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culaire, mais elle peut être imputée au mauvais état général de la malade sans qu’il soit nécessaire d’invoquer une lésion nerveuse. En effet l'examen physique reste négatif et la recherche ds réflexes tendineux les montre tous normaux.
Il n’en est pas de même aux membres inférieurs. Des deux côtés les réflexes achilléens et médioplantaires sont complètement abolis. Le réflexes rotulien est nul à droite, presque inexistant à gauche où il est cependant légèrement conservé. Le réflexe cutané plantaire est conservé, sa recherche met en évidence une irritabilité de la plante des pieds, surtout marquée du côté gauche.
L'examen de la sensibilité permet de constater l’analgésie à la piqûre des deux membres inférieurs. La jambe droite perçoit l’attouchement d’un flocon de coton jusqu’à trois travers de doigt au-dessus du genou. Dans cette même jambe la sensibilité à la chaleur est diminuée.
Il n'existe pas de troubles vaso-moteurs. Il y a peut-être de l’atrophie musculaire mais celle-ci se confond avec l’amaigrissement général de la malade.
Il n’y a pas de réaction de dégénérescence. Les réactions électriques sont légèrement diminuées mais il y a réaction au courant faradique appliqué sur les muscles ou sur les nerfs.
Une ponction lombaire a été faite. Le liquide céphalo rachidien était normal.
Antécédents. — Rien à noter dans ses antécédents héréditaires et collatéraux. Dans ses antécédents personnels, on ne relève aucune maladie autre que celie
pour laquelle elle est entrée.:Elle a eu cinq enfants, dont deux sont vivants et bien portants. Trois sont morts, l’un de méningite et les deux autres qui étaient des prématurés n’ont vécu que quelques jours. Evolution de la Maladie. — La diarrhée persiste quoique très diminuée. La malade se lève. Insensiblement elle arrive à marcher, puis à s’occuper, elle aide dans leur travail les infirmières de la salle Peter. En avril 1923 on note la réapparition des réflexes rotuliens et achilléens. La sensibilité est redevenue normale sauf dans une zone de la largeur d’une paume de main à la face antero interne de la cuisse où l’anesthésie persiste. La sensibilité thermique est normale aux deux jambes. La courbe de poids est ascendente, la malade pèse en avril 37 kg. 700.
Conclusion. — On se trouve en présence d’une malade qui accuse surtout de la diarrhée et de la faiblesse générale et chez laquelle l’examen phrysique révèle la présence dur polynévrite manifeste. Cette polynévrite localisée aux membres inférieurs entraîne une véritable parapligie qu’un candidat au Bureau central a pu prendre pour un: manifestation d’un tabès compliqué d’incontinencec sphinctérienne. Cette erreur est attribuable à l’ignorance courante actuellement de l’intoxication sulfocarbonée.
Quant à la diarrhée, au début elle était probablement due à l’intoxication sulfocarbonée dont souffrait la malade. En effet elle s’amendait toutes les fois que cette dernière s’éloignait du foyer d’intoxication, pour recommencer lorsqu'elle reprenaïit son
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travail. Il convient toutefois de signaler que ia malade dont l’état général était très mauvais a fait dans la suite une complication tuberculeuse et qu’elle est actuellement soignée dans le service Spé cial de lhôpital Cochin pour une tuberculose pulmonaire et intestinale à laquelle elle ne tardera pas à succomber.
2’ Observation d’après les notes de M. Hauviller, externe du service, rapportée par M. Achard dans un article publié dans « La Médecine Moderne ».
Examen de B. Léonie, âgée de 30 ans. à son entrée à l'Hôpital, le 2 août 1895.
La marche est difficile, saccadée ; les pieds traînent sur le sol, les jambes sont assez écartées ; le tronc exécute des mouvements de balancement à chaque projection des pieds. Il y a un peu de tituketion.
Quand on examine la malade au lift, on constate que la force musculaire est diminuée dan: les deux membres inférieurs ; les pieds peuvent être soulevés assez haut au-dessus du plan du lit, mais la résistance aux mouvements communiqués est certainement amoindrie. Il n’y a pas d’atrophie bien marquée des muscles. Les réflexes rotuliens sont normaux. Pas d’incoordination motrice. La malade ressent des douleurs presque continuelles dans les genoux dont les mouvements s’accompagnent de craquements articulaires. La pression des muscles du mollet et de la région antérieure de Ia cuisse provoque des douleurs. Spontanément aussi des cram:
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pes surviennent toutes les nuits dans les muscles de mollets ;elles disparaissent en partie lorsque la malade met ses jambes hors des ‘draps. Enfin le trajet des nerfs sciatiques est le siège de points douloureux à la pression surtout au niveau du pli fessier et du creux poplité. Pas d’anesthésie.
