SOS
if» dans la défensiTe. La cÀvalerie • en profitant de sa vélocilé , peut veter au secours d'une iabeterie que TeDneroi commencerait à maitniter; mais comment llnfanterie , qui ne peut s'avancer que d'un pas peu rapide, s'y pren- * dnit-elle pour secourir une cavalerie qui serait aliée cueillir des lauriers sur im potet éloigné delà position qu'éRe occupe? Le seul moyen d*y remédier serait d^enjotndre à la cavalerie de revenîrsnr ses pas, se ranger seus la protection de Tanne qui est destinée pour la seconder. Mais c'est aussi le seul cas ou ces deux armes peirveAt perdre les prérogatives qi»i réstAtent de le«r combinaison , et dans lequel la lenteur du meuyement de Tinfairterie lui ra^it les moyens de suivre 4a cavalerie dans ses engageneiits. Pour totis les autres cas, un combat engagé sous la fN*otection de ces deux armes cembioées peut être soutenu avec avantage et
SBCCès.
Les troupes légères des deux armes débandées devant le front des lignes formeront tes rideaux nécessaires , sous lesquels les masses entreprendront leurs manœuvres et leurs mouvements offenstfs. Pourvu que chaque arme remplisse le devoir qui lui est prescrit par sa nature, le succès répondra à l'attente et aux résultats qu'on est en droit d'en exiger.
Supposant que l'ennemi possède même quelques pièces de canon à sa disposition, cette force lui donnera, il est vrai, plusieurs prérogatives; mais s'il est pardonnable à un mililûre de ne pas pouvoir toujours asservir les circoDstances , il est inexcusable de s'en laisser wbjuguer. Manque-t-K>n de moyens physiques, c'est alors le moment d'y suppléer par la ruse.
Si nous ne pouvons pas riposter à notre ennemi par la combinaison des mêmes armes , cherchons alors à obvier à cette pénurie par remploi que nous ferons de nos troupes légères. II est tout simple que l'ennemi, qui a de l'artillerie à sa disposition , n'ira pas en prodiguer les coups contre des hommes isolés. Qui employa jamais le canon pour ne tuer qu'un bomme? Au reste, tant mieux s'il le faisait.
Sans nous faire essuyer de grandes pertes, il finirait par épuiser ses cartouches, et rétablirait l'équilibre de moyens.
L'essentiel, dans des cas pareils, sera donc de disposer ses troupes de manière à ce que l^ntiHerie ne puisse découvrir devant elle que
des troupes en débandade , contre lesquelles l'effet de ses feux d'artillerie ne serait que peu meurtrier. Les «masses d'infanterie et de cavalerie , couvertes par les accidents du terrain et les troupes légères, maneeuvreronl sous la protection de ces abris, de manière i pouvoir éviter autant que fKxssible la direction des trajectoifes, et, par conséquent, se «ousirairontdu moins à une partie des prajectiles des ennemis.
L'artillerie étant ^stement l'arme qui assurera la prépondérance des adversaires, c'est sur «lie aussi qu'on dirigera les regards, et la cavalerie -cliercbera à s'en emparer pour égaliser les chances. Nous avons déjà vU p»r quet procédé et par qudie manœuvre, la cavalerie peut s'emparer d'une batterie.
SommesHious dans le cas de prononcer un mouvement oflSpuMf avec une des deux armes; . privés d'artillerie, le choc sera peut-être plus douteux ; mais il est loin d'être inexécutable. L'infanterie, forméeenc^onnes par bataiâons, disposée d'après les avantages du terraîn^fu'elle devra parcourir, fera éclairer son mouvement par des tirailleurs habiles, qui dberoheroBt à nettoyer l'espace qu'il faudra franchir pour en venir aux mains. Si le terrain le permet, cette masse d'infanterie sera suivie par •quelques escadrons de cavalerie, dont le devoir sera d'^épier la disposition des ennemis, et s'ils se propoffent de recevoir les assaillants formés dans l'ordre 'mince, de tomber sur eux et paralysa entièrement leurs moyens de défense.
