CITRATE DE SOUDE
Le docteur Troisier, en injectant dans la veine du pli du coude d’un thromboartérique une sojlution très concentrée, cent pour cent de ceitrate ‘e soude (quatre grammes de citrate de soude dans quatre centimètres cubes d’eau stérilisée), s’aperçut au bout de peu de temps de l'impossibilité de pratiquer de nouveau ces injections au même point. La veine, dit-il, devenait dure au toucher, rigide comme un porte-ptume. Ultérieurement, elle dimi nuait progressivement de volume, et neuf mois après on ne trouvait plus qu’un mince cordon fbreux, où le reflux du sang ne se faisait même plus sous une tension de trente centimètres de mercure sous le brassard de Pachon.
De ces constatations, le docteur Troisier tira la cure endovasculaire des varices par ce produit. II emplovait d’abord à cet effet une solution à cent pour cent à raison de quatre à huit grammes par jour avec les ampoules suivantes
Citrate de sodium pur ; eau distillée : aa 8 grammes, pour une ampoule stérilisée.
Il se sert maintenant d’une solution moins concentrée, à cinquante ou trente pour cent.
Il commençait par une demie ampoule ei pratiquait des injections multiples, chaque point recevant un à deux centimètres cubes, puis ces injections sont renouvelées tous les deux ou trois jours. La guérison est obtenue en un mois à six semaines.
Le docteur Troisier avait constaté chez des femmes, à qui il avait fait des injections sclérosantes, certains troubles de la menstruation, se traduisant par « une avance de quelques jours de l’époque des règles, une plus grande abondance du flux menstruel, diminution des phénomènes douloureux lorsqu'ils existent à ce moment, et la disparition des caillots chez des malades qui sont accoutumées d'en voir » (Hurpy). Les phénomènes de choc sont presque toujours absents, malgré la haute concentration de la solution injectée (densité 1.302 à 15°). « À peine remarque-t-on chez les sujets atteints de lésion du système nerveux une légère érythrose faciale avec anhélation » (Bazelis)..
Linser s’est servi d’une solution hypertonique de chlorure de sodium à quinze et vingt pour cent. Il injecte dans les varices cinq à dix centimètres cubes de cette soultion. La sclérose s'établit d’une façon lente avec formation d’un caillot organisé. En dehors du vaisseau, à cette concentration, le chlorure
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de sodium est très douloureux, et il peut se produire de la nécrose et des escarres.
Le même auteur a employé de l'alcool à trente degrés. L'alcool, aussi bien que le chlorure de sodium en solution concentrée, d'après Linser, agissent par irritation sur l’endothélium de la paroi veineuse, irritation due à l’affinité élective de ces corps pour l’eau, et à la deshydratation brusque opérée par eux, quand ils sont mis au contact des tissus.
Pour les injections des varices avec de la glucose Nobl se sert d’une solution de soixante-six pour cent, appelée « Asmon », en ampoules de dix centimètres cubes. Avec cinq centimètres cubes, il obtiendrait un soulagement local. L'absence totale de toxicité de la glucose permet de traiter de très nombreux segments variqueux dans la même séance (Vischer Praxis).
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Résultats
Les résultats pour ainsi dire immédiats, survenant dès la deuxième ou troisième séance, sont très appréciés de malades. Ils ne se plaignent plus de fatigue à la marche, ils ne sont plus contraints de s’arrêler après quelques instants. Leur jambe xe leur paraît plus lourde, ils n’en ont plus l’impression de pesanteur. Ils ne traînent plus un boulet à leur extrémité inférieure. Ils n’ont plus d’engourdissement du mollet, ni des fourmillements, des picotements et des crampes, surtout nocturnes. Ils n'accusent plus des phlébalgies, ni de la raideur des articulations du genou et du coup de pied, ni la cryesthésie, due aux troubles vaso-moteurs locaux.
