‹ Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des Mémoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 85 sur 95 · LE NORD DE L'ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

LE NORD DE L'ALLEMAGNE

Comme Prussien , je me suis souvent occupé delà silualion militaire du nord de l'Allema^c, relativemcut aux puissances limitrophes, et à la France en particulier. J'ose croire que le précis de mes observations ne pourra que tourner au proSl de la tbéorie de la guerre , et au bien de ma patrie, eu indiquant ses moyens de défense.

D'Ehrenbreitstein, la base des FVançais se prolonge en descendant le Rhin par Dusseldorf jusqu'à Mmègue, et, de là, le long des frontières des provinces de Groningue et d'Over- Issel jusqu'à la mer.

En supposant les Français maîtres du sud de l'Allemagne, comme nous venons de le voir, et comme nous le verrons probablement toutes les fois que la guerre leur fera passer le Rhin, nous remarquerons que leur base , par rapport

(l) Ce» C(miidéraliont forment un mémoire siparf , qnl MlimtDulleffleBt.il nt vrai, à l'talstoiTB des campagnes qu'annonn le (ilre de l'ouvrage; man iJ rentre daut le plan de l'auteur, qui s'est praposA de Taire, dans ce nouvel Écrit , l'apiilî cation des principes qu'il avait établis précédemment.

Un aulro motif m'a délcrmiiif 1 ne point supprimer ce méomire : j'ai penaé que tes jeunes militaire! Tran- {

au nord de l'Allemagne, se trouve concave. Elle l'embrasse, en effet, dans un demi-cercle, ou plutôt dans un angle de 50 degrés. C'est à la conquête de la Hollande que les Français sont redev.ibles de cet avantage. La base à prendre depuis le Ficblelberg (î) jusqu'à Ehrcobreitstein sur le Rbin , est une ligne droite et parallèle à celle de l'armée qui couvrirait l'Allemagne sepleutrionale.

La base des Français embrassant donc celle des Allemands dans un angle de 30 degrés , ces derniers sont dans la position la plus mauvaise qui se puisse imaginer; car si le sommet de l'angle était encore plus aigu à Ehrenbreilstein, où les deux cdiés se réunissent, cette position serait absolument impossible à maintenir.

Ce désavantage serait, à la vérité, beaacoup

çals pourraient ; puiser quelques notions utiles sur une partie Intéressante de nos Trontières.

(JVofc du Traducteur.) (i) Montagne considérable en Franconic, dans le margraviat de Bayreulh. CVst de celte montagne que le Helo, le Naab, l'Eger et ia Sala tirent leurs «sources.

(A'u(( du Tradutlnir.)

moins sensible, si les Français D'avaient point de forteresses sur leurs frontières, et que les Allemands en possédassent sur les leurs. Hais , par suite du traité de Lunéville , c'est le contraire qui a lieu : les places fortes de la rive droite du Rbin sont rasées, tandisqne la France en construit de nouvflles sur la rive gauche.

Celles qui reslentà l'Allemagne dans le nord, méritent à peine d'être citées. Embden est de peu d'importance , quoique situé de manière à en acquérir une très-grande, s'il était convenablement fortifié. Wesel, comme ville de guerre, n'est pas beaucoup plus intéressant : d'ailleurs, celte place perdrait tout son effet, du moment où les Français seraient maîtres de Dusseldnrf , et basés sur Amhem , de l'autre côté.

Ce qui reste de villes fortifiées, ou censées l'être, en Westphalie, ne peuL offrir de ressources que comme dépôts de magasins, et pour garantir d'une invasion soudaine.

Munster (i) et Lipsladt seraient extrêmement importantes pour couvrir la Wcstpbalie.

Casse! et Hameln défendent le Weser. Brème {*) pourrait, au besoin, opposer quelque résistance; mais ces différentes places sont situées les unes derrière les autres , et ne peuvent donc former, dès le début de la guerre , la base d'opération dont il s'agit ici.

Munster, Wcsel , Cassel sont les seules villes qui se présentent pour remplir cet objet capital. Mais Munster et Wescl, placés, pour ainsi dire , sur une ligne perpendiculaire , ne couvrent qu'un seul point. Quelle vaste étendue reste à découvert, depuis la mer jusqu'à Munster! ^ Ëmbden était fortifié, cette ville, avec Munster, formerait les deux bastions qui défendraient la courtine comprise dans cet espace.

