ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Nous n’avons pas l'intention d’examiner ici, même succinctement, l’ensemble des travaux qui ont été faits sur cette question. Après avoir rapidement passé en revue les conceptions anciennes, nous nous arrêterons plus longuement aux travaux modernes qui ont apporté des bases solides au sujet qui nous occupe. Nous voulons parler des travaux de Géraudel en France et de Mahaim en Suisse.
I. AVANT L'ÉPOQUE ACTUELLE : l'étude anatomopathologique de la maladie de Stokes-Adams groupait deux ordres de faits :
1° Des cas où le syndrome n’avait été accompagné d'aucune lésion du faisceau de His ;
2° Des cas oùla lésion hisienne était reconnue.
La question se compliquait d’ailleurs du fait que des lésions hisiennes avaient été trouvées chez des sujets n'ayant jamais présenté ni syndrome clinique : ni troubles électrocardiographiques à type de dissociation.
Dans le premier ordre de faits, on peut faire rentrer les observations suivantes : Mollard, Dumas et Rebattu (1911), Renon, Géraudel et Thibaut (1913),
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Rathery et Lian (1913), Esmein (1910), Sicard et Roger (1917).
Dans certains de ces cas, l’autopsie avait montré des lésions nerveuses, soit du pneumogastrique, soit de l’angle ponto-cérébelleux (Sicard et Roger).
Dans le deuxième ordre de faits rentrent les altérations hisiennes trouvées chez des sujets ayant présenté un pouls lent permanent. Il s’agit de lésions fibreuses, fibrocalcaires, graisseuses, d’infarctus de la cloison, de gommes syphilitiques, d’altérations congénitales.
On a voulu, il y a trente ans, faire jouer un grand rôle à la syphilis dans l’étiologie de la maladie de Stokes-Adams. Gallavardin, Vaquez, admettaient que 50 % des pouls lents permanents étaient d’origine spécifique. Cette notion n’est plus admise à l'heure actuelle (Bickel).
Assez rarement on a cité des cas de syndromes de Stokes-Adams liés à une myocardite tuberculeuse (Meyer et Oberling), à une endocardite maligne (Le- : nègre), à une pneumonie (Frommel et Thévenot). Plus souvent une simple dissociation auriculo-ventriculaire a été notée au cours du rhumatisme articulaire aigu et de la diphtérie surtout ; mais il s’agit en général, dans ces cas, de formes paroxystiques de dissociation.
Quelques auteurs ont publié des cas de bloc traumatique (Gallavardin).
IT. ACTUELLEMENT, il est à peu près généralement reconnu que la maladie de Stokes-Adams est liée à une lésion des branches coronariennes et aux altéra-
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tions hisiennes correspondantes. L'importance des lésions coronariennes, entrevue déjà par Adams, n’a été bien établie que ces dernières années par Géraudel et Mahaim.
L'étude de ces lésions nécessite l'examen microscopique de nombreuses coupes faites en série dans toutes les parties du cœur attenant au faisceau de His et à ses branches de division.