Aux membres supérieurs il y a un certain degré d’affaiblissement musculaire, surtout à droite sans atrophie notable. Les mouvements de l’épaule et du coude sont faciles. Les mains dans l’attitude habituelle sont en demi flexion, les phalanges fléchies les unes sur les autres. Les mouvements spontanés des mains sont difficile et douloureux ; la malade arrive néanmoins à fléchir presque complètement les doigts, mais le mouvement se fait sans force et il arrive souvent que les mains laissent tomber les objets qu’elles tiennent. La flexion provoquée des doigts détermine des douleurs au niveau des articulations phalangiennes. L'extension, quoique difficile peut aussi s’exécuter comme la flexion et avec les mêmes douleurs.
Les membres supérieurs sont le siège de douleurs spontanées survenant’ par crises surtout nocturnes, clles sont aiguës, vives et rapides, le malade les compare à des piqûres d’épingles ; elles ont pour point de départ le pli du coude et s'étendent dans l’avant-bras jusqu’à l'extrémité des doigts ; elles sont surtout intenses le long du trajet du médian. 11 y a de plus des fourmilements très accusés dans les doigts du côté gauche. La pression des masses
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musculaires est douloureuse à droite au niveau du biceps et du brachial antérieur.
À droite, le trajet du nerf médian est douloureux à la pression depuis le poignet jusqu’à un ou deux centimètres au-dessus du pli du coude, le cubital est douloureux également à son pasage dans la gouttière olécranienne. À gauche, le médian est douloureux dans tout son trajet, surtout au poignet et au pli du coude.
La sensibilité au contact et à la température est conservée, il y a de l’analgésie à la piqûre dans une grande étendue du membre supérieur droit et aux extrémités des doigts du côté gauche. Ces troubles de la sensibilité n’existent, dit la malade, que depuis qu’elle travaille à la fabrique des ballons.
Les membres supérieurs, surtout le droit, présentent une légère incoordination motrice que l’on meten évidence lorsqu'on enjoint la malade de porter un doigt sous son nez, les yeux fermés. Ces membres supérieurs sont aussi le siège d’un tremblement menu et rapide, surtout visible aux doigts. Il est plus marqué le matin et s’exagère à la moindre émotion.
Pas de troubles de l'intelligence ni de la parole. La vue na’ pas baissé, mais la malade dit. avoir queiquefois un brouillard devant les yeux. Les réflexes pupillaires existent, mais le réflexe lumineux paraît un peu lent. Le champ visuel est rétréci surtout à gauche. Pas de trouble de l’ouie à part des bourdonnements d'oreilles. Pas de troubles du goût et de l’odorat.
Il existe plusieurs points hystérogènes : points
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ovariens et mammaires, clou hystérique au vertex et sur les côtés du front. Il y a aussi de la rachialgie surtout à la région dorsale supérieure.
La malade est sujette à des cauchemars qui ia réveillent presque toutes les nuits et même lui font pousser des cris. Elle a des visions d'animaux : singes, rats, courant sur son lit. Elle a, depuis deux ans environ, des vomissements très douloureux survenant le matin à jeun et qu’elle attribue à l’odeur du sulfure de carbone. Ils ne se sont pas produits pendant la première partie du séjour de la malade à lPhôpital, mais ils sont revenus vers le 15 novembre.
Pendant son séjeur à la Salpétrière la malade a eu des attaques d’hystérie convulsive le 10 août, le 26 août, le 26 septembre et le 24 octobre, sauf la première, ces attaques sont survenues pendant Îles règles. En novembre, la période menstruelle s’est terminée le 26 sans attaque.
Le 30 novembre, on constate que l’état de la malade s’est notablement amélioré. Les douleurs ont disparu à peu près complètement, il existe une légère douleur au creux poplité du côté droit. La sensibilité est redevenue normale. La marche se fait bien sans titubation, sans que les pieds traînent sur. le sol. La jambe droite est seulement un peu plus faible et le genou plie un peu de ce côté pendant ‘a marche. La force dynamométrique des mains « notablement augmenté.
Examen du 2 octobre Examen du 30 novembre Main droite : 10 10 8 29128128 Maïn gauche : 13 14 15 24 27 22
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Elle sortit le 1” décembre.
