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ROLE DES AFFECTIONS PULMONAIRES SUR LE COEUR

Il existe entre le cœur et le poumon une telle solidarité anatomique et physiologique, que les lésions de l’un de ces organes entraînent presque nécessairement des troubles dans le fonctionnement de l’autre. Sénac et Corvisart en 1749 avaient déjà remarqué que tout obstacle à la circulation devenait une cause d'effort pour le cœur : « comme une aiguillon qui agit sur les ventricules et y cause un surcroît d'action. » Krevsig (1815), cité par Pitres (1), écrivait que toute cause qui trouble la respiration, qu'elle consiste en un empêchement mécanique ou en une maladie des organes destinés à cette fonction. doit nécessairement troubler le cœur.

Les mouvements respiratoires sont par eux-mêmes une des causes adjuvantes les plus efficaces de la circulation pulmonaire : toutes les fois que pour une cause ou pour une autre ces mouvements sont gênés ou empêchés, la circulation pulmonaire se ralentit et le sang s’accumulant de proche en

(1 Kreyzig, Die Krankheiten des Herzens, in Pitres, Thèse d'agrégation, Paris 1878.

= 58 proche en arrière de l'obstacle, c'est-à-dire le réseau capillaire du poumon, distend et dilate les cavités droites du cœur (asphyxies pulmonaires, broncho-pneumonie, accès de toux, asthme surtout). Dans la pneumonie aiguë, l'exploration altentive du cœur démontre assez souvent l'existence d’une augmentation très appréciable et temporaire de la matité précordiale. |

Les pleurésies, dit Sénac, grossissent le volume du cœur surtout lorsqu'elles sont accompagnées de palpitations. Dans les formes chroniques, on constate particulièrement ce retentissement sur Le cœur et principalement dans les cas où des fausses membranes épaisses el résistantes enveloppent le poumon et l’'empêchent de se dilater pendant les mouvements respiratoires ou bien lorsque des adhérences solides lé fixent à la paroi thoracique et empêchent ainsi le jeu de son élasticité.

Dans les cas de ce genre, si la maladie a duré assez longtemps, on trouve fréquemment à l’autopsie le cœur augmenté de volume, les cavités dilatées, ses parois épaissies, bien que l'appareil valvulaire soit sain.

Le poumon, fixé contre le thorax par ces adhérences qui l'empêchent de se rétracter pendant l'expiration, il en résulte une suppression des effets de l’élasticité pulmonaire sur la circulation du poumon, et par suite un obstacle relatif qui exige un déploiement plus grand de force de la part du cœ1 qui agit sur le ventrcule droit.

Mais parmi les affections pulmonaires aiguës et chroniques qui, réduisant le champ de l’hématose en opposant un obstacle à la circulation, retentissent sur le cœur et le droit surtout. celles qui sont compatibles avec une longue durée de l’existence agiront d'autant mieux. À ce titre, la bronchite chronique, l’emphysème surtout, s’il s'accompagne de catarrhes à répétition, la sclérose du poumon viennent au premier rang.

A l’état normal, lors de l'inspiration, l'aspiration thoraci-

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que aide le cœur droit à se vider. Chez l'emphysémateux. l'excursion thoracique diminuée, l'aspiration s'exerce insuffisante dans le thorax toujours dilaté. A côté de cela, il y a le rétrécissement de la surface sanguine liée à la raréfaction capillaire. Par suite de la déchirure des fibres élastiques el des rétractions de celles-ci, les capillaires situés dans les parois alvéolaires sont comprimés, tiraillés. Leur calibre diminué, s’efface et ils ne tardent pas à s’oblitérer. L'endothélium n'étant plus soutenu par les fibres élastiques et mal nourri par un apport sanguin insuffisant, tenant au rétrécissement des vaisseaux, disparaît en partie ou dégénère. Toutes ces lésions vasculo-épithéliales vont diminuer beaucoup l'activité des échanges chimiques de l’hématose : tous ces points seront autant d'obstacles pour le cœur droit.

Celui-ci s’eflorcera de franchir cette barrière : il ne lardera pas à éprouver une perturbation grave que traduiront divers symptômes: il s'hypertrophiera ou sedilatera suivant la valeur de la fibre cardiaque.La prédisposition organique imdividuelle augmente dans un cas l’activité fonctionnelle du muscle cardiaque : dans l’autre elle a une influence passive qui laisse les cavités du cœur directement soumises à l'accumulation successive du sang veineux. Généralement, on observe une phase d'hypertrophie du cœur droit que décèle l'augmentation de la matité normale du cœur ; la perception plus nette des bruits sur le bord droit sternal, des palpitations constantes, un pouls qui paraît en désaccord avec l'énergie des battements cardiaques. Mais l'obstacle persistant, s'aggravant, l'organe central de la circulation ne tardera pas à faiblir à la tâche, et la dilatation s'installera. C’est elle qu'accuse l'examen du cœur des houilleurs d'âge mûr ou vieux dans le métier, chez lesquels les lésions pulmonaires occupent une grande étendue du parenchvme et s’accompagnent d’adynamie, le trouble des fonc. tions hématosiques el cette gêne circulatoire avant notable-

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