Quinquaud, Congrès de dermatologie
5. Donath, Zeitsch. f. physiol. chemi, tome XXXIX, p. 526-544,
LES RAPPORTS DE L'ÉPILEPSIE LATENTE AVEC L'ALCOOLISME Al
ferait défaut d'ailleurs dans les névroses s'accompagnant Le
convulsions comme l’hystérie.
3° Les exo-intoxications. — Un des points les plus impor-
tants dans la pathogénie de l'épilepsie c’est le rôle de l’intoxica-
tion d'origine externe. Ce genre d'intoxication est des plus fré-
quents parce que les malades y sont exposés tantôt par leur vie
professionnelle, tantôt par les habitudes qu’ils contractent.
L'influence dû saturnisme a été particulièrement invoquée par :
Martin-Solon, Tanquerel des Planches. Leuret, Grisolle, Nevet Bernard de Montessus. Cette intoxication détermine d'habitude des attaques épileptiques en série avec délire
William R. Ruxton (1) signale en 1886 un cas d’épilepsie avec intoxication saturnine. [l s’agit d’un homme de 40 ans ayant des antécédents (un oncle mort de paralysie générale) et dont le métier le force à vivre depuis 22 ans au milieu des poussières de plomb. Il a présenté depuis une dizaine d’années et à plusieurs reprises des accidents caractéristiques de l'intoxication saturnine. Un beau jour, au cours d’une colique de plomb le malade fait une attaque d'épilepsie suivie de plusieurs autres. L'auteur de cette observation pense avec raison que la paralysie générale de l'oncle du malade peut être considérée comme le signe d’une prédisposition héréditaire et que l’action prolongée du plomb dans l'organisme à l’état d'albuminate de plomb a provoqué la production d’une épilepsie corticale. Une hygiène sévère, la suppression de l’empoisonnement n'a pas fait disparaitre les crises.
Walker J. Rowland (2) a observé un enfant de 14 ans, peintre en bâtiment, ayant présenté dans l'espace de six mois des coliques avant toutes les apparences d'être en rapport avec l'intoxication professionnelle. Un soir, l’enfant rentre de son travail, se plaint d’engourdissement puis pousse un criet tombe. Il présente alors une attaque comitiale typique avec contraction tonique,
4. William, R. Ruston, 7e Journal of mental science, octobre 1886. 2, Walter, J. Rowland, Case of plumbic epilepsy, The British medical journal, p. 1013, 16 avril 1898,
convulsions cloniques, morsure de la langue, urination et émission spontanée de matières fécales.
Cet état ne dura pas moins de 60 heures et il fallut une éd cation énergique pour que la crise disparût.
Crocq (1) a observé un typographe, ne paraissant avoir aucun antécédent héréditaire, n'ayant pas la syphilis, n'étant pas alcoolique et qui fit un jour une cerise d'épilepsie bien caractérisée avec perte de connaissance, morsure. de la langue, urination au lit, etc. Le malade se repose, quitte son travail ; l'amélioration se manifeste et il n'existe plus de troubles intellectuels et physiques en rapport avec l’intoxication saturnine. Le malade reprend bientôt ses occupations et huit ans après, nouveaux troubles et nouvelles attaques d’épilepsie. L'auteur voit une relation de cause à effet entre l’intoxication professionnelle et les crises.
Le chloroforme peut éveiller l’épilepsie, dit Féré. Cet auteur a vu un malade héréditairement prédisposé (la mère était hospitalisée dans un service d’aliénés à la Salpêtrière) faire une crise épileptique pendant qu'on .l’endormait pour la réduction d’une luxation de l'épaule. Ce malade n'avait jamais eu d’attaques auparavant.
Baumgartner (2) (de Bade) a vu deuxindividus, dont un travailleur vigoureux, âgé de 26 ans, obligé à plusieurs reprises de se faire réduire une luxation sous-coracoïdienne qui s'était produite la première fois pendant une attaque. Ce malade fit cinq crises comitiales durant trois quarts de minute aux cinq anesthésies chloroformiques. L'autre était un épileptique qui avait son paroxysme tous les deux jours. On le chloroforme le jour où il ne devait rien avoir et il eut ce jour-là une crise épileptique durant trois quarts de minute, crise par conséquent bien en rapport avec une intoxication chloroformique.
1. Crocq, Un cas d’épilepsie saturnine, Soc. belge de neurologie, 28 mars 1903.
2. Baumgastner, Congrès des aliénistes et neurologistes du sud-ouest,
22 mai 1881.
Christian (1) rapporte l’histoire d’un éthéromane épileptique
qui mourût en état de mal.
L'opium et son alcaloïde, la morphine, peuvent provoquer Pépilepsie. Gubler rappelait souvent le cas d’un médecin américain qui, par suite d’une erreur de pharmacien, avait absorbé un gramme d'extrait thébaïque dont les symptômes de l'em-
poisonnement se traduisent tout d’abord par des attaques d'épi-
lepsie.
Handfield Jones cite un cas d’épileptique dont les crises avaient
disparu sous l'influence de l’abstinence du tabac.
Nous avons déjà parlé des expériences de G. Ballet et de Faure (2). L'injection sous-cutanée d’une macération de tabac à chiquer dans l’eau à déterminé chez les chiens et chez le cobaye en particulier, des accidents : 1° du tremblement avec état spasmodique, vomissements, dyspnée ; 2° des convulsions partielles ou généralisées rappelant les divers types de convulsions épileptiques chez l’homme ; 3° enfin la mort au début de la phase convulsive.
Bikhowski (3) rapporte l'observation intéressante d’un jeune homme de vingt ans sans aucun antécédent héréditaire n1 personnel, chez lequel survenaient depuis deux ans des accès de plus en plus fréquents, prolongés et graves. Ce malade était depuis quelques années employé à une fabrique de tabac : il était chargé de faire bouillir dans une marmite des feuilles de tabac auxquelles il ajoutait des substances chimiques diverses destinées à les débarrasser d’une partie de leur nicotine. Il séjournait de six à huit heures par jour dans un pièce remplie de vapeurs irritantes et était obligé de goûter le tabac qu'il préparait.
Le malade fut soumis à des mesures prophylactiques sur lesquelles il n’est pas nécessaire d’insister et grâce à ces mesures son état s’est amélioré et les crises d’épilepsie ont disparu.