‹ Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des Mémoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 87 sur 95 · DB LA GAIFAKNB DE · texte numérisé non relu

DB LA GAIFAKNB DE

LA SOUABE, LA BAVIÈRE Eï L'AUTRICHE W.

Au commenoeinent de 1 800, le général rf'artillerie {feldxeugmeiiler) baron de Kray, ht rappelé d'Italie, où il s'était éininemmeot distingué. L'Empereur le nomma général endief., ea Allemagne, à la place de l'archiduc Charles. Od lut doona ponr conseil le général de Chasteler et le ctrfonel de Weyrotter, tous deux officiers d'un talent reconnu. Hais l'archiduc fat universellement rq^lé ; et les généraux , plus anciens que Kray, ne déguisèrent pas leur dépit de le voir placé à leur léte.

L'armée autrichienne, accrue des tronpes de l'Empire, et de celles livrées pardivers princes, en vertu des subsides de l'Angleterre, offinit aae masse imposante de 160 batailloas et de 190e8cadrone,c'e8t-^-dire,de 114 à tiS.OOO hommes d'infanterie, et de 2S i S6,000 hommes de cavalerie.

L'artillerie était proportionnée ji celle redoutable force ; elle consistait en S20 pifecea de canon.

Le coq» d'armée principal occupait les environs de Villingen et Doneschingen ; le corps

(i) CtltaitaélirédiBé, pendant lacaa^pieinéine, par un officier des troupes de Wurtemberg, eniployi dans l'état-major de l'année Impériale. Témoin oculaire des éréiiemeuts, il ttalt, de plus, i portée de se procurer des renseigaerneiits qui auraient nmqué k no officier partieolier. II est mtaie à obeetver qoe l'on doK inicsi aognrer de bod iMparttaïUté , qa'oa ne poiinait

de réserre, ceux- de Stokach. Quatre avantgardes étaient disposées dans la vallée du Rhin, de la manière suivante :

La première, commandée par le lieutenant feld-maréchal Kienmayer, était placée vis-à-vis le fort de Kefal, en avant des gorges de ta vallée de Kintzig et dn Rencbihal.

La deuxième, commandée par le généralmajor comte de Gîulay, dans la partie de Friboni^, Vienx-Brisach , en avant des gorgée du val d'Enfer.

La troisième, sous le géoéral-major archiduc Ferdinand , dans les environs des quatre villes forestières et de Bile.

La quatrième, sous le général-major prince Joseph de Lorraine ( prince de Vaudémont), sur les bords du Rhin , entre le lac de RatloIftiM et Schaffliouse.

Ces diverses avant-gardee observaientle eoun du Rhin , gardaient les gorges des nontagncs , et comnUBiquaient entre eUet, en même temps qu'avec le corps d'amée du général Starray. Ce dernier occupait la partie de HeideRierg et

le foire de celle d'un sojet-nt de l'nuptt'ntr, on d'va officier allaché immédiatement i son service.

Je me suis atUché, eo traduisant cette lelallon.à ne conserver, autant que passible, que les Taits purs et sfmplesjetfai pensé qu'il serait intéressant de les comparer avec ceni présentés et commentés par i'anlenr dt (JVote en nwhieffln-.)

□ igitizedbyGoOglC

PRËCrS

de Bnidisal, gardai t le Rhin jusqu'aux covirons de RasUdt, et se rejoignait au corps du baron d'Alhini, qui était posté sur le Hein,

Le corps d'armée du prince de Reusa, auquel s'élaienl joints 15 à 16,000 luxnmes d'excelkntes milices du Tyrol, tenait le pays des Grisons. Il occupait les importants dëGlés de Feldkirch, Bre^U,Reuti,Sdiamitz,Achetir thal et KoffsteiD. Il lui était toujours libre d'entretenir, le long de la rive septentrionale da lac de Constance, une relation active avec le corps de réserve, stationné à Slockacb.