La phlébo-sclérose produit aussi un résultat esthétique en supprimant progressivement du bas en haut les tumeurs varuqueuses. Ce résultat est appréciable pour les femmes, car avec la mode actuelle des robes courtes et des bas de soie, toute varice visible fait leur désespoir. Il faut noter que la grosse varice unique, serpentante ou en lac isolé, est très rapidement et définitivement guérie, et c’est ce que demandent la plupart des clientes.
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Un des grands avantages de la méthode de Sicard est qu’elle est ambulatoire. Les médecins saveni tous qu'une des plus grandes difficultés, contre lesquelles ils se heurtent journellement, c'est d’atteindre les maladies et de les enrayer dès leur débui,. parce que les malades ne s'y prêtent pas faute de temps. Ils se négligent et ils ne viennent qu'au dernier moment, quand leur mal s’est fortement aggravé. L'économie de temps doit donc, quand il est possible, entrer en ligne de compte quand on institue un traitement. La méthode du professeur Sicard remplit toutes les exigences les plus prétentieuses à ce point de vue. ss
La phlébosclérose ne se contente pas de supprimer le sac variqueux et les inconvénients qui en résultent, elle en améliore et même en guérit les complications.
L'œdème, quand il est vraiment d'origine variqueuse, est amélioré et souvent complètement disparu après le traitement. Pourtant, si l'œdème est très marqué et rappelle un éléphantiasis, on ne s'étonnera point de le voir persister (Forestier Progrès médical 1923).
Les varices provoquent souvent des dermites. °a plus souvent rencontrée est l'eczéma variqueux. C'est une dermatose inflammatoire, qui est caractérisée par sa rougeur congestive, par une transsudation œdémateuse dermique, et surtout par des vésicules épidermiques toutes petites, fermées ou ouvertes, qui suintent une sérosité citrine, poisseuse
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el se concrétant en croûtes. Elle est enfin suivie de la desquamation de l’épiderme, consécutive au stade vésiculeux, ou simultanée (H. Gougerot).
À un degré de plus on voit survenir sur une jambe variqueuse de l’ecthyma, un ecthyma avec des bords cyanotiques ou même purpuriques. Son aspect est souvent tuberculoïde. Son évolution est longue, de pronostic grave par la lenteur de la cicatrisation, par les récidives fréquentes et par les extensions brusques sous forme de plaques blanches sphacéliques résultant de l’oblitération des capillaires altérés, angioscléreux : ecthyma cyanotique ou purpurique (Gougerot, Paris Médical, 1921).
On rencontre encore un lichen plan corné, hypertrophique ou verruqueux, formé par des plaques arrondies, saillantes, de la grandeur d’une pièce de un à deux francs, même davantage, qui confluent en larges placards irréguliers. Elles sont violacées ou rouge-brunâtres, squameuses, de surface irrégulière, plus ou moins planes, recouvertes de squames blanc-grisâtre fines, très adhérentes, criblées d’orifices folliculaires ou sudoripares dilatés, oblitérés ou non par des points cornés. Ces plaques sont, à la palpation, fortement saillantes et indurées. Le prurit est particulièrement intense, souvent paroxystique. Elles durent des mois et des années ; leur ténacité est plus grande que celle de petites papules typiques de lichen plan (Gougerot).
Quand elles sont d’origine variqueuse, ces dermites disparaissent le plus souvent après le traitement
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sclérosant. Si elles ne font que s’améliorer, on doit y associer des pansements pommadés compressifs. M. Sicard conseille, dans certains cas, de l’auto-hémothérapie et des injections de lipiodol.
La complication la plus fréquente des varices est l’ulcère. On sait à quel degré ils sont rebelles. On a proposé une multitude de traitements pour obtenir leur guérison. D'abord des applications antiseptiques après cautérisation avec nitrate d'argent. Différentes préparations ont été proposées : des pâtes
d’Alibour, des pâtes à l’acide salicylique (Milon) à la
chloramine (Desplas et Policard), embaumement occlusif à pommade de Reclus Brocq, etc. On à essayé des applications radioactives (boues radioactives), des traitements physiques : bain d’air, air chaud, bain de lumière électrique, de la radiothérapie, tout sans grand succès. ;
Actuellement, la plupart des ulcères variqueux s’améliorent et guérissent spontanément, quand la varice est supprimée au moyen des injections sclérosantes.
