‹ Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des Mémoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 73 sur 95 · DU PARTAGE DE L'ARTILLERE DA8S LES LIGNES DB BATAILLE · texte numérisé non relu

DU PARTAGE DE L'ARTILLERE DA8S LES LIGNES DB BATAILLE

Je parUgerai l'emiiloî de l'artillerie d'une «iDée, rassembléfi sur un champ de bataille, prèle à livrer un combat à oulraoce , en deux riles :

1» De défendre l'abord des linges, en s'opposant \ toutes les tentatives que l'ennemi ferait pour rompre le contact tactique entre les masses qui les forment;

2° De mutiler les lignes de bataille de Tadversaii« , au point d'y préparer une brèche vers laquelle on prononce son mouvement offensif.

Ces deux cas serviront de principe , non à l'action partielle de l'artillerie, comme défense d'un village , d'un mamelon , etc., mais à son action, envisagée comme conséquence des grandes combinaisons tactiques d'une bataille- G'est sur cet emploi que je baserai le partage quejeme propose d'en faire dans les lignes, les positions que je lui assignerai, et la manière dont je t'emploierai , en traitant cet emploi sous le rapport de la grandeur des batteries , du but «t du moment le plus opportun pour l'action décisive.

Je ferai abstraction de tous les cas où il ne s'agira que de quelques coups de canon isolés, mais je m'occuperai des moyens d'exposer l'ennemi à UD de ces revers qui le terrasse et enchaîne la victoire. Aussi ne parieraî-je que do

l'amalgame des grandes masses , car elles senks peuvent amener les résultats que je discute dans le présent ouvrage.

J'en fixerai le partage de manière à ce qne ces masses soient :

1° En rapport avec l'ordre de bataille, en général ;

S° Avec le grand but qu'on se propose if ilteindre.

Ce dernier cas ne pouvant s'effectuer qa^ par des troupes fraîches , et vers la fin du combat, se rapporte exclusivement à larësene. C'est donc entre les lignes de bataille et la réserve que doit se faire le partage de la taux totale des pièces, ayant égard tant à leur nombre qu'à leur calibre.

J'avais dit, dans mon Court de faeti<\ii-i (page 375), que le râle de l'artillerie de réserve était de secourir les points des lignes «l' bataille que l'ennemi aurait mis en danger, de suivre les deux autres annes dans leurs mouvements otTensifs, et renforcer leur choc.

Le lecteur se convaincra que maintenant j'accorde à l'action, et surtout aux effets de l'artillerie de réserve , une plus grande bli' lude. Comme elle recèlera les vrais éléments qui rempliront notre but, son partage snbin quelque changement.

La vélocité avec laquelle elle se porlen

dbyGoOt^lc

SUR L*ARTIUERIE.

sur le point où bs présence deviendra nécessaire, no sera plus, pour le cas désigné, la cbose principale ; car la rupture d'un des points des lignes ennemies n'est pas une chose inopinée ou impromptue, mais le fruit des combinaisons lactiques de la journée. Aussi , aurons-nous plutdt égard è son nombre et à son calibre.

Une batterie de 50 jusqu'à 100 bouches à feu est presque indispensable poiir préparer une brèche qui puisse interrompre le contact lactique entre les niasses. Les pièces des lignes de bataille ayant leur devoir à remplir, se trouvent ordinairement disséminées sur différents points, et leur position isolée leur ravit tous les moyens de satisfaire aux exigences du nouveau râle. C'est la réserve qui , pour cela, nous prêtera son appui , et nous la composerons de manière à posséder les éléments indispensables pour notre but.

Nous fixerons au tiers de la masse présente, la dotation des bouches à feu que nous accorderons à la réserve. Hais nous y ajouterons l'engagement d'en donner les ijÔ* toutes les fois que le nombre total des pièces rassemblées sur le champ de bataille surpassera 300,

Je fonde ce calcul sur les grandes nécessités que la réserve aura à remplir, et dont j'aurai l'occasion de parler lorsque nous parviendrons à l'action de l'artillerie.

Quant au calibre, je crois que, pour le mettre plus en rapport avec les grands r^ultats que nous voulons recueillir, nous donnerons la préférence aux canons de 12. Le rdle de ceux qui appartiennent aux lignes de bataille étant purement défensif, et n'ayant pas la même importance sur tous les poials, nous permet de ne leur donnerdespiècesde position qu'avec économie.

Une fois que le point où on se propose de faire la brèche aura été choisi, toute l' attention du chef devra être absorbée par les mouvements qui en seront les préliminaires et qui devront en apprêter la réussite. Celle-ci reposera en grande partie sur l'initiative que l'artillerie prendra sur le point désigné; aussi adjoindrons -nous aux lignes de bataille une certaine quantité de -canons de gros calibre que nous utiliserons sur le point décisif, afin que les feux de l'ennemi n'y prennent pas, avant l'arrivée des pièces de la réserve, ane sorte de- prépondérance, qui, dans tous les cas, serait funeste.

Au reste , pour ne pas anticiper sur tous ces développements, je finirai par énoncer un axiome général pour le partage de rartillerie qui prescrira que , tout en accordant à la ré< serve le tiers et même les 4/9* du nombre total des bouches à feu , on donnera la préférence aux pièces de gros calibre.

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