Cemme ligne de défense
Les plateaux hydrographiques de ces niasses d'eau se trouvant, ordinairement, sur des ter^ rains élevés , serviront aussi d'indication pour la recherche des points culminants , dont les avantages sont d'autant plus grands, qa'en dominant sur les terrains environnants, la nature semble leur avoir accordé des avantages incontestables , que la tactique ne peut que rendre plus positifs encore.
Tout ce qui regarde les principaux changements de direction des fleuves, les affluents qui, en déchirant la surface de la terre en sens différents, circonscrivent des sections difTérentes aussi; les berges, les gués, etc., tous ces objets appartenant aux détails, nous font un devoir d'y revenir plus tard.
En avançant vers l'ouest, l'attention da militaire se voit attirée par les fameux marais du Pripet, terrain inculte, dont les eaux stagnantes et basses, rendent tout moyeu naturel de communication impossible. Resserrée entre le Dnèpre et le Niémen, cette création vicieuse partage la partie de la Russie comprise entre le Niémen, la Duna et le Dnèpre en deux sphères , qui pourraient rester inconnues Tune à l'autre, si la main de l'homme n^avait pas employé les secours de l'art pour se frayer des voies, qui n'en restent pas moins aussi difficiles que rares. Par rapport à la stratégie, cette bai^ rière naturelle formée par un terrain aqueux, n'offrant que des difficultés à surmonter, des commuiycations très-rai*es et dénuées de propriétés, nous fait une loi de l'éviter, et rend les deux sections du nord et du midi de la Russie, à peu près étrangères Tune à Tautre, et les constitue en sphères indépendantes, dont l'intégrité repose sur les propriétés que la nature a fait tomber à chacune d'elles en partage.
DE LA, STRATliélE.
En fraDchûsant le Niémen pour aller chercher de nouveaux phénomènes et puiser de nouvelles idéeSf le militaire parcourt de vastes plaines, où son œil ne rencontre d'autres obstacles, pour les embrasser dans leur ensemble, que des forêts dont Télévation les cache à sa vue, quelquefois dans leur totalité, souvent dans leurs parties. En franchissant ces taillis, il remarque les propriétés du sol sur lequel ils reposent. L'égalité de la surface du terrain qu'il parcourt, la facilité avec laquelle il franchit ces rideaux, déterminent à son esprit leurs propriétés, qui consistent plutôt dans la possibilité de cacher les mouvements, que d'apporter des diflBicultés pour s'y opposer. Les plaines que la main de l'homme a arrachées à leur état de barbarie , étant les terrains où les jprandes masses peuvent se rassembler, se mouvoir avec facilité, et où l'homme trouve plusieurs abris pour se défendre contre son adversaire, deviendront ces champs de carnage où le choc des belligérants décidera la querelle en faveur de l'un ou de l'autre parti.
En changeant de direction vers le sud , le militaire se voit arrrété par la chaîne des monts Krapacks, qui servent aux pays autrichiens de rempart contre l'invasion des peuples du nord de l'Allemagne. Leurs flancs ceignent la Hongrie , la Moravie , se joignent au Riesengebirge et à l'Erz, ainsi qu'aux sillons latéraux du Fichtelberg et du Harz, et forment un système continu qui s'étend d*un côté vers l'ouest et de Tautre vers le nord.
Ces masses de terrain en boursouflure , restes antiques des premières cristallisations, que l'œil observateur de l'homme ne saurait cependant saisir que dans leur ensemble, et dont les détails , par leur complication et leur irrégularité, échappent aux combinaisons les plus savantes et les plus subtiles, ne manquent pas de se caractériser par rapport à la stratégie par des propriétés distincle8« qui dérivent de leur configuration, des difficultés qu'elles engendrent et de la résistaDce qu'elles peuvent favoriser.
