HISTORIQUE
Trois périodes peuvent être envisagées dans l’étude de l’histoit de l’intoxication sulfocarbonée. La première naît avec les mémoires de Delpech, l’un date de 1856 « Accidents que développe chez les ouvriers en caoutchouc l’inhalation du sulfure de carbone »: l’autre destiné à compléter l'étude de cette nouvelle intoxication porte le nom d’ « Industrie du caoutchouc soufflé, recherches sur l’intoxication spéciale que détermine le sulfure de carbone.» Il date de 1861.
Des travaux d’étude clinique et d’expérimentation ne font, pendant les quinze années qui suivent, que confirmer l'existence de cett2 intoxication.
La deuxième période n'apporte guère de symptômes nouveaux à l’étude clinique, mais elle interprête plus justement les faits et elle les clasg:. Les travaux de P. Marie, Charcot, Achard, Raymond, Chauffard, Guillain dégagent la part respective qui revient à l’hystérie, aux troubles psychiques et celle imputable à l'atteinte des nerfs périphtériques. Ces auteurs sont d'avis qu'aucun des accidents du sulfocarbonisme ne présente de caractère bien spécial, qu’il n’y a pas de symptômes spécifiques de cette intoxication. Mais ils sont unanimés à affirmer avec de nouvelles observations cliniques à l’appui, que l’intoxication sulfocarbonée est hors de doute.
Enfin dans la troisième période, à partir de la loi sur les accidents du travail (1898), les sociologues ‘et le législateur ont demandé au corps médical des études approfondies sur la question. Cette dernière
période est presque remplie par les travaux de M. le D'. Heim.
En reprenant, et en détaillant l’histoire de l’intoxication sulfocarbonée nous voyons qu'avant les mémoires de Delpech, Payen en 1851, avait déjà signalé dans son traité de chimie industrielle le danger de la vulcanisation. « IL importe, disait-il, de soustraire les hommes qui travaillent dans ces cir- Cconstances, à l’action des vapeurs. »
En 1852, Bouchardat et Duchenne de Boulogne, dans leur mémoire sur la paralysie générale, signalent les troubles occasionnés par Xe sulfure de carbone.
Beaugrand ayant entendu parler des recherches de Delpech publie un cas d’intoxication rapide en 1856 dans la Gazette des Hôpitaux.
Gourdon, Hughen, Marche, Tavera écrivent d'excellentes thèses.
Galezowki qui fréquente le service de Delpech fait connaîtite ses recherches sur les troubles visuels en 1877. Laboulbène parle d’un symptôme nouveau :: « De certaines pigmentations cutanées survenues chez les malades intoxiqués par le sulfure de carbone.
En 1879, L. Poincaré fait d2 nombreuses recherches expérimentales dans le but de savoir si les symptômes observés correspondent à des lésions matérielles que l’absence d’autopsie n’a pu constater dans l’espèce humaine.
Mme Déjerite Klumpke signale en 1885 le sulfure de carbone comme cause de polynévrite. Brissaud cn 1886, dans sa thèse d’agrégation consacre un cha-
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pitre aux paralysies sulfocarbonées qui, pour lui, font partie des névrites en général.
Berbès accuse le sulfure de carbone d’avoir déterminé des symptômes d'ataxie.
Jules Simon publie l’observation d’un enfant de quatre mois et demi ayant présenté des signes d’intoxication pour avoir été enveloppé dans une toile caoutchoutée et conclut que le sulfure de carbonie « peut être absorbé par la peau et déterminer non seulement des phénomènes cutanés locaux, mais des phénomènes généraux ».
En 1888, P. Marie trouve au cours de l’intoxication sulfocarbonée « Maints exemples d’hystérie, bien que le nom de cette affection ne soit prononcé nulle part ».
Charcot, dans ses leçons du mardi en 1889 voit dans cette intoxication un vaste champ d’étude aux symptômes hystériques. « Ce n’est nullement, dit-il, une névrose toxique spéciale, nous serons conduits par là à nous demander si bon nombre des cas, la plupart peut-être, rattachés par Delpech à la prétendue névrose sulfocarbonée, n’appartiendrait pas purement et simplement au domaine très étendu d’ailleurs ettrès vaste de cette névrose vulgaire à laquelle je faisais allusion tout à l’heure, (hystérie). »
Rendu en 1871 publie une observation d’une jeune fille de 15 ans qui présente un état tétanique.
En 1894 Achard, en 189% Raymond tracent le tableau clinique des polynécvrites sulfocarbonées ‘et leur donnent définitivement leur autonomie. Une
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excellente thèse d’Argetoyano en 1896 résume les travaux de Raymond.
Chauffard en 1900 parle d’un cas de polynévrite avec astasie abasie.
En 1901, l'Office du Travail fait paraître une études sur les « Poisons industriels ». Voir pages 241 et suivantes le sulfure de carbone).
En 1904, Guillain rapporte une observation de po- Ivnévrite étroitement localisée au niveau des mains avec absence de troubles sensitifs, mais avec troubles trophiquEs atténués.
En 1904-1905, deux thèses, l’une de Pigeon, l’autre de Merlin retracent la première le tableau clinique général de lintoxication sulfocarbonée avec trois nouvelles observations à l'appui, lautre reprend l’étude de la polynévrite.
En septembre 1907, le Bulletin du Comité d'Etude Scientifique sur lHygiène du Travail (Imprimerie Duruy, Paris) « publie caractérisation et dosage des vapeurs de sulfure de carbone dans l’atmosphère des ateliers, applications aux recherches d'Hygiène industrielle » de M. le docteur Heim et M. A. Hébert.
M. F. Heim présente à la Commission d'Hygiène industrielle un rapport sur « les accidents professionrels dus au Sulfure de carbone » (voir Annexes au rapport de M. Gilbert Laurent, député, 1910, n° 644, page 229 (Loc cit).
Au Congrès international des maladies professionrlles tenu à Bruxelles en septembre 1910 ont été lus des rapports :
1° Des docteurs G. Constensoux et F. Heim « Fré-
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quence relative des stigmates nerveux dans le sulfocarbonisme chronique » (V. Recherclfes sur l’'Hygiène du travail industriel, 1912, pages 135-148, D' Heïm).
20Des docteurs Haas et F. Heim, « Manifestations oculaires de sulfocarbonisme professionnel » V. Re. cherches sur l’Hygiène du Travail industriel, 1912 page 55-76, D' Heim).