En face de Wesel et de Munster, les Français ont Amfaem, Nimëgue et Dusseldorf (qu'il faut toujours leur donner au premier coup de canon). De ces trois points, ils débordent Wesel et Munster; ils ont, de plus, dans le fiays de Groningue et l'Over-Issel , d'autres forteresses, grandes ou petites. Du côté de l'ouest,

(i) Depuis quo le roi de Prusw est en possession do Uunster, Il a dooné ordre de Aiirc de celle tille une furteresse de itrcmière ligne.

{yole du TTuduflnir.)

la base des Français est donc beancoop plus forte aussi que celle des Allemands.

Je vais montrer qu'elle l'est également u midi : dans tout l'espace compris entre la Sala et le Rhin , il ne se présente qu'une seule forteresse, Cassel. On trouve, à la vérité, qnelqoes petits forts, tels que Zi^;enhayn et antres, dans l'électorat de Hesse; mais la guerre de sept ans a fait voir qu'on peut traverser le pays, sans en être nullement incommodé ni relardé. On peut encore remarquer ici le peu d'utilité des petites places : si Cassel était une une ville de guerre comme Lille, MeU , Strasbourg , seule elle suffirait peut-être pour couvrir toute l'Allemagne, à l'ouest da Weser.

Hais Cassel est lui-même paralysé ou circonvenu par plusieurs points fortifiés de la base des Français; c'est-à-dire, que de ces points s'élèvent plusieurs lignes d'op^ttoDS , qui vont seconcentrer à Cassel , dans un angle assez ouvert.

Ces points sont Dusseldurf , EtirenluvitsteiD , Hayence, Francfort et Wiirlzbourg. Or, kIoq la règle , i chacun des points fortifiés de la base de l'ennemi, il faut pouvoir en opposer un semblable de son côté.

Ainsi , en supposant les troupes respeclires en nombre égal, les Français, étant en pos»ision du midi de l'Allemagne, auront toujours une prépondérance marquée.

J'ai suffisamment démontré, je L'espère, qne l'Allemagne était flanquée an sud par la Suisse; j'ose maintenant avancer ici qu'elle l'est également au nord par cette même contrée, du moins jusqu'à l'ElIbe et la Sata.

Jusqu'à la Sala, dis-je; car, une fuis entre en Saxe, l'Elbe se jette à l'est de la ligne que l'on peut tirer perpendiculairement de la frontière orientale des Grisons, jusqu'à la merde nord. On ne peut considérer comme flanquée, que la partie du cours de ce fleuve qui baigne les contrées saillantes, et encore, jusqu'à une certaine distance seulement : de même que, relativement à un bastion, l'on ue regarde comme réellement flanqué que la portioo de

(ï) Brtme, n'ajant tjue des omnges en lerrr, nt Uendraft pas 36 tieum, i moins que t'on d'; jc<" imc armée enlièrc, qui en Teriit un camp n?trsiirti'. {yole du lyaduettui-)

terrain, qui w Irouve dam 1« prolonfemenl ds la ligne de'lir.

Niis, uns la HoUande, la Suisse ne procorerait point aux Français celte supériorité stratégique jusqu'à l'Elbe et la Sala. RelatÎTement à leur base contre le nord de l'Allemagne , l'occupation de la Hollande est d'un prix incalculable. Par leur alliance avec les deux républiques ( helvétique et batave ] , situées aux deux extrémités du lUiin, les Français sont infiniment mieux basés stratégiquement, que les puissances allemandes.

Sans l'occupation de la Hollande, toutes les opérations des armées françaises dans l'Allemagne septentrionale, ou dans les Pays-Bas, seraient facilement entravées et prises à dos.

Des Pay»-Ba5, au contraire, on ne peut rten entreprendre contre la Hollande, couverte, au sud , par de nombreuses et fortes places, el de plus par des marais ou inondations. Ce n'est que par la Westphalie que cette conquête peut être tentée avec espoir de succès, comme le fit Louis XIV, dirigé par les plus grands généraux de l'univers. L'entrée de Pichegru en Hollande ne peut iniirmer ce que j'avance, parce qu'elle tient à des cii-constances particulières.