Véritables labyrinthes, les chaînes de montagnes se trouvent rarement isolées; mais se n*produisent ordinairement par des chaînes latérales ou divergentes. N'étant soumises à aucun ordre déterminé, nous les voyons se rroiser dans des directions diSil'entes, former
des nodosités d'où jaillissent de nouveaux sillons, lier souvent ensemble plusieurs systèmes de montagnes, qui forment un rempart bériisé de diflicuUés, que la barbarie de. la nature né lait que multiplier.. ,;/ ,
L'élévation des sommets, l'abaissement des vallées, rendent, en général, ce teirain diffi«cile à franchir, tandis que i'angustie des enfoncements s'oppose k la facilité du passage pour un certain nombre d'hommes. La direction irrégulière de ces vallées, qui suivent les chaînes dans leur divergence, qui décrivent des lignes tortueuses et souvent croisées, en rend la connaissance détaillée très-diiBcile , et leur attaque dangereuse contre un ennemi vigilant et circonspect.
Les chaînes de montagnes par rapport à ]a stratégie doivent être envisagées sous cinq points de vue difiérents :
i . Sous le rapport de la direction des chaînes principales, qui détermine la forme des revers;
2. Sous le rapport de la direction. des versants auxquels sont subordonnées la difficulté ou la facilité des pentes; , .
3. Sous le rapport du nœud des vaU4^;! . i. Sous le rapport des points culmînantSi; 5. Sous celui des contreforts. ;
La direction tortueuse des dialneff.^Dcî* pales, en déterminant la forme des revers, doit, par la configuratioa qui en provient, influer nécessairement sur les déterminations de ]^ stratégie et en multiplier les combinaisMfR Les angles saillants ou rentrants que formi^t les chaînes, en découpant des sections d^ ler^ rain de la même forme , offrent à leurs possesr seurs tant de moyens faciles d'en défendre Jea approches , que ce n'est ordinairement qu'à la suite de profondes combinaiaonset d'une grande circonspection, que les assaillants parviennent à les forcer , sans courir les chances désavantageuses d'un débordement ou d'une ttt^ue inopinée.
L'escalade des pentes, en paralysant dans les assaillants les facultés de la déiense , mârile une attention d'autant plus grande, que la direction de ces pentes, détermine aussi celle des enfoncements , et sert de guide dans le choix des voies les plussûres et les plus avantageuses.
Après avoir surmonté de grandes difficultés, c'est le nœud des valMes qui devient le lieu de repos et de rassemblement des troupes. G^
MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES
nœuds étant aussi les foyers où aboutissent plusieurs rayons , sont , ordinairement , les points les plus importants de la défensive , où les réserves peuvent se rassembler, et qui décident de Tissu du passage. On peut les envisager comme les points tactiques du système de montagnes.
Les points culminants sont les points stratégiques des chaines. Les commandements qu'ils prennent sur les passages, leur accx)rdent une importance majeure dans la guerre de montagnes. On peut les envisager » en général , comme les noyaux des chaines; et en les occupant avec discernement et ensemble, les avantages qu^on en recueille sont incalculables.
Les contreforts, en formant les vallées transversales, en font autant de positions de flanc , qui sont les plus fermes appuis delà défensive, et dont la possession devient le sine quà non des mouvements offensifs.
Nous voyons donc , qu'en général, ces sortes de remparts que la nature semble avoir élevés pour servir de boulevard aux empireset contre lesquels les efforts de Thomme viennent souvent se briser , sont d'un avantage positif pour la défensive, et peuvent être considérés comme les barrières naturelles qui oflVent le plus de difficultés à surmonter.
Les taillis d'une grande dimension ont quelque analogie avec le système de montagnes , ear leurs entrées et leurs éclaircies ont les mêmes propriétés que les cols et les nœuds des vallées.
