Drouet, loco cilato
Mais de l’aveu de tous les auteurs qui se sont occupés de la question, ce sont des lésions banales que l'on rencontre chez tous les alcooliques, aussi bien chez ceux qui ont des attaques que chez ceux qui n’en ont pas eu : « aucune de ces lésions ne doit être plus spécialement rattachée au phénomène de l’épilepsie constatée pendant la vie. On peut, en effet, les trouver presque toutes à un haut degré, isolément ou même associées, dans l'alcoolisme chronique chez des individus qui succombent sans avoir jamais éprouvé aucune convulsion. Quelquefois, au contraire, elles se rencontrent seulement à l’état rudimentaire chez des malades qui ont souffert de violentes convulsions pendant la vie » (1).
Il paraît donc difficile d’attribuer à ces lésions acquises par l'intoxication alcoolique répétée, un rôle unique dans la genèse de l'épilepsie. S'il en était ainsi, tous les alcooliques chroniques seraient épileptiques. Nous savons qu'il n’en est rien, et nous admettons, avec M. Joffroy, qu'ici encore la notion de l’aptitude convulsive primordiale est nécessaire.
Si l’épilepsie apparaît tardivement chez ces prédisposés, après des intoxications continuelles, c’est que l'aptitude convulsive de faible qu'elle était a augmenté du fait de l'intoxication chronique jusqu’au jour où une intoxication plus forte vient réveiller la prédisposition.
D'ailleurs, l'intoxication alcoolique n’agit pas seule ici, nous savons aujourd'hui que l'alcoolisme chronique détermine des lésions hépatiques et rénales d’où un trouble dans les éliminations, d’où l’apparition de produits toxiques dans l’organisme. Il est probable, nous l'avons vu, que cette auto-intoxication surajoutée joue un rôle dans l'apparition tardive des attaques (Observations 32, 33, 34).
C’est pourquoi, chez les alcooliques, la suppression de l'alcool ne suffit pas pour arrêter les crises. Elles se perpétuent du fait de phénomènes d'auto-mtoxication due à l’action répétée de l'alcool sur l’organisme, et ce sont ces cas qu'a dû probablement