Si la circonstance nous prescrit de prooéder tra choc avec une masse de cavalerie, l'infanterie ne pouvant la suivre dans son mouvement, nous chercherons du moins à prévenir les suites funestes d'un échec malheureux et d'une débandade désavantageuse, en offrant, par notre infanterie , qu'on fera manoeuvrer dans le sens et la direction de l'attaque de la cavalerie, une égide protectrice sous laquelle cette arme ira se reformer et voler à de nouveaux lauriers.
Au reste, il e^, je crois, très-rare qu'une masse un peu forte d'infanterie et de cavalerie soit engagée sans qu'on la soutienne par de l'artillerie. Pour ce qui regarde son engagement dans le courant d'une bataille^ comme on a toujours de l'artillerie à sa disposition, ce serait même commettre une grande iknte que de ne pas faire coopérer en quelque sorte l'i
EXAMEN RAISONNÉ
lion de rartillerie avec celle des deux armes. En nous conformant à cette hypothèse , Faction combinée de Tinfanterie et de la cavalerie ne pourrait avoir lieu, le plus souvent, que .dans des occasions qui n'exigeront qu'âne force insigniGante,donl Faction se réduirait aux engagements d'avant-postes, de patrouilles et de grand'gardes. Les reconnaissances mêmes qui auraient quelque but un peu important et la possibilité de rencontrer un ennemi puissant , ne doivent se faire que sous les auspices des trois armes , et à moins que ce ne soit une recherche qui appartienne an domaine des patrouilles, toutes. les fois qu^on voudra reconnaître les avantages du terrain , la position que l'ennemi occupe, ou bien les forces dont il peut faire usage , on cond>inera les trois armes. . Ce n'est que de cette manière qu'on pourra subjuguer les différentes chances du combat et surmonter les difficultés que le terrain, l'ennemi et les circonstances opposent si souvent à Faction des différentes armes.
Combinaiêon de l'infanterie ^ la cavalerie
et l'artillerie,
La combinaison des trois armes est le maximum de la force tactique. Elle renferme en elle tous les éléments nécessaires pour satisfaire à tous les cas, pour prévenir tous les accidents, pour remédier à tous les maux et remporter tous les avantages. La base de cette combinaison, comme toutes les probabilités de sa réussite, reposent sur Fordonnance, Féducation , la disposition et le courage des troupes, ainsi que sur un certain équilibre de forces physiques. En adoptant, et avec justice, les quatre premières vertus, non-seulement comme probables, mais comme inhérentes à Finstitution des trois armes (i) , et le cinquième cas comme gage du discernement du chef, qui évite le combat, s'il est persuadé de combattre une force triple de celle dont il peut disposer, nous surmonterons toutes les difficultés que ces considérations matérielles pourraient nous opposer, et nous marcherons d'un pas plus hardi dans nos discussions scientiGques.
(i) Car, sans cette supposition, il serait même difficile de se soustraire à toutes les objections qu^il serait possible d'émettre.
La combinaison des trois armes est le foyer où se concentrent tous les rayons qui composent la force de chaque arme individuellement et celle de leur liaison deux à deux; tandis que nous trouvons dans la force et les propriétés inhérentes à la nature de chacune d^eiles, pourvu qu'on en fasse usage avec discernement et justesse , des éléments suffisants pour soustraire leur action combinée à ces échecs dangereux que nous devons envisager comme le3 avant-coureurs des défaites.
Comme armes offensives , l'infanterie el la cavalerie possèdent de grandes prérogatives, et les éléments de leur force sont augmentés par les moyens destructeurs de l'artillerie.
Dans la défensive, Finfanterie sert d'égide protectrice aux deux autres armes. La cavalerie se reforme sous sa protection , l'artillerie, sous ses auspices, n'interrompt pas ses feux. L'infanterie se trouve-t-elle prise au dépourvu par la cavalerie ennemie, notre cavalerie vole à son secours et remédie au mal. L'artillerie ennemie a-t-elle pris nos masses pour but, el ses effets deviennent-ils sensibles, nos batteries s'avancent et cherchent , par un feu plus nourri, à ralentir et même à suspendre celui des ennemis. Les modulations du combat nous ontelles apprêté le moment de prononcer un mouvement offensif, dont un choc doit être la suite, nous possédons plusieurs combinaisons différentes pour les exécuter. Elles seront adaptées au terrain, à l'ennemi qu'on se propose de combattre^ et à la proximité de la sphère dans laquelle on doit agir, çt nous pro^ nonçons alors notre mouvement offensif d'après une des manières suivantes :
i° Avec de Finfanterie ;
2® Avec de la cavalerie ;
3^ Avec de Finfanterie et de l'artillerie;
4® Avec de la cavalerie et de l'artillerie;
5® Avec de la cavalerie el de Finfanterie; ou bien
6® Avec de Finfanterie , de la cavalerie et de l'artillerie.