On conçoit donc que ce serait une immense opéraEion pour les Francis, quelque nouibreux, quelque habiles qu'ils soient, di'atlaquer k la fois la Wesphalie et la Hollande; car, en pénétrant en Allemagne, ils laisseraient une armée ennemie derrière eux.

Il ne peut qu'être extrêmement intéressant pour tout militaire , de rechercher avec détail pourquoi l'occupation de la Hollande est si précieuse pour la France. Nous aUons calculer le nombre des colonnes qui peuvent agir, et il sera facile de tirer de cet exemple de grandes leçons de stratégie.

La nature du pays doit déterminer le nombre des colonnes, c'estrà-dire , que ce nombre se trouve nécessairement en rapport avec les objets des opérations stratégiques.

C'est dans la chaîne des montagnes qui séparent le nord cl te sud de l'Allemagne, que le Weser et la Sala prennent leurs sources, la Fulde devant être considérée comme celle du Weser. On a reconnu, de tout temps , qu'il y avait un avantage réel à opérer en descendant les rivières, et, surtout, quand ces rivières sont navigables. On sent de quelle utilité elles

■ont pour les transports de tonla espèce.

Je vois donc d'abord une colonne qui se Tonne sous Francfort, et dont l'objet stratétique est Cassel. La nature du pays prescrit cette opération ; elle facilite la marche , et la retraite sur Francfort est loujoiu^ sûre : les défilés la protègent. Voici la colonne de l'aile droite.

Une seconde débouche de Dusseldorf, et opère le long de la Lippe , sur la rive seplen* trionaleou méridionale, à son choix.

Celle colonne prend àdos tous les corps allemands postés au sud de Cassel. Ib se trouvent aiissilât forcés de s'éloigner de cette place. Que l'on observe ici l'avantage d'une base concave qui embrasse l'ennemi. Celle colonne formera le centre de l'armée française.

La troisième colonne est celle du nord : elle se porte de Hollande en Wesphalie, et forme, conséquemment , l'aile gauche. Elle doit chercher à s'emparer de Huosler, et à s'approcher du Weser par Osnabmck. Son action se dirige k la fois contre les corps qu'elle a eu (été, et contre le flanc droit de ceux qui vondraient s'opposer à la colonne de Dusseldorf. Cette colonne du nord, comme la plus importante, doit être aussi la plus forte.

11 est i observer que c'est faute d'une colonne semblable, que les Français, dans la guerre de sepl ans, ne purent jamais venir k boni de la conquête des provinces septentrionales de l'Allemagne. Ils avaient bien sur le bas Rhin un corps d'armée qui , de Wesel et de Dusseldorf, était destiné à opérer le long de la Lippe, mais dont les progrès ne furent jamais que momentanés et précaires, parce qu'ils n'étaient point appuyés par un autre corps marchant de Hollande en Westphalie. Tout le pays situé au nord de la Lippe, demeura presque sanq interruption au pouvoir des alliés, qui, par-là, se trouvaienl toujours en mesure de prendre à dos la colonne française opérant sur celle rivière. Ils pouvaient, au moindre succès, lui couper la communication avec Dusseldorf et Wesel. C'est ce que fil le prince Ferdinand , par son admirable marche de Vellinghausen , en 1761.

On ne trouvera point extraordinaire que j'attribue à celte cause les reven multipliés des Français, dans cette guerre de 1756, qui leur fut si fatale , si l'on fait avec moi les réflexion» suivantes:

En opénmt de Wesel et Dusseldorf vers Il Westptulifl septentrionale, lea armées de Louis \V se portaient en avant sans base , ou , du moins, dans un triangle strat^que, dont l'angle au goniniet est très-aigu. Dusseldorf et We«el, leurs seuls poials d'appui, se trouTBieot, relatirement à elles, presque sur une ligna perpendiculaire; il était donc lacile de.les en séparer. Lorsque Tannée alliée se portait an sud, ou faisait dee détacbemenls dans cette partie, pendant qu'elle couvrait le Weser du gros de ses forces , les Français se voyaient forcés à regagner précipitamment Wesel , ou à se rejeter sor la rive méridionale de la Lippe.

Cette observation justifie, en grande partie, les généraux placés alors à la tête des armées françaises; mais, elle fait ressortir en mémo temps la profonde ineptie, la déplorable opiniilreté , avec lesquelles la cour de Versailles persista dans ce plan désastreux.

