POUISC SAR OC UTS
Obs. T. — La jeune Charlotte B.., âgée de 8 ans, est entrée à l'asile clinique le 6 juillet 1922. Elle venait de l'hôpital de Saint-Denis où elle était soignée de la rougeole. Son médecin constatait « des troubles d'instabilité mentale » qui, à son avis, « nécessitaient l’internement ».
Nous avons pu interroger la mère, qui a une fille de
ane
14 ans parfaitement normale. Le père a été tué à la guerre. C'était un homme bien portant. Il n’y a rien à signaler au point de vue des antécédents héréditaires, si ce n’est un léger affaiblissement intellectuel et des idées de persécution, survenues à l’âge de 62 ans, chez une grand'mère maternelle, qui ne fut pas placée dans un établissement spécial.
Quant à l'enfant, elle vint à terme, a marché et parlé de bonne heure, s’est développée sans incident à part une bronchite à 8 mois. Elle a toujours louché légèrement. Elle était un peu nerveuse, mais, à part quelques très légèrés colères, donnait toute satisfaction à sa famille, laquelle, sur ce point, est formelle.
A l’âge de 6 ans, en février 1920, elle est conduite à l'hôpital Bretonneau, où elle reste 3 mois +. Pendant 15 jours, elle demeure en léthargie. La fièvre est élevée. Il existe des troubles oculaires. Le diagnostic d’encéphalite léthargique est nettement posé par le docteur Boulloche.
Guérie, Charlotte retourne à l'école où elle se montrait, avant sa maladie, docile et appliquée. Mais elle est devenue paresseuse, sujette aux colères. On ne veut pas la garder et elle va 5 mois à Forges.
Au retour, elle fait des fugues nombreuses ; parfois, à moitié habillée, elle va dans les rues, au marché, dans les magasins, malgré la défense expresse de sa mère. Interrogée, elle raconte tantôt qu’elle va voir une amie, tantôt que sa mère l’a battue et qu'elle se dérobe à ses mauvais traitements. Elle s'est enfuie d’une institution de Montrouge où ellé avait été placée, enfuie d’une mai-