‹ Considérations sur les pauses cardiaques de longue durée dans la maladie de Stokes-AdamsChapitre 38 sur 50 · TRAVAUX DE GÉRAUDEL · texte numérisé non relu

TRAVAUX DE GÉRAUDEL

1° Rappel anatomique. — Rompant avec la nomenclature habituelle, Géraudel distingue les formations spécifiques du cœur en atrio-necteur qui correspond au nœud de Keithet F lack, et ventriculo-necteur, qui désigne l’ensemble formé par le nœud de Tawara, le faisceau de His et le réseau de Purkinje. Des deux branches de division du faisceau de His, la branche droite destinée au ventricule droit se porte à droite dans la bandelette ansiforme, elle a l'aspect d’un même cordon qui se divise à la base des piliers en fines ramifications ; la branche gauche est plus courte et plus étalée, elle se divise en deux branches secondaires pour chacun des piliers du ventricule gauche, puis en de nombreuses fibres terminales.

À chaque formation spécifique est dévolue une artère propre. L’artère de l’atrio-necteur a une origine variable en un point quelconque du cercle coronaire, elle peut même avoir une origine extra-cardiaque. L’artère du ventriculo-necteur est fournie neuf fois sur dix par la coronaire droite, c’est la plus

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élevée des artères septales postérieures. La branche droite du faisceau recoit sa vascularisation de la coronaire antérieure ou gauche. La branche gauche a une irrigation à la fois antérieure et postérieure.

2% Les recherches anatomo-pathologiques de Gé: raudel. — Nous donnerons en quelques mots l’his-

toire des malades chez lesquels ces recherches furent

pratiquées, et le résultat de ces recherches.

Les observations que nous avons retrouvées sont les suivantes :

1° C’est l'observation. III que nous avons résumée plus haut. L’examen du faisceau de His seul a été fait et s’est montré négatif. Les lésions coronaires n'ayant pas été recherchées, il est impossible de conclure. [90]

2° Homme de 56 ans présentant un syndrome de Stokes-Adams à forme paroxystique et mort au cours d’une syncope.

Examen: le faisceau de His est débité en 1200 coupes de 7 # d'épaisseur dans la région de la cloison. Aucune lésion n’est décelable, mais la même dissection en coupes sériées de la région qui englobe l’artère du ventriculo-necteur montre à l'examen microscopique une forte sténose de ce vaisseau. [37] [40] [46]

3° Homme de 67 ans, insuffisant cardiaque, porteur d’un pouls lent à 36, 32, parfois même 24.

Examen : le faisceau de His est débité en 1240 coupes de 7 # d'épaisseur. On monte une coupe sur cinq de 0 à 500, une sur dix de 500 à 560, une sur vingt de 560 à 1240.

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Le ventriculo-necteur ne présente pas d’altérations, sa continuité n’est nulle part interrompu.

Même technique d'examen pour la région de l'artère du ventriculo-necteur : 278 coupes sont examinées.

« On constate que l’artère du ventriculo-necteur im- « médiatement après s’être détachée de la coronaire « souche, présente sur une longueur de 2 mm. environ < des lésions inflammatoires du type chronique abou- <tissant à un rétrécissement considérable de sa lu- « mière. »

Il existe par ailleurs d’autres foyers d’endartérite et des lésions de nécrose. [40] [43]

4°-Homme de 71 ans, ayant présenté à l’âge de 15 à 20 ans des crises convulsives avec perte de connaïissance, et plus tard des syncopes espacées. Pas de syphilis. Insuffisance aortique par aortite avec double souf- Île de la base. Bloc total avec légère atypie ventriculaire, mort subite.

Examen : le faisceau de His est débité en 920 coupes; une sur vingt est examinée.

Pas de lésions du ventriculo-necteur, mais le septum fibreux dans lequel il pénètre est altéré.

L’artère du V. N. vient de la coronaire droite. Au point où elle s’en détache, on remarque une sténose im-

portante des deux vaisseaux. [42]

5° Femme de 68 ans, atteinte d’une dissociation auriculo-ventriculaire complète à 84-38. T. A. à 25-8. L’examen radiologique montrait un cœur sénile avec ventricule gauche hypertrophié. La mort est survenue brusque-

ment, après une injection intraveineuse d’adrénaline.

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Examen : 1720 coupes sont pratiquées. Elles montrent une hyperplasie conjonctive avec foyers de nécrose du septum, une interruption totale du ventriculo-necteur, et une endartérite sténosante de son artère. [39]

6° Femme de 72 ans, présentant. un bloc total avec atypies ventriculaires. Les premiers accidents syncopaux dataient de une année ; une accalmie de dix mois les suivit et la malade mourut ensuite au cours d’une crise.

Examen : ventricule gauche un peu gros, athérome aortique très net, coronaires béantes, pas de lésions macroscopiques intracardiaques. 1440 coupes sont prati- : ‘quées.

Le septum présente des lésions de nécrose, il est épaissi, déformé. Le ventriculo-necteur présente également des lésions de nécrose qui interrompent son trajet, L’artère du V. N: montre des lésions d’endartérite

sténosante n’aboutissant cependant pas à l’oblitération. [44]

7° Algérien de 75 ans, probablement ancien syphilitique. Il présentait depuis plusieurs mois des troubles vertigineux et des signes d’asystolie. Les traces montraient une dissociation auriculo-ventriculaire avec bradyventriculie.

Examen : le septum est épaissi et présente des lésions de nécrose, Le ventriculo-necteur montre des lésions de nécrose aseptique; certaines régions sont le siège d’inflammation subaiguë. Il est interrompu.

L’artère du V. N. vient de la coronaïre gauche et présente de multiples lésions de sténose. [48]

8° Femme de 80 ans atteinte d'insuffisance ventriculaïre gauche et d’une dissociation auriculo-ventriculaire datant de trois ans. Morte au cours d’une congestion pulmonaire double.

Examen : le ventriculo-necteur n’est pas absolument normal mais ne présente aucune solution de continuité,

Le septum montre des lésions de sclérose et des traces de dégénérescence. L’artère du V. N. est épaissie et présente de grosses lésions d’endartérite qui obstruent presqu’entièrement sa lumière. [41] 5

9° Homme de 30 ans sans antécédents notables. Il présenta un syndrome aigu de Stokes-Adams qui aboutit en deux mois et demi à une syncope mortelle.

Examen : 1.600 coupes ont été faites.

Le septum et le faisceau de His étaient infiltrés par de nombreuses cellules traduisant un processus inflammatoire subaigu. La continuité du faisceau de His n’était cependant pas interrompue.

L’artère du V. N. présentait des lésions d’endartérite sténosante. [45]

10° Femme de 55 ans, syphilitique depuis l’âge de 18 ans. Elle présentait depuis deux ans des syncopes et des signes d'insuffisance cardiaque. La radioscopie montrait un ventricule gauche augmenté de volume. Les tracés révélaient une dissociation auriculo-ventriculaire complète. La mort survint par syncope.

Examen : cœur très dilaté, anévrysme de la cloison interventriculaire, faisant saillie dans le ventricule droit. Deux cent vingt coupes sont pratiquées.

Le septum est épaissi et sclérosé; le faisceau de His participe au processus inflammatoire général mais n’est

pas interrompu. Fait remarquable, on note une connexion entre la cloison interventriculaire et le faisceau de His qui ne présente pas de branches de bifurcation.

L’artère du V. N. montre des lésions d’endartérite avec diminution de la lumière du vaisseau mais sans ten-

dance à. l’oblitération, comme dans les cas précédents. [45] ANS

11° C’est le malade de l’observation VII.

Examen : le faisceau est débité en 1.440 coupes.

Le septum est épaissi et sclérosé; le faisceau de His ne

montre pas de lésions. L’artère du V. N. est atteinte d’endartérite sténosante. [47]

12° Voir observation XIII, page 56.

Dans ces douze observations, nous retrouvons à chaque fois des lésions d’artérite atteignant l’artère du ventriculo-necteur. Sauf dans les observations 10 et 11, ce vaisseau présente une sténose marquée dans tous les autres cas. Les lésions du faisceau de His sont inconstantes.

Géraudel en conclut que, même en l’absence de .esions du faisceau de His,-l’ischémie résultant de la sténose coronarienne diminue l’activité du ventriculoneCteur et entraîne de ce fait un ralentissement du rythme ventriculaire.

Comme nous le verrons plus loin, partant de cette hypothèse tirée de l’examen du cœur à l’état patho- ‘ogique, que certains troubles rythmiques peuveni relever de troubles circulatoires dans le domaine des formations spécifiques, Géraudel a édifié une théorie

sur le fonctionnement du cœur à l’état normal, basée

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