Tous ces produits de la création de la nature, comme fleuves, système de montagnes, forêts, etc., dont nous venons de parler, tout en influant d'une manière positive sur les combinaisons de la stratégie, ne sont pas cependant des objets contre lesquels le militaire se voie obligé de lutter toujours de front, caries fleuves et les forêts peuvent souvent être tournés, le système de montagnes peut quelquefois être évité, et, dans ce cas, ces objets ne conservent plus une influence directe sur les résultats stratégiques.
!^ réseau des communications que la main de l'honune a étendu sur la surface de la terre doit, au contraire, être considéré comme la base de toutes les combinaisons stratégiques, qui ne peuvent être effectuées que par des mouvements. Les routes sont, pour ainsi dire.
les organes vitaux de la stratégie; car ce sont elles qui conduisent aux objets de la possession desquels dépend souvent le sort de la guerre. Les routes unissent les capitales avec les villes, les villes avec les villages, les villages avec les terrains environnants. Elles coupent dans tous les sens les chaines de montagnes, les forêts, les fleuves et les plaines, en égalisant les surfaces des parties de terrain qu'elles traversent et mettent ainsi , par des communications faciles, toutes les parties de la surface du globe en contact entre elles.
Les routes que la stratégie peut considérer comme applicables à la science, sont celles qui sont praticables pour toutes sortes de voitures, et surtout pour l'artillerie. Leur largeur, quoiqu'étant d'un grand avantage pour les mouvements, n'est pas cependant une de ces prérogatives dont on ne puisse se passer, lorsque le terrain est d'une solidité constante, pourvu que ces routes ne soient pas de ces chemins accidentels, qui aillent se perdre dans des forêts ou dans des terrains impraticables.
C'est ainsi que, dans la contexture de la surface du globe, nous voyons s'offrir à notre attention et à notre perspicacité les premières lois de la stratégie, auxquelles le génie de rhomme a su donner une force positive, et dont son esprit investigateur a su multiplier les ressources et régulariser les éléments.
En approfondissant les lois primitives de la création, comment l'esprit attentif de lliomine n'y reconnaitrait-il pas des objets dignes de sa constante admiration? Presque tout est sublime dans la nature, il ne manque souvent que le génie de l'homme pour en développer les ressources.
Si, dans l'ossature de la terre, nous remarquons souvent des formes bizarres, des relieb d'une nature hideuse, une configuration toujours irrégulière, des régions de terrain d'alluvion , dont le sol barbare a ravi toutes les propriétés; telle que la lone sabloneuse qui, depuis le cap Bojador jusqu'au delà de l'Indus, traverse l'Afrique et l'Asie, produits non douteux des convulsions fréquentes auxquelles le globe a été soumis; d'un autre côté, nous ne pouvons néanmoins y méconnaître des dispositions positives, auxquelles se rattachent, en général, les richesses des nations et l'équilibre poliliauc des peuples.
UB LA STRATÉGIEw
Considérons aussi comme un bienfait du créateur le rôle qu'il a laissé à Thomme, au génie duquel il était réservé d'obtenir de fréquents triomphes sur cette nature inerte; mais dont les ressources sont si nombreuses, qu'elles
ont échappé, pendant longtemps, aux calculs les plus subtils, et ne se sont reproduites qu'à la suite de méditations profondes, constantes et consacrées par des siècles de travaux assidus.
MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES
nœuds étant aussi les foyers où aboutissent plusieurs rayons , sont , ordinairement , les points les plus importants de la défensive , où les réserves peuvent se rassembler, et qui décident de Tissu du passage. On peut les envisager comme les points tactiques du système de montagnes.
Les points culminants sont les points stratégiques des chaines. Les commandements quMls prennent sur les passages, leur accordent une importance majeure dans la guerre de montagnes. On peut les envisager » en général , comme les noyaux des chaines; et en les occupant avec discernement et ensemble , les avantages qu'on en recueille sont incalculables.
Les contreforts, en formant les vallées transversales, en font autant de positions de flanc , qui sont les plus fermes appuis delà défensive, et dont la possession devient le sine qnà non des mouvements offensifs.
