‹ Considérations sur les pauses cardiaques de longue durée dans la maladie de Stokes-AdamsChapitre 17 sur 50 · MAO WE · texte numérisé non relu

MAO WE

— Cette intéressante observation ne comporte maiheureusement pas dé tracés. Elle est remarquable par la longueur des pauses et par le fait que celles-ci se sont reproduites aussi longtemps que le rythme de reprise est résté tachycardiaque.

OBSERVATION IV. — Josué [55]

Résumé : Malade âgé de 59 ans, soigné pendant un an pour syndrome de Stokes-Adams et mort de bronchopneumonie. ;

En dehors des ‘crises de ralentissement, dissociation incomplète typé 2/1, pouls à 22/26. Sur les tracés: prépondérance gauche. s

Pendant les crises : pouls à 18-20 et même 15, dissociation complète, arrêts prolongés des ventricules. L’un de ces arrêts, enregistré, a atteint 11”.

Après les pauses et au voisinage de la mort, tachycardie « complète » à 85 sans dissociation.

— L'apparition de cette tachycardie « complète » terminale est un phénomène assez inattendu que lauteur a bien remarqué, mais dont l’explication reste difficile.

OBSERVATION V: — De Marval et Vivoli

(Analyse des Archives des maladies du cœur) [81]

Italien de 48 ans syphilisé à 23 ans, pris d’étouffements et de douleurs six mois avant son entrée à l’hôpital. Douze jours avant la mort, il présenta des syncopes d’abord espacées, puis presque subintrantes. Le pouls était à 48 avec quelques irrégularités, il se ralen-

LÉ AANRES

tissait à 32 avant les attaques, pour s’arrêter. On put compter une pause de 1’ 26” ; enfin il s’accélérait à 80- 100 après l'attaque. L’une d’elles se termina par la mort. |

L’autopsie montra des lésions syphilitiques typiques de l’aorte et des formations septales.

EN

OBSERVATION VI. —— Michel, Poumailloux et Pierre [85]

Résumé : Malade de 62 ans, insuffisant cardiaque et rénal, ancien syphilitique, hospitalisé pour syndrome de Stokes-Adams. Au cours de son séjour à l’hôpital, après épreuve de l'effort, le pouls s’accéléra à 85-90 et cette tachycardie fut bientôt suivie d’une pause de 16” avec perte de connaissance et ébauche de convulsions seulement à la fin de la pause.

Après traitement par le cyanure de mercure, disparition du pouls lent et de la dissociation complète. Seul persiste un espace PR un peu augmenté : 19°/100.

Les auteurs concluent à une artérite probable de l’artère ventriculaire antérieure.

OBSERVATION VII. — Géraudel, Laigne-Lavastine

et Boquien [47]

En partie résumée : Femme de 78 ans, entrée à l’hôpital pour pertes de connaissance datant de un an.

Examen à l’entrée : pouls à 27 en bloc total, systoles en écho auxquelles correspondent des battements de la jugulaire externe droite. T. A. à 21-5.

A la radioscopie : augmentation du ventricule gauche. Examen rénal : albuminurie à 2 gr. par litre, azotémie à 2 gr.

Les crises syncopales sont fréquentes. Un fort ralentissement suivi d’arrèt du pouls précède la perte de connaissance, puis les téguments palissent, les traits sont figés, les membres immobiles et raïdis, le regard dévié vers la droite. Le réflexe à la lumière est supprimé, Les pupilles se dilatent, la gauche plus que la droite. On constate pendant une période très courte un signe de Babinski bilatéral. |

Le pouls a disparu pendant les 30 ou 40” que dure cette première phase syncopale, phase de vaso-constriction et de contraction tonique. La respiration cependant est ample et précipitée. La seconde phase s’ouvre par des secousses cloniques. Les pupilles reviennent en myosis, le réflexe lumineux reparaît. La respiration s’arrête pendant près d’une minute. La vaso-dilatation périphérique remplace la vaso-constriction, le visage devient vultueux, le pouls reparaît et s’accélère rapidement, passant à 54-60. La tension artérielle, impossible à mesurer pendant les crises, remonte à 25-7. En même temps que le pouls s’accélère, les mouvements respiratoires se rétablissent. Enfin, la connaissance reparaît.

