‹ Considérations sur les rapports du paludisme et de la tuberculoseChapitre 16 sur 17 · D CENT · texte numérisé non relu

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+ Do ment le malade appartenait à la catégorie des tuberculeux latents ou des anciens tuberculeux et sa bacillose fut dès lors réveillée et aggravée.

Il en est de même, dans le cas de Mariojouls J. qui fait le sujet de notre observation n° VII. Ce malade vint trois fois à l'hôpital de Mustapha. Il y entra pour la première fois en 1907 : il venait de s'impaluder pour la première fois. Au bout d’un mois ét demi il quitta le service complètement remis et sans avoir présenté, durant les dixhuit jours où on put l'observer après la cessation de ses accès, la moindre élévation vespérale (fig. n° 3).

Rentré de nouveau deux mois après à l'hôpital parce que la fièvre paludéenne le reprit, 1l ne présenta pas, cette fois non plus d'hyperthermie en dehors de son paludisme. Pendant ces deux séjours à l'hôpital, les poumons se présentèrent absolument normaux.

Deux ans après, nouveau séjour à Mustapha : cette fois encore ce sont les fièvres qui l'ont saisi et depuis près d'un mois, il a des accès quotidiens. Il se sent beaucoup plus affaibli que dans ses deux premières atteintes. Mais celle fois on est surpris, après avoir débarrassé le malade de son paludisme, de voir tous les soirs la température monter (fig. 4). Une auscultalion soigneuse des poumons y révèle le début d'un processus tuberculeux et la radioscopie confirme les données de la clinique.

Dans ce cas aussi nous assistons à l'éclosion de la bacillose chez un paludéen ; bacillose qui semble nettement avoir son origine dans le dernier accès ; en même temps qu'il présente celte élévation le soir, le malade, (qui ne retrouve plus ses forces, commence à tousser, à transpirer la nuit, phénomènes qu'il n'avait pas présentés à la suite des accès précédents.

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En fait, les observations de ce genre sont très rares. Dans les cas où le paludisme et la tuberculose entremélent suffisamment leurs-effets pour constituer un symptôme un peu spécial, 1l s’agit le plus souvent de tuberculeux latents ou en évolution et dont la bacillose est réveillée et aggravée à chaque infection.

De cette association résulte un ensemble symptomatique caractérisé par les signes habituels de la tuberculose pulmonaire ‘fièvre, toux, expectoration avec bacilles de Koch, signes physiques thoraciques auxquels s'ajoute une grosse anémie, de la splénomégalie et la présence d'hématozoaires dans le sang.

Au point de vue de la courbe thermique, il est parfois difficile de faire la part de ce qui revient à la tuberculose et de ce qui revient au paludisme. Néanmoins, dans certains cas, de grands accès de fièvre intermittente paludéenne tranche nettement sur la fièvre tuberculeuse continue (obs. n° X). Dans d’autres cas, au contraire, il s’agit d'accès larvés avec une température ne dépassant pas les élévations thermiques de la tuberculose ; mais souvent ces accès s'accompagnent de malaises spéciaux et apparaissent à n'importe quel moment du jour ou de la nuit. La fièvre bacillaire apparaît le soir, il y a rémission matinale. Les malades ne s'aperçoivent pas qu'ils ont de la température. D'une façon générale, il ne semble pas que la tuberculose revête un caractère clinique particulier chez le paludéen. Elle évolue chez lui suivant une des modalités multiples qui lui sont habituelles. Cependant, la forme ulcéreuse rapide semble la plus fréquente.

De plus, la bacillose revêt un caractère de gravité particulier chez les impaludés, car chaque poussée nouvelle

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de malaria est pour elle un coup de fouet : ce sont des tuberculeux qui toussent surtout l'été, car c'est le moment où le paludisme sévit. Aussi, dans ces formes associées, le pronostic est-il généralement grave ? Il sera d'autant plus redoutable que l’on aura méconnu le paludisme. Il n'est pas douteux, en effet, que l'évolution favorable est conditionnée dans ces cas pour une large part dans une thérapeutique prolongée et méthodique du paludisme. Dans ces cas, au traitement général de la tuberculose, on ajoutera d’une façon discontinue la médication quinique à doses fractionnées. Même dans les cas où seule la tuberculose doit être incriminée comme agent fébricitant, la quinine semble avoir chez les paludéens bacillaires une action tonique manifeste, car bien qu'elle n'influence pas la fièvre hectique, les malades se sentent améliorés par son

usage et souvent en demandent même l'administration.

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