‹ Considérations sur un cas d’intoxication par le sulfure de carboneChapitre 7 sur 9 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1°) Le sulfure de carbone est dans l’industrie un toxique au même titre que le plomb et ke mercure. La dose minima susceptible de produire des troubles pathologiques décelables est de 0 gr. 14 à 0 gr. 22 par mètre cube d’air. x

2°) Les signes cliniques de la période d’état du sulfocarbonisme professionnel, qui sont le plus souvent d'ordre nerveux (polynévrite à forme surtout motrice atteignant dans la majorité des cas les membres inférieurs), n’ont pas une spécificité suffisante permettant de faire le diagnostic de cette intoxication indépendamment de la notion d’étiologie.

3°) Des signes prémonitoires, diminution du taux de l’hémoglobine dans les hématies, polynucléose, signes oculaires précoces (asthénopie, paralysie accomodative, névrite intrabulbaïire, troubles nerveux légers, peuvent permettre de déceler et de prévoir la maladie à l'atelier.

4°) La prédisposition individuelle, terrain hystérique et alcoolique, joue un rôle indéniable dans la genèse d2 cette intoxication. Maïs le sulfocarbonisme atteint des sujets chez lesquels aucune tare n’a pu être relevée.

5°) Les règles d'hygiène industrielle ont fait diminuer les cas d’intoxication, nombreux autrefois, rares

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mais non exceptionnels aujourd’hui. Elles peuvent être suffisantes à les faire disparaître. La petite industrie n’a malheureusement pas réalisé tous les progrès d'hygiène que l’on aurait pu espérer. Il faudrait lui imposer comme en Angleterre une réglementation sévère. Notamment « Aucun travailleur ne devrait être occupé dans les ateliers où l’on emploie le sulfure de carbone sans l’autorisation préalable du médecin inspecteur. Le médecin chaque mois examinerait les personnes employées. »

5°) Le moyen le plus efficace et le plus certain d'obtenir ces résultats serait d’étendre la loi sur les maladies professionnelles aux intoxications par ie sulfure de carbone. Cette loi ferait plus pour l'hygiène des ateliers que tous les règlements et tous les inspecteurs du travail. « Quand cela coûtera de tuer les hommes, quand cela élèvera le prix de revient on n’en: tuera plus. >» Docteur Le Roy des Barres, rapporteur général de la Commission d'hygiène industrielle.

6°) Enfin la responsabilité des intoxications par le sulfure de carbone mise à la charge de l'employeur avec l'obligation de la réparation garantirait dans les cas exceptionels le préjudice causé à l’ouvrier.

2er CE

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Observation personnelle, recueillies dans le service | de M. Hallé

Madame X... 29 ans, employée dans une usine à la vulcanisation du caoutchouc.

Entre à l'hôpital Necker, Salle Peter, le 13 décembre 1922 pour de l’impotence des membres inférieurs qui refusent de la porter, de la faiblesse générale et une diarrhée profuse qui inquiète surtout la malade.

Histoire de la maladie. — Les troubles accusés par la malade remontent à plusieurs années déjà. Il est difficile d’en préciser le début exact. Cependant ïl semble que les premières manifestations inquiétantes remontent aux premiers mois de l’année 1920 : elles consistaient alors en faiblesse générale et en troubles digestifs déjà marqués, inappétence et surtout diarrhée profuse. La malade entra à l’hôpital Necker, Salle Chauffard où elle resta seulement huit jours et reprit ensuite son travail.

Depuis cette époque sa santé est restée chancelante. Ses forces diminuaient sans cesse ; de la faiblesse des membres inférieurs l’obligeait à interrompre son travail. En même temps la malade souffrait de troubles digestifs, et en particulier d’une diarrhée très gênante sur laquelle elle insiste toujours. Après queiques jours de repos, elle voyait ses troubles morbides s’amender et elle revenait toujours à son usine. Si bien que ces troubles n’ont fait que s’accentuer ; ils l’ont obligée à quitter son métier et à faire à l’hôpitai Necker un séjour beaucoup plus prolongé que le premier.

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Etat de la malade. — A l’époque de son séjour à l'hôpital Necker en décembre 1922, janvier 1923.

À son entrée à l'hôpital Necker, la malade présente un état général très mauvais et son aspect inquiète dès l’abord. Elle reste presque immobile dans son lit, ses téguments sont pâles, ses muqueuses décolorées. Son visage apparaît vieilli, avec un air de souffrance et des rides précoces. Son corps très amaïigri est couvert d’une peau flasque et ne pèse que 34 kgs 200. Elle se plaint d’une faiblesse générale, mais le signe qui lui parait capital, celui sur lequel elle attire surtout l’attention, c’est sa diarrhée. Dès l’ingestoin d’aliments elle se plaint de coliques suivies de selles liquides. Elle a peine à retenir ses matières et souvent il lui arrive de souiller ses draps.

Examen physique. — L’attention est attirée du côté de l’appareil digestif, et cependant l'examen de cet appareil ne révèle pas grand chose d’intéressant. Le ventre est souple, non ballonné, la pression n’est douloureuse en aucun point de l’abdomen. Le foie et Ja rate sont normaux.

La recherche du bacille de Koch dans les selles a été faite à plusieurs reprises et a donné un résultat toujours négatif. De même l’absence d’amibes ou de bacilles dysentériques dans les selles a été vérifiée.

L'examen complet de la malade montre des poumons normaux. Il n’existe aucun signe de tuberculose pulmonaire et le fait a été confirmé par l'examen radioscopique. Le cœur ne présente aucune lésion ; la tension artérielle est basse : Mx — 10 Mn —5 au

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sphygmotensiomètre de Vaquez Laubry, ce qui n’est pas étonnant chez une malade aussi affaiblie. L'examen du système nerveux donne des résultats plus intéressants. La malade reste couchée dans son lit et évite d’en sortir, parce que ses membres inférieurs refusent de la porter. Par contre ses membres supérieurs lui permettent tous les actes de la vie courante et lui paraissent seulement un peu affaiblis.

Si on découvre la malade on remarque que ses membres inférieurs sont allongés dans son lit en rotation externe, et si on lui demande de les mouvoir on est frappé par la gêne motrice : la malade parvient bien à détacher le talon du plan du lit, mais le pied retombe très vite et arrive bien péniblement à atteindre la main de l’observateur placée à une certaine hauteur. La force musculaire est donc très diminuée, en effet on parvient très facilement à vaincre la faible résistance opposée par les muscles, à étendre la jambe sur la cuisse et la cuisse sur le bassin, quand on recommande à la malade de rester en flexion, à fléchir les mêmes articulations quand on dit à la malade de les maintenir en extension. Lorsqu'on essaie de mettre la malade debout, elle s'appuie sur les meubles environnants et menace à chaque instant de tomber ; si on lui demande de marcher elle fait quelques pas en hésitant, en titubant et elle tomberait si on ne la soutenait ou’si elle ne prenait un point d'appui sur quelque objet voisin.

Les membres supérieurs sont au contraire capables

d'exécuter des mouvements dans tous les sens. On constate bien une légère diminution de la force mus-

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