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jambes fait suite la difficulté de détacher les pieds du sol et bientôt l’impossibilité de la marche. La paralysie frappe surtout l'extrémité des membres et atténue ses effets de bas en haut. Elle n’imprime pas de déformations comparables aux déformations alcooliques ou saturnines. Elle atteint les muscles extenseurs du pied, les fléchisseurs de la jambe et de la cuisse.
La sensibilité est parallèlement le plus souvent atteinte. Au début il y a de la douleur spontanée et à la pression des masses musculaires et le long des nerfs dk la région. Elle est capricieuse dans ses manifestations, et peut abolir toute sensibilité, anesthésie, ou l’exagérer, bypéresthésie.
On r2 note pas de troubles des sphincters. Il n’y a qu'’exceptionnellement des troubles trophiqus, leur existence a fait conclure à M. Mrndel à la participation d’altérations des racines postérieures ce qui re- . mettrait en question « la présence d’altérations des organes centraux au cours du syndrome clinique polynévrite >» (Guillain).
L’affaiblissement ou l’abolition des réflexes tendineux et la réaction de dégénérescence sont la signature de l’altération des nerfs et écartent l’hypothèse ds troubles dus à l’hystérie.
Les autres formes sont rares. Un seul nerf, le « mononévrite » peut être atteint, cette forme exceptionnelle a été étudiée par Gourdon, Bonnet et surtout Mendel. Il peut y avoir de l’incoordination motrice, et des douleurs fulgurantes réalisant 12: tableau clinique du pseudotabès « neurotabès périphérique » (observation de Berbez). Enfin à côté de la forme clas-
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sique il peut y avoir une troisième manifestation, {a forme pseudotétanique signalée par M. Rendu.
En résumé, la polynévrite due au sulfure de carbone est bénigne dans ses manifestations surtout si le malade est soustrait suffisamment tôt à la nocivité des vapeurs, elle «2 développe avec lenteur et se dissipe de même, et elle n’a pas de caractère spécifique qui en dehors de la notion d’étiologie permet d’en faire le diagnostic.
ETUDE DE LA PERIODE D’'INVASION DU SULFOCARBSONISME. DEPISTAGE DE CETTE INTOXICATION A L'ATELIER.
De nombreuses observations décrivent l’intoxication sulfo carbonée à sa période d’état, aucune ne parle de la période dinvasion qui seule peut être étudiée à l'atelier « l’ouvrier continuant pendant cette période loin de toute surveillance médicale l'exercice de sa profession » (Heim).
M. Heim prévoypant le rôle important de la connaissance des signes prémonitoires dans la prophylaxie des maladies industrielles a fait dans ce sens des recherches de la valeur sxpérimentale et nous nous permettons de lui emprunter les conclusions auxquelles il est arrivé.
M. Heim a déterminé que linhalation d’un air chargé de sulfure de carbone dans la proportion de 0,14 à 0,22 pour cent provoque déjà chez l’homme des réactions hématiques, l'apparition de signes neurologiques
et de signes oculaires.
1) Réactions hématiques.
Elles sont les premières en date. L'action primitive du sulfure de carbone provoque'un abaissement du taux de l’hémoglobiné contenue dans les hématites. La polynucléose parait constante.
Ces deux signes, abaissement du taux de l’hémoblobine et polynucléose ont une valeur suffisante pour être utilisable dnns la recherche du début de sulfocarbonisme.
2) Signes neurologiques de la période d’invasion.
Ils se traduisent surtout par un léger degré de polynévrite à forme le plus souvent motrice compatible avec la continuation du travail.
M. Heim a trouvé à l'atelier des :
Troubles sensitivo moteurs dans 57 % des cas.
Troubles cérébraux dans 43 % des cas.
Ces troubles ont été observés chez des hommes employés dans les ateliers dont la teneur de l’air en vapeurs sulfocarbonées ne dépasé#: pas 0 gr. 133 à O0 gr. 218. Quand cette proportion augmente et atteint 1 gr. et 1 gr. 5 par mètre cubt, M. Heiïm a trouvé des
Troubles cérébraux dans 82 % des sujets.
Troubles sensitivos moteurs dans 78 % des sujets.
3) Manifestations oculaires.
Trois cas peuvent se présenter.
1°) Il s’agit de simple fatigue (asthénopie) accomodative, avertisement qui doit imposer des précautions.
2) I s’agit d’une paralysie accomodative, indice
HT Pen
d’une imprégnation profonde de l’organisme par le toxique qui joue un rôle révélateur de premier ordre et commande impérieusement la cessation du travail dangereux.
3°) I s’agit de névrite intrabulbaire déjà constituée (amblyopie toxique proprement dite) qui commande la cessation immédiate du travail, fait prévoir des troubles de longue durée, souvent définitifs.
Ce sont les formes atténuées du sulfocarbonisme à l'atelier que le médkcin doit bien connaître, et il n’est pas d’ouvrier même prédisposé qui ne puisse échapper aux accidents graves de cette intoxication s’il est arrêté à temps dans son travail.