Hais si les Français, daus la guerre de sept ans, virent écbouer tous leurs efforts, parce qu'ils n'étaient point maîtres de la Hollande , et n'avaient coDséquemment poinL de base suffisaole, ne peuvent-ils pas aujourd'hui se promettre les plus beureux résultaLs des opérations qu'ils entreprendraient daus les mêmes contrées, avec tous les avantages de leur position présente ?

Je sais, et j'ai posé moi-même comme principe, qu'avec trois colonnes on peut exécuter toute espèce d'opérations, et qu'il faut craindre de passer ce uombre , de peur de trop diviser ses forces. Mais, je maiotiengque, dans l'hypothèse actuelle, les Français doivent foi^ mer une quatrième colonne, pour partager l'attention.

Cette colonne, k la vérité, destinée à agir sur la Sala, pourrait, dans. un sens rigoureux, n'être pas considérée comme partie intégrante de l'opération principale. Son but est de couvrir le liane droit des trois autres colonnes ; le but de celles-ci est de conquérir.

Cette quatrième colonne descend la Sala; Leipsig est son objet stratégique d'opérations. Parvenue à Saalfeld, elle se partage en deux; une moitié sedîrige sur Hall par Jéoa et Naumbourg. La première branche de cette colonne opère doQo sur la rive droite de la Sala, et la seconde sur la rive gauche.

Il est cependant à considérer que la longueur

extrême de la ligne d'opérations , parait bon de proportion avec la largeur de la base; qae, consêquemment , elle présente des difficultés. En eifet, que celte colonne, ou ooe de ses divisions, étant arrivée jusqu'à Hall et Leipsig, un corps ennemi vienne se rapprocher de Sailfeld, il faut qu'elle songe à la retraite; car, dans cette position avancée, elle doit regarder comme sa base les défilés de la forêt de Thnringe , par lesquels elle s'est ouvert un passage.

Il résulterait encore un autre embarras de cette divimn en deux colonnes. Cellequi prend Hall pour objet stratégique dé son opération, doit nécessairement être aussi Foile que celle qui se porte sur Leipsig; car, si cette colonnt se dirige entièrement vers la Saxe, elle s'expose à se faire occuper en Tburinge par nu corps ennemi : si elle reste de l'autre cêté, sur la rive gauche de la Sala, et qu'elle veuille marcher sur Hall et Hagdebourg , il peut, alors, lui arriver par la Saxe, ce qui, dans la première supposition, arriverait par la Thuringe.

C'est, au reste, ce qui a toujours lieu, qaa ad on opère dans le voisinage d'une rivière, dont l'ennemi occupe les deux bords. 11 faut se résoudre à se partager.

Si l'on ne prend qu'une demi-mesure, c'està-dire, si l'on ne détache qu'une faible partie de ses troupes au delà de la rivière, la silution s'empire encore : une force supérieare tombe sur ce corps, et l'écrase. On doit donc détacher environ la moitié de sou inonde. L'eDoemi, également obligé àse partager, court les mêmes risques : mais il faut remarquer qu'agissant dans son propre pays, il est infailliblement mieux basé. .

Je répèle donc que la quatrième colonne, telle que je la conçois , n'est point destina ^ conquérir : elle doit se borner à inquiéter par la hardiesse de sa marche , tandis que les trois colonnes d'attaque portent des coups pi us réels.

Il ne serait guère possibles que les progrés de cette quatrième colonne fussent très-rapides : il faudrait absolument qu'elle Ri fronla tout ce qui se présenterait devant elle; ilf»'' drait qu'elle détachât un corps vers le nord et le long de la Sala ; pour former une poieoa avec celui qui se rabattrait sur la Saxe.

Si cette colonne occupait la Sala en trois divisions , la première devraitêtre placée i Haili 'a seconde àNaumbourg,etlatn>i8ièmeàSialfEl')-

Si lesIroiscoioonesd'aUatiiie obtiennent, dans la partie oociâeiita)e de l'Allenuigne, tout le succès préstmé , un de ces corps pourrait tenter de descendre la Sala jusqu'au-dessous de Hall; mais le siège de Hagdebourg serait une entreprise au-dessus de ses forces. 11 faudrait au moins, pour cela, être maître de la rive orientale de l'Elbe ; car un ne peut se décider au siège d'une place forte, située sur un fleuve, que lorsqu'on est établi sur les deux rives.

