PUS
des parois (Delater). Le dépôt coagulé s'organise en toute sécurité.
Dans une troisième étape survient la sclérose, où le tissu cicatriciel veineux se résorbe progressivement.
Ce processus sclérosant est chimique, limité, c'est une « veinite » aseptique, tandis que la phlébite est infectieuse, illimitée (Sicard). Cette veinite est de même nature que la phlébite spontanée, qui survient chez certains vieillards atteints de varices anciennes, et amène leur guérison (Bazelis).
Il n’y a donc pas de phlébite, pas de thrombus ni de caillot ; par conséquent, pas de possibilité d’embolie. ;
Il serait bon de supprimer à l'avenir le mot de caillot, qui, malgré tout, s'associe forcément à l’idée d’un thrombus et d’une embolie possible.
RC va
Le Salicylate de Soude
Technique et Effets
En 1918, quand il entreprit le traitement des variqueux, le professeur Sicard employa un sel de soude : le carbonate neutre de sodium cristallisé, officinal, inoffensif comme toxicité, jouissant selon le codex de propriétés antigraveleuses et antiarthritiques.
Il reconnut bien vite que ce sel avait l’inconvénient d’être localement très escarrotique par son affinité pour l’eau, d’où des accidents, s’il n’est pas injecté intégralement dans le vaisseau.
On évite les escarres, si on a une grande habitude des injections intravariqueuses, et si on suit méthodiquement la technique. que nous indiquons plus loin.
Le carbonate de soude fut employé par M. Sicard durant deux âns, mais il lui parut être d’un maniement trop difficile pour les médecins, n'ayant pas la pratique de ces injections. l
II le remplaça par le salicylate de soude avec ses collaborateurs.
Ce sel constitue d’après lui, avec ses gammes de dosage, le produit de choix, celui qui donne, sans risques, les meilleurs résultats et paraît être la plus douce des substances sclérosantes. Il l’emploie pur aux trois taux suivants : vingt, trente et quarante grammes pour cent grammes d’eau distillée en ampoules stérilisées de trois centimètres cubes. Chacune d'elles contient donc vingt, trente ou quarante centigrammes de salicylate de soude par, centimètre cube. Les solutions doivent être incolores. Si on prend des solutions fortes, même à quarante pour cent, elles peuvent provoquer souvent des algies.et des crampes très vives. Il faut done du doigté, et on doit tâter la susceptibilité du malade, en commençant toujours avec une solution plutôt faible.
On commence donc par injecter deux centimè- , tres cubes de la solution à vingt pour cent, de façon que la réaction immédiate chez les sujets nerveux ne soit pas trop vive.
Deux ou trois jours après, suivant l’effet obtenu, on réitère ou on augmente, en injectant deux à trois centimètres cubes de la solution à trente ou à quarante pour cent.
Et’ainsi de suite, en se guidant sur la réaction de l'injection précédente. Dans une même séance on ne doit pas dépasser une dose globale de deux à trois grammes de salicylate de soude, lequel n’est toxique qu'à une dose dix fois plus forte.
Ce sel, d’ailleurs, jouit de propriétés antithermi-
Sat
ques, antirhumatismales et antinévralgiques, qui, à l’occasion, peuvent être utiles au malade.
La sclérose complète doit être obtenue après quatre, cinq ou six séances, car c’est indiqué d’augmenter assez rapidement les doses, sinon on risque de scléroser les parois de la veine sans l’oblitérer. On commence par les.varices de la jambe et on se guidera sur le siège, le nombre et la confluence des ectasées. Celle des chevilles et celles qui reposent directement sur le tibia demandent une délicatesse particulière, car les escarres, moins faciles à éviter à ces endroits, y sont plus longues à guérir. Si par faute de technique on pousse l'injection dans la paroi même ou au dehors de la veine, ce dont on est immédiatement renseigné par le malade, qui accuse une cuisson extrêmement vive, il faut instantanément retirer l'aiguille et à la place même injecter quatre ou cinq centimètres cubes de sérum physiologique, qui peut éviter l’escarre, si le salicylate de soude injecté ne dépasse pas un céntimètre cube ou un centimètre cube et demi. Car c’est ‘une erreur de croire, que le salicylate de soude ne soit nullement escarrotique. Il l’est moins que certains autres produits, mais il faut se rappeler qu’il l’est.
Pour obtenir la turgescence des varices, on fait asseoir le malade sur une chaise placée sur une table, ou on la laisse debout sur un siège approprié.
En 1924, à l'hôpital Necker, on se servait d’une chaise à spéculum, sur laquelle on avait installé deux barres parallèles obliques, dont l’extré-
Mn re
mité supérieure formait accoudoir, et dont la pente permettait au malade de se laisser glisser jusqu’à l'horizontale sans lâcher les rampes. En 1920, on l’a remplacée par une table, qui a été conçue spécialement pour le traitement des varices par le docteur Vacheron. Elle se compose essentiellement d’un bâti en tubes, supportant un ensemble articulé, pouvant se présenter soit sous forme d’un siège, soit sous forme d’une table horizontale. Elle peut être fixée dans n'importe quelle position intermédiaire:
MM. Sicard et Gaugier insistent beaucoup sur la conclusion pratique, à laquelle ils sont arrivés vis-àvis la position à donner au malade pendant et immédiatement après l'injection. Ils disent, à ce sujet, qu'il est nécessaire pour obtenir un effet électif du traitement sclérosant sur la circulation veineuse superficielle, de pratiquer les injections sur les sujets étendus ou assis, en résolution musculaire des muscles de la jambe, et de ne pas craindre de les laisser un certain temps allongés en prolongeant l’inertie des muscles du membre inférieur aussi complète: que possible. Dans certains cas même, l’injection sclérosante peut être faite toujours dans le décubitus horizontal, mais la jambe légèrement surélevée.
Le docteur Bacherach va jusqu'à basculer le malade à plus de cinquante degrés en cas d'énormes varices ampoullaires.
Le docteur Delater vide partiellement le sang en pratiquant l'injection entre deux liens élastiques, qu'il place sur le membre horizontal.
Par tous ces moyens la solution sclérogène est moins diluée par le contenu de la veine.
La périveinite est un accident purement local et aseptique, qui ne donne ni fièvre, ni malaise général. Elle résulte presque toujours d’une faute de technique. IE y a reflux de liquide irritant mêlé de sang immédiatement après l'injection ; ou encore pendant l’injection l’aiguille, poussée trop en avant, perfore la paroi veineuse opposée et ouvre ainsi une petite porte de sortie. On ne saurait trop insister sur la nécessité de faire une injection impeccable et de n'utiliser que des aiguilles fines à biseau court.
Cette périveinite, il est vrai, est un incident peu dangereux ; elle se résout sous l’action d'applications humides chaudes, tout au plus entraîne-t-elle une impotence fonctionnelle relative et de courte durée. Encore doit-on l’éviter en ayant soin de düment s'assurer, que la veine est bien catéthérisée. Pour avoir la certitude que l’aiguille est bien dans la lumière même de la veine, on aspire un peu de sang avant de pousser lentement l'injection. Inutile de dire, que toutes les précautions aseptiques doivent être prises avant de commencer la petite opération. La douleur de la pénétration sous-cutanée de l’aiguille une fois dissipée, l’injection intraveineuse du liquide doit rester indolore.
L'injection une fois terminée, l'aiguille est laissée en place trente secondes ou une minute à peine, puis retirée vivement et immédiatement remplacée nar un tampon de gaz stérilisé, qu'on appuie assez for-