La citadelle de Wiirtzbour^ , et les forteresses de Pfailipaboui^ et d'IngolsUdt , étaient en état de défense : on avait construit à Ulm tons les ouvrîmes qui pouvaient en faire, sinon une placedeguerredu premier ordre, du moins un entrepôt générât et assuré des principaux magasins de l'armée; mais la plupart de ces magasins étaient imprudemment établis dans des endroits ouverts, telsque Stockacb, et autres sur riller, le Danube supérieur, et le Necker.

La simple ius|tectî(Hi de la carte peut convaincre tout militaire exercé, que les divers corps détachés élaienl en parfaite conjonction avec la grande armée, et qu'ils étaient même disposés de manière à prendre de revers les upéralions de l'ennemi.

En effet, la ligne du Rhin, sur laquelle l'ennemi doit baser ses différentes attaques, en»brasae ta plus grande partie de la forél Noire : ainsi , les positions prises par les Impériaux i Villingen etDoneschingen, (aisaieut le milieu de la corde de l'arc occupé par les Français; elles se trouvaient au point de jonction des grandes routes tracées dans toutes les directions,' et pouvaient, conséquemmenl, être considérées comme le véritable centre des opérations , soit offensives, soit défensives.

Telle était la position de l'armée autrichienne Qt de ses corps détachés, lorsque les Français rassemblèrent leurs troupes entre Bile, Sclûffbouse et Stnsboui^.

Le 28 avril, ils s'avancèrent , sur trois colonnes, de Bile, Vienx-Brisacb et KehI. Cette dernière parut n'avoirpour objet qu'une fausse démonstration , et repassa 1c Rhin presqu'aussilAl, après avoir cependant livré, comme celle du Vieux-Brisacb : quelques combats fort vifs dans les goi^es de la forêt Noire. La première

prit poste en avant des défilés de Cander et da Wiesenlhal.

Le prince de Vaudémont se retira dès It c(»nmencement de l'action : il se manifesta no tel désordre, dans cetl« avant-garde, que le légiment de Clairfoyt fut oublié dansla presqa'Ue de Peters-Hausen , et ne put se retirer qa'avK une perte considérable. Les troupes qui avaicat affaire aux Français sortis du camp du Pelil- Bile , furent prises de revers. Le général Ho reau , -qui commandait en personne dans cette partie, se trouva maître du terrain jnsqa'i Waldkirch et Elzach.

Kray rassembla son armée dans les camps de Villingen et Doneschingen , et fit avance le corps de Starray sur la Hurg; mais ce général abandonna bientôt cette vallée, et revint sur Pforzbeim, le 30.

Le même jour, l'ennemi se trouvait, aïK cinq divisions sur la ligne de Fribourg et Teo' geo, tandis que l'aile droite, sous le géninl Lecouriie, occupait déjà les environs de Sduffhouse.

Ce ne fut que le 1" oui, jour oii l'on avait résolu de reconnaître l'ennemi sur la Schwaibach, qu'il commença à développer sw plu. Le g^â^ Lecourbe passa le Rhin à Paradn et Stein , avec toute son aile , et rejeta derrière l'Aacfa les débris du corps du prince de Vaudémont. En même temps, le centre et la futche des Français s'étaient mis «a monvemeal vers Neukirch, Stublingen, Bondorf elNensUdt; le 2 mai, ils occupaient déjà tes positons de Rattol&zelt. Hoheotwiel, Blnmfeldït Tengea.

Kray se détermina, en conséquence, à se replier sur Engen. he général Horeau en ayinL été instruit, et sachant que la positiondeStookach n'éUit que faiblement défendue, résolut de faite manœuvrer son aile droite vers et point, de favoriserce mouvement en marcbanl au-devaut de l'armée autrichienne avec le reste dit la sienne, et d'atteindre les hauteurs d<HDinantes d'Aach et de Hohenheben.

En exécution de ce plan , le général 1^ co«ri)e, avec trois divisions envirou, se port» si rapidcmentde droite et de gauctiesurStockach , qu'il enveloppa et prit la plus grande partie des troupes stationnées en cet endroil; il s'empara de la boulangerie de campagne t<^ bagages et d'iniineases roafflains qu'on y avait

DE lA CAHPAGNB DE 1800.

imprademment ëUbKs. De ce momenl, r«Dnemi m vit maître daplilean deStockach avec tontes ses positions.