Tous les corps allemands, opposés, dans r^lectorat de Hesse, à )a colonne française venant du lleia,R0DtprÎ5à dos parla colon nequi débouche de la Hollande. Celle de Dnsaeldorf toenace leur flanc droit, et même leur arrièregarde.

Au total , tous les corps allemands, disposés au sud du Lbéitre de la guerre que nous décrivons, doivent porter toute leur attention à ce qui se passe derrière eux, en Westphalie.

Ce serait donc un projet absurde, delà part des Allemands , de chercher à repousser les Français de la parlie méridionale. Plus ils regagneraient de terrain, plus leur ligne d'opération s'allongerait, et, conséquemment, plus ils s'éloigneraient de leur base.

Je me résume : toute position au sud de Cassel ne vaut rien pour les Allemands.

Les Français, portant toujours la majeure partie de leurs forces au nord de la Lippe, s'emparent de la Westphalie et du cours du Weser, sans rien appréhender pour leur base : car, en les supposant même coupés de Dusseldorf, par suite d'une victoire uu d'une manœuvre de leurs ennemis, ils trouvent encore une base sufTisanle dans la Hollande.

Les avantages que pourraient obtenir les Allemands, dans la Hesse, ne les mèneraient à rien de positif : on voit qu'ils nese mettraient à la poursuite de l'ennemi, qu'en s'éloignant de la partie la plus intéressante pour eux, celte de la Westphalie , située au nord de la Lippe.

H suit de là que les Allemands doivent naturellement se borner, dans la Hesse , à la guerre défensive. Ce sont les batailles livrées en Westphalie qui décideraient de tout.

La colonne française do la Hesse doit, au contraire, attaquer le plus vivement possible. L'armée agissante au nord de la Lippe, ne saurait être coupée par un corps allemand qui s'avancerait sur cette rivière : car, en sup-

posant qu'il y parvint aprte des succès réHérés, ce serait s'exposer à découvrir le Weser. et même à se hire prendre à dos, s'ilpoossail jusqu'au Rhin.

Au lieu de ce mouvement de front contre la colonne de Dusseldorf tesAllemands agiraient donc bien plus sagement, en se portant sur le flanc droit des Français, dans la Westphalie septentrionale; autrement, ils livrent euxmêmes leurs derrières et leur flanc droit. Mais dès qu'ils marchent sur leur droite, l'année française reparait sur la Lippe , pendant que celle de la Hesse agit offengivement.

Si l'opération des Français réussit pleinement, il est facile de voir qu'elle consiste en uneconversiottstratégiqueàdroitede la colonne de Hesse , sur la Sala ; le corps placé à Saalfeld en est le pivot. Cette conversion à droite commence dès la prise de Cassel : la colonne se porte immédiatement par Gœttiogue, sur Brunswick ; de U , son objet d'opération directe serait Magdeboui^. L'armée de la Lippe, partie de Dusseldorf, se dirige plus au nord, comme sur Lipstadt, Mînen et Hanovre, pour s'elforcer de gagner l'Elbe, au nord de VLagdeboui^.

Que l'on se rappelle que les trois corps détachéssur la SaU.couTrentleflancdroilde la colonne française qui traversel'électorat de Hesse.

L'armée française qui a débouché de la Hollande et de Dusseldorf, n'oblique pas sur sa droite, mais elle marche parallèlement aux différents points opposés delariveo(xidentale de l'Elbe. C'est un résultat de l'excellence de sa base, qui, parla possession de la Hollande, embrasse concentriquement le nord de l'AUemagne. Les colonnes allemandes, toujours prises i dos , doivent conséquemment être contraiotes k évacuer toutes leurs positions l'une après l'autre.

Il n'est donc pas d'observation, qui ne tende à démontrer de quelle extrême importance est, pour les Français, la possession de la Hollande : tout concourt donc aussi i indiquer aux Allemands, que ce serait contreceltecontréequ'ils devraient, en cas de guerro, tourner kors efforts unanimes.

Hais, pour uoe telle attaque, il faudrait un général qui sût mettre encore fbas de chaleur et de rapidité dans l'exécution, que de prudence dans le plan.

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