Certains troubles se rapportent directement à l’intoxication et non à l’hystérie, notamment l’affaiblissement moteur, l’analgésie, l’incoordination motrice des membres supérieurs, les crampes et les douleurs musculaires, les douleurs provoquées par la pression suivant le trajet des troncs nerveux. Il est impossible de méconnaître l’analogie de ces troubles et de ceux qui s’observent en dehors de l’hystérie dans bien d’autres intoxications, en particulier dans Palcoolisme dont la ressemblance avec l’intoxication sulfocarbonée a d’ailleurs été maintes fois signalée.
3° Observation sur un cas de polynévrite sulfocarbonée avec astasie abasie, extraite d’une leçon clinique faite par M. Chauffard et publiée dans le «Bulletin Médical»
« Il s’agit d’une femme âgée de 40 ans qui travaille depuis six mois dans une fabrique de ballons en caoutchouc et dans cette industrie beaucoup plus dangereuse pour les ouvriers qu’on ne le pense généralement elle inhale contamment des vapeurs de sulfure de carbone. En effet, elle trempe ces ballons montés sur des pinces dans un mélange de sulfure de carbone et de chlorure de soufre et comme elle travaille onze heures par jour, elle n’a pas tardé à présenter rapidement des phénomènes d’intoxication. Notre malade subit depuis six mois ce travail dangereux et n’a été prise qu’au bout de quatre mois de malaise général et de céphalée. Elle constatait en même temps des raideurs dans les masses musculaiïires des cuisses et des jambes, comparables à
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des crampes ; cette raideur gênait beaucoup sa marche qui devenait titubante, ébrieuse et s’accompagnait parfois de tremblements ; peu de temps après apparaissaient de l’incontinence d’urine, des fourmillements dans les membres supérieurs, les avantbras et les doigts. Ces phénomènes augmentant de plus en plus l’obligent à s’aliter, puis à entrer à l'hôpital.
En l’examinant, on est frappé par son facies triste, dépressif, geignard, d’expression mélancolique et par l’état mental de la malade qui se met à pleurnicher dès qu’on linterroge.
Du côté de l’appareil moteur, les troubles au lit sont assez légers ; la malade peut élever ses pieds audessus du plan de son lit ; on ne constate ni chute du pied sur la jambe, ni ballottement du pied, ni atrophie musculaire, ni douleurs provoquées par la pression le long des masses musculaires et des trajets nerveux : mais il existe une abolition presque complète des réflexes rotuliens. Du côté des membres supérieurs, il y a une diminution considérable de la force musculaire car la malade atteint péniblement 3 kilos, à la pression du dynamomètre. Les muscles du tronc paraissent également pris ; la malade éprouve une grande difficulté pour s'asseoir /sur son lit ou se maintenir dans la positoin assise. À côté de cela, elle a des troubles visuels caractérisés par un léger mystagmus et une amaurose très accentuée, les pupilles sont égales et moyennement dilatées, elles réagissent à la lumière et à la distance, le champ visuc! et le fond de l’œil sont normaux, pas de scotome,
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pas de dyschromatopsie ; les deux oreilles ont une acuité auditive très faible, mais égale des deux côtés, pas d’autre trouble sensitivo sensoriel ; ajoutons en outre que nous ne constatons ni stigmates hystériques, ni troubles sensitifs et vasomoteurs, ni troubles trophiques du côté des membres inférieurs.
Tout cela répondait en somme assez bien au ts«bleau classique de la polynévrite sulfocarbonée caractérisée surtout par la faible intensité de ses lésions ; c’est en effet une polynévrite moins grave, moins destructive que la polynévrite alcoolique ; de plus, dans ce cas particulier, la polynévrite paraissait assez bénigne en le sens que l’on ne constatait ni atrophies musculaires, ni phénomènes douloureux intenses. L’étiologie, la diminution de la contractibilité faradique, l’abolition des réflexes rotuliens, d’autre part suffisent à eux seuls pour étabiir le diagnostic.
En revanche, en faisant lever la malade et en esseyant de la faire marcher, nous étions frappés par l'intensité inattendue des troubles statiques et moteurs ; en effet à peine debout, elle s’effondrait à terre pour ainsi dire, ses jambes se dérobaïient sous elle et il était impossible de la maintenir dans la station verticale ; il y avait là un contraste frappant entre l’attitude de la malade dans son lit où les mouvements étaient possibles et la position dans laquelle l'impotence fonctionnelle était absolument totale. » Il s'était surajouté un trouble purement fonctionnel,
J’abasie.
Voici comment Chauffard l’explique