Son centre rencontra les avant-gardes autrichiennes détachées en reconnaissance, et les dëposta des hauteurs de Hulhansen et Weiterdingen , jusqu'à Welschingen.-

Les colonnes de sa gauche s'étaient en même temps avancées jusque sur les hauteurs de Hohenhehen, et, par-là, les Françaisaraient atteint le hut qu'ils s'étaient proposé.

Les Autrichiens vouJurent leur disputer les deux postes d'Eogen et Welschingen, mais, après plusieurs attaques très-sanglantes, les Français les en délogèrent.

Cependant, le général Kray avait été informé des événements deStockach, et cette nouvelle, plus encore que l'afliaire d'Engen, le détermina à se porter, îi marches Torcées, par la contrée de Liplingen, sur Moeskirch, où il assit son camp, dans la nuit du 1 au 5 mai, et rouvrit sa communication principale avec Ulm.

Dès le 5, au matin, la droite des Français parut devant les avant-posles antrichiens. Ceux-ci se replièrent immédiatement sur le gros de l'armée.

Malgré le feu terrible de l'artillerie aulri* chienne, le général Horeau prit poste devant Moeskirch, passa de droite et de gauche le ravin dans lequel est situé ce hourg , et engagea principalement le comhat à Heudorf , au pied du camp occupé par l'armée. Par là se trouvait interrompue, non-seulement, la comnaunîcalîon avec l'archiduc Ferdinand, à Neuhausen, mais encore celle avec Pfullendorf et Sigmaringen, Heudorf, occupépar les Français, fut attaqué et repris , mais perdu une seconde fois; les manœuvres entreprises contre leur flanc gauche n'eurent point plus de succès. Mais le corps du général Giulay, et la brigade bavaroise, ayant disputé à l'ennemi les hauteurs de Buchenbei^, Wonnendorr,etc., et l'extrémité de la gauche des Français n'ayant pu avancer que difficilement, à cause du terrain, l'archiduc Ferdinand eu) le temps d'effectuer sa retraite de Neuhausen , de dégager l'aile droite de l'armée impériale, et d'op^r sa jonction avec elle.

La nuit vint mettre Cm à ces combats partiels : ils étaient peu décisif en eax-mèmes ; mais Krty, rétIédiisMnt sur l'état physique «t

moral de son armée , ne vonhit pas l'exposer à de nouvelles attaques, et se retira, dans la nuit, vers Sigmaringen , sur la rive gauche du Danube. Des ofliciers qui se prétendent Ifès-bien instruits, affirment que ce général, en livrant ce combat de Moeskirch, avait compté sur les généraux Starray et Nauendorf, auxquels il avait donné, pour le rejoindre, des ordres qui ne lurent point exécutés. Il parait aussi qu'il ne reçut pas du prince de Renss l'assistance qu'il eu attendait; que ce prince ne fit point, en Suisse, la diversion qui lui était prescrite, qu'il n'envoya pas, comme il l'aurait dA, la moitié de ses troupes au secours de l'armée, le long du lac de Constance. L'«tréme sévérité avec laquelle fut jugé Kray, dans le temps, doit engager tout lecteur impartial à rechercher tout ce qui peut jeter du v jour sur sa conduite, dans cette malheureuse campagne.

Quoi qu'il en soit, l'armée impériale, pour De point perdre ses communications avec la rive droite du Danube, Biberach et Memmingen, vintcamper.le 8 mai, IBiberach, derrière la Ries.

L'arrière-garde, dès le même jour, fut attaquée par l'avant-garde française.