Il n'y a pas de doute que ces six cas, différant par leur composition, doivent dîlfêrer aussi par leur emploi et leurs résultats. Le principal sera toujours que la combinaison corresponde au terrain , son action au moment et à l'ennemi qu'on veut combattre , et que chaque arme prenne une part active dans la tâche
DES TROIS ARMES
qu'on lui réserve , el n'entravé pas» par une marche talonnante ou une action craintive et lente, ni les combinaisons antécédentes, ni les résultats qu'on en attend.
Sous le rapport de la réciprocité de leur soutien , Faction des trois armes peut être comparée à une machine de mécanique » qui ne peut se mouvoir avec régularité et dans le sens de son principe, que tant que tous les rouages remplissent leur devoir et répondent au but qu'on a désigné à chacun d'eux. Qu'une des parties qui composent ce tout, quelquefois si compliqué, soit inGdèle à son devoir, son action devient nulle; que les trois armes ue se sontiennent pas réciproquement, comme la nature et leurs propriétés l'exigent, elles perdront leur force inhérente, et on marchera à grands pas au-devant d'une défaite.
Nous avons déjà vu qu'on se trouvait rarement dans le cas de prononcer un mouvement ofFennf sur toute une ligne de bataille; par conséquent, les engagements de deux partis ennemis, qui ont un choc pour résultat, ne sont ordinairement que partiels, et peuvent être facilement ramenés aux six combinaisons dont je viens de donner l'énumération.
Nous connaissons déjà , par nos discussions précédentes, la formation des armes, le moment et la manière de procéder à l'engagement pour les cinq premiers cas, il ne nous reste donc qu'à considérer l'action du sixième.
L'ensemble d'une action générale appartient exclusivement à la combinaison des trois armes, et c^est aussi celle que nous voyons ordinairement figurer sur les champs de bataille; mais ce n'est pas le cas par rapport aux mouvements partiels dont un choc est le résultat. Les différentes combinaisons devant correspondre au terrain, il est aisé de se convaincre que celle des trois armes, par sa complication, pourra rarement être mise offensivement et simultanément en action. Aussi , dans tous les exemples que nous offrent les batailles modernes, nous voyons rarement une masse , à l'instar de celle que Napoléon fit agir à la bataille d'Austerlitz, composée d'infanterie, de cavalerie et d'artillerie, employée pour le même choc.
Comprenant en elle tous les éléments de la force tactique, son efficacité ne saurait être mise en doute , et si le terrain et les différentes allures des trois armes le permettaient tou-
jours, certes, cette combinaison ne pourrait avoir que d'heureux résultats. Offrant à elle seule toutes les. modulations des différentes combinaisons, elle peut aussi satisfaire à tous les cas.
Mais supposant que le cas ait lieu, voyons la disposition dont on devra se servir. Nous venons de voir que toutes les fois qu'on engagede l'artillerie, le cas présuppose une nécessité d'efforts destructeurs, et, par conséquent, il faut donuer un libre cours à ses feux. Dans tous les cas où on se servira de cette combinaison, les batteries devanceront donc les deux autres armes. Mais l'emplacement de l'infanterie et de la cavalerie derrière les batteries sera adapté, je ne dirai plus au terrain, car il faut supposer que, si on engage une masse composée des trois armes, les accidents du terrain favorisent leur action, mais à la circonstance et à l'ennemi qu'on se propose de combattre en ramenant la disposition des troupes aux principes que j'ai déjà discutés.
L'action offensive et défensive des troupes, d'après les différentes combinaisons et les principes que je viens d'émettre, forme justement les modulations dont se composent les batailles , dont je me réserve d'offrir de courtes dissertations dans le chapitre suivant, et qui contiendront les moments les plus intéressants, et surtout ceux qui ont le plus influé sur l'issue de ces luttes sanglantes.
SECTION iir.