ONCE EE OEIL
(3) Branche. Loc. cit. TA
(4) Stern. La puberté précoce de l’E.E. Médizinische Klinik, 2 juillet 1922. A
Ces troubles de la sphère génitale, nous semblent plus rares qu'il ne paraît au premier abord. Sans doute, nous avons noté un cas d’érotisme chez un enfant de 40 ans qui marquait mille attentions pour sa mère et ses sœurs (4) mais peut-être ne s’agissait-il là que d’une tendance à embrasser, que nous allons signaler sans adjonction de manifestation sexuelle proprement dite chez les enfants qui ont eu l’'E.E.
Nous restons très réservé en matière d'onanisme considéré chez les enfants comme symptôme pathologique. Parmi les observations que nous avons relatées et parmi nos observations personnelles, l’onanisme n'a pas été relevé et les cas d’excitation génitale restent, somme toute, assez limités chez nos malades. Lorsqu'ils sont signalés, il y a lieu de tenir compte de la phase hypomaniaque à laquelle les perversions sexuelles ent été observées.
Puisque des cas de puberté précoce ont été signalés et puisque certains auteurs ont voulu voir dans les troubles mentaux des enfants, un syndrome comparable à celui de la démence précoce, nous ferons remarquer en passant que ces constatations cadrent mal ensemble si l’on en croit les conclusions de Mott (2) concernant l’état des organes sexuels dans la D. P., cet auteur tendant à faire résider le facteur causal de la D. P. dans un processus congénital d'agénésie.
Cependant, nous avons été frappé par un symptôme
(x) Lealy et Sand. Loc. cit.
(2) Mott. Etat des organes sexuels dans la démence précoce. L’Encéphale. F6v. 1923. :
qu'il est étrange de rencontrer chez des individus qui se font remarquer par leur agitation, leurs taquineries, leurs colères, leur destructivité et leur impulsions violentes. Il s'agit d’un besoin d'embrasser qui s'empare par intervalles de ces petits malades. Tantôt, ils viennent vous prendre la main et tentent de la porter à leurs lèvres, tantôt, ils essaient de vous embrasser, s'en prenant plus fréquemment aux étrangers ou au personnel de l'établissement où ils sont placés, qu'aux enfants de leur âge. Leurs gestes sont rarement accompagnés de propos affectueux où de démonstrations d'amitié. Ils ont un caractère spontané, irréfléchi. Ils ne sont jamais suivis de provocations à des actes sexuels. Deux petits malades chez lesquels nous n'avons pas trouvé cette tendance aux caresses, avaient l’habitude de tendre plusieurs fois la main à tout venant et de répéter ce geste à chaque rencontre de la même personne.
M. Georges (obs. 1), P. Robert (obs. 4) en dehors de leurs phases de dissipation, se plaisent à embrasser. Denis (obs. 6) était devenu onaniste et courait après les petites filles. Cependant, son besoin d’embrasser s’'adressait à quiconque, indépendamment de toute question d'âge et de sexe. Charlotte 7. (obs. 7) est caressante, mais, chez elle, les caresses sont liées à un tempérament affectueux. Paul D: (obs. 9) court après les enfants du quartier qu'il veut tous embrasser. Il prodigue aux malades ses caresses, mais avec un fond de taquinerie qui finit par les importuner. Il embrasse les mains des médecins en disant : « Ça me fait plaisir
d'embrasser ». Dès qu’il aperçoit un enfant, il court le couvrir de baisers. Les parents de Joséphine D. (obs. 10) ont remarqué des alternatives de colère et de véritables crises de tendresse au cours desquelles elle embrasse sans relâche. C. Roger {obs. 15) demandait souvent à nous embrasser.
Un enfant de 14 ans, observé par A. Genzel (1), embrassait la main du médecin et de sa sœur :
« Küsste dem Arzt und der Schewester dann die Hand. »
Emotivité morbide. — Quelques exemples nous montrent que l’émotivité de nos petits malades a subi des troubles profonds. Ces troubles, qui se présentent différemment, semblent pouvoir se classer en deux groupes.
Dans le premier, nous rencontrons (par exemple, obs. 6) les enfants qui pleurnichent sans motif et sans provocation ; G. Armand (obs. 3) qui pleure quand on l’interroge en même temps qu'il vous crache au visage ; L. Argentine (obs. 2) qui pleure en tirant la langue et en faisant des grimaces ; un malade de Harman (2) âgé de 9 ans qui passe sans raison du rire aux pleurs sans phénomènes spasmodiques. — C. Roger (obs. 15) pleure quand on l'interroge. — Ces manifestations ne paraissent pas s'accompagner d’un élément psychique. Elles se rapportent à l'insuffisance de l’inhibition mo-
(x)MA* Genzel. Postencephalitischer park insonismus mit bigenartigen psychischen Storungen bei einem Kind. Klinische Woschenschrift. 30 april 1923.
(2) Harman. Loc. cit.
trice. Et il semble qu'on puisse parler, selon l'expression de H. Claude (1), « de modifications de l'émotivité en rapport avec des altérations corticales passagères,. insuffisamment contrôlées par les centres régulateurs de l’expression psycho-motrice ».
Dans la deuxième catégorie, les réactions émotives sont liées à un facteur psychique pénible, qui communique des ébranlements anormaux à une sensibilité particulièrement fragile. Souvent, il ne s’agit que de dépression psychique, comme chez une fillette de 12 ans vue par Kirschbaum (2) qui « se sentait malheureuse ».
Un enfant de 10 ans, observé par Harman (3), est même « dans un état anxieux ; il a peur de tout et il est inquiet pour des riens ». Des craintes vagues se rencontrent chez un malade de M. Guinon (4), âgé de 10 ans qui est devenu indiscipliné à la suite d'une E.E Il est « gauche en tout ». Il est très sensible, les sons de la cloche de l’église de son village paraissent l’'émouvoir beaucoup. « Le cœur lui gonfle », dit-il. P. Robert (obs. 5) prétend qu'il s'ennuie à l'hôpital. 11 pleure à la moindre observation et quelquefois il a des crises de larmes sans motf apparent.
D. Fernand (obs. 2) fut conduit à la campagne en juillet 1921, six mois après l'atteinte d'E.E. Il sy ennuya, sanglotait et ne donnait aucune explication. Il était inquiet. Le fait de lever la tête l'étourdissait.
(1) Claude. Quelques particularités de l’état mental dans le syndrome parkinsonien. Congrès de neurologie. Paris 1921.
(2) Kirschbaum. Loc. cit.
(3) Harman. Loc. cit.
(h) À propos de l’E.E. chez les enfants. Guinon. Société de Pediatrie. Séance du 19 avril 1921.