Le lendemain, le général LecouriM parut sur les hauteurs d'Amach et de Reichenhofen : les éclaireurs de son flanc droit s'approchèrent de Wasgen, Issni , Lindau et Ravensbourg, afin d'observer le prince de Reuss. Le général Horeau s'avança par Bnchau et Sleinhausen, snr Biberach, repoussa, dans la vallée de Ries, tout ce qu'il trouva devant lui , el porta quelques divisions sur le centre et la droite des Autrichiens. Cette manoeuvre, et les désavantages du terrain, contraignirent Kray à se retirer en hâte , pour aller se poster derrière riUer, à Hemmingeo.

L'armée autrichienne y arriva le 10, dans un extrême épuisement, et avec elle le ccvps du général Lecourbe, qui, malgré les ponts rompus sur l'IUer, força le passage de cette rivière, et engagea aussitAt le combat avec l'arrière-garde campée à Memmingen. La nnit sépara les combattants.

Kray, persuadé que l'ennemi renouvellerait le lendemain ses attaques, et ne jugeant point son armée en état d'y réùstw, se hâta de gagner Ulm, par une marche forcée de dix

PRËCIS

heares : il y p«au le Danube, et campa sous le

canon de la place.

Stamy arrivait, dans le même temps, i Blaubeureo, et fit ensuite sa jonction àSœflÎDgen , avec le général en chef.

Dix-neuf jours seuleotent s'étaient écoalés depuis le commenceinent des hostilités, et déjà l'année de l'Empereur, cette armée si nombreuse, si formidable, éprouvait tous les maux, résultat d'une longue campagne : six marches forcées, sept nuits sans sommeil, quatre combats sanglants, la perte de presque tous ses m^asins, l'avaient accablée de souffrances de tout genre. Elle était- diminuée de 13,000 hommes au moins, morts, prisonniers ou égarés. Trente lieues du pays étaient abandonnées aux Français.

La vérité historique lait un devoir i tout écrivain impartial de remarquer, que la conduite du général Starray et celle du prince de Reuss contribuèrent singulièrement à tant de désastres. Plus de 30,000 hommes, qu'ils avaient sous leurs ordres , furent tenus par eux dans une inactivité totale.

Le premier ne cessait de parcourir en tous sens le ftheinthal et le duché de Wurtemberg, ne s'approchant jamais de l'ennemi, et faisant un mouvement rétrograde à la nouvelle dit plus léger échec.

Quant au prince de Reuss, il resta imHKd>ile dana ses positions , sur tes frontières du Vorarlbei^ et des Grisons, et quelque instants que fussent les ordres du général Kray, il refusa constamment de faire sa jonction avec lui, on de le dégager par une diversion, ce qui eût mieux valu encore.

La grande armée vint donccamper sous Ulm, c'esl-à-âire, derrière le Blauthal et le Lauter- Ihal, sur tes tiauteura de Jungingen , Loebr, Elchingen et le mont Salot-Hichel.

Les avant-gardes étaient postées au delà des ruisseaux de Blau et de Lauter, derrière Ërbach et Btaubeuren.

Un corps de flanc fut établi à Guntzbourg, pour couvrir les dwmins d'Augsbourg et de Donawerth.

L'armée française s'était avancée, par sa droite, les 11, 12 et 13, jusqu'à Kempten et la rivière d'Aacb , entre Hemmingen et Groenenbach. Son centre poussa des détachements jusqu'à Laupheim, Ulereidieim, Balzheim, Bna-

denlraui^ et le haut et bas Kirchbeig. L'aile gauche resta dans sa position de Steosslingeo.

Ce fut, le 1 2 mai , que le général Horeau détacha de son armée un corps considâvide, qui passa les Alpes, et fit partie de la grande expédition de Bonaparte en Italie.

Cette marche soudaine des Autrichiens im Ulm , parut avoir été sî peu prévue par le général Horeau , qu'il maoceuvra les jours suivants, c'est-à-dire, le li et le 15, comme s'il n'en avait point connaissance.

Hais, le 1 6, il Si des dispositions toutes nouvelles. Le corps du général Sainte-Sutanne k trouvailseul faisant tète à l'armée autrichienne; il était sans appui, et même sans ctwunuaicatioD avec le centre. Ije général Horeau la rétablit, en faisant avancer une partiede ses força entre l'Iller et le Danube.

