‹ Considérations sur les rapports du paludisme et de la tuberculoseChapitre 7 sur 17 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Tuberculose pulmonaire compliquée par moments d'infection paludéenne.

Le nommé B..., âgé de 43 ans, entre le 20 février à l'hôpital de Mustapha, salle Pasteur, lit n° 40, dans le service du docteur Dumolard, suppléant M. le professeur Soulie.

Pas d’antécédents héréditaires.

Antécédents personnels :1l est né à sept mois. Dans sa première enfance, il a eu la rougeole ; il est resté délicat, s’enrhumant facilement.

À 9 ans, il contracte le paludisme à Bône. Ces fièvres ont duré un an, accès quotudiens, quelques rares périodes de répit.

A 15 ans, bronchite (?) avec hémoptysies. Depuis, il est resté un tousseur maladif. À 16 ans, deuxième atteinte de paludisme, à Souk-Ahras. Forme lierce. Depuis celte époque, il a été sujet à des attaques de paludisme espacées, entremêlées de poussées de toux et d’hémoptysies, accompagnées d’un affaiblissement progressif de l’état général. En somme, depuis l’âge de 16 ans, la malade a présenté un tableau clinique complet de tuberculose pulmonaire, compliquée par moments d'infection paludéenne.

À 22 ans, le malade contracte la variole.

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Le malade entre une première fois à l'hôpital de Mustapha le 16 mai 1908, parce qu'il tousse et qu’il est à bout de force. Il ne peut plus exercer son métier de charpentier, et sa farblesse est telle, qu'il ne peut plus se tenir debout.

Il est très amaigri, a perdu complètement l'appétit. Il est sujet à des sueurs profuses la nuit.

L'examen de ses organes montre que la rate est perceptible.

Les deux sommets du poumon sont pris ; matité, résislance au doigt. Augmentation des vibrations, pectoriloquie aphone, égophonie. Respiration rude et saccadée, expiration soufflante.

L’auscultation fait entendre des craquements humides, et peut-être aussi quelques frottements.

La recherche du bacille de Koch est négative, mais la cutiréaction et l’intradermoréaction sont positives.

Le malade reste ainsi en traitement Jusqu'au mois de décembre 1908, et 1l sort à cette époque, amélioré par le traitement général et le repos. Durant toute cette période, sa courbe est la courbe normale d’un tuberculeux et 1l n’a pas d'accès de paludisme ; on ne lui a pas donné de quinine. B... reprend alors son métier, mais le léger mieux qui s'était manifesté ne persiste pas, il s’obstine néanmoins à travailler, bien que sa toux soit devenue plus accentuée que jamais, et qu’il commence à cracher beaucoup.

Vers le milieu de février, B... se met à cracher un peu de sang, et, le 28 février 1909, il se décide à entrer salle Pasteur.

Sa courbe, à ce moment, montre des elochées le soir, oscillant entre 38 et 39°, avec rémission le matin. Pas d'accès de fièvre. L'examen de ses poumons, à @e moment, montre des signes de ramollissement et de fonte des deux sommets, Au bout de quelques jours de repos, la température diminue légèremeant.

B... est soumis au traitement général de la tuberculose.

On essaye, chez lui, l'atoxyl, l’hémoplase. Mais, au bout de quelque temps, on ajoute à ce traitement, de la quinine, et

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le malade accuse un mieux plus rapide ; bien que la fièvre persiste toujours de quelques dixièmes de degré le soir au bout d'un mois et demi de ce traitement mixte, pourrait-on dire, B..., non guéri, mais se sentant plus fort, quitte de nouveau l'hôpital.

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