QUININE
De même que l’idée du traitement par le carbonate de soude vint à Sicard après la constatation de l’oblitération progressive des vaisseaux au cours du traitement antisyphilitique par les solutions so-
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diques novarsénicales, de même Genévrier, ayant remarqué l'induration présentée par les veines des paludéens du Maroc à la suite d’injections intraveineuses de chlorhydrate de quinine, eut l'idée d'appliquer cette propriété à la cure des varices.
Il emploie le chlorhydrate neutre de quinine en ampoules stérilisées, dont la composition est la suivante
Chlorhydrate neutre de quinine, o gr. 40 ; Uréthane o:er:,20.; Eau distillée, 3 cc.
Pour une ampoule.
Il injecte, en commençant par le pied, à. tous les sept à huit centimètres dans les trônes variqueux, un cinquième ou un quart de centimètre cube de cette solution. Il dépasse rarement dans une séance la dose de quatre-vingt centigrammes de chlorhydrate de quinine, soit deux ampoules. Comme nous voyons, dans la méthode de Genévrier, les injections sont multiples, cinq, dix, quinze, alors que dans le traitement de Sicard, pour une première séance, on injecte un demi ou trois quarts de centimètre cube, tout à fait exceptionnellement un centimètre cube au même point ; la dose totale s’élève à deux centimètres cubes en trois endroits différents, à une distance de dix centimètres l’un de l’autre. À la séance suivante, on augmente la dose, et on arrive à injecter jusqu'à cinq et même six
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centimètres cubes, suivant la tolérance du malade et suivant l'effet obtenu la première fois.
L'injection de chlorhydrate de quinine n'est suivie d’aucun effet d'ordre général. Si elle est strictement intraveineuse, il n’y a ni réaction douloureuse locale, ni crampe, ni douleur immédiate, comme avec le salicylate de soude.
Mais l’endoveinite réactionnelle, qui survient au bout de douze à vingt-quatre heures, est accompagnée d’une périveinite, qui se traduit par l’apparition au niveau des points injectés et même à distance d’une zone d’œdème, sensible à la pression et donnant lieu à des douleurs assez vives, qui persiste pendant plusieurs jours. Aussi M. Sicard exiget-il le repos au lit consécutif durant quelques jours.
Les phénomènes. de réaction locale disparaissent pour laisser un cordon induré, sur lequel on retrouve de place en place des petites nodules. Ces injections sont à réserver aux varices avec paquets volumineux, chez des sujets qui veulent se débarrasser rapidement de leur infirmité (Sicard), et qui peuvent interrompre leurs occupations pour garder la chambre pendant la période de réaction. Etant plus actives que celles au salicylate de soude, on les es- saiera au cas où ce dernier s’est montré inefficacé ; ou si les doses normales de salicylate n'ayant pas réussi on craint d'aborder les doses très élevées ou des solutions par trop concentrées, qui donnent de très fortes crampes et sont redoutées des malades.
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Elles peuvent avoir une utilité en renforçant ‘le traitement spécifique chez les paludéens.
Par contre, on les proscriéra pendant et surtout au début de la grossesse, en raison de la sensibilité de l'utérus à la quinine.
Comme elles nécessitent un repos de plusieurs jours, on ne les pratiquera que pour les malades, qui consentent à ne pas bénéficier du traitement ambulatoire.