Alors, il porta successivement son irmée sur la rive gauche du Danube : le 20, il mil déjà concentré le gros de ses troupes dam In positions de Blaubeuren et de Hauensteio; et, par là, l'armée impériale se vit menacée d'une attaque générale.

Hais une victoire ne pouvait avoir d'aulrea suites, pour les Français, qne de resserrer leur ennemi sous le canon d'Ulm; taudisqu'uDedéfiaile les aurait iniaillibleowut exposés aux plw terribles désastres.

En conséquence, Horeau, la nuit suivule, ramena son armée sur la rive droite du Danube, dans ses positions sur l'Iller et la Gonti supérieure.

A l'approche de l'ennemi, le général Kray avait déjà pris ta résolution de se replier jusque sur la Hindel, à Bui^au , et mime deiriè(e le Lecb, suivant les circonstances, lia camp de repos était déjà préparé à Gunalwui^: mats Tannée ne parut point.

Les Français s'étaient postés de manière à entretenir la communication la plus directe avecSchaOliouse ; ils menaçaient presque toulea celles des Autrichiens avec Ulm, et owf paient tes principaux chemins qui eonduiiest du Vorariberg sur le Lech, et nolamneotà Augsbourg. Ils àtaient doncà Kray toutespou' de réunir le prince de Reuss i lui : enSit. toute la 3ouabe supérieure était en lear pouvoir.

Le poste de Giiulzbourg éUnt de la plm haute importance pour les Impériaux, coma»

DE L\ CAUPAGNti: DE 1800.

le pointd'tDleneeliMi des rootss d'AugdMtarg et de Donaif«rth à Ulm, le géoéral Kray le fit nuforoer, «t en confia le coBunandeni^ au général SUmy.

L'urtnl-girde de l'année {ni poussée juaqn'i Erbach, et dîfiérenis parlia vidants furent envoyés fort loin derrière l'ennemi.

Ceat ici qa'il eat intéressant de fixer un regard atteatir sur les deux armées , opposées l'une i l'autre, ou plutél cntrelaGées d'une manière inouïe jusqu'alors. Chacnae d'elles, plus oocnpée à intercepterles commun ications de ton adversaire qu'à coosarer les sieanes , semUaît aspirer h mettre fin à l'eSueioo du sttog, par une des plus savurtes gwerres de manceavres. Le connatMenr, qui préfère les calculs et la muche du génie, aux scènes terribles de batailles souvent indécises, regardera sans douta le moment dont il s'agit comme le plus beau, le pins instructif, de cette mémorable campagne.

Le géaéni Movean, dans l'espoir de cont/aiodre les Impériaux à abandonner Ulm, redoubla d'efforts pour leur enlever leur commanicatioD avec Augsbourg.

Le S4 nai , il entreprit une forte reconnaissance dans le Cnntzlial , sur Wetlenbausen. Le conte de Giulay, commandant l'avantgardc autricbîenne, s'y oppesa avec beaucoup d'h*bileté.

Hais, le 27, une colonne française se ptvU sur Landsberg, une autre sur Schwabmunchen , une troisième sur Thauliausen , et, le 38 , cdledeSchwabmumi^en pénétnjusqu' à Augsbourg , et même jusqu'à Friedberg : les tn»pes légères des AutrichieiH avaicRt été culbutées sur tous les points.

Le général Kray, bute d'avis certains, s'inwginant que l'ennemi n'avait exécuté ces mouvements qu'avec des partis volants, se contenta de détacher le comte de Heerfeld sur le Lecb , avec 3 régimeDls de cavalerie. Cet olEcier passa la rivière à Rain , s'avança dans les environs d'Akbacb et d'ËnratbsbOurg , et commesça à effeotser sa jonctimi avec les avantpMtee dajprince de Reust, qui avaient été rqxHiasée jusqu'au delà de Schoengau.

Le général Starr^ reçut des renforts considérables, prit poste à Rieden et lebenbausen, et ponsissoD av*S[t-garde à Roggenbon^ , évacués par l'ememi.

Hais lorsque Kray, mieux informé, nt que ia majeure partie de l'aile droite de Horeau s'était portée sur le Lecb, il forma le projet, digne d'éloges , de profiter du vide occasioBné dans la ligne ennemie par ces gros détacbements : il combina dcmc une attaque sur les positions de son aile gauche.

Il y avait pour lui d'autaut plus d'espeir de succès, qu'il avait reçu d'immenses renforts, tels que le corps de Slarray en entier, une brigade de 6,000 Bavarois, et un nouveau corps de 4,000 Wurtembergeois.

LesFVançais, au contraire, étaient sensiblement affaiblis par le départ des troupes , qite le premier consul avait ordonné de lui envoyer en Italie.

Les apprêts et dispositions pour un monvemcDl eu avant d'Ulm , furent faits avec si peu de secret, et avec tant de lenteur, que les reconnaissances entreprises, du i" au 5 juin, «n remontant l'Uler, avertirent suffisamment les Français qu'ils devaient se concentrer.

En effet , leur droite abandonna, le 3 juin , les bords du I^ecb, se retirant par Hiodel, Kamlacb, tiuotz, en cAloyant le corps du généra Slarray, qui s'était déjà avancé jusqu'à Rieden et WellenbauBen.

Le centre de l'armée française se p<^ta pareillement sur l'iller, par sa gauche, lorsque les Autrichiens se répandirent en forces, le &, entre l'iller et Ries. La tête de leur cokmne de droite obtint un avantage assez marqué à Beuren; celle de gauche, sous le comte Baillet de la Tour, atteignit aussi , quoique {dus tard, les environs de Kirchberg et de Sinningen.

Hais les Français ayant passé, avec une division, l^pont de l'iller à Kdlmuula ( au-dessous de Mess) , cette colonne du comte Baillet fut bieiit6t repoussée jusqu'à Dietenheim et Brandenbouig.

Kray se décida, pour lors , à aller r^rendre sa position sous le canon d'Ulm.

Il doit étra permis à un écrivain allemand de faire ici une réflexion, que les Français ont faite eux-mêmes ; ib observèrent, avec étu»nement, qu'on n'avait point cberabé à les amuser et les retenir dans leurs positions d'Oberrodl, de BabenhausCn, etc. Ils demandèrent pourquoi le ctHps de Starray, fort de 13 bataillons et 34 eseadrous , resta dans l'inaction ,

4M Ml

et pourquoi le prioce de Reuss m déboudia poiot du Vorarlberg.

Cependant, les 1^, 15 et 14 juin, ce prince ayant ponasë de forts détachements dans la partie de Schoengau, Ober ndorf et Negselwang, l'armée française fit de nouveau un mouvement général. Son aile droite repoussa ces détachements , occupa Schoengau . et rentra dans Aiigsbourg et Landsb^.

Le centre et la gauche prirent poste à Krumbach , Ro(^nboui^ , Weissenhom , Illerberg , Nikelsweiler, Boui^eden, et «gelèrent lés avant-gardes autrichiennes jusque sur Vlm, Wettenhausen et Bn^au.

Le 1S, le général Starray, encore renforcé de 4 régiments de cuirassiers et de plusieurs bataillons, reprit poste sur la rive droite du Danube, à GiÎDtzbourg.

Cependant le général Lecourbe e'toit déjà porté d'Angsbourg à Zusmarshausen , sur la Zusam.

Le centre de l'armée fran^^aise était arrivé sur la Mîndel, la Kamlach et la Guniz, jusqu'aux environs de Burteubach, Edelstetten et Waldstetlen, tandis que l'observation de l'araiée autrichienne, sons Ulm , était confiée à la seule division Richepanse, postée à Wixigliausen et Brandenbourg.