La fréquence des crises a augmenté régulièrement. Elles se produisaient d’abord toutes les 10 minutes environ pendant les trois premiers jours de l’hospitalisation. Rapidement elles devinrent subintrantes. On en comptait 38 en une heure, au bout de trois mois et demi ; à cette époque, le plus long arrêt du pouls a été de 40”, le plus court de 15”. La mort survint quelques jours après, par syncope.

Les tracés électrocardiographiques sont divisés par les auteurs en deux groupes. Le premier montre une dissociation auriculo-ventriculaire par bloc total, le second une dissociation avec interférence. Alors que le

LoAGes

rapport du nombre des battements auriculaires au nombre des battements ventriculaires est voisin de deux dans le premier cas, il est voisin de un dans le second, mais on ne trouve aucune capture ventriculaire indiscutable. C’est dans ce second type de tracés que l’on rencontre la plupart des longues pauses ventriculaires.

Six pauses ont été enregistrées, dont deux reproduites mesurent respectivement 21” et 16”. Le rythme des pulsations cardiaques dans les secondes qui précédaient les pauses est donné par les auteurs. Nous retiendrons que, sauf pour une pause durant laqueile ce rythme était voisin de 30, dans tous les autres cas le cœur battait aux environs de 60 et commençait à se ralentir 5 à 10” avant la pause, les diastoles s’allongeant de plus en plus jusqu’à l’arrêt cardiaque complet. Après les pauses, le rythme était pendant une phase plus ou moins longue voisin du type 1/1, repassait au rythme 3/1, puis 2/1, enfin 1/1.

OBSERVATION VIII. — P. Soulié [99]

En partie résumée : Femme de 68 ans, hospitalisée pour un état de mal convulsif, conséquence d’une dissociation auriculo-ventriculaire apparue brutalement deux années plus tôt.

Les examens pratiqués avant l'entrée avaient montré une dissociation du type 2/1, la tension artérielle était à 28-12.

Le jour de l'entrée, l'examen en période de calme montrait les symptômes suivants : malade pâle, couverte de sueurs, pupilles en mydriase, pas de symptômes d’atteinte pyramidale notable : cœur battant à 44, montrant à l’auscultation des bruits sourds et un souffle systolique assez intense de la pointe. T.A. à 24-10. A l’élec-

ER P'opr nl

trocardiogramme : dissociation type 2/1 avec déformation des complexes ventriculaires du type bloc de branche droite.

Dès la fin de la soirée, à partir de 23 h. 30, commen- cèrent toute une série d’épisodes convulsifs liés à de longues pauses ventriculaires dont certaines purent être . enregistrées.

Etude d'une des pauses : Quelques minutes avant le début, de graves troubles de conductibilité des branches apparaissent, et l’on voit le complexe ventriculaire prendre /tantôt le type de bloc de branche droite, tantôt le He de bloc de branche gauche. Insensiblement la dissociation se transforme et devient complète. Une minute avant la pause, les complexes ventriculaires changent de sens et le voltage s'écrase totalement. Survient le stoppage ventriculaire. La ligne iso-électrique est très légèrement tremblée. Cinq secondes après le début de la pause, la respiration jusqu'alors ample, mais régulière, prend un rythme du type Cheyne-Stokes à cadence rapide. Rapidement une polypnée à 60 lui succède pendant 40” pour aboutir, à une apnée totale. L'aspect est celui de la mort apparente. La pause ventriculaire dure en tout 110”, puis l’activité ventriculaire reprend, d’abord sous forme de contractions isolées tantôt à type d’extrasystoles droites, tantôt à type d’extra-systoles gauches, qui se groupent bientôt en une crise de tachycardie ventriculaire passant d’abord dans la branche droite, puis dans la branche gauche. Dès les premières contractions ventriculaires, après une respiration suspirieuse, le rythme respiratoire normal reprend, ample mais sans pauses, à 18 par minute environ. Cette crise de tachycardie ventriculaire dure 10 minutes pendant lesquelles on‘trouve des fragments revêtant tantôt le type ventri-

Page 1