendre et dont il est souvent si difficile de se rendre maître. L'assiette des fortifications qu'il fit élever pour défendre la trouée entre les deux bois était trop avancée, car, en perdant un des taillis, les fortifications étaient prises à revers.
Le combat s'étant concentré daq^ les deux bois, que le maréchal auraitpu rendre inabordables , s'y soutenait avec des succès alternatifs. H. de Villars secourut les troupes qui les défendaient par celles du centre, qu'il eut l'imprudence de dégarnir. C'est dans ce moment critique que le maréchal de Villars fut blessé et
obligéde quitter le chtmpâe bataille. L'absence du général en chef au plus fort du combat est sans doute une perte bien grande, mais n'eicuse pas la conduite du maréchal de BodDen.
Quoique le bois de Sars fdt emporté, la victoire dépendait-elle donc de ces deux saiUaDls avanGés,etméme,enle8 perdant, ne pouniton pas se maintenir dans une position plus m arrière? Supposant même qu'un mouventenl rétrograde devint indispensable, le marédul de Boufflers ne pouvait-il pas , en prenant ont autre position, manœuvrer sous la protection de sa cavalerie, qui serait tombée sur les Iroopes débouchant des taillis? Le maréchal pouvait toujours attaquer ses ennemis avec avantage au moment où ils auraient débouché des bois, tandis que son artillerie, en abandonnant les fortifications de la trouée et prenant ansa une position rétrograde, aurait achevé d'accabler les troupes qui la franchissaietit et hrait ainsi préparé l'action de la cavalerie, qui donna tant de preuves irrécusables de courage.
Au lieu de chercher à réparer un acddeit, tout fâcheux qu'il pouvait élre, mais qoe h fortune capricieuse rend si fréqueo t à la gaerrr, le maréchal de Boufflers aima mieux abandonner le champ de bauille à ses ennemis , ce qui était au reste infiniment plus facile à exécuta.
Balaillede Fontenoy, livrée ie 11 mot 1715.
Les Français ayant franchi i'Escaat à Cilonne , prirent position en appuyant leur dniir au village d'Antoing, ayant leur centre coutert par le village deFontenoy, et prolongeant l«or gauche jusqu'à la pointe du bois de Bury, da càté de Ramecroix. Les alliés qui s'étaient lassemblés sur les hauteurs de Haubray, comme*cèreut leur mouvement en quatre ct4<MiDe<. dont celle de droite marcha entre le bois if Barry et le village de Vézon , les deux colonDeï du centre se dirigèrent vers Fontenoy, celle ^ gauche, vers Antoing.
En jetant les yeux sur la carte, on peut bcilement se convaincre des dangers que la position des Français leur offrait, et AesAYinltgfi qu'un mouvement bien dirigé des coloones nanœuvres du duc de Cumberland paorait toi rapporter.
Le bois de Barry ne pouvait jamais être ir point Mratégique du diamp de bataille, car ron-
DES TRMS ARHES.