A peine le corps de Starray avait-il pris poste, que l'ennani engagea le combat avec Pavant-garde du comte de Giulay, taat dans les vallées de la Guntx et de la Kamlach , que sur les hauteurs environnantes. Slarray renforça cette avantrgarde, et entretint un feu très-vif de canon et de tirailleurs jusqu'à 7 heures du soir. Alors les Frau^^ais , dont l'aile droite s'était avancée de la Zusam dans la position entre Burgau, Aidingen et Glati, et était venue, le long de la vallée de Hindel, se réunir k la division engagée dans le combat, firent i^ier l'avanl-garde autrichienne de toutes parts, et la rejetèrent presque dans le camp de Giiotzbourg.

Le général Starray , se voyant pressé par une force aussi imposante , n'osa attendre les Français dans son camp retranché : en conséquence, il repassa le Danube, dans la nuil du ici au 16 juin, et bràla les ponts derrière lui.

De c« moment, le général Horeau fut maître de toute la rive droite du Danube, el se vît en

mesure d'entrqtrendre le passage de ee fleun, avec une grande partie de ses fhrcss.

Les reconnussances qu'il fit lure , le 16 et le 17, l'extension de son aile droite jmqa'aa dessous de Fristliogen, et sa fausse atttqae du 18, au pontdeDtllingen, indiquaient mi

Il était donc esaentid de renlMcer considé. rablement le général Slarray,- et c'est dm cet instant que nous le voyons, au contraire, soit par ordre, soit de son propre gré, renvoyer, partie à L'année, partie àLeiphen, tous les renforls qu'il avait reçtu le IS.Ilne lui resta plus que 8 bataillms et S escadron, qu'il plaça à Gundelfingot; U établît le général Devaux à Donawerth , avec 5 balaiUimel 3 escadrons ï c'est-lhdire, qu'avec S on 9,000 hommes, Slarray fut chargé ou se chargea de défend^ le cours du Danube , dans un espm de 12 lieues, depuis Gûntzboui^josqu'iu-de» sous de Donawerth.

Le 16 juin, au point du jour, les Fna^ firent paaaer 80 nageurs détennioét, près di pont de Grembbeim ; ils tombèrant sur le* piquets d'infanterie autrichienne postés snr l'autre bord, les dissipèrent, et rétablinat promptement le pont de bois. Leurs troupa en firent aussitdt usage , et enveloppirenl nptdement S bataillons autrichiens et 1 biUÏlon wurlembergeois : de ce côté, les Franfii) poussèrent jusqu'à Dooavrerth.

Au-dessus de Grembheim , ils s'empirirail aussi de Bliodheim, et se périment sur Hocfastett, oîi ils rencontrent le cwps conuuiidé par Starray lui-même.

Un gros de cavalerie aulridtienne durgei, mais sans effet. L'artillerie et les tiraiU«n entretenaient un feu très-vif, lorsque les Français firent mine de vouloir percer cotre Hctcbstett el Schrezbeim. Le général StmiT « replia iiussilAtsur la chaussée, vers Dtiliitgeii; mais 3 régiments de cavalerie française, manœuvrant pour prendre son infanterie de rc vers, et menaçant de la coupa de GnwHbgen et de firent! , il se hlU de faire sa ntnile par la plaine de Lavingen. 11 trouva i Cobdelfingen 12 escadrons de cuirassiera.qiK'f général Kray lui avait envoyés. Ces cuinnien chaînèrent lesFraoçaisj mais ils furent repoo* sésavecpertejusquederrièrele petit Hedliag^

De nouvelles colonnes françaises avaient

dbyGoOt^lc

famé le (leur» k DHUogen. La fanpériauz pCr»

dirent, dans cette jonméeT ^mieun milliers de prisoDttisrs , 10 pièces de esnoB, et un gros convoi devivret, qui tomba sDonawerIfadans les mains de renneni.

L'armée française se Irourait donc b dos de l'arméeautrichieDne.AQUi celle-ci abandonDst-elle, dès le 90, son camp sons Ulm; le 21 , ^lese porta de Langenam etjd'Albflk, pendant toute ta nuiL, et par des cheioinsnon itayés, sur Heidenheim. Aprèsqaelques benres de repos, elle marcha vers Neresheim, et arriva enfin, le 35, dansunépuîsemeot total, au camp de i?lordlingnen.

Dans l'espoir de donner à ses troupes le temps de se refaire de tant de fatigues, \p général en chef les disposa eu ordre de bataille, le 34, sur les baatenra qui doBoinent Nordlinguen : la prenière n'était «{n'a une port^ de canon des avant-posles français, et des défilés par lesquels l'ennemi aurait pu déboucher.

Le même jour, parvint k Kray la nouvelle de la défaite et de la convention de Harengo; il Qt aussitôt proposer au général Horeau de négocier avec lui un armistice de même nature. Le général français s'y refusa, et fit marcher uoe partie de son aile gauche , qui débusqua les Autrichiens des postes de Trochlelfîngen et Bopfingen, pendant que toute son armée se rapprochaitde celle de Kray. Ce général se vit doDC contraint à décamper, dans la nuit du 24 au 25, et i se porter par Wembdingen sur Monheim.

Cependant, Horeau. avait détaché un corps considérable, qui avait ordre de se porter, à marches forcées, sur Munich, par Hoechstelt, Augsbourg et Dachau : c'était un moyen de rendre plus difficiles encore les communications deson adversaire avecle Tyroi. Le gros de l'armée français^ s'étendit, le 23, sur la rive droite de la Wemitz.

Le 26, au point du jour, le général Kray quitta son camp de'Hooheim, et gagna Pieuboui^ par Ranerzhofen , après une marche de dix heures. Dans cette position , il se trouva placé à cheval sur le Danube, et prévint l'euneroî dans ses projets.

Le 97 juin, une division de U droite des Français s'avança sur les roules de Rain et de Strass ; une autre se dirigea de Pœtmes sur la

partie de Tarméa impMale stationnée ear la rive droite du Danube. Lecentreoccupaitltain, et Talle gauche , Donawerth.

Les avant-postes autrichiens furent promplement rejetéa sar l'armée : les Français gagnèrent Ober et Unlerhausen, et même la hauteur près Neubourg, qui dominait la position des Impériaux.

Ce fut alors que les oflOciers les plus éclaira de l'armée autrichienne s'attendirent tous à nneaclion de haute importance. Ils prétendaient Unanimement que le général Horeau dtnitsitiié de manière à offirir le.s chances les plus favorables Il son ennemi. Ils faisaient remarquer, qu'il était facile k la ganche des Autrichiens de reprendre les hauteurs de Neubourg : q\ie celle des Français , ï Donawerth , était éloignée du centre de deus lieues, et séparée de lui par deux rivières; que la droite, engagée avec l'armée impériale, était ji Rain, k quatre lieues du ccnlic, et, pour ainsi dire, en l'air; de plus, que le corps détaché sur l'Iser était à 15 lieues de distance, et sans nul appui.

Quoi qu'il en puisse être du plus ou moins de vérité de ces observations, le général Kray fit avancer la droite de U première ligne et une partie du centre, contre l'ennemi. Après un combat excessivement opiniâtre de plusieurs heures, les Français se replièrent sur Unterhausen. La division qu'ils avaient portée sur Pœtmes, eut affaire à une nombreuse cavalerie, et n'eut pas plus de succès.

L'avantage qu'avait remporté l'armée autrichienne , en ce jour , n'empêcha point que , le lendemain , elle se dirigea vers IngolstadI , en marchant sur les deux rives du Danube.

Après y avoir jeté une garnison suffisante, elle alla camper, le 30 juin, à Siegcnbourg, et arriva, le 1*' juillet, àLand5hut:eIleypastia riser, et occupa la rive droite.

Les retraites continuelles à marches forcées, Texcesâive chaleur et le manque de vivres, avaient épuisé le soldat autrichien : l'armée s'affaiblissait journellement par la désertion, les maladies, et peut-être plus encore par le découragement qui y régnait. Le général en chef se détermina , en conséquence , à lui donner un jour de repos.

Cependant, la droite des Français s'avança sur Pœtmes et Schrobenhausen , le centre sur les hauteurs de Neabooif , la gauche dans les »6

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