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LE SULFURE DE CARBONE SON EMPLOI DANS L'INDUSTRIE, SA TOXICITE

Le sulfure de carbone est un liquide incolore, très mobile, très dispersif, très inflammable, très réfringent, d’une odeur éthérée.

Il est difficilement débarrassé de certains produits à odeur fétide qui l’accompagnent. Les procédés de purification sont trop nombreux pour que l’un d’eux soit réellement efficace.

Il s'obtient dans l’industrie en faisant passer des vapeur de soufre sur du charbon porté au rouge dans des cornues. Le produit est reçu dans un condenseur et doit être ultérieurement distillé.

I1 a de multiples usages et plus de 15 millions de kilogrammes de sulfure de carbone sont actuellement employés en Europe. Il sert à l'extraction industrielle des graisses et des huiles contenues dans les matières végétales ou animales, à l'épuisement des graines oléagineuses (colza, œillette, olive, etc.) au lavage des chiffons gras ayant servi au graissage et au nettoyage des machines, au dégraissage des laines, à la dissolution du bitume, des parfums.

Il est employé dans l’industrie du caoutchouc dont il est un des meilleurs dissolvants. IL a un double usage dans la préparation des objets en caoutchouc,

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il ramollit, ce qui permet de souffier cette matière et il sert à la vulcanisation, c’est-à-dire qu’afin d’éviter que deux lames de caoutchouc ramollies par la chaleur ne se soudent à elles-mêmes on unit le caoutthouc au soufre. Pour vulcaniser le caoutchouc on plonge les objets dans du sulfure de carbone additionné de 2 % de chlorure de soufre. C’est le mélange de Parkes, le plus communément employé.

Par cette espèce de trempe qu’elle subit, la gomme naturelle modifie son élasticité et son extensibilité. Une lame de caoutchouc vulcanisée peut supporter un allongement d’environ sept fois sa longueur. À l’aide d’une fourchette, on immerge les objets pendant une ou deux minutes dans une auge contenant le mélange de Parkes. Au sortir du bain les pièces vulcanisées sont mises dans le talc pour les sécher. Il ne reste plus ensuite qu’à procéder au gonflement à l’aide d’un soufflet.

Ces différentes opérations n’exigent qu’une installation rudimentaire et peu de frais. C’est pourquoi le travail du caoutchouc soufflé s’est trouvé naturellement à la portée de la petite industrie. Il fut même une époque où certains ouvriers travaillaient dans leur chambre. C’Pst ce qui explique létat stationnaire des procédés de fabrication.

La clinique, lexpérimentation sur les animaux (Delpech, Henri Poincaré, Tomassia) les recherches faites à l’atelier pour dépister l’imprégnation sulfocarbonée (M. Heim) prouvent que le sulfure de carbone tel qu’il est employé dans l’industrie, est toxique.

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S'il était usé à l’état pur, le serait-il au même titre? Dujardin Baumetz, Sapelier n’ont voulu voir en lui qu’un produit inoffensif. Seul l'hydrogène suflfuré qui lui est annexé comme impureté serait cause des intoxications. Il faudrait des contre-épreuves pour létablir définitivement. On sait combien il est difficile d’avoir dans l’industrie du sulfure de carbone rigoureudment pur, c'est ce qui permet d’affirmer que tel quel c’est un produit toxique.

L’air d’un atelier est toujours pollué par le sulfure d2 carbone. Il est extrêmement volatil, et le fait de tremper les objets à vulcaniser, de les retirer du bain, permettknt aux vétmnts d’être fréquemment mouillés. Or, le poison pénètre dans lorganisme surtout par la voie respiratoire. Le sulfure de carbon: manié en plein air comme il l’a été dans le traitement des vignes phylloxérées n’a pas engendré d’accidents. La meilfzure ventilation des ateliers a fait diminuer le nombre et la gravité des cas d’intoxication.

La surface cutanée peut être une autre voie de pénétration du poison comme le prouve l'observation relatée par Simon d’un enfant qui a présenté des phénomènes généraux d'intoxication pour avoir été enveloppé dans une toile caoutchoutée. Le sulfure de carbone est rapidement absorbé par la voie digestive.

« Il ne s’élimine pas par l'urine à l’état libre ou &> combinaisons peu énergiques. L'augmentation très appréciable et constante du soufre incomplètement oxydé semble indiquer que c’est sous ertte forme que s’élimine le soufre faisant partie de la molécule toxique. » (M. Heim).

Il n’y a pas d’accoutumance au sulfure &> carbone.

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