Nous voyons donc , qu*cn général, ces sortes de remparts que la nature semble avoir élevés pour servir de boulevard aux empireset contre lesquels les efforts de Thomme viennent souvent se briser, sont d*un avantage positif pour la défensive, et peuvent être considérés comme les barrières naturelles qui offrent le plus de difficultés à surmonter.
Les taillis d*une grande dimension ont quelque analogie avec le système de montagnes , car leurs entrées et leurs éclaircies ont les mêmes propriétés que les cols et les nonids des vallées.
Tous ces produits de la création de la nature, comme fleuves, système de montagnes, forêts, etc., dont nous venons de parler, tout en influant d'une manière positive sur les combinaisons de la stratégie, ne sont pas cependant des objets contre lesquels le militaire se voie obligé de lutter toujours de front, caries fleuves et les forêts peuvent souvent être tournés, le système de montagnes peut quelquefois être évité, et, dans ce cas, ces objets ne conservent plus une influence directe sur les résultats stratégiques.
Le réseau des communications que la main de l'homme a étendu sur la surface de la terre doit, au contraire, être considéré comme la base de toutes les combinaisons stratégiques, qui ne peuvent être effectuées que par des mouvements. Les routes sont , pour ainsi dire.
les organes vitaux de la stratégie; car ce sont elles qui conduisent aux objets de la possession desquels dépend souvent le sort de la guerre. Les routes unissent les capitales avec les villes, les villes avec les villages, les villages avec les terrains environnants. Elles coupent dans tous les sens les chaines de montagnes, les forêts, les fleuves et les plaines, en égalisant les surfaces des parties de terrain qu'elles traversent et mettent ainsi , par des communications faciles, toutes les parties de la surface du globe en contact entre elles.
Les routes que la stratégie peut considérer comme applicables à la science, sont celles qui sont praticables pour toutes sortes de voitures, et surtout pour l'artillerie. Leur largeur, quoiqu'élant d'un grand avantage pour les mouvements , n'est pas cependant une de ces prérogatives dont on ne puisse se passer, lorsque le terrain est d'une solidité constante, pourvu que ces routes ne soient pas de ces chemins accidentels, qui aillent se perdre dans des forêts ou dans des terrains impraticables.
C'est ainsi que, dans la contexture de la sor^ face du globe, nous voyons s'offrir à notre attention et à notre perspicacité les premières lois de la stratégie, auxquelles le génie de rhomme a su donner une force positive, et dont son esprit investigateur a su multiplier les ressources et régulariser les éléments.
En approfondissant les lois primitives de la création, comment Tesprit attentif de Thomme n'y reconnaitrait-il pas des objets dignes de sa constante admiration? Presque tout est sublime dans la nature, il ne manque souvent que le génie de l'homme pour en développer les ressources.
Si, dans l'ossature de la terre, nous remarquons souvent des formes bizarres, des relieb d'une nature hideuse, une configuration toujours irrégulière, des régions de terrain d'alluvion, dont le sol barbare a ravi toutes les propriétés; telle que la lone sabloneuse qui, depuis le cap Bojador jusqu'au delà de l'Indus, traverse l'Afrique et l'Asie, produits non douteux des convulsions fréquentes auxquelles le globe a été soumis; d'un autre côté, nous ne pouvons néanmoins y méconnaître des dispositions positives, auxquelles se rattachent, en général, les richesses des nations et l'équilibre poliliaue des peuples.
UB LA STRATÉGIE
Considérons aussi comme un bienfait du créateur le rôle qu'il a laissé à l'homme, au génie duquel il étail réservé d'obtenir de fréquents triomphes sur cette nature inerte; mais dont les ressources sont si nombreuses, qu'elles
ont échappé, pendant longtemps, aux calculs les plus subtils, et ne se sont reproduites qu'à la suite de méditations profondes, constantes et consacrées par des siècles de travaux assidus.
MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES