‹ Considérations sur les Piscines des Villes et des Stations ThermalesChapitre 8 sur 21 · ME 7 NET · texte numérisé non relu

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se, mais parfois à l’état de chlorure de chaux, que les anglais appellent « Bleaching powder » ; on a précunisé aussi l'emploi de la chloramine — mais ce produit nécessite une installation un peu plus compliquée et coûteuse et n’est guère employé beaucoup qu’en Allemagne.

Le Bulletin hebdomadaire du Bureau de l'hygiène de New-York nous apprend que.les piscines scolaires sont surveillées soigneusement. Des prélèvements d’eau ont lieu régulièrement ; on recherche la teneur en bactéries et en coli-bacilles. Si les analyses ne sont pas satisfaisantes, on ferme la piscine afin de procéder à une visite de l'installation ; si l’échantillon d’eau prélevé à l’effluent ne donne pas les mêmes résultats que celui prélevé à l’affluent, on admet que le maître de natation a mal exécuté sa surveillance ou que les maïllots n’ont pas été stérilisés. Mais il semble assez difficile à admettre que l’examen bactériologique de l’eau à la sortie donne les mêmes résultats qu’à l’arrivée. Comme le dit si justement le Docteur Neveu : « Si les maillots sont stérilisés, les enfants, eux, ne le sont pas >» — et il est très difficile, malgré toutes les précautions prises, malgré la douche soigneuse avant le bain, malgré l’exonération vésicale préalable, d'empêcher la pollution de l’eau.

La chloration, aux Etats-Unis, se fait au moyen de chlore gazeux, mélangé en excès à l’eau. Cet excès - de chlore est recherché par le maître de natation deux fois par jours, à 9 heures et à 1 heure, à l’aide de la réaction à l’ortholidine. Il nous semble que cet

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excès de chlore n’est pas sans inconvénient sur les conjonctivés et sur les muqueuses, et que la natation dans ces conditions ne doit pas être des plus agréables.

Du reste, en Angleterre, en Allemagne, on a dû renoncer à cette chloration en excès depuis longtemps. Elkeles nous apprend, en effet, qu’à la suite de nombreuses plaintes des baïgneurs, qui avaient déserté les piscines, on a abaïssé le taux de la chloration et qu'on ne dépasse plus 1 gr. de chlore par m3 d’eau.

On voit ainsi combien la pollution possible de l’eau des piscines par les baigneurs préoccupe les hygiénistes de tous les pays.

Il est évident qu’il est indispensable que l’eau fournie aux établissements de baïns soit de l’eau propre, mais cela est bien difficile quand on a à peine la quantité d’eau potable suffisante pour alimenter une ville. Et c’est pourquoi, du reste, dans certaines piscines de Paris, on a foré des puits artésiens ; malheureusement, le débit de ces puits baïsse très vite, et on doit complèter bientôt avec de l’eau de rivière.

Mais, cela ne suffit pas : il ne faut pas que cette eau propre, devienne, par la faute de l'installation ou des baïigneurs, un véritable bouillon de culture — et c’est pourquoi on ne saurait trop s'élever, comme Pa fait avec juste raison le Professeur Bordas, contre la transformation des piscines de natation en établissements de bains de propreté. Qui dit piscine, doit dire établissement sportif ou thérapeutique ; par conséquent, établissement où les clients doivent en-

trer après s'être soigneusement savonnés et douchés dans des boxes installés à cet effet — et après avoir eu soin de vider leur vessie.

Le pédiluve et la douche sont indispensables ; il faut se montrer intransigeants sur ce point, il faut par conséquent, que les salles de douches soient en quantité suffisante, afin que les clients n’attendent pas.

Il existe à Paris des établissements qui reçoivent journellement un millier de baigneurs et qui ne disposent que de 25 douches ; une piscine qui reçoit 200 baïgneurs n’a que 2 douches !.…

« Quand les piscines des grandes villes: ne: seront plus considérées comme un lieu de nettoyage, a écrit le Docteur Strouzer, elles seront satisfaisantes ».

Cela:est parfaitement exact.

La purification, l’aération de l’eau, ont certes leur utilité, maïs cela .ne suffit guère ; il faut multiplier les salles de douches autour de la piscine et interdire le pourtour de cette piscine à toute personne qui n'aura. pas pris sa douche et un pédiluve soigneux.

Il serait à souhaiter également que les’ maillots fussent désinfectés, et même; comme l’a demandé, en vain d’ailleurs, le Conseil supérieur d'hygiène, sur le rapport du Docteur Bordas, qu’un service médical fonctionnât dans chaque établissement.

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