On hâtera la cicatrisation de l’ulcère variqueux en accompagnant l'injection phlébosclérosante d’injection de lipiodol autour de l’ulcère (Sicard).
Si l’ulcère persiste et surtout s’il est profond aux bords déchiquetés, il faut penser à la syphilis, qui souvent le provoque et s'associe à la diathèse variqueuse. Un traitement spécifique énergique peut faire disparaître l’ulcère comme par enchantement.
La méthode phlébosclérosante a été appliquée
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avec succès aux hémorroïdes. Car elles sont, elles aussi, des ectasies variqueuses. Bensaude a remplacé leur traitement électrique par injection de chlorhydrate de quinine et d’urée, substance active de l’urocaïne, à une concentration de cinq pour cent. M. Huet se sert de la glycérine phéniquée à dix pour cent, M. Sicard reste fidèle au salicylate de soude à dix et à vingt pour cent. Le mécanisme fibrosclérosant est le même que pour les varices, et il assure la guérison de l’ectasie. On doit traiter les varices internes au moyen d’un anuscope avec un éclairage puissant et d’un long embout, portant l’aiguille à huit ou dix centimètres de la seringue. On pousse l'injection dans la varice même ou dans le tissu périvariqueux, après anesthésie locale au novocaïine au centième. On répartira les trois à six centimètres cubes de la solution sclérosante en autant d’endroits et directions différentes.
Pendant et après le traitement le malade doit combattre la constipation et la cause réelle de ses hémorroïdes par un régime et une médication appropriée.
Il est encore un genre de varices extrêmement fréquent, le varicocèle, et il semblerait, au premier abord, qu’il doive être traité de même façon. Pourtant on s’en abstient généralement, et la raison de cette abstention me paraît se comprendre aisément.
Le varicocèle existe sur les veines profondes, qui accompagnent le canal déférent, et qui sont accolées à l’artère spermatique. Le voisinage est donc extrêmement délicat. Ces veines s’allongent, de-
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viennent flexueuses, elles ne produisent pas d’ectasies, pas de sacs variqueux. Elles s’accompagnent d'un allongement excessif de la peau du scrotum. On n'a donc pas à supprimer une esctasie : l'injection phlébosclérosante serait donc pour le moins ‘inutile. Car on la tente pour des varices superficielles (membres et anus), non pour des varices dites profondes, pour des ectasies et de la stase sanguine, . non pour des flexuosités simples. Si le port d'un suspensoir, les ablutions froides et astringentes sur les bourses et des laxatives, qui dans nombre de cas suffisent, se monrent sans effet, il faut conseille le traitement chirurgicale, qui consiste en résection du scrotum, ou des veines, ou la résection du scrotum, combinée à celle des veines. …
Contre-indications
Ne sont pas justiciables de l'injection phlébosclérosante les petites varicosités. Seuls seront soumis au traitement les vaisseaux, qui peuvent être ponctionnés par une aiguille intraveineuse de six dixièmes de millimètres.
Ne sont guérissables les grosses éponges variqueuses, à sacs multiples, avec télangiectasies cutanées remplissant toute la jambe, car ces véritables troncs sont impossibles à oblitérer complètement, et la récidive est alors fréquente. Les porteurs de ces varices peuvent, pourtant, par des traitements répétés, voir leurs douleurs se dissiper pour un temps plus ou moins long.
Entre ces deux formes extrêmes se place toute ‘a série des états variqueux, justiciable du traitement, qui dans la plupart de cas amène la guérison.
Mais si l’état variqueux justifie un traitement par la méthode des injections intraveineuses, l’état de santé du porteur des varices ne le fait pas toujours. Car il faut savoir, qu'il existe des états locaux, certains états généraux, et des maladies, qui forment